‹ Vie de mgr de Quélen, archevêque de ParisChapitre 59 sur 61 · A MONSEICNEVR I. ARCHEVEQUE DE PARIS · texte numérisé non relu

A MONSEICNEVR I. ARCHEVEQUE DE PARIS

Cesse d'être sublime, ou je cesse (récrire,'; Mais plutôt de David que n'ai-je cette lyre Dont les divins accords , aimés de l'Éternel, Ravissaient autrefois et la terre et le ciel!

Pour louer les vertus qu'avec eux tu partages, Il faudrait du saint livre ouvrir toutes les pages , Où des héros chrétiens les actes signalés, Dans nos jours ténébreux, par toi sont égalés!

L'impiété rugit ; mais le Dieu de nos pères Se rira , toujours fort , de ses folles colères; Et, quand il le voudra, d'un signe de sa main Il saura bien punir son orgueilleux dédain.

Que font à Dieu, Quélen, ces monstrueux sceptiques, De périssables biens postulants fanatiques? Déjà leurs yeux, éteints dans l'éternel sommeil, Aux enfers seulement trouveront le réveil.

Déjà, parmi fléau punissant leur parjure, Le Très-Haut a vengé l'abominable injure Qu'à sa religion des hommes détestés Ont faite dans nos temps de crimes infectés.

Xlvj PIÈCES JUSTIFICATIVES (R).

La terrible leçon n'a pas changé leur âme , Et, foulant sous leurs pieds la divine oriflamme D'une sainte croyance, on les a vus encor Dans le temple sacré replacer le veau d'or.

Au front de ton église, ô vierge de Nanterre, Formulant le cahos, à côté d'un Voltaire, Entre le vice impur, le cynique Rousseau, Ils ont mis de la Foi le lumineux flambeau ! (1)

Pur écho de ton cœur, ta voix si pastorale N "oppose que des vœux à ce nouveau scandale, Et; gémissant, Quélen, sur leur aveuglement, Tu demandes au Ciel de leur être clément.

Impénitents, hélas! ils te jettent l'outrage; Mais contre tes vertus vient expirer leur rage, Et, pasteur tout divin, tu réponds à leurs traits Par un calme angélique et de nouveaux bienfaits.

Ah! peut-être déjà le souffle délétère Que Dieu nous envoya dans sa juste colère, Près de frapper encor nos coupables cités, Ouvrira-t-il nos yeux sur tant d'iniquités;

Peut-être alors, Quélen, peut-être l'hérésie, Détestant ses fureurs et son hypocrisie, Reconnaîtra du Christ le suprême pouvoir, Et mettra dans lui seul un salutaire espoir.

On te verrait toujours, soulageant nos misères, Elancer vers ton Dieu tes brûlantes prières Pour la brebis fidèle et le fils égaré, Par qui ton noble cœur fut souvent déchiré.

(1) Féneloa.

PIÈCES JUSTIFICATIVES (K). xlvi)

Mais qu'avons-nous besoin de cette dure épreuve Pour avoir de ton âme une éclatante preuve? Tout l'univers t'admire et sait qu'en sa fureur Le noir fléau te vit admirable pasteur.

Oui, du Dieu des chrétiens la grâce t'environne Et te promet, Quélen, l'éternelle couronne Que pour ton front déjà les milices des cieux Tressent aux doux accords de leurs hymnes pieux.

Le comte H. de Ljl Haye.

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