‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 114 sur 332 · MORT DE LA MÈRE AGNÈS · texte numérisé non relu

MORT DE LA MÈRE AGNÈS

» sainte que soit sa créature, si elle nous remplit

» et nous occupe d'elle-même, elle bannit Dieu de

» nous, et en éloigne ses faveurs et ses grâces.

» C'est de quoi j'ai bien peur pour moi, et ce que

» je n'appréhende pas pour vous: vous êles ses » bonnes filles, les héritières de ses vertus, les

» images vivantes de sa grâce; et moi, misérable

» pécheur , je suis l'ingrat sujet de ses bénédic-

» tions, l''afidèle successeur de ses dévotions, l'in-

» solent profanateur de ses grâces, et qui peut-

» être, par mes péchés et mes misères , ai causé sa

» mort. Priez-la donc, invoquez-la donc pour moi;

» les filles auront pouvoir sur l'esprit de la mère.

» J'attends cette faveur, étant, mes révérendes os Fer Arte , Méres, votre très-humble et très-obcissant fils, $.carherine de » frère et serviteur (1). » Langeac.

Les Religieuses de Sainte-Catherine de Langeac, dont la communauté s'est perpétuée jusqu'à ‘ce jour dans cette ville, conservent religieusement une ancienne copie de la lettre que nous venons de rapporter. Par respect pour M. Olier, qu'elles ont toujours vénéré comme un Saint , elles la tiennent renfermée dans une boîte où sont plusieurs reliques de la Mère Agnès. Elles y conservent aussi une écuelle avec sa sous-coupe, dont le serviteur de Dieu se servait dans ses visites à la Mère Agnès*, + NOTE 23. ainsi qu'un calice en argent qu'il donna au monas- P: ft. ire. C’est une nouvelle preuve de l'impression profonde qu'a laissée autrefois l'idée de sa sainteté.

On a vu, par la lettre de M. Olier, l'assurance XX. qu'il eut de la gloire de la Mère Agnès, dès qu'il en M. Olier eût appris la mort. Depuis ce moment, l'une de quittesoncarses intentions, en offrant le Saint Sacrifice , fut de rosse et mène remercier Dieu de la mesure extraordinaire de Une vie aposzrâces dont il l'avait enrichie, et il ne cessa de l'in- tolique. ‘oquer avec une confiance égale à la vive affection qu'elle lui avait toujours témoignée. La privation d'un tel appui , au lieu de ralentir sa ferveur, sembla l'animer au contraire d'un nouveau zèle pour

de M. Olier,t.u, p. 345 et verso.

(2) Vie de H.

Olier,par lePère Giry, 1'° partie, ch. vi, p. 25. — Année Dominic.

— Remarq. historiques , t. 11, p.462. —VieMs.

de M. Olier par M. de Bretonvilhiers,t.1,p. 191,

(3) Vie Ms. de saint Vincent de Paul, par Abelly,l.1, ch. xxxn.

Un saint Évêque veut remettre à M.

Olier son évéché.

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pratiquer les conseils de perfection qu'il avait reçus de cette grande servante de Dieu, surtout la pauvreté évangélique qu'elle lui avait si souvent et si fortement inculquée. Jusqu'alors il avait retenu, par l'ordre de saint Vincent de Paul, son carrosse et ses chevaux, quoiqu'il lui en coutât de continuelles violences. « Depuis que je m'étais donné » entièrement à Dieu, dit-il, j'éprouvais mille » peines et mille souffrances, lorsque j'entrais dans » le carrosse que j'avais conservé jusqu'à ces der- » niers temps ; et les fréquents accidents qui m'ar- » rivaient ensuite, me confirmaient de plus en plus » dans la pensée où j'étais que Dieu voulait me » voir débarrassé de tous ces dehors mondains. Je » ne puis porter les livrées du monde, ni ses façons » de faire ; je ne puis m'accommoder à ses suites, » à ses laquais, à ses équipages, enfin à tout ce qu'il » estime ; et il me semble que je'souffre les peines » du purgatoire, quand je pense à un train et à un » laquais qui me suit (1). » Étant donc de retour à Paris, il obtint enfin de son directeur, avant la fin de cette année 1654, la permission de vendre, au profit des pauvres et des missions qu'il projetait, son carrosse et tous ses chevaux. Il ne se réserva qu'un seul domestique, par l'ordre exprès de saint Vincent de Paul (2); et, au mois de janvier, pour suivre l'attrait qui le pressait de se dévouer au salut des pauvres de la campagne, il se joignit aux prêtres de Saint - Lazare , dans une mission qu'ils allaient prècher (5).

Deux motifs l'avaient déterminé à quitter si promptement l'Auvergne: la réforme de son abbaye, qui n'eut alors aucune suite, et, comme nous l'avons dit, un ordre du Père -de Condren. Ce Père lui avait mandé de se rendre sans délai à Paris pour une affaire qui exigeait sa présence ; et, comme elle eut de grandes conséquences pour la vocation de M. Olier, il est nécessaire d'en exposer toutes les circonstances en détail. Depuis plusieurs an-

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