‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 204 sur 249 · SUR LA MISSION DE NORMANDIE · texte numérisé non relu

SUR LA MISSION DE NORMANDIE

NOTE 7, p. 333. — M. du Ferrier, que nous avions suivi dans nos précédentes éditions, ne semble pas s’être exprimé exactement en disant que, vers la fin de 1641, M. Amelote avec MM. de Bassancourt et de Saint-Marie allèrent à Caen pour y prêcher une grande mission. Non seulement on ne trouve dans les monuments du temps aucune trace de cette mission . mais ce que le Père

de Montigny raconte dans la vie du Père Eudes, rend la chose tout à fait invraisemblable. On y voit en effet que ce célèbre missionnaire dont la réputation grandissait chaque jour, fut prié en 1639 de donner une mission dans la ville de Caen. Il le fit en effet et avec un tel succès que la vaste église de l’abbaye de Saint-Etienne, quoique une des plus grandes du royaume, fut toujours trop petite pour la multitude des auditeurs qui s’empressaient d’assister aux exercices (1). Cela ne satisfit pas encore; on lui demanda de prêcher l’avent et le carême en 1640 et il le fit avec un concours aussi grand et aussi soutenu que l’on pouvait le désirer (2).

Il n’y a pas apparence qu’une grande mission ait été prêchée de nouveau à Caen à la fin de 1641 ou au commencement de l’année suivante. Il est surtout contre toute vraisemblance qu’une grande mission pût y être entreprise en l’absence du Père Eudes dont le nom qui remplissait déjà toute la Normandie n’était nulle part plus célèbre que dans cette ville.

M. du Ferrier qui ailleurs désigne cette mission sous le nom de mission de Normandie, a voulu, selon toutes les apparences, indiquer la grande mission qui fut donnée à Rouen au commencement de 1642. Le Père de Montigny en parle en ces termes : « A peine le Père Eudes eut-il mis » quelque ordre dans sa nouvelle communauté que, M.de » Harlay, alors archevêque de Rouen, l’appela dans cette ville » pour entreprendre, sous ses ordres, une mission dans la » célèbre abbaye de Saint-Ouen. La duchesse d’Aiguillon » qui s’était offerte à en faire la dépense entretint à ses frais » trente missionnaires , depuis le commencement de l’année » 1642 jusque bien avant dans le carême. Le Père Eudes » avait eu la commission de les choisir et il était chargé de » leur désigner leurs fonctions (3). »

11 est tout naturel de penser que parmi ces trente missionnaires venus , sans doute, de divers pays et choisis par le Père Eudes qui appartenait encore à l’Oratoire, il s’en soit trouvé trois ou quatre de la petite société formée par le Père de Condren. On a vu plus haut que déjà ils étaient en relation avec l’archevêque de Rouen; s’ils sont allés d’abord à Caen, ça été sans doute pour s’entendre sur les exercices de la mission avec le Père Eudes qui habitait cette ville et qui même venait tout récemment d’être nommé supérieur de la maison qu’y avait l’Oratoire.

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