‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 60 sur 269 · FD · texte numérisé non relu

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Get événement fut le prélude de plusieurs prodiges non moins extraordinaires, entr’autres de la résurrection de deux enfants, opérée subitement en présence de la statue, et avec un concours de circonstances si particulières, qu’on ne saurait révoquer en doute ces miracles, dont l’un donna même lieu à l'établissement de la confrérie des Merciers de Paris, qui existait dans cette église. Il eût été difficile d'ajouter à la dévotion que les Parisiens conçurent depuis pour Notre-Dame-des-Vertus. En 1529, toutes les paroisses de cette capitale s’y étant rendues simultanément en pèlerinage, pour s'opposer aux progrès des nouveaux hérétiques; l’on porta tant de torches et de flambeaux à cette procession, que ceux qui étaient dans le voisinage de Montlhéry crurent que Paris était en feu (1).

Pour avoir dans le bourg d’Aubervilliers un clergé nombreux, et satisfaire par ce moyen au concours des pèlerins, on donna la cure de ce bourg aux prêtres de l’Oratoire. On s’y rendait surtout les jours de fêtes et les samedis : le Père Jean Garnier, savant Jésuite, y allait, tous les ans, à pied et à jeun ; Madame de Pollalion y venait, de Paris, nu-pieds, en pèlerinage, même l’hiver (2); sans parler encore de M. Alain de Solminihac et d’une foule d’autres saints personnages. Mais persenne, peut-être, n'eut plus de dévotion que M. Olier à honorer la très-sainte Vierge dans ce lieu. Ce fut à Notre-Dame-des-Vertus qu’il se retira, comme il a été dit, pour consulter DIEU avant de commencer l'établissement de Vaugirard (3); et, à son exemple, le séminaire de Saint-Sulpice a toujours eu ce pèlerinage en vénération. M. de Bretonvilliers commençait par là ses vacances (4). On a dit que tous les ans, le mardi de la Pentecôte , le séminaire de Saint-Sulpice s’y rendait en corps, en se joignant à la procession de la paroisse. On partait environ à trois heures du matin; lorsqu'on était arrivé à Notre-Dame-des-Vertus, l’on y chantait la grand’Messe, et on revenait ensuite à Paris en procession, en s’arrêtant à la Villette et à Saint-Lazare (5). On ignore lorigine de cet usage. La paroisse de Saint-Sulpice se rendait encore, en dévotion, à l’église de Saint-Antoine-du-Buisson, au-delà du parc de Versailles(6). Mais en 1689, sous M. Baudrand, quatrième successeur de M. Olier dans la cure de Saint-Sulpice, on supprima ces deux processions, à cause de quelques abus qui s’y étaient introduits. Le pèlerinage de Saint-Antoine-du-Buisson fut transféré, à ce qu’il paraît, au petit Saint-Antoine, rue Saint- Antoine, à Paris; et celui de Notre-Dame-des-Vertus, d'abord au Val-de-Grâce (7), puis à Notre-Dame-de-Paris, jusqu’en 1750, où cette pratique fut entièrement supprimée(8). La cessation de cet

) Ibid, 4033,

(2) Lebeuf, ib.

(3) Ci-dessus, p.

(M. Bourbon, Mémoires sur M.

deBretonvillicrs, p.45, 49.

(5) Journal de M.Tronson,1677, fol.21 ,verso;1679, fol. 81, verso.

(6) Remarques historiques. t. n, P. 654. — Mémoires de Feyican, Ms. in-4o, p. 40.

(7) Remarques historiques. \, n, p. 659: 0.1, p.160.

(8) Ibid. 1. a, p. 401.

(1) Lettres aut.

M. Olier, p.

usage ne diminua point la dévotion du séminaire de Saint-Sulpice pour Notre-Dame-des-Vertus ; et encore aujourd’hui plusieurs ecclésiastiques de cette maison s’y rendenten pèlerinage pendant les vacances.

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