NAISSANCE
Alexandre-Antonm Taché, dont nous écrivons l’histoire, Le père de
. Mgr Tact
était le troisième enfant de Charles Taché et de Louise-Henriette de la Broquerie.
Charles Taché était un militaire distingué. Il avait servi sa patrie sur les champs de bataille pendant quatre ans, de 1812 à 1816, pour repousser l’agression des Etats-Unis. Il avait été successivement capitaine au 4e bataillon de la Milice d’Elite et dans les Voltigeurs canadiens, dont M. de Salaberry était le commandant. Après la guerre, il était rentré dans ses foyers, en demeurant officier à demi-solde. Il était frère de Sir Etienne-Pascal Taché, médecin, chevalier du Bain, commandeur de l’ordre de Saint-Grégoire, premier ministre du Canada-Uni, père de quinze enfants, qui a joué un grand rôle aux origines de la Confédération canadienne, et de Jean-Baptiste Taché, avec lequel il s’associa pour le commerce, notaire à Ivamouraska et membre du Conseil législatif du Bas-Canada.
Louise-Henriette de la Broquerie était la deuxième enfant de sa mère. Joseph-Ignace Boucher de la Broquerie et de Charlotte Boucher de Mverville de Montizambert ; elle naquit à Boucherville le 24 août 1798 et fut baptisée le lendemain, 25 août, fête de saint Louis, dont elle prit le nom.
La famille canadienne.
Une des plus grandes merveilles de l’Eglise catholique en ces deux derniers siècles, nous n’hésitons pas à le dire, est la famille canadienne-française. Etablie sur un vaste domaine qu’elle défriche souvent et cultive toujours, elle compte ordinairement un grand nombre d’enfants, 8, 12, 15 et même 25 ou 30, tous robustes et pieux. Le père travaille au dehors avec les fils les plus âgés; la mère demeure au foyer, élevant ses plus jeunes enfants, préparant la nourriture et tissant le plus souvent les vêtements de toute la famille. Tous, le père et la mère, aussi bien que les petits enfants, vénèrent le prêtre comme le représentant de Dieu, se mettent à genoux, quand il les visite, pour recevoir sa bénédiction, lui parlent avec autant de confiance et d’aisance que de respect, habitués à chercher et à trouver en lui le guide et le conseiller de leur vie spirituelle et le plus souvent même de leurs entreprises temporelles. La religion préside à toute la vie, inspire les pensées, sanctifie les actions, dans les chefs de la famille comme dans tous les membres. Aussi ces familles, quelque nombreuses qu’elles soient, vivent dans une paix et une -charité qui égalent celles des monastères ; et la pureté des mœurs est si grande que la jeune fille arrive souvent au mariage sans avoir connu auparavant les redoutables secrets de cet état. L’éducation profondément chrétienne donnée partout, les vertus aimables et austères qui resplendissent dans le père et la mère, les habitudes de prière, de travail, d’économie, enfantent dans toutes ces familles, si éminemment religieuses et morales, de véritables héros, grands par l'intelligence, plus grands encore par le cœur, qui se distinguent à la tête de la patrie, dans toutes les carrières, mais surtout dans le corps le plus admirable de tous au Canada, le clergé. Pourquoi faut-il que la famille canadienne-française avec ses mœurs patriarcales et ses fruits de bénédiction, soit si tristement menacée aujourd’hui par l’invasion des doctrines libérales? Mais jusqu’en ces derniers temps, nous le répétons, elle a été une grande merveille, une merveille que nous admirons plus que les cathédrales gothiques, pourtant si magnifiques, de la vieille France.
ARCHEVÊQUE DE SAIHT-BONIFACE
La famille Taché et la famille de la Broqnerie s’étaient cons- La famille
Taché.
tamment distinguées entre toutes ces familles d’origine française.
Les Tachés sont originaires de Garganvillars, en Guienne, dans le diocèse de Montauban, dans le département actuel du Tarn (1). Le premier du nom au Canada est Jean Taché, arrière-grand-père de l’évêque, qui partit de France en 1739, et s’établit à Québec, armateur, négociant, syndic des marchands et notaire. Il épousa en 1742 Marie-Anne Joliette, petite-fille de l’explorateur qui découvrit le Mississipi; elle descendait des premiers colons qui ont labouré le sol de Québec et possédaient tout ce qui en est devenu la haute ville, Guillaume Couillard, dont le mariage se trouve le premier enregistré au Canada, et Louis Hébert, auparavant apothicaire de Paris.
Charles Taché, issu de ce mariage, grand-père du prélat, épousa en 1783 Geneviève Michon, qui comptait parmi ses aïeux de généreux colons établis depuis longtemps au Canada: les Michons, originaires d’Angers; les Thibodeaux, originaires de Moustier-le-Maufaix, dans le Poitou ; les Renauds, de Fontenayle-Comte, dans le diocèse de LaRochelle; les Bélangers, de Touque en Normandie.
Charles Taché eut de ce mariage trois fils: Charles Taché, second du nom, né en 1785, père de Mgr de Saint-Boniface, Sir Etienne-P. Taché et Jean-B. Taché, que nous avons nommés plus haut.
Mgr Taché descendait donc par son père de ce Louis Hébert qui le premier “ leva la moisson dorée des blés généreux de la Nouvelle-France;” de ce Joliette, si célèbre par ses explorations et ses découvertes; d’un grand nombre d’autres colons venus des diverses provinces de la vieille France et qui avaient formé la Nouvelle-France par leurs vertus héroïques.
La famille de la Broquerie était peut-être plus illustre La famine de
1 la Broquerie.
encore (2).
(1) Voir en appendice l’arbre généalogique de la famille paternelle de Mgr Taché. Cet arbre est pris du Dictionnaire si célèbre des familles canadiennes, publié par Mgr Tanguay, où il sert en quelque sorte d’introduction.
(2) Voir en appendice l’arbre généalogique des ancêtres maternels de Mgr Taché.
Louise-Henriette de la Broquerie était fille, nous Pavons dit, de Joseph-Ignace Boucher de la Broquerie et de Charlotte Boucher de Ni ver vil le de Montizambert; elle descendait, à la troisième génération, de Joseph-Boucher de la Broquerie, fondateur de la famille de la Broquerie ; et, à la cinquième, de Pierre Boucher de Boucherville , fondateur de la famille de Boucherville, dont la famille de la Broquerie était un rameau.
Pierre Boucher de Boucherville arriva du Perche au Canada en 1635, âgé de 13 ans, avec son père Gaspard Boucher et 11 frères et sœurs, parmi lesquels il occupait le sixième rang. Il entra clans la carrière des armes et se distingua en toute circonstance par sa bravoure. En 1651, il sauva Trois-Bivières et toute la colonie d’une invasion extrêmement redoutable des Iroquois. Envoyé à Versailles pour représenter à Louis XIV l’état d’abandon où la Nouvelle-France était laissée, il détermina ce cours régulier de colonisation qui suivit son voyage et qui fut l’une des plus belles œuvres de Colbert. Louis XIV voulut l’anoblir avant de le renvoyer à la Nouvelle-France (1). De retour au Canada, il fut pendant plusieurs années gouverneur des Trois- Rivières, dont il peut être regardé comme l’un des principaux fondateurs. En 1668, il quitta le commandement des Trois- Rivières pour se livrer à une œuvre qu’il jugeait plus importante que toutes les autres, celle de la colonisation, s’établit sur sa terre, y bâtit la même année un manoir qui subsiste encore, et où il vécut près de cinquante ans et où il mourut en 1717, âgé de 97 ans. Il eut de Jeanne Crevier son épouse 15 ou 16 enfants (2) et une centaine de petits-enfants, dont 7 prêtres et 13 religieuses. Cinq de ses fils puînés se marièrent, eurent des apa-
(1) Les premières lettres de noblesse ont péri dans l’incendie du Séminaire de Québec. Pierre Boucher s’en fit délivrer, en 1707, une autre copie, encore existante.
Armes de Pierre Boucher : Un écu d’azur à un chevron d’argent sommé à la pointe d’un lis au naturel, accosté de deux glands d’or et accosté en pointe d’un rocher de même sommé d’une croix d’or ; cet écu timbré d’un casque de profil orné de ses lambrequins d’argent, d'azur et d’or.
(2) Mgr Tanguay compte 16 enfants, le P. Lalande, l’historien de Boucherville, 15 seulement.
1er Vol. — p. 4.
M. Pierre Bouclier, seigneur de Boucherville.
ARCHEVÊQUE DE SAINT-BONIFACE
nages et formèrent les familles nobles de Grosbois, de Grandpré, de Niverville, de Montbrun, et de la Périère. Quatre de ses filles se marièrent à des nobles, Charles Sabrevois de Bleury, qui hérita du château bâti par Pierre Boucher de Boucherville avec les terres avoisinantes et en forma le fief de Sabrevois, dont le seigneur ne devait foi et hommage qu’au Souverain; Noël Legardeur de Tilly, membre du Conseil souverain et lieutenant des troupes de la marine; -Nicod Daneau du Muy, un des plus braves et des plus riches officiers de son temps; René Gauthier de Varennes, dont le fils et les petits-fils, Gauthier de Varennes de la Vérandrye, se sont rendus à jamais illustres en découvrant les régions de l’Ouest, depuis le lac Supérieur jusqu’aux Montagnes Rocheuses, la rivière Rouge, la Saskatchewan, le Haut Missouri.
Le fils aîné de Pierre Boucher de Boucherville, nommé comme son père, Pierre Bouclier de Boucherville, épousa Marie- Charlotte Denis, veuve de M. de Brahé, seigneur du Pads, et en eut dix enfants, dont le premier fut Joseph-Boucher de la Broquerie, né en 1701, fondateur de la famille de la Broquerie. Il mourut à Boucherville en 1740, à l’âge de 89 ans.
Joseph-Boucher de la Broquerie, né en 1701, eut d’une première épouse, Charlotte Taillandier-Labaume, cinq enfants, et d’une seconde, trois, dont une fille mariée à M. Charles de la Bruère.
Son fils aîné, nommé aussi Joseph-Boucher de la Broquerie, arrière-grand-père de celui dont nous écrivons l’histoire, né en 1732, épousa en 1753 Clémence Gamelin, fille de Pierre Gamelin Maugras et de Marie-Clémence Dufrost Lajemmerais, sœur de la Vénérable Madame d’Youville, qui a fondé l’admirable Institut des Sœurs de la Charité au Canada, dites Sœurs Grises. Il eut de ce mariage onze enfants et mourut en 1803 âgé de 72 ans.
L’aîné, Joseph-Ignace Bouclier de la Broquerie, aïeul de l’évêque de Saint-Boniface, né en 1759, eut de son mariage avec Charlotte Boucher de Niverville de Montizambert : Anne-Char-
Conclusion sur la famille maternelle de Mgr Taché.
Mariage.
lotte, née le 6 octobre 1796, mariée à Jean-Baptiste Hertel de Rouville ; Louise-Henriette, née le 24 août 1798, mère de l’évêque; J osepli-Antonin , né le 10 mai 1800, que nous verrons devenir comme le père adoptif du prélat; Marie-Cécile , née le 20 décembre 1811, épouse de M. Boucher de la Bruère, qui a laissé un fils, “ l’une des gloires de la famille (1) : ” Frédéric , baptisé le 2 mai 1802, et trois autres enfants, tous morts jeunes.
Louise-H enriette de la Broquerie, on peut donc bien le dire, descendait d’une lignée de grands hommes, spécialement de l’admirable fondateur de la famille des Boucherville, sauveur et gouverneur des Trois-Rivières, noble par les lettres que lui donna son souverain, mais plus noble encore par sa bravoure chevaleresque, sa prudence de diplomate et sa piété digne d’un moine. Elle comptait dans les lignes collatérales de sa famille Varennes de la Vérandrye , ce découvreur intrépide qui révéla et acquit à la France un pays grand comme sept ou huit fois son étendue; la Vénérable Madame d’Youville , qui, par ses innombrables filles, soigne toutes les infirmités du corps et de l’esprit dans l’immense Amérique du Nord; une multitude de nobles qui avaient fondé la Nouvelle-France par l’épée et par la charrue; un nombre, prodigieux de prêtres et de religieuses, qui avaient porté dans leur corps la mortification de Jésus-Christ, dans leur esprit les chastes ardeurs de la prière et de la contemplation et avaient passé sur la terre en faisant le bien. Son sang, purifié et sanctifié par la pratique séculaire des plus grandes vertus dans une longue série de nobles aïeux, la rendait bien digne de devenir la mère d’un des plus grands évêques de . l’Eglise de Dieu.
Charles Taché était revenu à Kamouraska après la guerre de l’Angleterre et du Canada contre les Etats-Unis. En 1819, il rendit une visite à ses anciens compagnons d’armes, MM. de Rouville et de Salaberry, établis à Saint-Hilaire, sur la rivière Chambly. Il fit connaissance, dans ce voyage, avec Louise-
(1) Lettre de Mgr Taché à Mme Dugas-Colombier, 5 janvier 1879.
1er Vol. — p. 6.
Louise-Henriette de la Broquerie, ou Madame Taché mère de Mgr Taché.
ARCHEVÊQUE DE SAINT-BONIFACE
Henriette de la Broquerie et s'unit à elle par le lien sacré du mariage le 2 février 1820. L’époux avait 35 ans et l’épouse 22.
Louise-Henriette s’établit avec son mari à la Rivière-du-loup, séjour de e ans aujourd'hui Fraserville et y demeura six ans dans l’accomplisse- du-Loup. ment de tous les devoirs de son saint état.
Dieu bénit l’union des vertueux époux et leur donna cinq enfants :
Joseph-Charles , baptisé le 24 décembre 1820, médecin d’un grand mérite, écrivain distingué, chevalier de la Légion ‘d’honneur, membre du Parlement provincial du Canada, puis députéministre de l’agriculture au gouvernement de la Puissance, qui a été, avec son oncle Sir Etienne Taché, l’un des principaux fondateurs de la confédération canadienne, marié en 1847 à Françoise Lepage, de Saint-Barnabé;
Antonin-L ouis- J ean-E tienne , baptisé le 22 avril 1822, notaire et shérif à Saint-Hyacinthe, où il s’est acquis une réputation universelle de probité et de bonté, marié en 1855 à Marie-Adèle Beaudet, du Côteau-du-Lac ;
Alexandre- Antonin , le favori de Dieu et de la Vierge Imma- Naissance et culée, dont nous avons à nous occuper principalement; a’ Alexandre
Henriette-Geneviève-Marie-Anne , née le 3 décembre 1825 et morte peu de jours après son baptême;
Henriette-Eliza-Emilie, née le 15 juillet 1826, après la mort de son père, enfant que nous verrons s’envoler aussi de bonne heure au ciel dans la blanche robe de son baptême.
Alexandre- Antonin naquit le 23 juillet 1823 et fut baptisé le même jour dans l’église de Saint-Patrice de la Rivière-du-Loup.
Le parrain fut son oncle Sir Etienne Taché et la marraine, sa tante Madame Jean-Baptiste Taché..
Une circonstance du baptême mérite d’être rapportée. Le curé de Saint-Patrice était en route quand il rencontra le cortège qui apportait l’enfant à l’église. Il s’en retourna, baptisa l’enfant avec toutes les cérémonies accoutumées, prit les noms et les dates sur une feuille volante, se remit aussitôt en chemin et oublia par la suite de les consigner dans le registre de la pa-
Mort du père.
Retour de la mère à Boucherville.
roisse. Lorsque plus tard l’enfant baptisé se présenta à l’ordination, il demanda l’extrait de l’acte de son baptême pour le produire à l’évêque, ainsi qu’on l’exige ordinairement. Mais l’acte ne se trouva point dans le registre. Le curé était mort ; le parrain et la marraine vivaient encore : ils attestèrent qu’ils se souvenaient bien fidèlement d'avoir vu l’enfant baptisé selon les rites prescrits. Leur témoignage, évidemment, équivaut à l’acte écrit qui faisait défaut : on ne crut pas nécessaire de rebaptiser sous condition l’ordinand.
Charles Taché occupait un rang distingué. Le 27 août 1823, il est chargé par le Gouverneur Général, Dalhousie, de présider à la réparation et à l’établissement du chemin dit “ de Témiscouata ” ou “ du Portage ” allant au Nouveau-Brunswick. Le 10 juillet 1824, il est nommé officier rapporteur pour la direction des élections dans le comté de Cornwallis (T). Les deux époux vivaient heureux, dans l’aisance et la considération.
Mais Dieu se plaît souvent à sanctifier dans le veuvage les mères d’une vocation plus sublime. Louise-Henriette de la Broquerie perdit son époux après six ans de mariage. Charles Taché fit une chute de cheval, qui détermina une carie des os, et l’emporta au milieu de grandes souffrances le 12 janvier 1826.
Madame Taché se trouvait veuve à l’âge de 28 ans. “ Portant encore sur son "front la double auréole de la jeunesse et de la beauté, douée d’autant d’esprit que de générosité, de noblesse et de gaiété de cœur, elle eût pu voir de nouveau le monde lui sourire, l’admirer, lui apporter ses amitiés et ses joies (2). ” Mais son grand cœur voulut demeurer héroïquement fidèle à l’amour de son premier époux, en dépensant sa vie pour les enfants qu’il lui avait laissés. Elle promit généreusement à Dieu “ de demeurer à jamais dans son veuvage, de porter toute sa vie des vêtements de deuil, de s’abstenir de toutes soirées et amusements mondains (3). ” Les anges de Dieu, du haut du ciel, applau-
(D Les actes de ces commissions sont aux mains de M. J. de la Broquerie- Taché, de Saint-Hyacinthe, fils de M. Louis Taché.
(2) R. P. L. Lalande, Une vieille Seigneurie, Boucherville, p. 329.
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dirent à sa résolution. “Vous aussi, lui dirent-ils, vous serez la gloire de Jérusalem, la joie d’Israël et l’honneur de votre peuple, parce que, prenant des sentiments généreux et affermissant votre cœur dans l’amour de Dieu, de votre premier époux et de vos enfants, vous aimez la chasteté et ne voulez point d’époux après celui auquel vous avez donné votre cœur : vuiis serez éternellement bénie en vous-même et dans vos enfants (1). ”
Ce sacrifice venait s’ajouter à celui qu’elle avait offert à Dieu en perdant son époux, pour l'élever à une vertu sublime et la ranger parmi ces veuves bénies de Dieu et de ses anges.
Madame Taché, après la mort de son mari, se rendit chez son beau-frère, Jean-Baptiste Taché, à Kamouraska, et y séjourna jusqu’au mois de septembre de la même année (1826).
A cette époque, elle confia l’aîné de ses enfants à sa belle-mère, elle aussi veuve depuis quelques mois, qui lui demanda instamment cette faveur. La grand’mère mettra tout son soin à élever dignement, à Kamouraska même, le jeune J oseph-Charles Taché, l’enverra au séminaire de Québec et le préparera dignement à sa carrière de médecin et à sa mission de publiciste et d’homme d’Etat.
Avec ses trois autres enfants, la jeune veuve revint à Boucherville. Boucherville avait alors trois mille habitants, dont un grand nombre étaient à l’aise et distingués. Madame Taché vint demeurer chez son père Joseph-Ignace de la Broquerie et sa mère Charlotte de Niverville de Montizambert, avce son frère Joseph- Antonin de la Broquerie.
(1) Tu gloria Jérusalem, tu lætitia Israël, tu hovorificenlia populi nostri : quia fecisti viriliter et confortatum est cor tuum, eo </iiod castitatem amaveris, et post virum tuum alterum nescieris ; ideo et manus Domini contortavit te, et ideo eris benedicta in œternum. — Jud., XV, 11.
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