‹ Vie de N.-S. Jésus-Christ [microforme]Chapitre 94 sur 154 · FEES · texte numérisé non relu

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maudirent donc et dirent : Sois son disciple, toi ; inais nous, nous sommes disciples de Moïse. Nous savons que Dieu à parlé à Moïse; mais celui-ci nous ne savons d’où il est. Cet homme reprit et leur dit : Mais il y a en cela une chose étonnante : c’est que vous ne sachiez d’où il est, et il a ouvert mes yeux. Cependant nous savons que Dieu n’écoute point les pécheurs , mais si quelqu'un honore Dieu et fait sa volonté, c’est celui-là qu’il exauce. Jamais on n’a ouï dire que quelqu'un ait ouvert les yeux d’un aveugle-né. Si celui-ci n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. Ils répliquèrent et lui dirent : Tu es né tout entier dans le péché, et tu nous enseignes! Etils le jetèrent

dehors.

Jésus apprit qu'ils l'avaient jeté dehors ; et, l’ayant rencontré, il lui demanda: Crois-tu au Fils de Dieu ? Celuiei répondit et dit: Qui est-il, Seigneur, afin que je croie en lui ? Ft Jésus lui dit: Mais tu l’as vu, et c’est lui-même qui te parle. Et celui-ci reprit : Je crois, Seigneur; et, se prosternant, il l’adora. Alors Jésus

dit: C'est en jugement ! que je suis venu dans ce

monde, afin que ceux qui ne voient pas, voient, et que ceux qui voient, deviennent aveugles, Or quelques-uns d’entre les pharisiens, qui étaient avec lui, lentendirent

et lui demandèrent: Est-ce que nous sommes aveugles,

1— C'est en jugement ; c'est pour excrecr un jugement, et par ce jugement manifester les desseins de Dieu sur les hommes.

nous aussi? Jésus leur répondit: Si vous étiez aveugles, vous n’auriez point de péché. Maïs vous dites au contraire: Nous voyons. Ainsi votre péché subsiste.

Eu vérité, en vérité, je vous le dis: Celui qui n’entre point par la porte dans le bercail des brebis, mais y monte par ailleurs, est un voleur et un larron. Mais celui qui entre par la porte, est le pasteur des brebis. C’est à celui-ci que le portier ouvre, et les brebis entendent sa voix, et il appelle ses propres brebis par leur nom, et les fait sortir. Et lorsqu'il a fait sortir ses propres brebis, il marche devant elles, et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix. Elles ne suivent point un étranger, mais elles le fuient, parce qu’elles ne connaissent point la voix des étrangers. Jésus leur dit cette parabole. Mais ils ne comprirent pas ce qu'il leur disait.

Jésus leur dit done encore : En vérité, en vérité, je vous le dis, c'est moi qui suis la porte des brebis.” Tous ceux qui sont venus sont des voleurs et des larrons, et les brebis ne les ont point écoutés. C’est moi qu suis’ la porte. Si c’est par moi que quelqu'un entre, il sera sauvé; et il entrera etil sortira, et iltrouvera des pâturages. Le voleur ne vient que pour voler, égorger et äétruire. Moi, je suis venu pour qu’elles aient la vie, et qu’elles l’aient plus abondamment. Moi, je suis le

bon pasteur, Le bon pasteur donne sa vie pour ses

me

brebis. Mais le mercenaire et celui qui n’est point pasteur, dont les brebis ne sont pas le bien propre, voyant le loup venir, laissent là les brebis ets’enfuient ; et le loup ravit et disperse les brebis. Or, le mercenaire s'enfuit parce qu’il est mercenaire, et qu’il n’a point de souci des brebis. Moi, je suis le bon pasteur, et je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît, et que moi-même je connais mon Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. Mais j'ai d’autres brebis qui ne sont point de cette bergerie : et il faut que je les amène, et elles entendront ma voix, et il n’y aura qu’un bercail et qu’un pasteur. Et si mon Père m'aime, c’est parce que je quitte ma vie pour la reprendre. Personne ne me la ravit; mais je la donne de moi-même; j'aile pouvoir de la donner et j'ai le pouvoir de la reprendre. C’est le commandement que j'ai reçu de mon Père.

Une dissension s’éleva de nouveau parmi les Juifs à cause de ces paroles. Beaucoup d’entre eux disaient : Il a en lui un démon, et il a perdu le sens; pourquoi l'écoutez-vous ? D'autres disaient : Ces paroles ne sont pas d’un homme qui a un démon en Jui ; est-ce qu'un

’ . , 9 démon peut ouvrir les yeux des aveugles ?

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IV.—FÊTE DE LA DÉDICACE : LES DIX LÉPREUX : AVÈNEMENT DU ° RÈGNE DE DIEU (Joax., X.—Luc., XVIL.).

Or, on faisait à Jérusalem la Dédicace ! ; et c’était lPhiver, Il arriva qu’en allant à Jérusalem, Jésus traversait le pays de Samarie et la Gaïilée. Et comme il entrait dans un village, il rencontra dix lépreux ?, qui s’arrêtèrent loin de lui : et ils élevèrent la voix, disant : Jésus, Maître, ayez pitié de nous. Dès que Jésus les vit, il dit: Allez, montrez-vous aux prêtres. Et il arriva, pendant qu'ils y allaient, qu'ils furent purifiés. Un d'eux, se voyant purifié, revint sur ses pas, glorifiant Dieu à haute voix, et il tomba sur sa face, aux pieds de Jésus, lui rendant grâces ; or, celui ci était Samaritain. Alors Jésus prenant la parole, dit : Est-ce que les dix n’ont pas été purifiés ? et les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’en est point trouvé qui revint et rendit gloire à Dieu, si ce n’est cet étranger.

ît il lui dit: Lève-toi, va, ta foi t'a sauvé.

i— Cette Fète avait été instituée par Judas Machabée, en mémoire de la purification du Temple qu'Antiochus Epiphane avait profané. Et Judas, avec ses frères et toute l’assemblée d'Israël, or lonna que: dans la suite des temps, on célèbrerait, ce jour-là, la Dédicace de l'autel, chaque année, pendant huitjours, à commencer le vingt-cinquième du mois ae Casleu, avec beaucoup de réjouissance et d'allégresse”" (1, Mue., IV.-59,),

2— A près le miracle de l'aveugie-né et le discours précédent où le Sauveur propose aux Pharisiens Ia parabole du Bon Pasteur, Jésus, dit ici Dom Calmet,s’en alla ensuite en Galilée. Après cer, retournant à Jérusalem pour la Fête de la Dédicace du Temple, il passa par le milieu de Ja Galiléeet de la Samarie, et, étant près d'entrer dans une ville, dix lépreux lui crièrent de loin....…...(Bible de Vence; 5e Ed, Tom. 19, Page 77.)

Interrogé parles pharisiens : Quand vient le royaume

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de Dieu ? Leur répondant, il dit: Le royaume de Dieu ne vient point de manière à être remarqué ; et

on ne dira point: Il est ici ou il est là. Car voici que

le royaume de Dieu est au dedans de vous. Ildit ensuite

à ses disciples : Viendront des jours où vous désirerez voir un seul des jours du Fils de l’homme, et vous ne le verrez pas. Et on vous dira: Le voici ici ct le voilà 14. N’y allez point, et ne les suivez point. Car, comme l'éclair qui, brillant sous un côté du ciel, lance sa lumière sur tout ce qui est sous le ciel, ainsi sera le Fils de l’homme en son jour. Mais il faut auparavant qu’il souffre beaucoup de choses, et qu’il soit rejeté par cette génération. Et comme il est arrivé aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il aussi dans les jours du Fils de l’homme. Ils mangeaient et buvaient ; ils se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu’au jour où Noé entra dans l'arche: et le déluge vint et il les perdit tous. Et comme il est arrivé encore aux jours de Lot : ils mangeaient et buvaient, ils achetaient et venduaient, ils plantaient et bâtissaient ; mais le jour où Lot sortit de Sodome, Dieu fit pleuvoir le feu et le soufre du ciel, et il les perdit tous : ainsi en sera-t-il le jour où le Fils de l’homme sera révélé. Jn cette heure-là, que celui qui se trouvera sur le toit ! et dont les meubles sont dans

1—Sur le toit ; c'est-à-dire sur la terrasse ou plate-forme qui sert de toit.

et il s de

qui lans

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la maison, ne descende point pour lesemporter ; et que celui qui est dans le champ, ne retourne point non plus en arrière. Souvenez-vous de la femme de Lot. Quiconque cherchera à sauver son âme, la perdra ; et quiconque la perdra, lui donnera la vie. Je vousle dis, en cette nuit-là deux personnes seront en un lit, l’une sera prise et l’autre laissée : deux femmes moudront ensemble, l'une scra prise, et l’autre laissée ; deux hommes seront dans in champ, l’un sera pris et l’autre laissé. Prenant la rarole, les disciples lui dirent: Où, Seigneur ? Et il répondit : Partout où sera le corps,

1à aussi s’assembleront les aigles 1.

V.—PARABOLE DE LA VEUVE ET DU JUGE: DU PITARISIEN ET DU PUBLICAIN (Luc, XVIII.)

Jésus leur proposait aussi cette parabole, sur ce qu’il faut toujours prier, et ne se lasser jamais. Il y avait, disait-il, dans une certaine ville, un juge qui ne craignait point Dieu, et ne se souciait point des hommes. Or, il y avait une veuve dans cette même ville, et elle venait à lui, disant : Faïites-moi justice de mon adversaire, Et il ne le voulut pas pendant longtemps. Mais ensuiteil dit en lui-même : Quoique je ne craigne point Dieu et ne me soucie point des hommes, cependant, parce qne cette femme m’importune, je lui ferai justice,

de peur qu’à la fin elle ne vienne me faire quelque

1—Tous les hommes ressuscités et renouvelés comme des aigles s’assembleront autour du corps de Jésus-Christ qui a été immolé pour eux.

aftront. Le Seigneur ajouta: ÆEntendez ce que dit le juge d’iniquité : et Dieu ne vengera pas ses élus, qui crient vers lui jour et nuit, et il usera de délai pour eux? Je vous dis qu’il les vengera bientôt. Mais quand le Fils de homme viendra, pensez-vous qu'il trouve de la foi sur la terre ?

Il dit encore cette parabole pour quelques-uns qui se confiaient en eux-mêmes comme étant justes, et méprisaient les autres : Deux hommes montèrent au temple pour prier : un pharisien et un publicain. Le pharisien, se tenant en avant, priait ainsi en lui-même : O Dieu, je vous rends grâces de ce que je ne suis pas comme le reste des hommes, qui sont voleurs, injustes, adultères ; ni même comme ce publicain. Je jeûne deux fois la semaine; je paye la dîme de tout ce que je possède. Et le publicain, se tenant éloigné, n’osait pas même lever les yeux au ciel, mais il frappait sa poitrine, disant: O Dieu, ayez pitié de moi, qui suis un pécheur. Je vous le dis, celui-ci s’en retourna justifié dans sa maison, et non pas l’autre : car quiconque s’exalte sera humilié, et quiconque s’humilie sera exalté.

VL.—JÉSUS PROUVE SA DIVINITÉ PAR SES ŒUVRES: LES JUIFS VEULENT LE LAPIDER : IL SE RETIRE AU DELÀ DU JOURD ALN (Joax., X.).

On faisait donc à Jérusalem la Dédicace !, et c'était

l'hiver. Et Jésus se promenait dans le temple, sous le

1— + Nous répétons ici pour plus de clarté le verset 22 du chap. X. de saint Jean, déjà rapporté ci-dessus au Numéro 4.

portique de Salomon. Les Juifs donc l’entourèrent et lui dirent : Jusqu'à quand tiendras-tu notre esprit en suspens? Situ es le Christ, dis-le-nous ouvertement. Jésus leur répondit: Je vous parle et vous ne croyez point; les œuvres que je fais au nom de mon Père rendent témoignage de moi : mais vous ne croyez point, parce que vous n'êtes point de mes brebis. Mes brebis écoutent ma voix; moi je les connais ct elles me suivent ; et je leur donne la vie éternelle, et elles ne périront jamais, et nul ne les ravira de ma main. Quant à mon Père, ce qu’il m'a donné est plus grand que toutes choses, et personne ne le peut ravir de la main de mon Père. Moi et mon Père nous sommes une seule chose.

Alors les Juifs prirent des pierres pour le lapider. Jésus leur dit : J’ai fait devant vous beaucoup d’œuvres excellentes par la vertu de mon Père ; pour laquelle de ces œuvres me lapidez-vous? Les Juifs lui répondirent : Ce n’est pas pour une bonne œuvre que nous te lapidons, maïs c’est pour un blasphème, et parce que toi, étant homme, tu te fais Dieu. Jésus leur repartit : N’est-il pas écrit dans votre loi: Je J'ai dit: Vous êtes des dieux? Quand elle appel'e dieux ceux à qui la parole de Dieu à été adressée, et que PEcriture ne peut être détruite, vous me dites à

moi que le Père a sanctifié et envoyé dans le monde :

Tu blasphèmes: parce que j'ai dit : Je suis le Fils de I q

Dieu ? Ki je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez point ; mais si je les fais, quand bien même vous ne voudriez pas me croire, croyez aux œuvres, afin que vous connaissiez et croyiez que mon

Père est en moi et moi dans mon Père.

[ls cherchaient done à le prendre, mais il s’échappa de leurs mains. Et il s’en alla de nouveau au delà du Jourdain, dans le lieu où Jean baptisait d’abord ; etil y demeura. Et beaucoup de personnes vinrent à lui, et ils disaient : Jean n’a faitaucun miracle. Mais tout ce que Jean a dit de celui-ci était vrai. Et beaucoup

erurent en lui.

VIL-—JÉSUS BÉNIT LES PETITS ENFANTS : CONSEILS DE PERFEC- TION : SALUT DES RICHES DIFFICILE : RÉCOMPENSE PROMISE À CEUX QUI QUITTENT TOUT POUR JÉSUS : PARABOLE DES OUVRIERS ENVOYÉS À LA VIGNE (Marr., XIX, XX.— Marc., X.—Luc., XVIII.)

Alors on lui présenta des petits enfants, pour qu'il leur imposât les mains et priât. Mais ses disciples menaçaient ceux quiles présentaient. Jésusles voyant, fut indigné et leur dit: Laissez ces petits enfants et ne les empêchez point de venir à moi ; car à de tels appartient le royaume des cieux. En vérité, je vous le dis : Quiconque n’aura point reçu le royaume de Dieu comme un petit enfant, n’y entrera point. Et les embrassant

et imposant les mains sur eux, il les bénissait.

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