‹ Vie de Marie-Amélie reine des FrançaisChapitre 53 sur 98 · Le roi aujourd’hui régnant · texte numérisé non relu

Le roi aujourd’hui régnant

Gaogle

projet de mariage entre la princesse Marie et le comte de Syracuse, un des frères du roi de Naples. Cette union de sa fille avec un prince de sa maison eût été très-agréable à la reine; la négociation, fort avancée, échoua devant la prudence calculatrice du roi Ferdinand qui, dans cette affaire, donnait plus à l’intérêt qu’au sentiment de famille. La reine en fut au fond de l’âme attristée et humiliée ; la princesse Marie, qui avait agréé les hommages de son cousin, supporta cet échec avec une -dignité vraiment admirable en une jeune âme encore si peu exercée aux combats de la vie. Quelques mois après, elle eut le chagrin de perdre madame de Malet, à qui elle portait la plus tendre affection, et l’isolement dans lequel la laissa cette perte la recommanda davantage encore à la tendresse attentive de sa mère. La reine l’entoura de soins d’autant plus amoureux, que ce fut dans l’hiver de 1836 que la princesse commença à tousser et à ressentir cette douloureuse crainte de froid, signe avant-coureur du mal auquel elle devait, hélas! succomber.

La pensée d’un autre mariage que celui de sa fille occupa bientôt la reine. Dans une prévoyance à la fois royale et maternelle, elle désirait voir le duc d’Orléans époux et père, et le roi ne le désirait pas moins ardemment qu’elle. L’idée d’une

VIE DE MARIE-AMfiLTE.

union à contracter dans la maison impériale de Russie, indirectement suggérée à AI. de Barante1 2, n’avait jamais été prise en sérieuse considération ; mais il en était autrement de la désignation faite parM. de Saint-Aulaire * de la jeune archiduchesse Thérèse, l’une des filles de l’archiduc Charles. On la disait gracieuse et aimable, et l’on ajoutait même tout bas que la perspective du trône de France ne lui déplaisait pas. Je n’ai jamais su de quel œil le roi envisageait une alliance matrimoniale avec la maison d’Autriche ; quant à, la reine, là étaient évidemment toutes ses préférences. Nulle négociation en forme ne fut entamée; il fut seulement convenu qu’au mois de mai le duc d’Orléans et le duc de Nemours feraient un voyage, ayant pour objet de visiter les principales cours d’Allemagne3. A Berlin, comme à Vienne, on protesta de l’empressement qu’on aurait à accueillir les princes français; à Vienne, comme à Berlin, on les accueillit avec plus d’empressement encore qu’on ne l’avait annoncé. Le duc d’Orléans fit agréer sa recherche de l’archiduc, aussi bien que de la jeune princesse ; mais il ne put obtenir une parole décisive de M. de Metternich, trop prudent

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