M. OLIER REFUSE LA COADJUTORERIE DE CHALONS
» sée de notre révérend Père général, et encore » moins la mienne, quoi que l'on en dise çà et là;
» car il y en a qui le souhaitent assez(1).» Le juge-- (1) Lett. aut. ment du cardinal, joint à ces témoignages si hono— 4°,#: Olier, p. Pro : : 317.
rables de l'estime publique, porta Louis XIII à ratifier sur-le-champ le choix de son ministre, et il nomma, au mois de juillet 1639, M. Olier à la coad-
jutorerie de Châlons.
Celui-ci était en mission lorsqu'il en reçut le XIV. brevet (2); ce coup imprévu l'obligea de se rendre M. Olier reauprès du Père de Condren pour prendre une dé- fuse la coadcision. La réponse de ce Père fut toujours la même. iutorerie de » Du a d'autres desseins sur vous, lui dit-il: ils USER ne sont pas si éclatants ni si honorables, mais on rt » l'Eglise en retirera plus de fruits(3).» M. Le Royer Bretonvilliers,1. de la Dauversière, instituteur des Sœurs hospita= " P' va ne lières de Saint-Joseph, de la Flèche, et dont nous on DU parlerons dans la suite, vint le voir sur ces entre— 256. “+ faites, et l'assura pareïillement que Dieu avait sur lui d'autres desseins'. M. Olier renvoya donc le , jomg 19 brevet au cardinal, en lui témoignant sa reconnais- p. 257. je sance pour l'honneur que le Roi avait daigné lui fire à sa recommandation (4). Cette négociation {;) pie de M. traina néanmoins en longueur: « Je suis de retour Olier, par M. »à Paris, où me retient l'affaire de Châlons, écri- ge AM »vait-il; je tâche de la terminer auprès du R. P. du même, par le » de Condren : quand je parle de terminer, c'est me 4 pre part, » débarrasser que j'entends (5). » Il paraît que le Henüries he cardinal refusait d'accepter la démission de M. {oriques, t. m, Olier, et que ce fut le motif du séjour de celui-ci LÉ he dans la capitale. « Plus j'ai obligation à Votre Emi- AU Olior, sd »nence, lui écrivait-il, plus je suis obligé de ne la 53.
» pas laisser surprendre dans l'opinion qu'on pour- » rait lui avoir donnée de moi. Il est vrai, Monsei- »gneur, que je dois me soumettre à la lumière que Dreu vous a donnée pour la conduite de ce »royaume ; mais je ne puis m'abandonner au juge- » ment de ceux qui, sans beaucoup de connaissance » de cause, ont cru me rendre un bon office auprès
(1) Lelt. aut.
de M. Olier, p.17.
(2) Ibid. p. 301.
(3) Histoire des Ordres religteux, par Hermant, in-12, t.
in, p. 179.
230 PARTIE 1. LIVRE vi. — 1639
» de Votre Eminence. » Il suppliait enfin le cardinal de ne pas l'obliger d'accepter cette charge, avant qu'il lui eût exposé de vive voix les motifs qu'il avait de la refuser (1). Le principal de ces motifs était sans doute l'opposition formelle du Père de Condren, dont il savait que le cardinal respectait singulièrement les sentiments, surtout dans cette matière. Aussi ne doutait-il pas que son directeur ne le dégaget tout-à-fait, malgré les instances contraires de sa famille et celles du chancelier Séguier « Ne craignez rien pour Châlons, » écrivait-il; je ne crois pas que l'on y fasse rien, » puisque l'inclination du R. P. général n'est pas » que j'accepte : il me défendra très-puissamment » de cette affaire (2). »
Enfin, étant allé trouver le cardinal, il lui exposa tous les motifs de son refus. Surpris d'un si rare désintéressement (car on ne savait guère, en ce temps-là, ce que c'était que de refuser un évêché, surtout lorsque la dignité de pair de France y ctait jointe), le cardinal lui en donna publiquement des éloges, et lui promit sa protection (3). Tout porte à croire que, cette fois encore, M. Olier vit, dans l'opposition du Père de Condren, une preuve de son indignité ; car ce fut ce qu'il écrivit aux ecclésiastiques de l'assemblée du Puy, qui s'étaient empressés de le féliciter après sa nomination à ce siège. « La dignité dont vous me parlez, dit-il, suppose » de grands talents, qui surpassent de beaucoup » ma capacité; je prie Notre-Seigneur qu'il me » fasse la grâce de me tenir au nombre de ses moin- » dres petits serviteurs dans le saint emploi des » missions, et qu'il ne souffre pas que je l'oblige a » m'en exclure. Demandez pour moi, Messieurs, » qu'il me donne part aux saintes qualités néces- » saires à ces divines fonctions, entre autres, une » grande révérence pour Dieu, un grand amour » pour le prochain, un grand anéantissement de » moi-même, et une mort entière au monde, sans
» cou » COa » gne » pou de M.
son re autant leurs n le plus neurs, tout sa refus q tiquait maîtres silence, qu'elle d bornes, lar, eta l'évêque
cardi-
harge, motifs de ces elle du ardinal surtout que son les insa chan- “hälons, sse rien, 'est pas amment
li EXPOSA n si rare e, en ce a évèché, ce y était ment des put porte vit, dans reuve de Lux eccléaient emà ce siège.
suppose beaucoup qu'il me ses moinmploi des l'oblige à essieurs, és nécestres, une hd amour lement de de, sans
SA FAMILLE S'IRRITE DE SON REFUS DE L'ErisG, 251
» quoi je n'oserais jamais me dire prêtre, ni votre
» confrère. Nous avons ici M. Meyster, qui con-
» serve toujours, pour vos quartiers, la ferveur de
» son zèle. Après quelques missions que l'on a ré-
» solu d'entreprendre, il se propose d'aller vous
» visiter, pour travailler dans votre diocèse. J'es-
»père que Dieu me fera la grâce de l'y accom-
» pagner, n'étant retenu ici que pour achever quel-
»ques missions que le Père de Condren, notre Li Setrenties
»directeur, veut que nous fassions de com- de M. Olier, p.
» pagnie (1). » 65.
L'évèque de Châlons n'ayant pu obtenir M. Olier XV.
pour son coadjuteur, voulut au moins avoir, à son La famille de
défaut, l'un des coopérateurs de son zèle; il de- M-Olierestir- À 114 À ritée de son
manda au Roi M. Félix Vialar, que nous avons vu, fus.
en 1638, faire ses premiers essais dans les missions
de Bretagne. La promotion de cet ecclésiastique
fut un véritable sujet de joie pour M. Olier. Des
qu'il en eut appris la nouvelle, il écrivit à une per-
sonne de piété : «Je vous conjure de tout mon
» cœur de prier pour M. l'abbé Vialar, notre bon
» cousin, que Dieu a jugé digne d'être appelé à la
» coadjutorerie de Châlons ; et je prie Notre-Sei-
» gneur de verser sur lui la plénitude de son esprit,
» pour cette sainte charge (2). » Tous les parents (2) Lettres aut.
de M. Olier ne partagèrent pas cette joie. Autant re Olier, p.
son refus avait donné d'admiration à tout Paris,
autant excita-t-il contre lui leurs ressentiments et
leurs murmures(3). Ceux d'entre eux qui désiraient ,, …. .
le plus son avancement dans la carrière des hon-— L'art 4
neurs, lui en firent des reproches tres-vifs, et sur— P: 721 et suiv,
tout sa mère ; jusque là que ne pouvant goûter un
refus qui lui paraissait si contraire à ce qui se pra-
tiquait universellement, elle ne fut point assez dés
maîtresse d'elle-même pour étouffer, dans le , (ft ne
silence, les mouvements d'humeur et de dépit M. de Bretonvil-
qu'elle éprouvait (4). Enfin elle ne garda plus de lierst.1p 339.
bornes, lorsque, peu après la nomination de M.Via- ,.(») Vie de M.
NOTE Vialar de Herse, lar, et avant même que celui-ci eût reçu ses bulles, évêque de Chd:
l'évèque de Châlons vint à mourir (5). lons, p. 6.
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