CHAPITRE I
jamais. François de Simony, né en 4723, était le premier de onze enfants. Trois de ses frères, tons trois capitaines d'infanterie, forent tués dans différentes batailles; il entra lai-méme très-jeune au service du roi comme lieatenant; son régiment ayant été réformé à la paix, il suivit, en qualité de page, le marquis de la €faétardie, ministre plénipotentiaire de France à la cour de Russie, près de l'impératrice Catherine. De retour en France en 4743, il fut nommé lieutenant dans le régiment de Tournaisis, fit avec distinction les campagnes d'Italie, reçut un coup de feu à la jambe au siège de Tortone, et un à la tête au siège de Gazai. A la batai^e de Plaisance, il défendit avec intrépidité le passage d'un ravin contre la cavalerie allemande, et reprit sur l'ennemi trois drapeaux. Il n'avait alors que vingt-cinq ans. Ces deux actions lui méritèrent les plus grands éloges de la part du
XYII. Al^andre, seigneur de Brouthières, non marié, habitant le château de Brouthières.
Honoré, co-seigneur de Brouthières, habitant le château de Brouthières II a trois enfants :
XVIIL Henri de Simony, M»« le Masson, Henriette de Simony.
Nous terminerons cette note en faisant remarquer que la famille de Simony a fourni un grand nombre de prêtres, de religieux et de religieuses non mentionnés dans la filiation généalogique. On distingue entre autres : noble et scientifique personne messire Nicole de Simony^ grand-vicaire du cardinal de Giory, évéque duc de Langres en 1558; Gilbert de Simony, chanoine de la Sainte-Chapelle, prieur de Latrecey en 1730. U y avait aussi dans réglise cathédrale de Saint-Mammès^ à Langres, un canonicat toujours occupé par un de Simony, et appartenant à la famille. Quand il n'y avait point de membre ecclésiastique en état d*en remplir les fonctions, la place était tenue provisoirement par un membre \&.c qui Toccupait en qualité de chanoine honoraire, de la môme manière que depuis Henri lY les rois de France sont chanoines de Saint-Jean-de-Latran à Rome. Nous trouvons encore la trace de diverses fondations pieuses faites par la famille de Simony, tant dans le flef de Varanges qu'à Langres, dans l'église Saint-Martin, où était la chapelle sépulcrale de la famille.
maréchal de Haillebois, généralissime des troupes françaises, la croix de Saint-Louis, et le brevet de capitaine avec une compagnie au même régiment de Tournaisis. Lors de la paix générale d^Aix-la-Chapelle (1748), il passa en Corse avec son régiment, dont le colonel, le (narquis de Cursay, était chargé de travailler, avec le ministre de France à Gênes, à pacifier les troubles de cette île. M. de Simony y resta jusqu^à la rentrée de son régiment en France, Tannée 1754.
En 1755, il obtint la place d'aide-major de la place de Toulon , grade qui venait immédiatement après celui du gouverneur. Pendant trente ans qu'il en exerça les fonctions, M. de Simony sut conquérir l'estime et la confiance àe tous ceux qui l'approchaient, en donnant constamment l'exemple de toutes les vertus. Malgré l'agitation et la licence des camps où il avait passé une grande partie de sa jeunesse, il était resté fidèle à la pratique de ses devoirs religieux ; il en faisait hautement profession, sans s'inquiéter de ce qu'on en pourrait dire ou penser. Il disait, comme Turenne, qu'il ne craignait pas plus les phrases de ceux qui se conduisaient autrement que les boulets de canons. C'est à cette école de la religion et de l'honneur qu'il forma ceux de ses fils qu'il destinait comme lui au service du roi. Deux d'entre eux, Louis-Mane et Louis-Victor de Simony, furent successivement enseignes, lieutenants, capitaines de vaisseau, et moururent contre-amiraux. Un troisième, Charles de Simony, lieutenant dans le régiment de Royal-Louis, fut tué au combat du cap Brun, près Toulon, le 15 octobre 1793, n'ayant encore que 18 ans. Trois autres moururent en bas-àge. Jules-François de Simony, dont nous écrivons la vie, fut le sixième de douze enfants que M. de Simony eut de son union avec Marie-Charlotte d'Âstour, et celui que Dieu se réservait dans cette famille vraiment patriarchale.
•CHAPITRB I. 43
M*^* de Simony, fille d'an capitaine des vaisseaux du roi, avait perdu sa mère dès ses premières années. Son père ne pouvant veiller lui-même sur son éducation, l'avait placée sous la direction des religieuses de Saint-Sauveur, de Marseille, et recommandée à MM. de Sabran et de Gastillon, ses amis intimes. Elle se félicitait plus tard de ce qu'ayant été privée si jeune des soins maternels, elle avait trouvé d'autres mères dans les religieuses de Marseille, et une tendresse toute paternelle dans les hommes vertueux auxquels son père l'avait confiée. Mariée à l'âge de quinze ans à M. de Simony (avril 1759), elle ne se livra point aux plaisirs qu'une ville comme celle de Toulon offrait à l'envi à une personne.de son rang et de son âge. Elle avait toutes les qualités que le monde admire : de la beauté, de l'amabilité, de la bonté, tout cela joint à une ins- (ruotioli solide. Toutefois elle ne consentait à paraître dans les réunions, dans les divertissements du monde que lorsqu'il y avait pour elle convenance ou obliga* lion. Aussi avouait-elle dans la suite à ses enfants qu'elle croyait avoir conservé dans le monde la pureté de cœur qu'elle y avait apportée. Tous ses soins, toutes ses affections étaient concentrés dans sa nombreuse famine. « Uniquement occupée de ses devoirs de chrétienne, d'épouse et de mère, nous dit une de ses filles, c'était moins par ses paroles que par ses actions qu'elle nous instruisait, et jamais elle ne nous donnait un ordre pour nous faire remplir quelqu'un de nos devoirs sans nous en donner en même temps l'exemple. »