DOUANES
courir avec
>, la même Ni sa consqu'à ce que es dont on faire cette la respon-
souverneur, sur général; tion: ‘ Par aucunement les droits et
r les causes
geil le cin-
aire l'esprit uité. Ilne opposer à la ut ce quilui
ine question s papiers de b de Pétrée ants :
du roi dans
e ge fait pas
de mon consentement, et que je juge à propos, pour les raisons que je dirai en temps et lieu, que l’on diffère la dite ouverture, jusa'1’à ce que, à la venue des vaisseaux, il y ait une personne de la part de Sa Majesté. ”
Tout est digne dans la conduite du prélat. Il ne se retire pas du Conseil, comme aurait fait M. de Mésy dans sa mauvaise humeur; il ne fait pas de scènes, à la manière de Frontenac: il se contente de protester contre l'injustice et l’illégalité. ; ;
Le sentiment du devoir reprit bientôt son empire sur le ‘gouverneur. Dès le 26 mars, il fait rentrer M. D’Auteuil dans sa charge, et retire les accusations portées contre lui. La réparation commence ; le temps et la grâce vont l'achever.
À la séance du 16 avril, le mercredi de pâques, le Conseil s'assemble au complet: MM. Villeray et Bourdon viennent d’y rentrer. M. de Mésy leur a rendu ses bonnes grâces, déclare nul et non avenu tout ce qu’il a dit et écrit contre eux, et approuve lui-même per conséquent la conduite de l’évêque dans toute cette affaire. La disgrâce de MM. Villeray, Bourdon et D'’Auteuil avait duré deux mois 1,
2! nous semble que, jusqu'ici, ce n’est pas Mgr de Laval qu’il faut accuser d’avoir abusé de son rôle politique et excédé les bornes de son autorité.
Tout alla bien au Conseil jusqu’au mois d'août 1664. On y passa plusieurs résolutions très importantes, surtout par
1 — Conseil Souverain, t. I, p. 127 à 170.
PS
rapport à la traite de l’eau-de-vie. Le Conseil avait renouvelé l'ordonnance royale du 7 mars 1657, qui défendai: de traiter des boissons aux sauvages, sous peine d’une amende de 300 francs, et, en ca, de récidive, sous peine du fouet ou du bannissement. Cette défense avait été publiée À Québec, aux Trois-Rivières et à Montréal. Elle produisit d’autant plus de bien qu’on la fit exécuter avec beaucoup de fermeté.
Mais, au printemps de 1664, par suite des brouilleries survenues entre l’évêque et le gouverneur, celui-ci s'était relâché de sa sévérité pour la traite de l’eau-de-vie, comme il l’avait fait pour la loi des dîmes ; et les désordres avait recommencé avec une fureur incroyable. Au cap Rouge ei à Sillery, tout le monde, paraît-il, faisait la traite de l’eaude-vie.
Le 17 avril 1664, le Conseil se décide de nouveau à sévir contre les désordres. Il renouvelle l’ordonnance de 1657, avec toutes les peines portées contre ceux qui donnent des boissons aux sauvages. Dans le procès-verbal de la séance, le Conseil reconnaît que ‘‘ la vente des boissons aux sat: vages a toujours été défendue depuis le commencement de la colonie, parce que ces peuples deviennent furieux quand ils sont ivres, et qu’ils ne veulent boire que pour. s’enivrer !. ” On ne pouvait donner plus solennellement raison aux sentiments de Mgr de Laval.
Le Conseil fit exécuter l'ordonnance avec tant de fermeté
1 — Conseil Souverain, t. I, p. 170.
oo
men eme tnt ter sn
vaitrenou- DE 4 de rigueur, que les désordres diminuèrent considérablei défendaii DD ment dans l'été de 1664.
eine d’une Cependant les colères de M. de Mésy contre Bourdon, us peine du LE Villeray et autres membres du Conseil n'étaient calmées été publiée qu'à la surface ; elles u’attendaient qu’un moment favolle produisit rable pour éclater de nouveau. Ce raoment arriva à l’expiec beaucoup ration de l’année d’office de ces conseillers. On a le procès-verbal de la séance, où le gouverneur brouilleries } prononça leur destitution (19 septembre 1664) 1. Ce procèslui-ci s'était DD verbal, écrit de la main de M. de Mésy lui-même, fut Tnixac Lhg -vie, comme trouvé si extraordinaire, si illégal, si indigne d’un gouver- a sordres avait DS nur, que MM. de Tracy, de Courcelle et Talon ordoncap Rouge et nèrent plus tard (31 mai 1666) qu’il fût bâtonné. aite de l’eau- M. de Mésy avait choisi, pour prétexte de son coup
| d'état, l'opposition, pourtant bien judicieuse, que les conveau à sévit DD villers D'Auteuil et de la Ferté, de concert avec le procunee de1657, D ur générai Bourdon et M. de Charny, qui représentait donnent des l'évêque au Conseil, avaient faite à la nomination de M. de la séance, Lemire comme syndic des habitants. Une première élecons AUX 580 D tion de syndic ava* été faite en assemblée publique conmmencemen À roquée légalement par ordre du Conseil, et M. Charron nent furieux Murait été nommé. Mais comme il était marchand, on lui ire que PON D rsuada qu’il ne pouvait représenter. d’une manÿ”re déslennellemênt téressée la communauté des habitants, et il résigna. Une Busemblée convoquée pour une nouvelle élection fut sans rultat. Enfin, une troisième assemblée, convoquée très régulièrement par le gouverneur seul, nomma M. Lemire.
nt de fermeté
pri 2.4 dei ge a qe tt mm me meer pots née que tisane emmnmahee
1— Conseil Souverain, t, I, p. 278.
naar energie mena can
C’est rontre cette nomination, qu’ils regardaient comme tout à fait illégale, que protestèrent les conseillers et M. de Charny. Le gouverneur ne put se contenir. Il prit sur lui de suspendre de leurs fonctions les conseillers récalcitrants D’Auteuil, de la Ferté et Villeray, ainsi que le procureur général.
Les conseillers subirent leur sort avec patience. Mais M. Bourdon ayant déclaré qu’il ne se croyait pas dépossédé de sa charge par la seule volonté du gouverneur, celui-ci ordonna de le faire sortir du Conseil, le maltraita de toutes manières ! et l’obligea même à passer en Europe: ce qu’il fit avec son fils et M. de Villeray.
“ Entout cela, observe Garneau, le gouvernenr violait l’édit royal; car, s’il ne pouvait nommer les conseillers sans le consentement de l’évêque, il ne pouvait non plus se passer de ce consentement pour les destituer où les suspendre ? ”.
De son côté, Mgr de Laval, toujours juste, calme, fidèle à la cause de l’opprimé contre le persécuteur, avait refusé de concourir à ces actes arbitraires, et de déposséder de leurs charges les membres du Conseil, suppliant le gouverneur d'attendre l’arrivée prochaine de M. de Tracy, pour faire juger par le vice-roi les différents sujets de plainte qu'il pouvait avoir contre eux 5,
De Mésy, sans écouter les sages avis de l’évêque, résolut
1— Conseil Souverain, t. I, p. 280, 2 — Histoire du Canada. t. , liv. IV, ch. I.
3 —Ferland, t. II, p. 28.
+ ee
comme kg de consommer son coup d'état ; et à la séance subséquente setM.de du Conseil (24 septembre 1664) 1, il nomma lui-même, de son propre chef, un procureur général et de nouveaux conæillers, pour remplacer ceux qu’il venait de destituer.
rit sur lui
salcitrants
procureur Le Conseil, se trouvant ainsi illégalement organisé, | n'avait plus aucune autorité aux yeux de l’évêque. Aussi,
nce. Mais nevoulut-il plus y assister une seule fois jusqu’à l’arrivée
pas dépor- de M. de Tracy.
ouvernêur, Cette abstention ne suffisait pas. Il fallait éclairer le
e maltraita peuple sur la valeur présente du Conseil, et l’avertir que,
en Europe: tel qu’actuellement constitué, il ne représentait plus le
droit ni lé pouvoir légal. Mgr de Laval chargea M. Pom-
+ io mier de dire tout cela dans le prône du dimanche 29 nen
| conseillers it non plis tuer o les
septembre ?.
De Mésy, qui avait été à la Bonne Sainte-Anne, lu veille, montrant bien en cela son esprit religieux, apprit à son retour le prône de M. Pommier, et entra dans un vif accès de colère. ‘ Il fit publier à son de tambour réitéré une | pancarte d’injures contre M. l’évêque et autres, ” dit le Journal des jésuites. Sur ses instantes prières, le nouveau Conseil chargea M. de Tilly et le procureur général Chartier de Lotbinière de faire enquête sur le prône de A. Pommier 3. | Aux injures et à l’insolence du gouverneur, Mgr de Laval d'opposa que le silence et la résignation. Il se eontenta de prier beaucoup et de faire prier pour son ancien ami. Plu-
alme, fidèle avait refusé posséder de ht le gouver-
Tracy, pour de plainte
que, résolu
RTE EEE
1— Conseil Souverain, t. II, p. 281.
2— Journal des jésuites, 3— Conseil Souverain, t. I, p. 283.
sieurs fois il se rendit au parloir de l’Hôtei-Dieu, pour
demander à la pieuse sœur Catherine de Saint-Augustin
des prières pour M. de Mésy !. Avis charitables, représen-
tations bien motivées, sévères réprimandes, il n’épargna. rien pour ramener le gouverneur dans la voie du devoir;
mais, par tous ces bons procédés, il ne réussit qu’à l’irriter
davantage.
Un jour qu’il était en conversation avec lui, le gouverneur s’emporta au point de lui jeter à la téte la clef qu’on lui avait donnée pour qu’il pût venir à toute heure au séminaire, et il l’accabla des plus grossières injures.
“Il en vint, dit Latour, à des extrémités peu croyables, selon nos mœurs. Il erut, sans doute, l’intimider par des menaces et un appareil de guerre, car on ne peut penser qu’il eût seulement le dessein d’attenter à sa vie ou à sa liberté. Un jour, à la tête de ses gardes et de la garnison du Fort, il investit l’église et la maison attenante où logeait
l’évêque. Celui-ci, sans s'étonner, après avoir fait sa prière et le sacrifice de sa vie au pied des autels, paraît à la porte de l’église, devant le gouverneur et sa petite armée.
‘ Le bruit courut que le gouverneur avait donné ordre de le saisir ou de tirer sur lui. Maïs tous les soldats, de concert, au lieu de lui faire aucune insulte, défilèrent ; devant lui, et lui firent chacun en passant le salut des armes, qu’on ne fait qu'aux princes et aux généraux. Le gouverneur confus 8e retira 2. ”
1 — Sœur Juchereau, Histoire de V'Hôtel: Diéu. . 2 2 — Latour, p. 120.
u, pour Lugustin "eprésen- 'épargna \ \ devoir; à l'irriter
e gouverclef qu'on e au sémi-
croyables,
er par des eut penser
ie où à sa
la garnison
e où logeait it sa prière it à la porte mée.
onné ordre goldats, de è défilèrent :
6 galut des Léraux. Le
‘Toutes ces brouilleries, dit Ferland, semblent avoir complèteruent tourné la tête à M. de Mésy. Il s'imaginait être en butte aux attaques des ecclésiastiques et des religieux. Ses actes publics, à cette époque, indiquent une violence et une maladresse qu’on ne pouvait attendre, dans les circonstances ordinaires, d’un homme de son âge et de son caractère 1.”
Dieu, qui voulait le sauver, permit qu’il tomba gravement malade, en février 1665. Il rentra en lui-même, se rappela ses beaux jours de l’ermitage de Caen, et se fit transporter à l'Hôtel-Dieu, pour s’y mettre sous les soins des religieuses, dans la salle des pauvres. Il fit venir Mgr de Laval, le pria d'entendre sa confession, et se réconcilia sincèrement avec lui. Puis il fit publier partout un acte de rétractation de tout ce qu’il avait dit et écrit contre le clergé et les principaux citoyens de la colonie ?.
Dans une lettre qu’il adressa à M. de Tracy peu de jours avant sa mort, il äit entre autres choses :
‘Dieu ayant disposé de mes jours, m’a fait prier M. de Tilly de vous donner les lumières, avec les écrits de ce
| que j'ai fait savoir au roi de ce qui s’est passé entre l’évêque
de Pétrée, les jésuites et moi. Vous éclaircirez bien mieux que moi les choses que j'aurais pu faire savoir au roi, touchant leur conduite dans les choses temporelles. | Je ne sais néanmoins si je ne me suis pas trompé, en me
1— Ferland, t. IF, p. 24.
2— Latour, p. 122.
laissant trop légèrement persuader au rapport qu’on m'en
a fait... Si vous trouvez dans mon procédé quelque manque
dans le général, je vous conjure de le faire connaître à
Sa Majesté, afin que ma conscience n’en puisse être
chargée 1...”
‘ D’après ces paroles, dit Ferland, il avait été trompé
par quelques-uns de ces hommes inquiets et turbulents,
qui cherchaient à faire fortune en semant le trouble, Une
fois lancé dans une fausse voie, M. de Mésy s'était laissé
entraîner par la violence naturelle de son caractère, et
avait poussé les choses si loin, que le roi dut donrier l’ordre
de le rappeler en France *?.
Mgr de Laval, depuis longtemps, disait tous les jours la
messe pour son ancien ami ?, justifiant ainsi ces paroles de M. de la Colombière : ‘‘ L’oubli de ses bienfuits ne l’a pas empêché qu’il ne les ait redoublés, et il ne s’est jamais
vengé que par toutes sortes de bons offices des injures qu'il avait reçues. Il voulut aussi que la messe fût dite deux fois près de son lit de douleur, à l’Hôtel-Dieu, le jour de la Saint-Joseph et le jour de Pâques.
M. de Mésy eut le bonheur de mourir dans les bras de l’évêque, dans la nuit du 5 au 6 mai, avec toutes les marques d’une pénitence sincère. Il fut enterré, suivant son désir, dans le cimetière des pauvres de l’Hôtel-Dieu.
=: mes mate comes EEE
1 — Registre des insinuations du Conseil supérieur, t. I, lettre À, p. 21 ro.
2 — Ferland, t. II, p. 34.
3 — Latour, p. 122.
4 — Eloge funèbre.
om
on m'en > manque nnaître à isse être
6 trompé rbulents, ble, Une tait laissé actère, et er l'ordre
8 jours la paroles de ne l’a pas st jamais jures qu'il dite deux e jour de
es bras de sg marques son désir,
UE RTE NE
I, lettre À,
p. 11 vo,
exprimer des as trouvé d’écho dans les cœurs.
Mettre au Conseil] 2 celui qu'il
nommé pour le remplacer + Il était Chargé, - de Tracy et.Talon,
1— Conseil Souverain, t. I, p, 343, 2— Edis'et Ordonnances, t. IT, p. 25.
3 — Registre des insinuations du Consoil Supérieur, t. I, lettre A, 4 — Lettre de Talon,
0 — Ferland, t. IL, p. 34,