Vie
de M. Olier, par le Père Giry, partie 1°°, ch nn.
(2) Vie Ms. de
M. Olier, par M.
deBretonvilliers
* NOTE 2. p.
(3) Ibid. peg,
910 PARTIE I. LIVRE Vi. — 1638
Religieuses de l'Ordre de Fontevrault, appelé la Re. grippière, où le relâchement et l'esprit du monde avaient introduit, outre des divisions étranges, tous les abus qu'entraine dans une communauté la perte de l'esprit intérieur (1). Il s'y rendit, poussé par un mouvement de zèle ; et, sans se faire connaître, il y demanda l'hospitalité pour lui et pour un missionnaire qui l'accompagnait; c'était le 90 juillet 1638. Une espèce de maladie épidémique faisait alors beaucoup de ravages dans plusieurs cantons de la province; les Religieuses, le prenant pour un homme qui fuyait la contagion, et craignant elles-mêmes de la contracter, lui refusèrent une retraite. Loin de se plaindre de ce traitement, l'humble disciple de JÉsus-Curisr y trouva un nouvel encouragement à son généreux dessein; et, sans retourner sur ses pas, il examina si, dans les cours qu'il avait traversées pour arriver à la porte du cloître, il ne rencontrerait pas quelque couvert pour passer la nuit. Il aperçut dans la basse-cour une masurequi servait de poulailler, et il y entra, espérant qu'au moins on lui permettrait de partager ce triste réduit avec les animaux confiés aux valets de la maison. Les valets, par respect sans doute pour l'habit et la personne d'un prêtre, n'osèrent en effet le contraindre d'en sortir, et il y demeura en paix, attendant les moments du Seigneur (2)°.
La tranquillité avec laquelle il venait de supporter le refus qu'on lui avait fait essuyer, la charité qu'on admira dans tous ses discours, la modestie et la religion qu'il faisait paraître dans ses prières, ne tardèrent pas à lui concilier beaucoup de respect de la part des personnes qui occupaient les dehors de la maison. L'opinion que l'on conçut de si grande piété ayant pénètré dans l’intérieur du monastère, on l'invita à recevoir, dans le bâtiment des etrangers, un logement plus convenable; mais quelqueinstance qu'onluifit, sa réponse fut toujoursque sa petite loge Ctait tout ce qu'il lui fallait (3). Un mi-
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