‹ Vie de Mahomet d'après la traditionChapitre 12 sur 89 · II. Quelques actes · texte numérisé non relu

II. Quelques actes

et traits des ancêtres du Prophète ;

leur situation.

Voici, dans l'ordre chronologique, ce qui a été transmis de plus marquant sur les ancêtres de Mahomet ; Ton s'accorde à y voir comme un effet anticipé de la faveur divine qui devait s'étendre sur lui.

Adnàn. — Attaqué dans une gorge par soixantedix ennemis, il combattit jusqu'à ce que son glaive se brisât; ensuite il se réfugia dans la souveraine bonté. Une main le saisit et l'emporta au sommet de la montagne et un cri formidable parti du ciel anéantit tous ses ennemis.

Moad. — Les Beni-Moad étaient très braves: Zorah^ lils de Moad, à la tête de quarante hommes, extermina une armée innombrable d'Israélites, Moad s'est rendu fameux par ses combats et ses excursions contre les juifs.

Nasser. — Nasser a donné son nom aux bonbons et aux dattes ; sa santé et sa fraîcheur émerveillaient les hommes et les génies* A la naissance de son

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fils Modliar il sacrifia mille chameaux. Il s'efforça de fortifier la religion orthodoxe et il observait la loi d'Abraham.

Modhar. — Illustre par sa beauté, sa libéralité, sa piété.

El-Yas. — Ramena beaucoup d'Arabes à la religion d'Abraham. On l'appela le prince de son peuple et le seigneur de sa tribu. Les Arabes le regardent comme un aussi grand philosophe que Lokman.

Modrekah (l'Obtention). — Après avoir acquis toutes les vertus et conquis la noblesse, il invita les enfants d'Ismaël qui s'étaient écartés de la voie droite à revenir à la foi d'Abraham. Les Arabes accoururent de tous cotés pour l'entendre et se rangèrent à la foi qu'il prêchait. Les poètes arabes ont composé beaucoup d'odes à sa louange. A.près sa mort, Khandal, mère de ses enfants, accomplit le vœu qu'elle avait fait, de ne pas se remarier, de n'habiter sous aucun toit et de ne porter que des vêtements de deuil tout le reste de sa vie.

Malek. — Etait un des premiers parmi les Arabes qui le consultaient dans toute affaire importante. Il réunit les membres de sa tribu autour de son lit de mort, et les exliorta à conserver sans tache la gloire, de leurs ancêtres et à pratiquer toutes les vertus.

Gahar B. Malek ou Fehr. — Fut surnommé le Koréish, parce que, dit-on, « un animal de ce nom règne sur tous les habitants de la mer. »

Ghaleb et Lowa. — Etaient des princes des Koréish toujours écoutés et obéis.

Cossai. — Etait surnommé Mujmi (Celui qui rassemble) parce qu'il avait rallié les Koréish expulsés de la Mecque par les Beni-Khazifah, puis chassé ces derniers et partagé le territoire entre les Vainqueurs

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en donnant aux uns, les plus distingués, des lots dans rintérieur de la Mecque et aux autres des parts en dehors de la ville. Il rentra ainsi dans les prérogatives de sa famille : l'intendance du temple et le gouvei»nenient, et il eut le titre de roi. Son nom de Gossai (éloigné) lui vint de ce qu'il avait, au service de sa mère veuve, habité les confins de la Syrie, Il construisit la « maison de rassemblée » où les Koréisli se réunissaient pour discuter les affaires publiques et pour converser ensemble. Il donnait à sa famille les plus belles leçons de morale et de piété. Il assigna un office à cliacun de ses fils ; à Abd-Munaf, celui de gouverneur et de magistrat; à AbduUah, celui d'attacher l'étendard (commandant); à Afctl-ul-Uzzali, celui d'administrateur des pèlerinages, du puits Zemzen et de la Kaaba (i).

Abd-Munaf. — Etait aussi appelé Qâmar (Pleine lune) à cause de sa grande beauté ; et comme il avait hérité du pouvoir souverain de son père, les rois voisins venaient le visiter. Il portait d'une main le drapeau de Nasser et de l'autre l'arc d'Ismaël,

Deux de ses quatre fils. Abd-ush-Sliams et Hasliem étaient jumeaux ; ils vinrent au monde leui*s deux fronts joints, et il fallut le tranchant du fer pour les séparer. Le pi^emier est l'aïeul des Khalifes Ommeyades, le second l'aïeul de Mahomet.

Hashem. — Ainsi nommé (qui rompt) parce qu'il

(i) Les principales dignités du culte de la Mecque sont : « Hejaba » la garde des clefs et le contrôle de la Kaaba ; « Sikaia », la charge de donner à boire aux pèlerins, et « Refada », celle de les nourrir.

Les dignités ou fonctions publiques étaient : le Kiyad, oommandement des troupes à la guerre; le Lowa, droit de llxer le drapeau à son support et de le présentera un portedrapeau; le Dar el Nadwah, la présidence du Conseil de la Ville.

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ftit le premier Arabe qui donna à ses invités un repas composé de pain mouillé (soupe) (i). Ce fut dans un temps de famine, où il vint largement au secours des habitants de la Mecque. La sagesse et la libéralité d'Hashem étaient proverbiables et sa grâce incomparable. Son front rayonnait d'une telle distinction, que ceux qui le voyaient pour la première fois n'osaient point flxer les yeux sur sou visage et abaissaient leurs regards. Il mit sur un pied courant les expéditions commerciales de la Mecque en sorte que chaque hiver une caravane se rendait régulièi»emeut dans ITémen et l'Abyssinie, et une autre visitait Ghaza, Ancyre et les autres marchés de Syrie (Wackidi, Tabari). Il conclut un traité avec les Romains et TEtat de Ghassan. Son frère Abd-usli-Shams fit un traité de commerce avec le Négus d'Abyssinie, son frère Nantal en fit un avec le roi de Perse et son autre frère Al- Muttaleb, un avec le roi d'Himyar, La prospérité commerciale de la Mecque fut ainsi assurée, Hashem épousa à Médine Solmah, qui appartenait à la plus haute noblesse des Béni Najjar et qui avait tous les dons de l'esprit, il accepta môme la condition qu'elle ferait ses couches dans sa propre maison. Après la consommation du mariage, elle vint à la Mecque, puis retourna à Médine pour ses couches. Hasbem mourut en Syrie près de Damas et, à ses derniers moments, il prit ses dispositions pour que son fils Abd-ul-Muttaleb fût mis en possession de l'arc dlsiuaél, de la bannière, et des clefs de la

(i) On lit dans les dictionnaires arabes : Hashem; celui qui casse du pain dans une tasse, ou qui fait a TAshkhanall » (pWt <ie pain et de viande menue), nom donné et un aïeul ou Prophète parce que, pendant une disette, il avait fait ce plat pour les pauvres.

Kaabu, ainsi que de la coupe et du tapis sacrés, tous objets dont il avait hérité de ses ancêtres. Il déposa la coupe dans le vestibule de la Kaaba afin qu'elle servît plus tard aux pèlerins pour boire Feau du puits Zemzem; et il consacra le tapis à un usage religieux (i).

(i) De ces données, on peut conclure ce qui suit :

Les Koréish (ou Koréichites) étaient une sorte de tribu moitié religieuse, moitié commerçante, la première parmi les Arabes pour les facultés et la culture de l'esprit, investie du privilège soit de la garde, soit de la possession et de l'entretien des lieux saints.

Les principales familles de la tribu des Koréish formaient une sorte d'élite héréditaire par la transmission du mérite et du prestige religieux et des qualités de bienfaisance, d'hospitalité, etc., mais nullement comme noblesse d'épée ou de richesse, bien que beaucoup de leurs membres fussent de vaillants guerriers ou des commerçants habiles. Mahomet appartenait à la principale de ces familles, illustre dans le passé et le présent par ses vertus et ses talents — même littéraires; elle comptait des poètes. Elevé au milieu de cette élite des Koréish, très fier d'en faire partie, très attaché comme tous les Arabes à sa famille, à sa classe, à sa tribu, qu'il a réussi à rallier à sa cause religieuse, Mahomet a puisé dans ce fonds une grande partie des dispositions qui régissent les sociétés musulmanes :

1° La Mecque et les lieux saints, imposés comme but de pèlerinage universel et i)oint de ralliement de tout l'Islam ,

2» Absence complète d'hérédité pour les fonctions et titres civils et militaires.

3° Tous les musulmans sont ennoblis par la foi qu'ils professent et surtout par la guerre sainte. Tous sont égaux entre eux. Il n'y a de différence que par la sainteté, dont le mérite et les droits sont les seuls qui se transmettent.

Ainsi les descendants du Prophète ont hérité, pour une succession indéfinie, du prestige et du mérite attachés à son apostolat. Ils sont si nombreux qu'ils forment des tribus entières, comme les tribus chérifiennes du Maroc. De même les descendants d'un saint ou d'un marabout ont droit à la vénération et aux aumônes légales.

Les renseignements sur la famille du Prophète sont complétés par le tableau suivant dressé dans l'ordre chronologique descendant ; il conviendra de s'y reporter chaque fois qu'apparaîtra dans la suite de cette histoire un nouveau membre de cette famille. Les noms placés sur une même ligne horizontale appartiennent à des parents de même degré.

4* I>a culture et les goûts littéraires des Koréish peuvent être considérés comme l'origine du grand mouvement littéraire, scientifique et architectural qui suivit la conquête arabe.

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