‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 266 sur 332 · SUR LA MORT DE SAINTE JEANNE—FRANÇOISE DE CHANTAL · texte numérisé non relu

SUR LA MORT DE SAINTE JEANNE—FRANÇOISE DE CHANTAL

an, par le NOTE 17, p. 363. — M. Olier commençait l'établissement usieurs de de Vaugirard lorsqu'il apprit la mort d'une grande servanté de la nou- de Dieu, avec laquelle il eut très-probablement plus d'une x. Déjà le fois des rapports, sainte Jeanne-Françoise de Chantal, fon- Seguenot, datrice de la Visitation de Sainte-Marie. Sa grande dévotion blique des pour saint François de Sales, dont il vénérait l'esprit et la uspects (3). grâce dans sa très-digne fille, et l'affection singulière qu'il à secte, la portait à l'ordre de la Visitation, lui firent prendre beau-

jusque là coup de part à cette perte. Mais il y prit part à la manière de presque des Saints, c'est-à dire, en remerciant Dieu de la gloire dont

nées mal: il couronnait, dans le ciel, sa servante, et en redoublant ses L le Jansé- prières pour l'institut qui se voyait privé d'un si ferme a supério- appui. Ces sentiments de son cœur, peints par lui-même

dans une de ses lettres, sont une preuve trop frappante de

{1 Lettre: autoyraphes de MH, Olier,p.323 324,

l'élévation et de la générosité de sa foi, pour les passer ici sous silence. Il écrivit à la Mère de Bressand, alors supérieure de la Visitation. à Nantes : « Votre douleur sur la » perte que vous avez faite m'a touché sensiblement. Mais » si vous êtes bien chrétienne, vous trouverez au ciel, dès » maintenant, avec plus d'utilité, d'efficacité et de sainteté, » ce que vous possédiez grossièrement sur la terre. Vous » en jouissiez à la façon d'Adam, et parce qu'elle était dans » cet état d'infirmité, et parce que vous en usiez vous- » même par des voies terrestres : témoin votre tendresse et votre affliction si sensibles. Ne sommes-nous donc pas » bien loin de notre compte, ma très-chère Mère, quand » nous pensons être séparés et dépouillés de tout, quand » nous croyons vivre seulement en charité? On dit, pour » s'excuser : C'est qu'elle était utile à l'Ordre, et je regrette > la perte de l'Ordre. Mais, ma très-chère Mère, c'est notre >» appui charnel quenous pleurons; c'est pour l'objet de notre » amour naturel que nous soupirons. Car la bienheureuse » Mère de Chantal n'est pas moins pleine de charité pour » l'Ordre, qu'elle ne l'était sur la terre; elle n'a pas moins » les yeux sur tout l'Ordre, ni moins d'efücace pour en pro- » curer le bien. Elle est en Dieu, elle est consommée en lui, » qui est l'amour, la sagesse et la puissance infinie, Mainte- » nant donc, elle vous aime, vous et tout l'Ordre, par cet » amour ; elle vous voit, vous et tout l'Ordre, par cette sa- » gesse et cette connaissance, par lesquelles elle l'éclaire de > toutes parts; clle l'assiste par cette puissance, dans tous » les endroits où il est étendu, non plus par les faibles » secours de sa plume et de ses avis, mais par l'efficacc et » la vertu divines où elle est entrée, et d'où elle produit les » effets que les cœurs bien disposés expérimentent.

» C'est une belie leçon que nous fait ce pauvre Canada, » dans la relation de cette année : ces jeunes convertis » disent que pleurer la mort des chrétiens, c'est porter envie » à leur bonheur... Et que faut-il que nous disions nous- » mêmes ?..Je ne vous puis céler que j'ai senti votre mal » avant vous; et voulant prévenir vos souhaits, je demanda: » beaucoup à Dieu (mais dans ines tiédeurs et faiblesses » ordinaires) qu'il lui plût prendre une nouvelle protection » de votre Ordre, à présent que ce secours sensible était » absent, et que celle par les mains de laquelle il semblait » porter et diriger votre institut lui était ôtée. Il le fera, et » sans doute les âmes bien fidèles éprouveront ce que c'est » que de se confier en lui; je le prie tout de nouveau qu'il » vous donne son Esprit d'enfant : Esprit de contiance et » d'abandon entre les mains de votre Père, qui a plus » d'amour et de soins de votre chère âme, que vous ne le » pourriez concevoir (1). »

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