‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de Saint-Sulpice [microforme]Chapitre 98 sur 332 · EME · texte numérisé non relu

EME

du zéle toutes les heures du jour, au lieu de réparer ses forces par le sommeil de la nuit, souvent il en passait une partie considérable en prières (1).

Ce fut un nouveau sujet de joie pour M. Olier, au milieu de tant de bénédictions, que de n'être pas considéré par le peuple comme chef de cette entreprise. Personne ne pensait en effet, qu'il en füt le mobile et le soutien, le voyant exercer auprès des pauvres les fonctions, en apparence, les plus humiliantes ; et chacun déférait cet honneur à M. Perrochel. « J'ai demandé à Div cette grâce avec » instance, dit-il, de ne jamais passer que pour un » rien et pour un homme de néant que je suis; ce » que j'ai acquis par sa bonté : car j'ai toujours été s traité de la sorte, n'ayant jamais eu d'extérieur » qui annonçât autre chose de moi. Dans mon pre- » mier voyage d'Auvergne, où je menai en carrosse » dans ces déserts sauvages, des personnes de con- » dition , entre autres M. Perrochel, on demandait » qui était celui qui conduisait tant de personnes » de qualité; on ne pouvait jamais croire que ce fût » moi, et l'on indiquait M. Perrochel, qui passait » déjà en ce pays, quoique alors il ne prêchât point » encore (2), pour ce qu'il est, comme il l'a montré » partout, savoir : un ange envoyé de Dieu, un » apôtre, enfin une vive image de Notre -Sei- » gneur (3) +. » .

En se livrant ainsi aux travaux de la mission, M. Olier ne perdait pas de vue le dessein qu'il avait formé d'aller à Langeac, pour savoir si la mère Agnès ne serait pas la servante de Dieu qui lui avait apparu durant sa retraite. De son côté Agnès n'ignorait rièn de ce qui concernait M. Olier. Au moment où la troupe de missionnaires était partie de Paris, elle avait eu connaissance de son voyage(4);

Page 1