‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 130 sur 332 · LE P. DE CONDREN ÉLOIGNE M. OLIER DF L'ÉPISC · texte numérisé non relu

LE P. DE CONDREN ÉLOIGNE M. OLIER DF L'ÉPISC

vidence sur lui, que, dès qu'il apprit qu'on parlait de le faire évêque. il lui écrivit, comme on a vu, d'interrompre ses missions d'Auvergne et de partir sans délai pour Paris; et jamais la conduite de Du ne parut plus sensiblement sur M. Olier. que dans l'ordre qu'il reçut alors de se mettre sous la direction du Général de l'Oratoire : car s'il eût continué de s'adresser à saint Vincent de Paul. il eût, selon toutes les apparences, accepté l'épiscopat sans balancer.

Quoique ce grand Saint fût rempli de tant de grâces et de dons divers pour l'utilité des âmes il ne connaissait point encore la vocation de M. Olier touchant l'établissement des séminaires ; et, ce qui est bien remarquable, il ne savait pas que luimême ni sa société dûssent un jour avoir part à leur formation. Ainsi, dans le projet de Bulle d'institution de sa Compagnie, qu'il envoya à Rome. il ne fit aucune mention des séminaires (1); cette Bulle, donnée en 1632, n’en fait pas mention non plus”; : et même lorsqu'il Le dans la suite à réunir des enfants. dans l'espérance de les former à l'état ecclésiastique , ce fut sur les exhortations rètérées du Père de Condren, et par manière de simple essai (2). Ne soupçonnant donc point que M. Olier dût un jour avoir part à cette œuvre, qui. d'ailleurs, semblait être désespérée et sans ressource, il ne négligea rien pour l'engager à prendre la conduite du diocèse qu'on lui offrait. Il le pressa vivement, au nom du prélat dont nous avons parlé, et il continua de le solliciter pendant dix-huit mois, jusqu'à ce qu'il eût perdu tout espoir sur cette affaire, c'est-à-dire, jusqu'au mois de mars 1636. S'il eût connu les motifs qui faisaient agir le Père de Condren d'une manière tout opposée, sans doute il n'aurait pas fait tant d'instances; mais ce Père ne les manifestait à personne. Non moins fidèle à tenir cachés les ordres secrets de Dieu, qu'à les découvrir dans le temps

(1) Recueil des lettres de suint Vincent de Paul, t.1, p. let 2.

* NOTE y, p. 165.

Lee Cloysault, ies

Ms. — Vie du Père Gibieurx, t.1, p. 163,

Le Père de Condren persévère 18 mois dans son refus, sans en faire connaitre le vrai motif.

à nm

(1) Mémoir. de M. du Ferrier, p. 134, etc.

Olier, par le Père Giry, part.

1, chap. x. — Remarques historiques, À. ui, p. 17,

G) Lettres el écrits du Père de Condren. Ms.

marqué par la Providence, il n'en parlait qu'en termes couverts à ceux mêmes qui devaient en être un jour les exécuteurs. On vient de voir avec quelle réserve il en avait dit quelque chose au cardinal de Richelieu ; il s'exprima toujours à cet égard d'une manière également obscure pour ses disciples, quoiqu'il leur parlât souvent d'une œuvre très-utile à l'Eglise pour laquelle Dieu les avait destinés. La vtnération profonde qu'ils portaient à sa personne les empêchait de lui demander quelle serait donc la nature de cette œuvre; ct, comme nous le dirons dans la suite, ce ne fut que huit jours avant «a mort qu'il commença enfin à leur en parler clairement (1). Cette conduite pourra peut-être sembler étrange dans un homme d'ailleurs si sage et si éclairé; mais ayant toujours ignoré le moment et le lieu marqués pour l'exécution d'un dessein si utile à l'Eglise (2), il affecta de n'en parler jamais qu'en termes couverts, de peur que, s'il venait à être connu avant le temps , l'ennemi de tout bien ne s'efforçàt de le faire échouer, en y préparant de loin des obstacles +. C'était, sans doute, par le même principe que saint Vincent de Paul avait coutume d'affirmer qu'une bonne œuvre, divulguée avant le temps, était à moitié détruite. Obligé néanmoins de répondre à M. Olier, qu'on pressait toujours d'accepter l'épiscopat , le Père de Condren se contentait de lui dire: « Je vois en vous » de grands empêchements à être évêque ; et pour » pouvoir prononcer affirmativement, je désirerais » avoir des preuves plus manifestes de la volonté

+ Le Père de Condren, dans une lettre à M. Barthélemi de Donmadieu, évêque de Comminge, écrite en 1637. au

sujet d'un séminaire que ce prélat voulut établir danse son diocèse, nous fait assez connaître le n ace » Vous vous souviendrez, lui dit :} >oint » parler. Les affaires de Dret in cret » de son Esprit : les publier a de, se or au

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