‹ Vie de M. Olier, fondateur du séminaire de Saint-SulpiceChapitre 63 sur 249 · ORIGINE DES EXERCICES DES ORDINANDS · texte numérisé non relu

ORIGINE DES EXERCICES DES ORDINANDS

présent (t). En rendant ainsi ces exercices obli- (1) Collection gatoires, les évêques de France eurent en vue, ,bld'’ p' 40à’ non-seulement le bien de leurs ordinands, mais encore la décharge de leur propre conscience, dans une matière si grave, comme Godeffroy le faisait remarquer aux évêques de 1625. «S’il plaît » à Nos seigneurs les Evêques de mettre leur » conscience en sûreté, disait- il, ils pourront or- » donner qu’aucun ne sera admis à la haute di- » gnité des saints Ordres, qu’il n’ait passé aupa- » ravant quelque espace de temps en ce Collège » des Saints Exercices, comme huit jours; non- » seulement pour éprouver leurs mœurs qui ne se » peuvent reconnaître que par la conversation ;

» mais aussi pour les préparer à la réception des ^ ie collège » Ordres sacrés , en leur remontrant la grandeur des saints exer- » de cet état, et leur faisant naître le désir d’y cices etc- > Paf

, , „ , Charles Godef-

» vivre saintement et modestement » (2) f- Ce jroyt CUré de furent les précieux fruits que l’Eglise retira de Creteville, Paris l’établissement des exercices des ordinands, d’abord Bibliothèque imau collège des Bons Enfants, puis dans la maison pénale : invendu Saint Lazare, où les prêtres de cette Société, ,aire D' 3G28'5' approuves en 1632 pour ces exercices (3), les don- de v Empire, ib. nèrent depuis avec tant de zèle, de succès et de foi. n.

f Le 22 décembre 1625, l’Assemblée générale donna à M. Godeffroy un acte d’autorisation, signé de l’archevêque de Rouen, où elle s’exprimait en ce s termes : « Les cardi- » naux, archevêques, évêques et autres ecclésiastiques de » l’Assemblée du clergé, souhaitant de voir l’Etat hiérar- » chique en sa première splendeur, ont loué, approuvé et » autorisé le dessein qui leur a été proposé par Charles » Godeffroy; et lui ont donné puissance et autorité de former » une congrégation d’ecclésiastiques, et de posséder et bâtir » des Collèges et séminaires , pour y faire pratiquer les ar- » ticles contenus en son livre des Saints Exercices, sous le » bon plaisir des évêques, dans les diocèses desquels ils » seront établis. Et pour marque d une plus ferme autorisa- ^ procès-ver - » tion, Messeigneurs ont promis de lui donner tout secours, iaux^ tom,

» faveur et protection... et ordonné que la connaissance de 1768 , in-folio , » cette œuvre sera donnée par toutes les provinces, à la dili- p. 566. Assem- » gence des agents du clergé. » (4).

M. Olier reçoit le Sacerdoce.

(1) Oraison fu- bénédiction (1). M. Olier, s’étant donc rendu à ce nèbredeM. Vm- colléa;e eut le bonheur de faire, l’un des premiers, Henri de Mau- et sous les yeux de saint Vincent de Paul, ces exerpas, în-4*.p.35. cices préparatoires. Ses alarmes sur l’extrême dis-

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M. Olier, par M. tance qu’il croyait toujours voir entre ce qu’il était Baudrand, p. 2. et ce qUe doit être un ministre des saints autels, furent pour saint Vincent de Paul, qui lui tenait la place de Dieu, le rayon de lumière le plus propre à l'éclairer lui-même, et à le diriger sur ce qu’il devait prescrire à son pénitent.

L’homme vraiment humble redoute et fuit les les honneurs , autant que le présomptueux les recherche: mais il est obéissant, et dès qu’il a entendu la voix de Dieu, à l’exemple de Celle qui fut la plus élevée, mais aussi la plus soumise de toutes les créatures, il n’a plus de^ langage que pour dire : Qu’il me soit fait selon la parole du Seigneur. Dieu eut à peine fait connaître à M. 'NOIE il, p. 89 olier, par la bouche de saint Vincent de Paul (2)*,

(2) vie Ms. de qu’il l’appelait au sacerdoce, et celui-ci ne lui eut dè °lBrètonvü- Pas P^us déclaré qu’il ne devait pas différer Uers, 1. 1 , p. 75. davantage de s’y présenter, que, montrant toute la

docilité d’un enfant, il ne pensa plus qu’à exécuter les ordres du Ciel. Aux frayeurs qui avaient agité longtemps son esprit, succéda un calme parfait, et un désir ardent de recevoir, avec fonction sacerdotale, un sacrement dont il espérait que la vertu achèverait de former en lui un vrai ministre

(3) ib. p. iG. et une hostie de Jésus-Christ (3). Déjà le 12 mars . rr , de cette année 1633. il avait reçu l’Ordre du Sou-

(4) Liai civil y

de Paris. — Ca- diaconat ; et le 26 suivant celui du Diaconat. Il

taiogue des or- enqn ordonné prêtre, dans la chapelle de far-

mnattnns. annp.p. 1 1

dinations, année 1G33.

chevêché de Paris, la veille de la Trinité de la {h) GailiaChris- même année, 21 mai, par M. Etienne Puget, tiana. Episc. Evêque de Dardanie, alors suffragant ou auxiliaire de Metz (4), et ensuite Evêque de Marseille (5). (6) Vie de M. JJ

Olier , par M. . /r, ■ ■ ,

de Bretonvil-r& traite (6) ; mais ne jugeant pas que cette prepa-

s’était disposé au sacerdoce par une fervente

; que

ration tût suffisante, pour célébrer les saints mys-

IL REÇOIT LE SACERDOCE. — SA Ire MESSE.

tères, aussitôt après son ordination , il voulut , selon la coutume des plus saints prêtres de ce siècle, employer encore un temps considérable à orner le sanctuaire intérieur de son cœur avant d’offrir pour la première fois l’Agneau sans tache.

Il consacra donc un mois entier aux exerciees spirituels, et suspendit toutes ses autres œuvres, pour ne s’occuper que du grand ouvrage de sa sanctification. La fête du saint Précurseur, qui n’avait commencé le ministère de la prédication, qu’après avoir vécu caché dans les déserts l’espace de trente ans, fut le jour qu’il choisit pour célébrer sa première Messe (1). C’était aussi le jour où (i ) vie Ms. de mademoiselle de Bussy, sa cousine, entrée deux .7 °dle ans auparavant chez les Carmélites, devait être villiers , t. i, p. admise à la profession (2). Comme elle était rede-86vable de son bonheur à M. Olier, elle désira d’unir (2) Manuscrits le sacrifice d’elle-même à celui de l’Agneau sans ^stèr^des Cartache qu’il se préparait à offrir pour la première métües.à Parùfois, et d’être consacrée irrévocablement au service de Dieu par le ministère de celui qui l’avait arrachée au monde. Par un sentiment de sa profonde religion, M. Olier avait désiré de célébrer sa première Messe avec l’ornement le plus riche et le plus précieux qu’il pourrait se procurer. Dans xx. ce dessein, il avait chargé un ouvrier étranger, Chasuble que fort habile dans son art, qui se trouvait à Paris, M. Olier ht de lui broder une chasuble. Elle coûta plus de faire Pour sa douze cents écus, somme alors très-considérable Prem- Messe, pour un ouvrage de ce genre, et répondit à l’attente de M. Olier. On rapporte,, en effet, qu’il n’y avait point à Paris, ni à la Cour, d’ornement blanc comparable pour la beauté et la finesse du travail : et ce qui peut donner une juste idée de sa richesse, c’est que Louis XIV en ayant entendu parler, désira, en 1679, qu’elle servît pour la cérémonie par

du mariage de la reine d’Espagne, Marie-Louise, M. Baudrand , avec Charles IL et, dans ce dessein, la fit trans- p- 5i< porter à Fontainebleau (3)*. Mais cette chasuble, *NOTE 12, p.89

qui contribua si à propos à la pompe dont nous parlons, ne put servir à M. Olier le jour de sa première Messe. « Quelque diligence que missent » les personnes qui me l’apportaient, dit-il, je ne » la pus avoir à temps pour m’en servir. Je ne la (V) Pu ce dàa y> m^s ^ue Endemain. à Notre-Dame, qui était chée'des Mémoi- » un jour ou je devais dire la sainte Messe en res de M . oiier. » l’honneur de la sainte Vierge, par l’ordre de moires de m. » 1 Eveque, comme si cette divine Maîtresse eut oiier, t, i. » voulu s’en réserver le premier usage (1).»

XXI. Le 24 juin 1633, jour de la Nativité de saint M. Olier cé- Jean -Baptiste, M. Olier offrit donc pour la preîebre sa pre- mière fois l’auguste Sacrifice de l’autel , et , selon mière Messe, toutes les apparences, dans l’église des Carmélites de Notre-Dame-des-Champs, aujourd’hui rue d’En- *N0TE 13, p.ao fer, où il prêcha ce jour-là même* le discours (2) Remarques d’entrée en religion de mademoiselle de Bussy (2). historiques , 1. 1, On le vit faire cette action, qu’il regarda toujours p' 457 ''"'comme la plus importante de sa vie, avec une religion égale à l’opinion qu’on avait de sa piété (3).

(o) Mem. aut . . . . .. . . . .

de m. oiier, t. n, En immolant la Victime sainte, il s immola lui-

p. .329. — Maté- même avec elle. Jusque-là il avait rendu de fré-

rxctucc recueillis •

par m. Leschas- quentes visites à sa cousine pour l’affermir dans

sier , pour la son généreux dessein ; dès qu’il l’eut offerte à Dieu p? 2. r )L °her’ par la profession religieuse, il cessa tout à fait de la voir, sans cesser pourtant de prier pour elle. Ses prières ne furent pas moins efficaces qu’auraient pu l’être ses discours ; car la sœur Madeleine de Saint-Jean-Baptiste, c’est ainsi quelle fut nommée en religion, durant près de quarante ans qu’elle vécut encore, offrit d’abord à Paris, puis à Limoges où elle mourut, un modèle accompli de toutes les vertus religieuses. Il est d’autant plus naturel de penser que les prières de M. Olier l’aidèrent beaucoup à s’élever à cette haute perfection, (4) vie ms. qu’elle participa d’une manière peu commune à la m ^ de ^Breton- ffrâ-ce et à l’esprit du serviteur de Dieu, surtout viliiers , t. i, p. à sa profonde religion envers la très-sainte Eucharistie, et à son tendre amour pour l’auguste "NOTE 14, p. 90 Mère de Dieu (4)*.

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