QUÉBEC, LE 25 DÉCEMBRE
Mon Révérend Père,
Vous avez l'intention de publier prochainement, pour nos familles Canadiennes, une VIE DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST, Ælle sera rédigée, me dites-vous, avec les paroles mêmes des quatre Evangélistes ; et il y aurn des gravures dans le texte : c'est là une très heureuse idée à laquelle je donne volontiers mon approbation.
Le bon livre est un précieux et fidèle ami qui ne sait faire que du bien: il est une lumière pour l'esprit, qu’il élève et purifie ; il est une force pour le cœur, qu’il prémunit contre ses penchants mauvais; il donne de la vigueur à toutes les facultés de l’âme ; il accoutume à réfléchir, à méditer et nous arrache à la matière pour nous transporter dans des sphères plus sereines.
Cet ouvrage, auquel vous avez travaillé avec votre zèle et votre cœur d’apôtre, produira, sans aucun doute, un grand bien dans notre catholique population; il lui fera connaître et aimer davantage Notre-Seigneur Jésus-Christ: se peut-il rencontrer une œuvre plus utile et plus méritoire?
Notre siècle tout orgueillenx de ses découvertes, enivré de ses progrès, passionné pour les intérêts matériels, ne rêvant que richesses et bien-être, a besoin de se retremper aux sources pures du christianisme. Le chrétien de notre temps, emporté par Je tourbillon des affaires de la terre, oublie facilement les grande intérêts de l'éternité ; sans trop s’en apercevoir, il se laisse fasciner par un mirage trompeur; il prend peu à peu les idées du monde, de ce monde que Jésus-Christ a frappé de ses anathèmes ; il devient tout imprégné de ses fausses maximes ; il apprécie toutes choses, honneurs, plaisirs, richesses, selon les idées du monde, et non selon les enseignements de l'Evangile.
Votre ouvrage fera contrepoids à ces influences délétères ; il instruira, édifiera, nourrira la piété dans les familles. Le récit
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APPROBATIONS ix
pur et simple des abaissements du Sauveur dans l’Incarnation, de sa naissance dans la crèche de Bethléem, de sa vie humble et cachée à Nazareth, de ses miracles et des actes de sa miséricordieuse tendresse, l'exposé lucide de sa doctrine, l’histoire de ses souffrances, de sa mort, de sa résurrection, l’établissement miraculeux de son Eglise, sont autant de faits bien connus, sans doute, mais qui portent avee eux leur lumière, et qui sont toujours lus avec intérêt et profit à tous les âges de la vie et dans toutes les classes de Ja société.
La vie du Sauveur qui commence par pratiquer lui-même ce qu’il commande aux autres de faire, est la plus éloquente des prédications ; sa carrière mortelle, passée dans l'humilité, la pauvreté, la mortification, le travail obscur, la charité, le pardon des injures, est un enseignement continuel, une exhortation à se renoncer soi-même, à se vaincre pour arriver à la pratique des vertus qui font les parfaits chrétiens et les saints : cette vie d’un Dieu incarné nous charme, elle subjugue, elle entraîne.
Nous voyons dans l’histoire que saint François-Xavier méditait tous les mois le résumé de la vie de Jésus-Christ, tel qu’il se trouve dans les Exercices de saint Ignace ; il voulait, par ce moyen, se former une idée aussi exacte que possible de la personne, des sentiments, des actions du Sauveur et en graver dans son âme une image qui le lui rendît, pour ainsi dire, toujours présent, Il ne faisait en cela que se conformer à la prière de l’apôtre saint Paul qui exhortait vivement tous les chrétiens à étudier soigneusement l’Apôtre et le Pontife de notre Foi, Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui a été donné aux hommes comme un livre vivant destiné à les instruire de leur céleste vocation. Combien dechrétiens cependant qui ontété comblés des grâces de Dieu, protégés et nourris par sa divine munificence et à qui Notreeigneur pourrait adresser justement le même reproche qu'il faisait à ses Apôtres la veille de sa mort: “Il y asi longtemps que je suis avec vous et vous ne me connaissez pas encore ! ” (Joan., XIV,9.). Et pourtant la science propre d’un chrétien n'est-ce pas la science suréminente de la charité de Jésus-Christ ? (Ephes. III, 19). N'est-ce pas la science de Jésus et de Jésus crucifié ? N'est-ce pas à aette étude sérieuse, à cette méditation profonde que nous invite tout d’abord le pieux auteur de