‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 116 sur 235 · ET DANS L'EXERCICE DU MINISTÈRE PASTORAL · texte numérisé non relu

ET DANS L'EXERCICE DU MINISTÈRE PASTORAL

Ceux qui comprennent combien le ministère pastoral est difficile à allier avec la direction des séminaires, pourront être surpris de voir M. Olier apoelé par la Providence à gouverner la paroisse la plus populeuse et la plus dépravée de la capitale, et, en même temps, à instituer et à diriger le premier de ces noviciats du sacerdoce établi dans le royaume, pour donner, comme l'avait prédit le père de Condren, l'impulsion à tout le clergé. L'expérience montra néanmoins, que, loin de préjudicier à l'œuvre des séminaires , l'exercice des fonctions curiales devait au contraire fournir à M. Olier le moyen d'en procurer enfin l'établissement. Après tant d'essais sans résultat, il fallait persuader aux évéques la possibilité et les avantages de ces maisons cléricales ; et ce fut pour ce motif que la divine providence chargea M. Olier de ces deux œuvres simultanément. Par la réforme dela paroisse de Saint-Sulpice, elle voulut montrer l'excellence de l'œuvre du séminaire qui l'avait produite; du moins, chacun considéra comme un effet du zèle et de la grâce de cette maison le renouvellement du faubourg Saint-Germain : car, dans ces commencements, le séminaire et la communauté des prètres qui desservaient la paroisse ne formaient qu'un même

corps ; et M. Olier n’eut guère que les ecclésiastiques venus

PS

IE a 0 ir vd 2

Le

170 11 PART. 1642, — PAROISSE, avec lui de Vaugirard, pour premiers coopérateurs de son zèle.

Un autre dessein de la providence divine en le plaçant à la tète de cette vaste paroisse, était de donner, en sa personne, à tous les disciples qu'il devait former, et généralement à tous jes prêtres, le modèle d'un pasteur accompli dans l'exercice dans sa charge, et qui enscignät, d'après l'expérience, les moyens de ramener à une vie chrétienne la paroisse la plus dépravée. Celle de Saint-Sulpice devint en eflet, dans l'espace de dix ans, la plus régulière des paroisses de la capitale , et leur servit à toutes de modèle, Pour commencer ce grand ouvrage NT. Olier s'efforça d'abord de réunir en cemmunauté les ecclésiastiques qui devaient le seconder, afin que, affranchis de toute solicitudc temporelle, et uniquement appliqués au salut des âmes, ils pussent donner l'exemple d'une vie vraiment évangélique ; et Dieu bénit ce moyen. Abelly, ancien évêque de Rodez, et auparavant curé de Saint-Josse, à Paris, frappédel'iafluencedu ministère pastoral de M. Olier, a même écrit qu'ii n'avait pris cet emploi, que dans le dessein de travailler à la réformation du clergé de France. « Pour y par- » venir, dit-il, il prit la cure de Saint-Sulpice, afin d'y don- » ner un modèle d'une bonne conduite de paroisse, tant » pour la personne du curé, que pour les prêtres qui sont «p- » pliqués par lui à la desservir. Pour cet effet, il y établit une » grande communauté de prètres, et, par ce moyen, il ya » produit de très-grands fruits, tels que chacun sait, avec » l'admiration et l'applaudissement de tout Paris. » Ce moyeu contribua, en effet, au renouveilement des mœurs, partout où il fut adopte. Ce n'est pas qu'il n’y eùt déjà dans Paris de semblables communautés ; mais l'esprit apostolique, dont on faisait profession dans celle de M. Olier, porta les autres à imiter son exemple, à adopter ses réglements ec fut méme l'occasion d'une sainte émulation pour la formation de plusieurs coumuuautés paroissiales. « Les autres grandes parois- » ses de Paris, écrivait en 1660 M. Godeau évêque de Vence,

RE eNrme

Page 1