‹ Vie de Mahomet d'après la traditionChapitre 50 sur 89 · L'apôtre rentre à La Mecque · texte numérisé non relu

L'apôtre rentre à La Mecque

Quand le Prophète quitta Taïf pour revenir au sanctuaire, les Koréish instruits de ce qui s'y était passé, excitèrent de méchants hommes de La Mecque à imiter ceux de Taïf. Pendant le retour Zaïd B. Hareth rappela aux Glo/*ieux les persécutions et les outrages qu'ils avaient soufferts à La Mecque et l'engagea à n'y rentrer que sous la sauvegarde et avec la protection d'un ami puissant. En conséquence, le Prophète s'arrêta près du mont Hira et envoya à La Mecque un homme chargé de demander à Sahal B. Amru Mutam, sa protection. Ilré-

(i) I. Dis : Il m'a été révélé que quelques Génies s'élant mis à écouter la lecture du Koran s'écrièrent : Nous avons entendu une lecture extraordinaire. — 2. Elle conduit à la vérité; nous croyons en elle et nous n'associerons plus aucun être à Notre-Seigneur. — 3. Notre-Seigneur (que Sa Majesté soit élevée!) n'a ni compagne ni enfant. (Koran : traduction KasimirskL)

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pondit : « Viens dans ma demeure. Je pourvoirai à ta sûreté. » Le lendemain matin, il s'arma avec ses fils et ses clients et se rendit au temple de La Mec que. En apprenant cela, Abu Jahl courut au temple et demanda à Sahal : « Es-tu le disciple, ou le protecteur de Mahomet ? — Le protecteur. — Quelle que soit la personne à laquelle tu donnes ta garantie, nous lui donnons la nôtre. » En conséquence, le Prince rentra à La Mecque, baisa pendant la nuit la Pierre noire, fit le tour de la Kaaba, accomplit ses dévotions avec deux prosternations et ensuite rentra •dans sa maison.

Dans le cours de la dixième année de sa mission, Mahomet consomma son mariage avec Sowdah, sa deuxième femme, qui appartenait k une branche de sa famille, et épousa Aischah, fille d'Abu Beckr qui n'avait que six ans et qui fut sa troisième femme (620).

Le Koran a décrit cette période de la mission du Prophète, où l'on ne croyait point en lui, dans les versets suivants.

« Les incrédules disent : « Le Koran est une pure invention qu'il a forgée avec l'aide de quelques autres ; » mais cette assertion est injuste et mensongère. Ils ajoutent : « Ce sont de vieilles fables qu'il a fait écrire et ils lui sont dictés matin et soir » (Ch. XXV, 5, 6).

Les incrédules disent encore :

Assurément quelqu'un lui enseigne dans une langue étrangère (à composer le Koran) et lui le fait écrire dans le meilleur arabe (Gh. XVI, io5). »

D^près Ibn Ishak le Prophète était fréquemment en conversation avec un esclave chrétien, nommé Jamru, des Béni Al Madhrama et l'on disait : « Jamru

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seul enseigne à Mahomet une bonne partie de ce qu'il promulgue », et c'est à cause de cela qu'a été mis au jour le précédent verset. Des passages du Koran montrent qu'à cette époque, des Arabes qui devinrent dans la suite de fervents Musulmans, regardaient Mahomet non seulement comme un poëte possédé d'un démon, mais même comme un sorcier et un fou (i).

(i) D'après d'autres, Mahomet puisait ses révélations scit auprès de Djebr et Yesar, fabricants de sabres, établis à La Mecque et adonnés à la lecture du Pentateuque et de l'Evangile, soit chez Salman, le Persan, un des hommes les plus dévoués à Mahomet et à sa famille. Mais, d'autres auteurs ne font intervenir ce Salman dans la vie de Maho* met qu'après la fuite de La Mecque, en l'an G22; voir plus loin, ch. XXII; in fine.

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