‹ Vie de Mgr de Simony, évêque de Soissons et LaonChapitre 32 sur 67 · CHAPITRE XIU l4S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIU l4S

cueillons qui \peuTeni meltre les autres à même ie développer leur savoir» et oous fournira nous- Blême un moyen d'inslructiotn.

« Veiller soigneusement sur sa langue, afin de ac laisser échapper rien dont on ait sujet de se repenlir. Ne parlez â*autrui , même des personnes sur lesquelles il semble qu'il y ait peu de mé- Dagemenls à garder» qu'avec la prudence de la taison et la délicatesse de la charité chrétienne. Epargner non*seulement les défauts, mais même kes ridicules du prochain. Vous le savez» les hommes sont si légers, qu'un ridicule fait souvent ^us de tort à quelqu'un , auprès d'eux , qu'un riibut ou un vice , et souvent par une raillerie

Ea*on a crue innocente , on s'est chargé d*un )rt irréparable fait au prochain ; il est si aisé d'ailleurs de tomber dans la médisance, que le •eul moyen infaillible de l'éviter est de ne touher l'article du prochain qu'avec la plus scruoleuse délicatesse.

Ne point se hâter de mettre eu avant son ioion et son avis , l'amour-propre y gagne au- 01 que la sagesse ; il faut écouter beaucoup us qu'on ne parle: quand on parle peu , il est us aisé de bien parler ; si on est prié de s'exiquer , on doit le faire avec sincérité et mo- ^'eitie , ainsi qu'avec fermeté lorsque le devoir l'y

< Je termine le détail de ces devoirs généraux

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de société en tous engageant à prendre Tif-k-Tii ' de tonte personne » quelle qu'elle sort » un ton | affable et obligeant » et à ne jamais avoir auprèi des femmes ce ton de familiarité beaucoup trop ordinaire anjourd*hui ; le respect que Ton cobserre pour elles est la marque d*une âme bon* néte et d*un cœur pur. Le cœur vertueux croit i la fertu » et il la respecte parce qu*ii en connaît le prix. »

M. de Simony passe ensuite à quelques detoirt plus particuliers , à Tégard des personnes ansquelles le jeune de Sullj était uni par les liens do f^ sang et de Tamitié. Il lui rappelle la perte cmelk U et récente qu'il arait faite par la mort du doc de "i Suil]!', son père ; mai^ pour en adoucir l'amer- * tume, il veut que l'image de ce vertueux père ne k se présente au cœur de son fils » que sous les • traits les plus consolants » c'est-à-dire brillsolp du double éclat do ses vertus» et de la gloire dont d Dieu les couronne dans le ciel. **

Il est des parents qui craignent que le cœur de ai leurs enfants ne s'attache trop étroitement ceai |p qu'ils choisissent pour les former à la science et )«> à la vertu. Ils verront avec plaisir, par cet|ai^ suit » combien ce sage maître était éloigné de dé- j^ tourner h son profit» les droits sacr!s qu*ttn|* père^ qu'une mère, ont à la confiance et à IV'* niour de leurs enfants. ^

ff Vous parlerai -je d'une mère» en qui la jiii-';'

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tï Cesse précoce de votre raison , et les heureux le penchants de rotre eitBûr, tous ont fait placer dès rij roa premiers ans one confiance sans bornes et m une tendresse qui répond si bien à celle qa*elle a m pour iroos ? Je fous en parlerai » non pour roos K engag;er à l'aecomplisseRient d'aucun deroir ris- I è-iris d'elle ; roire cœar m'a trop bien prérenn ■ aor chacun d'eux ; mais pour satisfiiire le mien , pour me féliciter près de vous d'avoir été assex B heureux de pouvoir lui offrir en commun avec vous tous les sentiments que vous avec pour elle » po«r bénir le cM de ce qu'en vous donnant une mère incomparable , il vous a fait aussi le don de

1 l'apprécier et de comprendre chaque jour davantage toot ce que vous lui devec de respect, 4 do reconnaissance » de confiance et d'amour, t li Après avoir indiqué en peu de mots les devoirs ^ et les conditions de l'amitié» M, de Simone K aborde un sujet aussi délicat qu'il est important » ' sujet trop peu médité par ceux qu'il devrait i intéresser le plus viveaaent; c'est le choix d'une épouse. Il donne d'abord à son élève lea idées les plus hautes de l'union des époux envisagée des yeux de la foi ; puis il fait ressortir avec autant de vérité que de précision toutes les intrigoet qM le nionde met en jeu pour assortir les unions selon ses vues ou ses intérêts ; enfin dans un esprit do sage prévoyance, il expose à l'aide d^nne expression toujours religieuse et discrète > les avoirs

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d*un éUl aussi saint , et il indique les précautions I.

nécessaires pour prévenir les orages qui si sou- ^

vent agitent les familles » et les passions qui les ii;

déshonorent. s;

• Je devrais vous parler de Tamitié et des de- ^ voirt qu'elle impose » car je l'espère » voua serei

digne d'avoir des amis. Mais c'est un sujet trop j vaste et par conséquent trop long à traiter ici. Je me contenterai donc de vous dire de l'amitié que ce qui la fonde , c'est la vertu ; que ce qui

l'entretient» c'est la confiance» ce sont les égards, r,

c'est un dévouement sincère ; que ce qui la tue, '^^

c'est l'amour exclusif de soi-même » le début d'o- ^

bligeance, Toubli de ces soins légers en apparence, ^

mais qui sont le signe des désirs du cœur» la sus- •

ceptibilité » l'excessive familiarité, lea soupçons ^

injustes; en un mot» qu'il faut choisir sea amis ,

tels, qu'ils soient dignes d'être aimés, et les aimer j'.

autant qu'ils en sont dignes. ^

t J'espère » cher fils » que Dieu dans aa misé* ^

ricorde» vous a préparé une compagne digne de ^

vous , digne des sentiments de piété dont vous ^

êtes animé. Vous êtes du nombre dea enfants ^

des saints » et vous attendes cette vie céleste oè « toute leur félicité est on Dieu. Vous écarteres donc , en vous disposant à une union ob tout est grand, si on la considère avec des yeux chrétiens, où tout est vil » si on la considère avec des yeux charnels , toute fin qui ne serait pas digne de

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Dieu et de sa grâce. Vous vous y préparerez donc 5û purifiant vos seoUmenls » en élevant vos nains et voire cœur vers Dieu , et en le priant de TOUS choisir lui-même une compagne selon son :^œur.

• Vous connaisses les motifs qui poussent et ]irigent le monde dans Farrangement des ma* 'iages : ses vues ne doivent rien avoir de comnun avec les vôtres. L'alliance la plus brillante 3t où l'on comptera le plus d'argent» n'est pas :elle qui doit pour cela vous tenter. Vous devez chercher une compagne dont la vertu fondée sur la religion soit de la même trempe que la vôtre ; loe femme dont l'esprit et le cœur n'aient pas été livrés à l'enchantement de la bagatelle^ mais i qui une éducation raisonnable et solide ait inspiré l'amour de ses devoirs , le goût d'une vie réglée , en un mot, les heureuses et rares dispolitions qui doivent accompagner une bonne mère le famille ; une femme enfin dont le caractère misse sympathiser avec le vôtre ; plus raisonlable que spirituelle » dont la société vous pronette le délassement après le travail » les consoations au milieu des peines et des tracasseries du nonde , un bon conseil dans toutes les circonstances de la vie. Vous ne manquerez pas » sitôt i|ue vous allez paraître dans le monde » de conleillers et de conseillères qui voudront chacun FOUS pourvoir b son gré. Ces conseils viendront

l/fi VIE DB VOKSBiaKBQB DB flVOIIY.

tanlôl de gens qui reiileiil que tes ehosci »*ar« rangent à leur boUisie; iaaiôi de geoa ioléreiféi et qait tani que voqs teua en doaltei» auront lenn yues dam l^uellea ▼ous n*eatreres que cenuM moyen ; tantôt enfin de personnes qui Téritalile^ ment a^intiresieront à voul , mais qui agironi et conseilleront A la manière dont on le &it en gé* néral » \e feux dire evec précipitation el conmie elles Tont déjà bit sur tant d'autres poinu dont ▼ous af es été instruit. Mais vous sarei près de <|ui vous êtes sûr de trouver et un ccbur tmrt k vous » et les conseils les plus éclairés» sur qui» en un mot» vous pouves vous reposer d*ua cheii dont dépend le bonheur de votre vie. C*eal là » c'est près d'une mère dont personne n^ippréde mieui que vous la tendresse et le jugement» que la confiance vous ramènera toujours»

Il Vous ne sauriez » cher ami , vous préparer de trop loin aux devoirs d*on état aussi saint que celui du mariage. En général» en s'y engageânti les jeunes gens n*en considèrent que les agré* ments ; vous vous en représenteres fidèlemeat les obligations. Songez que devenu père de fa« mille, ce n'est plus pour vous que vous deves vivre : que le bonheur temporel et éternel d'une famille repose sur vous. Tratiillez donc dès à présent à vous rendre tel que vous puissiez loi servir de modèle en tout. Prévoyez les diflB&renti devoirs que vous auras à remplir ; et préparer

CBOITRB XIK l4g

vouft-y , afio de n'en omelire aucun. Siiol que vous TOUf ferez attaché à une compagne par ce lien que rien ne peut rompre que la mort» songez » quelle qu'elle soit» qu'il faudra que tous la rendiez heureuse. J'espère que la recevant des mains de Dieu môme, tous la trouverez parée de toutes les vertus et aimable k vos yeuz comme elle le sera auz yeux de Dieu; toutefois, si, ce qu'à Dieu ne plaise^ vous ne trouviez pas près d'elle les douceurs d'une union bien assortie, vous n'en seriez pas moins obligé aux devoirs même qu'elle ne remplirait pas. Mais sans m'arréter à une idée Biisai pénible , je Tais mettre sous vos yeux quelifues-unes des considérations que tous ne devez jamais perdre de vue.

« Dans toute société bien ordonnée, ii faut qu'il y ait un chef. C'est l'homme dans celle du mariage : tel est l'ordre de Dien ; mais un chef n'est point un maître. Yoos «ures le droit de décider , Toilà le seul q«i tous soit personnel ; tout Butre y Totre femme pourra le roTendiquer aussi bien que tous.

• Commencez donc par la considérer comme la plus chère portion de Tous»méme« Ne calculez près d'elle ni soins ni marques de tendresse » renoncez totalement à Tous-méme» accommodezvous STec une complaisance raisonnable à $e$ goAls , prévenez ses désirs; en un mqt» soins empressés , égards , atlenlions , serriçes, égaKlé

1 &• ?IB D£ HORiBlOmOl M SltORY.

de caractère » n'épargnes rien poitir paraître tout lea jottn de voire vie également aimable à ses yeux ; et a urtoul conaervez prèa d'elle ee ion tx ces manières qui annonceni I estime » la coaaidératitm » je dirai même le respect. Il y a une certaine nberve qui doit régner au milieu 4% per» sonnes entre lesquelles cependant tout est commun. Celte réserve eat plus nécessaire qu'on ne pense j et à l'amitié et à la douceur du commerce le plus familier.

e Tous ces devoira aéraient Uén aisés auprès d'une femme parflûte. Vous en avet un modèle soua les yeux ; mais ne comptes pas trop en trouver facilement une semblable » ot j^our ne pai être pris au dépourvu» attendei^vous à reiioon* trer quelques défauts ; mais aussit6t, songes aux vôtres» è ceux dont vous vous êtes corrigé, à oeux dont la racine vit encore au dedans do toua^ Penses ensuite qu'un mal quoiqu'il soit , a'adoucit toujours par la patience » et que si vous de* vez supporter lea défimts d'autrui , à combten plus forte raison ceux de la personne qui doit vous être la plus chère. Après cela , cberohes à les corriger; les remèdes , les voici : la prudence pour saisir le moment et le biais conirenaUe » céder è propos , faire parler la raiaon quend on juge qu'elle pourra être écoutée , savoir aitendta du temps et de la patience ce qu*on ne peut obtenir sur-le-champ , tempérer la fermeté par la

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douceur et par la tendresse. Quant à la toie de Tautorké , Diev tous ^rde d*af oir )ainaii à j songer. Il n'y a que la Toie impérieuse do devoir 9 dans un cas d'une extrême importance « el lorsque les voies de patience et de douceur au«: raient été épuisées, qui puisae forcer k y recourir.t

Aux devoirs de l'époux , succèdent ceux du père de ftoullé et du maître de maison* On retrouvera ici cet esprit de modération » de dou^ ceur , de sage réserve et surtout d*ioduigence dont M. de Simony a constamment (ait preuve à l'égard de ceux qui composaient sa maison.

f Ces devoirs si doux k remplir ne font que la plus petite partie do ceux qui sont imposés à un chef de famille. Dieu , en effet » bénira peutêtre votre union en couronnant votre table de nombreux rejetons;; qiiels soins ne faudra*til pas pour les faire croUre dans la piété et dans la justice; pour les rendre aimables devant Dieu et devant les hommes. Vous avres des domestiques « ce sont encore d'autres enfants dont vous répondrez également devant Dieu , âme pour àme. Employés donc tous vos soins à composer et k régler votre maison de telle sorte qu'elle soit le séjour de la paix et de la vertu. Apportes de grandes précautions k choisir ceux que tous de<*> ves admettre , tfiobes que le nombre en soit aussi petit que poNÎi^le i le choix en sera plus aisé et les chances du mal seront moins nom-

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i5s VIK DE MOXSEIGKBOE DB 8III0KY.

brouMs.... Ne tous luisies pas surprendre dam le choix aux agréments extérieurs ^ mais préfères toujours les qualités de l'âme à celles du corps ; songex aux désordres qu'une personne ssoi mœurs peut faire entrer dans une maison.

t Que TOtre vie soit telle • qu'elle soit un modèle pour tout ce qui vous entoure. Caches même tos défauts s'il tous en reste ; vous y êtes obligé pour ne pas les rendre contagieux. En un mot f prêchez d'exemple plus que par vos discours : ne négligez cependant pas d'instruire à propos ceux qui en ont besoin.

« Joignez à cela une exacte surveillance} la semence du vice est partout , et il est de la charité , autant que de la prudence, d'empêcher qu'elle ne germe et de prévenir les fautes , plutôt que d*avoir à les punir. Il y a d'ailleurs des abus qui semblent légers dans le principe et qui» en vieillissant f entraînent les plus funestes conséquences; au reste, si la surveillance doit être exacte , elle doit être exercée de manière à ce qu'elle ne soit ni odieuse » ni à charge. Que chacun soit bien persuadé d'abord de l'estime que vous faites de lui personnellement » et ensuite que le caprice et l'humeur n'entrent jamais pour rien dans la règle que vous imposez. Il faut que le ton amical et bienveillant accompagne toujours vos commandements et vos réprimandes pour les adoucir.

ClAFITfeB Xlt. l5î

c Eiudiez-voui de bonne heure à ce Ion de douceur qui n'est nuliemeoi opposé h la fer^ mêlé • mais qui lui 6te ce qu'elle peut avoir de dur et de choquant* Accoutumes • tous à me* surer et à adoucir fos termes en toute occasion » et à ménager i'aaaour-propre des autres» toul en cherchant A tous dégager de celui qui fit en

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