DU TOME I
Page 3... comme à Calcutta, — Carpani compare aussi Rossini à Napoléon, tous deux ayant conquis le monde par des voies différentes [Bihl, luUianay juia 1822, tome XXVI, p. 287. Cf. Rossiniane, p. 145). La fin de la phrase rappelle la tirade sur a ce Haydn dont la musique s'exécute aujourd'hui du Mexique à Calcutta, de Naples à Londres et du faubourg de Péra jusque dans les salons de Paris ». (Vie de Haydn,
Page 4... transcrits de suite.,, — Edition de 1854 : transcrits tout de suite*
Page 5... loterie de la nature.,, cf. p. 126.
Page 5... publié en anglais.., — On a vu dans la préface que l'édition anglaise précéda effectivement l'édition française.
Page 5... place Beauvau... — Stendhal, parlant plus loin avec enthousiasme de la manière d'enseigner la musique de M. Massimino et citant la brochure de Imbimbo consacrée à cette méthode, il semblerait qu'il voulût parler ici de l'école dirigée par ce professeur italien. On doit observer toutefois que l'école Massimino en 1823 se trouvait au n^ 180 de la rue Montmartre, par conséquent fort loin de la place beauvau. Dans les environs de la place Beauvau, il
RoisiNi. L 22.
n'existait que les écoles de Musique de M^® Roux (355, rue Saint- Honoré) et de M™« Lupin (15, rue de Miromesnii). Dans cette dernière on enseignait « d'après la méthode d'enseignement mutuel la musique et l'arithmétique, la lecture, l'écriture, etc. » Sur Massimino, cf. p. 171 (note) et pages 243, 269. i
Page 5. Montmorency^ 30 septembre 1823. — Cette date est probablement exacte. V. Martineau, Itinéraire de Stendhal^ p. 74.
Page 7... traitements barbares,.. — Cimarosa avait embrassé les idées révolutionnaires et accueilli avec enthousiasme l'entrée des troupes françaises à Naples. Après l'évacuation du royaume, il fut emprisonné et condamné à mort. Ferdinand commua sa peine en l'exil. Brisé par les souffrances endurées pendant sa captivité, Cimarosa mourut à Venise le 11 janvier 1801. Sa mort causa une grande émotion. On prétendit que les Bourbons l'avaient fait étrangler à Padoue ou empoisonner à Venise. Les deux versions circulèrent : Stendhal se montre ici bien informé.
Page 7... en 1816... — Paesiello mourut à Naples le 5 juin 1816.
Page 7... du Roi Théodore... — Il Rè Teodoro, o-pera buiïa, livret de Casti, représenté pour la première fois à Vienne en 1784.
Stendhal avait un faible pour cette partition qu'il cite souvent. — Le goût de Rossini lui fit cependant perdre un peu de son admiration pour Paesiello. Le 3 janvier 1818, il écrivait de Milan au baron de Mares te : a Le petit théâtre Rè nous a divertis par le Roi Théodore mal chanté. Paesiello est bien gai, mais après une demi-heure de cette musique, on est tout surpris de s'ennuyer ». (Correspondance, II, 51.)
Page 7... la Scuffiara. — La Scuffiara ossia la Modista raggiratriccy représentée à Naples en 1791, est un des opéras-bouffes les plus célèbres de Paesiello.
Page !!••• à improvUer, — Cf. Rome, NapUa et Florence, I, 304.
Page 11... une tête ardente. — Ce passage nous explique peut-être pourquoi Beyle, après un essai de quelques mois, avait abandonné Tétude du violon. V. Henri Brulard, I, 274.
Fsige 13... au dernier degré de grossièreté.., — M. Novati,. dans son beau livre sur Stendhal e Vanima itcdiana, observe (p. 124) que Beyle était mal fondé à parler en ces termes de la critique italienne qui fut toujours à son égard d'une parfaite courtoisie. Je pense que Beyle vise moins ici la critique littéraire ou artistique que le ton des polémiques de caractère politique. En ce qui concerne la critique musicale du temps, elle est remarquable moins par sa grossièreté que par son insignifiance ou même sa niaiserie. En 1823, un critique de la Gazzetta di Milano reproche à Rossini de ne pas faire les miracles d'un Orphée, d'un Tyrtée, etc. Voir la réponse de Carpani, Bihlioteca italiana, 1823, p. 139 (Rossiniane).
Page 14... Beatrix d: Este... — E^it. 1824 : Beatrixd'Est. Beyle écrit au baron de Mareste le 22 avril 1818, de Milan : « Devinez qui [est censeur de tous les plats journaux qui s'impriment en Italie, et censeur très sévère ? L'archiduchesse Béatrix, jeune coquine de soixante-cinq ans, à Vienne, qui, il y a trois ans, en sa qualité de dernier rejeton de la famille d'Esté, persécutcdt le Tasse. Un opéra italien intitulé Le tre Eleonore, qu'on allait jouer, fut obligé de se nommer Lope de Vega ». (Corresp., II, 72.)
Page 15... que dans Tancrède... — Beyle développe cette idée un peu plus loin, p. 82.
Page 16. . ..c'est la mémoire. — Le 1«' avril 1819, Stendhal écrit à Romain Colomb : « Il me semble que la musique nous fait plaisir en mettant notre imagination dans la nécessité de concevoir certaines illusions»
Lorsque nous entendons de la musique que nous connaissons déjà, notre esprit, au lieu de s'abandonner à de délicieuses illusions au profit de la passion qui nous subjugue dans le moment, se met à comparer le plaisir d'aujourd'hui avec le plaisir d'hier ; et dès lors, le plaisir d'aujourd'hui est détruit ; car la sensibilité ne peut faire qu'une chose à la fois.
« Cimarosa, Picrini, Sacchini, Galuppi, ont fait chacun trente opéras ; de ces cent-vingt opéras, cinquante à peine ont été joués à Milan. Et quand ontils été joués ? Vers 1780, quand nos pères étaient encore à l'Université. Donc, nous n'en avons pas la moindre idée et cependant nous ne pouvons pas les souffrir.
« Pourquoi ? C'est qu'au lieu de jouir nous comparons, or la comparaison est ce qui tue la musique... « Correspondance, édit. Paupe, II, 129-130.
Page 18. Le vieux, et aimable PacchiaroUi. . . — Gaspardo Pacchiarotti, l'un des derniers grands a soprani », né en 1744, après des triomphes sur les scènes d'Italie et d'Angleterre, s'était retiré en 1801 à Padoue où il mourut en 1821, âgé de 77 ans.
Beyle rapporte longuement sa visite à Pacchiarotti dans Rome, Naples et Florence (1817). Il mentionne les « beaux meubles de Londres », le jardin anglais, la tour et conclut : « J'ai plus appris de musique en six conversations avec ce grand artiste, que par tous les livres ; c'est l'âme qui parle à l'âme. » (II, 217.)
Le nom de Pacchiarotti revient souvent dans la Vie de Rossini. (Voir notamment chapitre xxiii, tome II, 122.) Il en est également question dans la Vie de Haydn, p. 33.
Page 18. ...une ivresse nouvelle. — Pourtant Beyle écrivait en 1819 à Colomb :
« Mon sentiment particulier, c'est qu'il entre un peu à^ affectation dans ce dégoût du public pour la musique ancienne. Il y a certaines carUilènes qui
expriment les passions. Par exemple, la jalousie est •exprimée par Varia : Vedrô merUr^io sospiro que chante le comte Almaviva dans les Nozze di Figcaro, de Mozart ; ces carUilènesAk ne peuvent pas vieillir en trente ou quarante ans, et j'avouerai que dans tout VOtello de Rossini, je ne trouve rien qui exprime aussi bien la jalousie, ce tourment des cœurs tendres, que cet air : Vedrâ merUr'io sospiro, » Corresp,^ édit. Paupe, II,
Page 18, note 1. ... histoire de la musique. — Bumey publia cet ouvrage monumental à Londres sous le titre : A gênerai history of music from the earliest âges to the présent period to which is perfixed a dissertcUion on the Music of the ancients. London, 1776-1789, 4 vol. in-4<^.
Page 20... VElisahetta.., — Cet opéra, composé par Rossini pour le théâtre San Carlo de Naples en 1815, fut donné à Paris le 10 mars 1822.
Page 20. Cotugno... — Edit. de 1824 : Cottougno. Le célèbre anatomiste Domenico Cotugno n'étant mort à Naples qu'en 1822, âgé de 86 ans, Beyle a fort bien pu lui être présenté et le connaître personnellement.
Page 22.., la passion qui nous occupe,.. — Comparer avec cette définition de Rome, Naples et Florence : « La Musique plait quand elle place le soir notre âme dans ime position où l'amour l'avait déjà placée dans la journée » (I, 81), et avec cette observation de De r Amour (1822) : « Je viens d'éprouver ce soir que la musique, quand elle est parfaite, met le cœur exactement dans la même situation où il se trouve quand il jouit de la présence de ce qu'il aime » (chap. xti).
Page 22. . . Fêtât où elle laisse F âme, . . — Stendhal écrivait dans Rome, Naples et Florence : « Le degré de ravissement où notre âme est portée est l'unique thermomètre de la beauté en musique ». (1, 11.) — Cf. Histoire de la Peinture en Italie, CXXX, note 2.
Page 23... Ducray'Duminil... — L'auteur de Câlina ou FenfarU du myêtère ridiculisé par Henry Monnier dans le Roman chex la Portière,
Page 24. Mayer... — Johann-Simon Mayr ou Mayer, né en Bavière en 1763, passa sa vie en Italie, à Venise et à Bergame où il mourut le 2 décembre 1845.
Stendhal parle de Simon Mayer dans les lettres sur Métastase (Vie de Haydn,., ^ p. 387, note 1. Voir aussi Correspondance, paseim, Rome, Naples et Florence, I, 403, II, 254-255).
Page 25... de la mélodie à F harmonie, — Cf. Rome Naples et Florence, 1, 15. — Pour Stendhal, l'harmonie c'est tout l'élément symphonique de l'opéra, tout ce qui n'est pas la mélodie vocale.
Page 25... le composé et le savanL — Il est à noter que la musique italienne était sous le rapport de l'harmonie beaucoup plus hardie et raffinée au début du xviii^ siècle que cent ans plus tard. Il se produisit, dans la seconde moitié du xviii® siècle, en Italie, une sorte d'épuration, de simplification du style harmonique qui visa surtout à l'élégance discrète et effacée. Vers la fin du siècle, l'influence de la symphonie se fait sentir sur l'opéra. Mayer, Paer et surtout Mozart, puis Rossini introduisent dans l'opéra la musique symphonique et développent le rôle de l'orchestre. Carpani se plaint, en 1804, de cette influence de la symphonie allemande. Cf. Rossiniane, p. 20.
Page 27... qu*il fcdlait qu'une musique,,, — Edition de iS5A: qu'il eût faUu.
Page 29. . . un mascaizone. . . — Stendhal cite de mémoire, assez inexactement, les paroles de deux airs fameux de Cimarosa :
Quattro haj e sei morelli
et
Mentr'io ero un fraschetone sono atato il più felice,
dont il est question dans la Vie de Haydn^ p. 352.
Page 30... les spectateurs. — L'anecdote se trouve déjà dans la Vie de Haydrij p. 34.
Page 31 ...sestetto eTElena. — « Voilà cette musique de nocturne douce, attendrissante, vraie musique de la mélancolie que j'ai souvent entendue en Bohême. C'est un morceau de génie que le vieux Mayer a gardé depuis sa jeunesse ou qu'il a pillé quelque part... » Cf. Rome, Naples et Florence, I, 24.
Page 31... BuraneUo.,., surnom de Baldassare Galuppi.
Page 32... M. Paêr.,, — L'édition de 1854 répète: a M. Paër, musicien né à Parme, outre un talent incontestable... »
Beyle n'était pas de cet avis lorsqu'il écrivait son Journal £ Italie. Cf. p. 241. — Voir aussi ses Lettres sur Métastase (Vie de Haydn..., p. 387-388).
Sur la jalousie que Stendhal prête à Paër pour Rossini, cf. Correspondance, édit. Paupe, II, 101, 105, et les Notes d!un Dilettante (passim)
Page 34... calcul de prêtre. — Edition de 1824 : calcvil de p...
Page 34. Bassi... — Dans les Lettres sur Métastase, Stendhal parle avec enthousiasme de Bassi dans ce rAle : « Il faut le voir dans cette même Camille, dire à son maître, jeune officier, qui vient passer la nuit dans un château de mauvaise mine :
Signor, la vita è corta ; Partiam, per carità.
(Vie de Haydn..., p. 384).
Suivant son habitude, Beyle cite ùe mémoire les paroles des airs et fort inexactement. Il faut corriger Andiam au lieu de Partiam.
Page 35... surabondance des idées... — Colomb corrige : puissance des idées (édit. 1854), ce qui dénature complètement la pensée de Stendhal.
Page 35... Mozart... — On trouvera en appendice la
notice sur la Vie de Mozart que Stendhal intercala dans la Vie de Rosaini, 2^ édition.
Page 36... absence des grands hommes. — Edition de 1854 : absence de grands hommes.
Page 37, note. ... en 1796... — Mozart mourut à Vienne le 5 décembre 1791. Lucio Silla fut représenté en décembre 1772.
Page 38, note. ... romances célèbres de M, R... — Dans la Vie d^ Henri Brulard, Beyle écrira : « Moi, j'abhorre tout ce qui est romance française. Le Panseron me met en fureur, il me fait haïr ce que j'aime à la passion. » (II, 105.) — Voir aussi ce que Stendhal écrit à propos du fameux compositeur de romances. Garât, dans la Vie de Haydn.,, y p. 206.
Page 39... patriotisme d'antichambre... — Cf. la note de la page 230.
Page 40... la comtesse Bianca,,, — Peut-être Stendhal veut-il parler de Bianca Milesi, jeune femme du monde un peu irrégulière qu'il connut à Milan et dont il est question dans Rome, Naples et Florence (I, 67).
Page 41... et il fit essayer,., — Edition 1854 : et fit essayer...
Page 41... six chanteurs et chanteuses... — Edition de 1854 : six chanteurs et six chanteuses...
Page 42. Mademoiselle Eiser... — Editions de 1824 et 1854 : Mlle Heiser.
Dans l'édition de 1817 de R. N. et FL, Beyle écrit : « J'apprends les grands succès de Madame Eiser, cette excellente chanteuse, au congrès de Vienne... » II, 124. — Voir aussi les Lettres sur Métastase (Vie de Haydn,.,, pp. 382-383).
Page 43. Louis IX. Ces tragédies en 5 actes et en vers aujourd'hui totalement oubliées eurent un certain succès. Le Maire du Palais (1823) et Louis IX (1819) étaient l'œuvre d'Ancelot. Clytemnestre et Saiil (1822) d'Alexandre Soumet,
Page 44... c'est une fureur.., — Cf. De V Amour, édit. 1882, I, XXIV, p. 47 sqq.; II, xl, p. 123 ; xliii, p. 131 ; xLiv, p. 134 sqq. ; xlix, p. 152 sqq. — Rome, Naples et Florence, I, 15.
Page 45... int^enteur de tous points.., — Edit. de 1854 : inventeur en tous points.
Page 45... et la force.,, — Edit. de 1854: ou la force.
Page 47. Ces gens-là.,, — C'est exactement l'attitude prise par Stendhal à l'égard de Rossini. Il est sensible à la vie, à la gaieté, au brio de Rossini, mais garde sa sympathie profonde à Mozart et Cimarosa.
Page 47... fit presque tomber Raphaël... — Edit. 1854 : fit tomber Raphaël,
Page 47... ce cadre.., — Evidemment, Beyle a transcrit une note en langue italienne : « Questo quadro »..., à moins qu'il n'ait pensé en italien.
Page 47... du duetto.,. — Duettino de don Juan et de Zerline au premier acte de Don Gioffanni. Nous rétablissons le texte du duo cité de mémoire et inexactement par Stendhal.
Page 48... syncoper les phrases... — Evidemment Beyle ignore le sens littéral du terme syncope dans le vocabulaire musical. Il veut dire que Rossini écrit des phrases brèves alors que Cimarosa se complaît aux longues périodes mélodiques. Il emploie le mot syncoper dans le sens de couper, diviser. Cf. p. 248. Voir aussi lettre à Stricht du 30 septembre 1825 : « Rossini a peur d'ennuyer et se hâte de syncoper sa musique. »
Page 49... duetto ^Armide... — Cf. II, 166.
Page 50... un mascalzone... — Cf. note page 29.
Page 53... n<iquit à Pesaro.,. — Stendhal qui, dans l'article du Paris-Monthly Reffiew, avait multiplié les erreurs biographiques sur la jeunesse de Rossini, a pris la peine de se renseigner avant d'écrire la Vie
de Rosêini, On peut dire d'une manière générale quedates et faits sont assez exacts.
Nous n'avons pu retrouver l'origine de la note pédantesque de Perticari sur le lieu d'origine de Rossini, publiée dans Rome, Naples et Florence (1826), I, 288-289.
Page 58. La Romagne,.. — Sur les mœurs sauvages de la Romagne au début du xix® siècle, cf. Spadoni, Sàtte, coepirazioni e coepiratori neUo Stato PorUificUy cUr indomani délia Restaurazione. Roma-Torino, 1904.
Page 58. Le père de RosainL.. — Giuseppe Rossini était trompette de la municipalité de Pesaro et inspecteur des boucheries. Ses opinions jacobines lui firent perdre son modeste emploi et lui valurent d'être incarcéré. Il rejoignit, en sortant de prison, sa femmeà Bologne et gagna sa vie en jouant du cor dans les orchestres des théâtres où chantait Anna Rossini.
Page 59... cessa de chanter,,. — M. Radiciotti a trouvé trace du dernier concert où Rossini ait chanté unepartie de soprano, à la date du 8 août 1806. La mue commença aussitôt après.
Page 59. Le 20 mars de cette année,,, — Ce fut exactement le 20 mai 1807 que Rossini entra dans la classe de contrepoint du Père Mattei. Il suivait déjà depuis un an les cours du Liceo Musicale pour le violoncelle. En novembre 1808, il se fît admettre dans la classe de piano dirigée par Gian Callisto Zanotti. Délaissant le violoncelle, il se consacra en 1808 au contrepoint et au piano et demeura inscrit en 1809 à la seuleclasse de contrepoint qu'il fréquenta vers la fin très irrégulièrement. Cf. Radiciotti, Primi anni e studi di G. Rossini. Rivista Musicale, 1917, p. 145 sqq., et Francesco Vatielli, Rossini a Bologna, Bologna, 1918, in-80.
Page 59. Il Pianto d'Armonia. — La cantate : II piarUo d^armonia suUa morte di Orfeo, sur un poème
de l'abbé Girolamo Ruggia, fut exécutée, comme le dit Stendhal, le .11 août 1808. Ce n'était pas, à beaucoup près, la première œuvre de Rossini. Il avait déjà composé avant d'entrer dans la classe du Père Mattei les morceaux dont Mombelli devait former l'opéra Demetrio e Polibio^ chanté par la troupe Mombelli quelques années plus tard, une mélodie : Se il çuol la molinara, cinq quatuors, de la musique religieuse, etc. Cf. Radiciotti, op. cit.
Page 59... Concordi... — Rossini ne fut pas élu Directeur de l'Accademia dei Concordi, il y remplit seulement des fonctions d'accompagnateur en 1810, peu avant de quitter définitivement le Liceo Musicale.
Page 60... Marcheai. — Le Directeur de l'Accademia dei Concordi était le compositeur Tommaso Marchesi, frère du célèbre soprano Luigi Marchesi, avec lequel Stendhal le confond.
Page 60... Perticari.., — En 1817, Stendhal connut à Pesaro Madame Perticari qui était fille de Monti (R. N. et FL, II, 213). Azevedo assure que Rossini ne connut la famille Perticari que beaucoup plus tard, lorsqu'il était déjà célèbre dans toute l'Italie. Ce sont les Perticari qui demandèrent à Rossini de venir à Pesaro pour y faire représenter la Gazza Ladra à l'occasion de l'inauguration du nouveau théâtre en 1818. Cf. Azevedo, op. cit., p. 50.
Page 60... l'Inganno Felice. — Cf. dans les Notes d'un Dilettante le feuilleton de Stendhal du 18 novembre 1824 sur VInganno felice. Tome II, 322.
Page 61... Scala di Seta... — Stendhal confond ici la Scala di Seta et la farza / due bruschini o il flglio per azzardo. La première de ces pièces fut représentée au Teatro San Mosè de Venise au printemps de 1812. Chantée par la Cantarelli, Tacci, Monelli et De Grecis, elle n'eut pas grand succès. Rossini rejeta la responsabilité de l'échec sur le librettiste Foppa. a Mon cher.
352 VIE DE BOSSINI
écrivit-il à T imprésario Cera qui se répandait en récriminations, vous m'avez traité cpmme un gamin en me donnant à mettre en musique le livret intitulé : La Scala di Seta. En vous faisant faire un fiasco, je vous ai rendu la monnaie de la pièce. A présent, nous voilà quittes ! » (Cité par d'Angeli, Cronaca musicale di Pesaro, anno XX, n^ 7). — Cera ayant Tannée suivante menacé Rossini de faire siffler son nouvel opéra s'il quittait son théâtre pour celui de la Fenice auquel le musicien venait de promettre Tancrède^ on conte que Rossini prit les devants et s'amusa à traiter à contre-sens les situations du livret des Due Bruschini mettant en musique lugubre les paroles les plus gaies, confiant à la basse des vocalises de soprano^ agrémentant l'ouverture de coups frappés sur les abat-jour en fer-blanc des pupitres, etc. L'unique représentation de cette farce au carnaval de 1813 est demeurée mémorable. Le livret était encore de Foppa et l'opéra était chanté par la Cantarelli, Rafîanelli, de Grecis et Berti.
M. le Prof. Radiciotti, qui prépare un ouvrage monumental sur Rossini, m'écrit que l'histoire de la représentation des Due Bruschini serait en partie inventée. Il se propose de le démontrer par un examen minutieux de la partition.
Page 64... prêt à commencer,,, — Edition de 1854 i prêt à recommencer.
Page 72... aria dei risi. — Edit. de 1824 et 1854 : Aria, dei rizi.
Page 72... question importante.,. — Edition de 1854 i cette question :..,
Page 73... ti rivedrô... — L'air de Tancrède : Mi rivedrai^ ti rivedrô semble avoir été le premier que Beyle ait entendu de Rossini. Cf. Vie de Haydn..., p. 399.
Page 73... nos gens de goût,,, — Edit. de 1854 : nos gens de bien.
Page 75... la flûte,,. — Stendhal semble avoir confondu la flûte et la clarinette. Dans toute cette scène en effet, la flûte ne se fait entendre qu'en compagnie des autres instruments ; la clarinette et le hautbois jouent un rôle beaucoup plus important que la flûte dans l'accompagnement du récit de Tancrède.
Page 79... BuraUi,,, — Stendhal cite souvent avec en* thousiasme les satires poétiques de Buratti. Cf. RornSy Naples et Florence, I, 367.
Page 79... Spielberg,,. — Stendhal écrit Spitxherg, Edition de 1824 et Correspondance, t. II, p. 338.
Page 81... provai... — Stendhal cite de mémoire : troçaL
Page 82... V honneur moderne... — Cf. Novati, Stendhal e ranima italiana, p. 71.
Page 83... que ce degré d^ élégance... — Edit. 1854 :. que Vélégance.
Page 84... dans cette brochure... — Edit. de 1854 : de cet ouvrage.
Page 86... Testa di Bronze... — a C'est une œuvre de génie », déclarait Bevle dans Rome, Naples et Florence (1817), I, 12.
Page 87. Bientôt la Marcolini... — Edit. de 1824 : Bientôt la M**\
A l'alinéa suivant, Stendhal rétablit le nom : Cest pour la Marcolini...
Page 89... des gens adroits... — Il est certain que les directeurs du Théâtre Italien, Paër et ses collaborateurs ne négligèrent rien pour empêcher que le premier opéra de Rossini représenté à Paris fût un succès. La pièce mutilée, défigurée par des suppressions imbéciles passa presque inaperçue en 1817. La critique fut mauvaise. Le JourruU des Débais (du 3 février 1817) proclama la « nullité absolue » du second acte et daigna concéder que le finale, malgré sa « facture un peu baroque », était « fort gai et fort ori-
Rossmi. I. 23
ginal ». Dans la Gazette de France^ Martainville déclarait : < Cette production d*U sigrtor Rossini ne justifie pas le titre de « célèbre Maestro » dont le livret le gratifie ».
Sur les intrigues des c gens adroits » dont se plaint Stendhal, voir Azevedo, sans doute renseigné par Rossini lui-même (Chapitre xxi), et les Notes (Tun DilettanU.
Page 89... Us effets de la musique... — Edit. de 1854 t les reflets de la Musique,
Page 90... m'ama... — Stendhal cite de mémoire ainsi^ ce vers :
< Ah ! le spoBo or più non m'ama... »
Page 99... plus délicat, Edît. de 1854 : chants plusdélicieux.
Page 99... bumbûm... — Edit. de 1824 : bumbù.
Page 102... oandeliere. — Stendhal saute tout ce vers^ ce qui rend inintelligible le vers précédent.
Page 102... aurait dit... — Edit. de 1854 : V aurait dit.
Page 105... îCappartieiU Édit. 1854 : ne convient
Page 107... le patriotisme... — L*air : Pensa aUa patria... et le chœur : Quel che valgon gli italiani suscitèrent un extraordinaire enthousiasme patriotique en Italie ^ surtout à Milan. Cf. De Castro, Lm Caduta del régna italico. Milan, 1882, p. 242 sqq. (cité par Novati). Nous avons rétabli le texte original qui diffère un peu de celui cité par Stendhal de mémoire :
Pensa aUa pairia e inirepido Il tuo dovere adempi ; Pen$a ehe vide Italia RUpiendere gli esempi D*isrdire e di vaior.
A Rome, la censure exigea par la suite la sup* pression du mot c patria » et son remplacement par le mot a sposa » (réponse) !
Lumbroso cite une lettre où Rossini rappelle soa
enthousiasme patriotique en 1815 lors de la venue de Murât à Bologne. Cf. Stendhalianai Rif^ista storica itcUiana, XIX, fasc. 13.
Page 113... manqué son effet.,. — La Pietra delParagone fut représentée à Paris au mois d'avril 1821 et fut froidement accueillie. Stendhal s'en indigne dans ses lettres à De Mareste du 7 mai et du 6 juin 1821. (Corresp., I, 231, 235.)
Page 118... faire F écho.,. — Ce procédé poétique n'était pas nouveau. La mode des échos fit fureur dans l'opéra tant en Italie qu'en France durant tout le xvii® et une partie du xviii® siècle.
Dans les Notes dHun dilettante, on trouvera une analyse de cette scène (feuilleton du 27 novembre 1824).
Page 120. ... des jolies femmes... — Edit. de 1854 : des plus jolies femmes...
Page 120... à la Marcolini, — Edit. de 1824 :àlaM**\
Page 120. . . maison de campagne de B***... — Il faut lire sans doute de Bologne. La Righetti écrit à ce propos : « J'ai moi-même entendu plusieurs soirs cette belle et jeune dame au clavecin avec Rossini et aussi avec Paganini improviser des mélodies capables d'apaiser, comme celles d'Orphée, l'Enfer en courroux. Les Bolonais, qui ont l'esprit éveillé, sauront sûrement découvrir sous le voile de mon récit, qui est la belle i)iVa, dont je parle. » Cenni, p. 19.
Page 121... le d... u... — On ne sait quelle lecture suggérer : le Despotisme, le Droit Divin ?... Le sens général de la phrase est clair.
Page 124... ses crescendo... — L'emploi systématique du crescendo par Rossini avait frappé vivement les contemporains. Beaucoup le croyaient l'inventeur de ce procédé, d'autres l'accusaient de l'avoir « volé » à Generali, à Mosca ou à Anfossi. En réalité le crescendo était connu depuis longtemps et était passé vers la fin du xviii® siècle de la symphonie dans
l'opéra. Comme Mosca avait fait usage du crescendo dans un morceau célèbre des Pretendenti Deluëi (valse), beaucoup l'en croyaient l'inventeur.
Page 125... il adresse sans façon ses lettres.., — Cette anecdote se trouvait déjà dans l'article du Paris Monthly Review et excita particulièrement la colère de la Righetti {Cenni, p. 19-20). — Voir l'appendice no IL
Page 126... loterie de la nature. — Cette idée se trouve exprimée à la fin de la préface presque dans les mêmes termes.
Page 126... Prince Eugène... — M. le Prof. Radiciotti me signale que Rossini ne se rendit à Pesaro pour la première fois qu'en 1812 et que le Prince Eugène faisait alors campagne en Russie.
Page 126... règles de la composition. — Voir plus loin au chapitre viii l'opinion de Stendhal au sujet des règles.
Le reproche adressé à Rossini de violer les règles de la composition est alors général. On le trouve sous la plume de journalistes et de critiques dont l'incompétence musicale est criante. Carpani excuse ces incorrections et déclare que s'il est juste de les reprendre chez un écolier, il est ridicule d'en faire reproche à un compositeur éprouvé. (Rossiniane^ p. 158.) La Righetti va plus loin, elle regrette que Rossini, dans ses opéras savants {Mosè), se donne tant de mal au lieu de composer comme jadis sans se relire et d'un seul jet. Elle assure cependant que Rossini composait en général avec moins de précipitation que ne le dit Stendhal (Cenni, p. 26). On trouve dans les premiers opéras de Rossini des libertés d'écriture très savoureuses, des dissonances hardies et inattendues.
Page 129, note... Majer, de Venise... — Edition de 1824 : Mayer. Il s'agit d'Andréa Majer, « Veneziano » auteur d'un livre publié à Padoue en 1821, sous le titre: Dis^
<orso sidla Origine, progreasi e stato atiuale délia musica iudiana .L*auteur critique violemment les tendances de la musique contemporaine et fait allusion à Rossini sans le nomàier. Il lui reproche surtout la confusion des genres. On ne distingue plus un opéra huffa d'un opéra séria, etc.. — Voir aussi plus loin p. 259.
Page 135... de la plus beUe tendresse,., — Edit. de 1854 : de la belle tendresse.
Page 139. . . la comtesse P * * * . . . — La comtesse Perticari ( ?) . Tout ce passage ne repose sur aucune réalité. Rossini a quitté Pesaro tout enfant avec sa mère, en 1799, et semble n'y être revenu que déjà célèbre. Sa jeunesse s'est passée à Bologne et non à Pesaro.
Page 140... de toute la journée, — Edition de 1854 : de la journée.
Page 142. Composer n^est rien.., — Edition de 1854: Composer ce n*est rien.
Page 149... porter aux nues. — Cette anecdote se trouvait déjà dans l'article du Paris Monthly Review. Voir l'Appendice. — La Righetti ne la conteste pas et décrit un dîner au cours duquel Rossini fit pâmer de rire l'auditoire en contant les péripéties de la chute de son opéra Sigismondo à Venise. Il imitait les sifflets et les imprécations du public déchaîné contre l'auteur.
Page 153 (noie)... Démophon. — Sur l'air : Misero pargoUtto, cf. Vie de Haydn,,,, p. 135, note 1.
Page 153... Se cerca, se dice.., — Cf. Vie de Haydn,.., p. 333-sqq.
Page 154... les détails historiques.,, — Voir dans la Vie de Haydn..., p. 134-139, le résumé fait par Beyle vers 1811 d'un ouvrage italien consacré à l'école napolitaine, auquel il fait allusion dans son Journal et sa Correspondance.
Page 154... périodes différentes et successit^es, — Edit. de 1854 : Périodes différents et successifs,
RoniNi. I. 23.
Page 154... chacune tC elles,,, — Edit. de 1854 : chacun cCeux,
Page 155... perfection de F union de la mélodie,,, — Edit. de 1854 : perfection de la mélodie.
Page 157. ... la liste des grands artistes.,, — Stendhal avait déjà donné une liste analogue dans la Vie de Haydn..,, p. 139.
Stendhal a évidemment copié cette liste et les dates données au has de la page suivante dans quelque manuel d'histoire musicale. On peut rapprocher ce passage de celui qu'il transcrivit dans ses notes du Journal d! Italie (pp. 245 et suiv.). Il nous paraît superflu de rectifier les erreurs de dates qui se rencontrent dans cette liste.
Page 160... le même jour.,, — La première du Freischiitz à Berlin fut donnée le 18 juin 1821 ; la première de Zelmira à Naples le 26 décembre 1821. Zelmira triompha à Vienne en juin 1822. V. Carpani, Rossinianey p. 119 et suiv.
Page 161... clair-obscur harmonique,., — Voir la comparaison entre l'harmonie dissonante et le clairobscur dans la Vie de Haydn, p. 80.
Page 166. Le Lavoisier de la musique,,, — Cf. Vie de Haydn.,., p. 48, n. 1.
Page 166 ... véritable théorie de la musique... — Stendhal semble désirer que l'on établisse pour la Musique des recueils de poncifs, semblables à ces cahiers de têtes d'expression que Lebrun faisait copier à ses élèves et dans lesquels ils apprenaient le moyen de traduire toutes les passions de l'âme. Comparer avec ce passage de De V Amour, ch. cxxxi :
« Le Dictionnaire de musique n'est pas fait, n'est pas même commencé. Ce n'est que par hasard que l'on trouve des phrases qui disent : Je suis en colère ou Je vous aime, et leurs nuances. Le Maestro ne trouve ces phrases que lorsqu'elles lui sont dictées
par la présence de la passion dans son cœur ou par son souvenir. »
Page 168. ... nome.., — Stendhal écrit : Amor, posserUe nume.
Page 171... Imbimbo, — Emmanuel Imbimbo publia en 1821 à Paris, chez Firmin Didot, une brochure intitulée : Observations sur renseignement mutuel appliqué à la musique et sur quelques abus introduits dans cet art; précédées iune notice sur les conserva' toires de Naples, Dans ce volume, il critique les théories formulées par Massimino dans sa Nouvelle méthode pour renseignement de la Musique. Il oppose la méthode de l'enseignement individuel à celle de l'enseignement collectif. Stendhal cite sans doute cette brochure sans l'avoir lue.
Page 175. . . la Correa. . . — Lorenza Correa, cantatrice portugaise, après avoir débuté à Venise en 1792, fit les beaux jours du théâtre italien de Paris de 1810 à 1814.
Page 176... sans façon. Cette même ouverture allait servir une dernière fois pour le Barbiere.
Page 177. Demetrio e Polibio. — Opéra en deux actes composé en 1807 par Rossini et chanté pour la première fois à Rome au Teatro Valle le 18 mai 1812 par la compagnie Mombelli. Il fut ensuite représenté avec succès à Milan, Naples, Venise, Dresde, Munich, Vienne, etc..
Au reste Stendhal, en juin 1814, n'était point à Brescia, mais à Paris.
Page 177... contessina L***... — Peut-être la comtesse Lechi de Bre«cîa, Cf, sur le comte Lechi, Vie de Napoléon, 1876, p. 140 sqq. et Rome, Naples et Florence, 1,79.
Le comte Lechi était grand amateur de musique, il est question de lui dans la correspondance de Léopold Mozart. Cf. Wyzewa et de Saint-Foix.
Mozart, I, 469.
Page 177... Fa écrit pour eUes (1812)... — Ce n'est pas en 1812, mais en 1807, avant son entrée dans la classe du Père Mattei, que Rossini, selon son propre témoignage, composa la plupart des morceaux de l'opéra en deux actes : Demetrio e Polihio. Domenico Mombelli, ténor célèbre et compositeur de mérite, avait deviné en Rossini, âgé de 14 ans, une nature exceptionnelle. Il lui fit mettre en musique des vers de sa femme, Vincenzina Viganô, la sœur du grand chorégraphe. Mombelli relia les morceaux entre eux par des récitatifs de sa composition et quelques airs, n forma du tout l'opéra Demetrio e Polihio, Mombelli détestait la musique de la deuxième manière de Rossini. Cf. la lettre de Beyle à De Mareste du 22 décembre 1820. {Corresp., II, 223.)
Page 181... sœurs Mombelli.,, — Ester Mombelli avait une fort belle voix de soprano. Elle abandonna le théâtre pour se marier avec le comte Gritti.
Marianna avait une voix de contralto.
Dans Rome, Naples et Florence, Stendhal dit avoirentendu les Mombelli chanter Demetrio e Polihio à Florence en 1817. Il avait déjà eu l'occasion, à cette date, de les applaudir comme en témoigne le Journal d^ Italie (p. 309). — Cf. aussi la Correspondance, Edit. Paupe, II, 148-150, 152, 222, 228, 318, 381.
Page 181... Olivier i,,, — Lodovico Olivieri chantait lea rôles de basse.
Page 182... Journal des Débats, Il s'agit d'un feuilleton intitulé : Quatrième lettre iun parisien sur V Italie,, Como, 10 juin 1823 et signé D. La description de Varese est en effet fort jolie malgré la prétention du style.
Page 184... le duetto,., — Ce duetto ne suit pas, mais au contraire précède le quatuor.
Page 187... plusieurs années,,, — Stendhal exagère. Le Turco suivit Vltaliana à quinze mois d'intervalle. Tout ce chapitre est rempli d'inexactitudes.
Page 190. U auteur du libretio,.. — Romani.
Page 191... quctrtetto... — Toutes les éditions donnent : duetto. C'est une erreur d'impression | Stendhal, un peu plus loin, fait allusion aux paroles qu'il a citées du c quartetto ». Sur le succès extraordinaire du Turco in licUia, cf. Cametti, La Muaica teatrale a Roma cerUo anni fà. 1916, p. 7.
Page 194... plus de légèreté.., — L'édition de 1854 saute ces trois mots.
Page 195... un GaUi. — Les éditions donnent : un Davide, Le duo étant écrit pour deux basses, il ne pouvait être chanté par le ténor Davide. D'ailleurs, quelques lignes plus haut, Stendhal indique lui-même la distribution des rôles. Il s'agit d'un simple lapsus.
Page 197... Barbaja... — Cl. Rome, Naples et Florence^ I, 383, 385. Correspondance, édit. Paupe, t. II, 164, 195. Il y aurait une étude fort curieuse à écrire sur ce grand imprésario qui a exercé une influence considérable sur l'opéra européen. U ne faut pas oublier qu'il ne fut pas seulement l'imprésario de Rossini, mais aussi celui de Weber auquel il commanda Euryanthe.
Page 198... chaque année. — Dans la Correspondance de Stendhal on trouve des renseignements sur ce qu'on disait dans le public du traité passé entre Rossini et Barbaja. Le 2 novembre 1819, Beyle écrit à Mareste : « J'ai vu Rossini hier à son arrivée ; il aura vingt-huit ans au mois d'avril prochain ; il veut cesser de travailler à trente ans. D est avare et n'avait pas le sou il y a quatre ans. D vient de placer cent miUe francs au sept et demi pour cent par an. Il a mille francs par mois comme directeur despote du théâtre de Saint-Charles... Outre les mille francs par mois, Rossini a quatre mille francs pour chaque opéra qu'il fait, et on lui en demande tant qu'il en peut faire ». (Cf. II, 164.)
Azevedo précise que Rossini recevait de Barbaja
200 ducats par mois, soit environ 880 francs, plus un intérêt dans la ferme des jeux qui lui rapportait environ 1.000 ducats par an.
Page 199... était dépolu.., — M. le Prof. Radiciotti démontre dans le grand ouvrage qu'il prépare sur Rossini que le maître s'occupa avec un zèle et un soin extrêmes des affaires du théâtre San Carlo.
Page 199... épouser sa maîtresse. — Avant d'épouser la Colbran, Rossini avait été longtemps son amant. Beyle écrivait le 2 novembre 1818 : « Barba j a entretient ce grand homme, il lui donne gratis carrosse, table, logement ed arnica, La divine Colbran, qui n'a, je crois, que quarante ou cinquante ans, fait les délices du prince Jablonowski, du millionnaire Barbaja et du Maestro ». (II, 164.] Voir aussi, II, 195. Le mariage fut célébré le 16 mars 1822 à l'église de Castenaso, paroisse dont dépendait la villa que la Colbran possédait aux environs de Bologne. M. le Prof. Vatielli, l'éminent bibliothécaire du Liceo Musicale de Bologne, rossiniste érudit, a bien voulu vérifier pour moi ce renseignement sur les registres de l'église de Castenaso.
Page 199. Le personnage influent à Naples,,. — Edit. de 1824 : à iV***. Le roi Ferdinand. Cf. Rome, Naples et Florence, I, 399-400.
Page 200... se sentit vraiment roi. — Cf. Rome, Naples et Florence, I, 386.
Page 201... Madame Rossini,.. — La Colbran apporta en dot à Rossini 20.000 livres de rente et une villa en Sicile. On sait que Rossini fit assez mauvais ménage avec sa femme et qu'ils finirent par se séparer en 1830. La Colbran mourut à Bologne en 1845, âgée de 60 ans.
Page 201... chanter faux. — Le correspondant de Naples de la Monthly Review écrit à la date du 1®^ juin 1822 sous la signature de Pixzo Falcone (p. 127) : « We who bave been listening since 1816
to Madame Colbran-Rossini, who sung false seven times out of ten ; and yet, as she was under the protection of Barbaglia, who was the favourite of the King, we were obliged to devour our horror in silence. Many a time we would hâve given one of our ears (and those are, perhaps, what we consider mostprecious about us) for a hearty hiss. » [Nous, qui depuis 1816, devions entendre madame Colbran-Rossini qui chante faux sept fois sur dix ; et pourtant comme elle était sous la protection de Barba ja qui était le favori du Roi, nous étions obligés de dévorer notre horreur en silence. Bien souvent, nous aurions donné une de nos oreilles (et celles-ci sont peut-être ce que nous estimons de plus précieux en nous) pour un franc sifflet.] — Après avoir lu ce passage, on ne saurait douter un instant que le correspondant de Naples ne soit Stendhal lui-même dont on reconnaît la pensée et le style sous la traduction anglaise.
Sur la Colbran, voir plus loin, chapitre xiv, Rome, Naples et Florence, I, 409. — Carpani célèbre au contraire la voix de la Colbran en 1822 dans Zelmira, {Rossinianey p. 158).
Le traducteur de la Vie de Rossini en anglais a pris grand soin de dégager sa responsabilité des critiques adressées par l'auteur à la Colbran qui lui semblent injustifiées. Cf. Mémoire of Rossini hy the Author of Ûte Lives of Haydn and Mozart, London, 1824, p. V. — M. le Prof. Radiciotti m'écrit que la Colbran ne cessa de triompher à Naples que vers 1821 et qu'avant cette date il est impossible d'admettre qu'elle ait chanté faux comme l'assure Stendhal, car les rôles écrits pour elle par Rossini sont hérissés de traits de l'intonation la plus difficile.
Page 204... mélodrame français,,, — En réalité le livret était tiré d'un drame italien de l'avocat Federici, inspiré lui-même par une nouvelle anglaise The recess.
364 VIB DB ROSSINI
(Je dois ce renseignement à l'obligeance de M. Radlciotti.)
Page 207... inaspettato... — Stendhal cite inexactement le début du quartetto :
•••i4l ctnpo
che lor serbava il faio,,.
Nous rétablissons le texte.
Page 208... première représentation,,, — VEliaabetta ayant été donnée à Naples pour la première fois le 8 octobre 1815, Beyle n'y pût assister, puisqu'il se trouvait alors à Milan.
Page 209... Princesse de Belmonte... — Edit. de 1824 : Princesse de B***, Dans Rome, Naples et Florence^ Stendhal écrit qu'il est reçu chez la Princesse de Belmonte et note une observation de la princesse sur les costumes des acteurs au San Carlo (I, 385).
Page 213, note 1... du sujet. — Stendhal cite les vers de Manzoni avec quelques inexactitudes de détail. Nous rétablissons les passages altérés.
Page 217... ce morceau superbe, Stendhal se déclarait très satisfait de son analyse de VElisabetta dans une note manuscrite en appendice à un exemplaire de la Vie de Rossini appartenant au comte Joseph Primoli. Cette note est demeurée inédite : « Lu par hasard dopo tanti anni 209, 210, 211. I f ound very well, vif, clair, énergique full of fire. — 2 décembre 1839. Civ. Vec*. »
Page 218. Elle devait être profondément tendre,,, — Edit. de 1854 : Elle devrait être si profondément,,.
Page 219... archevêque de 7***... —
Dans sa correspondance, Stendhal parle de a l'évêque ou archevêque de Trente » qui a aimerait mieux manquer à son bréviaire qu'au spectacle ». — Lettre à Mareste du 14 avril 1818 (II, 67).
Page 222... qu'U faUait âUr. — Edit. de 1854 : qu'il fallait leur ôter.
Page 223... quelquefois Allemand.,, — On a raillé Sten* dhal à ce sujet, mais la critique la plus rigoureuse lui donne raison. Rossini est Italien corps et âme, mais Rossini a été très sensible aux influences étrangères. Celle qu'exerça sur lui Topera français dans Guillaume Tell n*est pas contestée. Rossini, que ses condisciples du Liceo Musicale de Bologne appelaient Il Tedeschino, apprit l'harmonie (à ce qu'il a conté lui* même) en mettant en partition les quatuors de Haydn, n avait un culte pour Mozart. Ses œuvres portent la trace évidente de ces influences et certains pas* sages du Comte Ory démontrent que Rossini avait été vivement impressionné par les dernières symphonies de Beethoven.
Page 224. Il écrit.,. — L'édition de 1854 donne : it écrivit. La correction de Colomb peut se défendre, tout le passage se trouvant au passé défini. Mais Stendhal emploie le présent pour indiquer que Rossini continue depuis cette époque à écrire ainsi.
Page 225... genre déclamé... — Cette assertion de Stendhal serait absolument inexacte d'après M. le Prof. Radiciotti qui a pris la peine d'étudier la partition d'Ermione, ce que n'avait encore fait aucun des biographes de Rossini.
Page 228... n'ajoute rien à celle de Rossini... — Beyle écrivait à Mareste le 3 septembre 1818 de Milan : « Rien de neuf ici qu'un mauvais opéra de Rossini,. Dorliska ; c'est du mauvais Voltaire ».
Sur les représentations au Teatro Valle de cet opéra, voir la remarquable étude de M. Alberto Cametti : La Musica teatrale a Roma cento anni fa, dans VAnnuario délia R. Ace. di S** Cecilia, 1915-1916...
Page 228... du boulevard... — L'édition de 1824 donne le texte suivant : « Le tyran, dans l'opéra de Dorliska^
lequel a la niaiserie uniforme, et visant au sublime du style, et au manque total d'originalité et d'individualité dans les personnages, me semble une traduction de quelque mélodrame du boulevard. Le tyran chante... »
Pour remédier à ce texte évidemment fautif Colomb corrige :
t Le tyran, dans l'opéra de Dorliaka, lequel par sa niaiserie uniforme, et visant au sublime du style, et par le manque... me semble ime traduction de quelque mélodrame du boulevard ; le tyran... » La phrase demeure passablement incohérente. Je pense que Stendhal a simplement oublié de raturer les deux premiers mots après s'être laissé entraîner dans une phrase incidente qui l'a obligé à reporter plus loin le commencement de la phrase principale : le tyran...
Page 231. Il Barbiere di Siviglia, — CI. è l'appendice la version de Stendhal dans l'article du Paris Monthly Resfiew et la très intéressante réponse de la Righetti, laquelle ayant créé le rôle de Rosina donne de la 1'^ représentation un récit curieux et, semble- t-il, véridique. Stendhal n'a tenu aucun compte des rectifications de détail de la Righetti en rédigeant le présent chapitre. Il a plus tard donné une autre version passablement chargée de cette 1^ représentation. Cf. PrO' menades dans Rome (4 déc. 1828). — Stendhal dit avoir entendu le Barbier pour la première fois à Florence. La première impression avait été médiocre. (V. Rome, Naples et Florence, I, 331-333). — Le 19 avril 1820 il écrivait à Mareste : « ... faites bouillir quatre opéras de Cimarosa et deux de Paësiello, avec une symphonie de Beethoven ; mettez le tout en mesures vii^es, par des croches, beaucoup de triples croches, et vous avez le Barbier, qui n'est pas digne •de dénouer les cordons du Sigillara, de Tancrède et •de Vltaliana in Algeri, » {Correspondance^ II, 187).
Page 232. En treize jours,,. — Il est certain que le Bcurhier fut écrit avec une extrême rapidité. Le contrat entre l'imprésario et le librettiste Sterbini porte la date du 17 janvier. Or le matin du 6 février Rossinî remettait au chef d'orchestre la partition du 1®' acte et le 20 février, on donnait la «première représentation. M. Cametti a établi que Rosssini avait fait im certain nombre d'emprunts à ses opéras antérieurs, indépendamment de l'ouverture qui, composée pour VEquivoco strat^agarUe, avait déjà servi pour l'^ur^liano et enfin pour VEliaabeUa. En particulier le crescendo de la Calomnie et l'introduction Piano^ pianissimo provenaient du Sigismundo si cruellement sifflé.
Page 232... à ce peuple.., — « C'est exactement bon pour les Français », écrit Beyle à Mareste le 25 sept. 1820 (Corresp.y II, 203). Stendhal voyait juste et le Barhier devait devenir rapidement l'une des œuvres les plus populaires du répertoire de nos théâtres lyriques. Il ne fut cependant pas accepté sans combats. Une brochure française que nous avons retrouvée à la bibliothèque de Bologne (cote P. 14), critique de la manière la plus violente l'opéra de Rossini. L'auteur s'indigne que des Français, « pour entendre un épouvantable charivari d'orchestre », aient consenti à massacrer la pièce de Beaumarchais.
« Je m'attendais à une sérénade douce, mélodieuse, tendre ; mes oreilles ont été étourdies par un épouvantable fracas ; et comme la musique savante ne permet jamais de distinguer les paroles prononcées par le chanteur, j'ai été tenté de croire que, loin de faire une galanterie à la pupille de Bartholo, on demandait plutôt sa tête. »
« J'ai entendu hier le Barhier de Séçille, mes oreilles sont encore troublées par le bruit qui les a frappées, mais ma mémoire ne me rappelle que cela... »
« S'il y a foule au théâtre lorsqu'on y représente le Barbier de Séçille de Rossini, ce n'est pas à dire qu'on
s'y amuse. On y va par ton et non par plaisir. Une petite maîtresse de province rougirait de n'avoir pas vu cette pièce à la mode. Elle s'y ennuie, elle y baille, en se cachant de son éventail ou de son mouchoir, mais elle assure dans son salon qu'elle est enchantée, ravie, transportée... »
On croirait lire certaines critiques relatives aux opéras de Wagner. La brochure est signée Papillon et porte pour titre : Lettre critique sur Rossini, Paris, chez Mondor, 1823, in-S^.
Page 232... madame Giorgi.,, — Née en 1785 à Bologne, la Giorgi brilla d'abord à Paris en 1804, au Théfttre Italien et surtout aux concerts de la cour impériale. Revenue en Italie en 1806, elle épousa un avocat de Bologne, M. Righetti et ne parut plus sur le théâtre que par intervalles. Elle créa plusieurs rôles des opéras de Rossini. Retirée à Bologne, elle continua à faire beaucoup de musique et son salon demeura le rendezvous des dilettantes bolonais et des artistes de passage. On a vu dans la préface dans quelles conditions elle entreprit de réfuter l'article de Stendhal du Paris Monthly Review, On trouvera en appendice la
• traduction de sa brochure.
Il est question d'elle dans Rome, Naples et Florence, t. I, p. 332.
Page 232... 26 décembre 1816. — Le Barbiere di Sîçiglia fut représenté pour la première fois le 20 février 1816. Cf. sur cette soirée mémorable l'étude critique de M. Alberto Cametti, La Musica tecUrale a Roma cento anni fa,,, (1916). D y est longuement question de la Giorgi- Righetti.
Page 234... Piano, pianissimo... — Stendhal cite de mémoire, en confondant avec le terzetto du 2^ acte : ZitLi, ûtti, piano, piano.
Page 235... un peu longtemps,,, — Edit. de 1854 : longtemps.
Page 238... a le meilleur style. — Edit. de 1854 : a le style meiUeur.
Page 239... est faible et œmmun.,, — C'était un air qu'on disait arrangé par Garcia. Cf. Romey Naples et Florence^ I, 333, et le récit de la Righetti à l'Appendice. Cependant M. Cametti, après examen du manuscrit autographe, affirme qu'il était bien de Rossini et que seul l'accompagnement de guitare était peutêtre de Garcia. Les premières mesures de cet air : Ecco ridente il ciélo étaient d'ailleurs empruntées à un chœur de VAureliano in Palmira,
Page 241... Musique de Gluck. — Stendhal a senti juste. Gluck a cherché à noter la déclamation dramatique de son temps. Le créateur de l'opéra français, Lully, avait étudié la manière dont la Champmeslé récitait les tragédies de Racine et avait noté ses « tons ». Tout le récitatif français de Lully à Gluck est fondé non sur le langage parlé mais sur la déclamation théâtrale telle qu'elle était pratiquée au Théâtre Français. On voit par ce passage de Stendhal qu'en 1820, la tradition de la déclamation chantante, en honneur à l'hôtel de Bourgogne, s'était maintenue.
Page 242... fiderè. — Stendhal cite inexactement en sautant le second vers :
PmrM d'un th» poco è in êô Il lufor...
Page 243... Choron,,. — A l'école de Choron, les jeunes musiciens se formaient par l'étude de la musique an cienne polyphonique. Cf. d'Ortigue, Le balcon de rOpéra, 1833, in-8o, p. 58-59.
Page 245... Meyerbeer,., — Stendhal écrit Mayerbeer,
Page 245... le bel à fresque,,. — Colomb corrige : la belle fresque. Edit. de 1854.
Page 246... hors de la nature, — Edit. de 1854 : hors de nature,
Roiiuri. L 24
370 VIE DE R088INI
Page 246... passer la soirée.,, — On pense à la réponse de Dumas fils : « Mais enfin, vous prétendez peindre les femmes du monde, où donc les avez-vous vues ? » — « Chez moi ! »
Page 247... faccio a lei ! — Stendhal cite inexactement :
E il maettro îb faeeio a Ui.
Page 248... eût syncopées,,, — Voir la note page 48.
Page 249... aux marionnettes,,. — Cf. Romey Naplee et Florence^ II, 321, 329 et passim.
Page 250... de PU VI et de Pie VII, — Edit. de 1824 : de P. VI et de P^**, U faut certainement lire : de Pie VI et de Pie VII. Voir Racine et Shakespeare, p. 76 et Vie de Napoléon,
Page 251... tout a influé,.. — On reconnaît l'idée chère à Stendhal de l'influence des milieux sur les arts dont Taine a tiré plus tard tout un système philosophique.
Page 254... à Palerme.,, — Edit. de 1824 : d i>***.
Page 255... de musique,.. — L'édition de 1854 saute les six mots qui précèdent.
Page 259... Majer, de Venise... — Edit. de 1824 : Mayer. Il s'agit évidemment d'Andréa Majer, « Veneziano. » auteur d'un livre auquel fait allusion Stendhal plus haut (voir p. 129). Toutefois, je n'ai pas trouvé trace dans ce livre du passage incriminé par Stendhal. Il s'agit peut-être d'une autre brochure du même auteur.
Page 260... à courir, — Dans Rome, Naples et Fiarence, Stendhal, après avoir déclaré que le trio du 2® acte lui paraissait la seule chose absolument neuve de tout l'opéra, se plaignait que ce morceau fût si mal placé : « Quand le danger est vif, quand une minute peut tout perdre ou tout sauver, il est trop choquant d'entendre répéter dix fois les mêmes paroles... » I, 332.
Page 260... jeter au feu. — Sur un exemplaire de la Vie de Rassini appartenant au comte G. Primoli, on lit cette note de la main de Stendhal : « 5 juin 1839. Pour me remettre de la visite à moi faite par un fourbe, je lis l'analyse du Barbier, 214-245. Je trouve cela excellent et ne l'ai pas regardé depuis dix ou quinze ans. »
Page 265... M. Magalon,,. — Au moment où Stendhal écrivait la Vie de Rassini, tout Paris se passionnait pour le cas du journaliste libéral Jean Denis Magalon, lequel avait été condamné à 13 mois de prison pour ses attaques contre la Congrégation et les Jésuites. Le 22 avril 1823, il avait été transféré de S^-Pélagie à la prison de Poissy, enchaîné à un galérien et traité comme un malfaiteur de droit commun. Sur Tinter^ vention de Chateaubriand, il fut réintégré à S*®-Pélagie.
Page 269... M. Massimino,., — Voir note, p. 5.
Page 273... haUets,.. — Stendhal se déclare à maintes reprises enthousiaste de la mode italienne consistant à intercaler un ballet entre le 1®^ acte et le 2^ acte d'un opéra. Carpani, au contraire, tonne contre cet usage. Cf. Rossiniane, p. 111.
Page 273... des Pages du duc de Vendôme... — Ce ballet en un acte de Gyrowetz, avait été représenté avec le plus grand succès à l'Opéra pour la première fois le 18 octobre 1820. Il tint l'affiche dix ans avec 115 représentations.
Page 275. Oteîlo, — Beyle dit avoir vu représenter Otello à Naples en 1817, l'année de sa création. La première impression fut défavorable : « Rien de plus froid », écrit-il dans Rome, Naples et Florence. Cf. II, 401-402. — Quelques jours plus tard il avoue : « J'ai distingué quelques jolis motifs dont je ne me doutais pas, entre autres le duo du 1^^ acte entre les deux femmes » (p. 403). Il est peu question d'Otetio dans
372 VIE DE R088INI
la Correspondance de Stendhal et en termes défavorables. Cf. II, 130, 380. Au contraire, dans les Notes d^un dileUanie^ Stendhal, sous l'influence de la Pasta, se montre enthousiaste de Tœuvre de Rossini.
Page 275... comme WaUer ScoU... — Edition de 1854 : ainsi que WaUer ScoU,,..
Page 275... faire parler F amour... — On est surpris, après les critiques d'ordre général adressées par Stendhal à VOteUo de Rossini, du ton élogieux de l'analyse. Il a dû être influencé par les notes sur lesquelles il travaillait. La contradiction n'avait pas échappé à Zacharie Astruc lequel, en une Lettre à Stendhal sur TOtello de Rossini, remarque : « Vous parliez de VOtello avec un dédain visible et cependant vous fûtes bien aise d'en consacrer la haute portée, pour ne pas contrarier le ton général de votre livre. » Tout l'article est une critique sévère de VOteUo de Rossini et de ce qu'en dit Stendhal. Cf. Le quart (Theure, Gazette des gens demi'SérisuXj ï^ année, n^ 5, Paris, 1859 (20 avril).
Page 276... par çanitê... — Ëdit. de 1854 : par la inanité.
Page 278... lui en laisser çoir toute la folie. — Ëdit. de 1854 : lui laisser voir toute sa folie.
Page 2§1... Vain Vedrô... — Il s'agit de l'air du Comte Almaviva au 1®^ tableau du 2^ acte des Noces de Figaro. — Stendhal cite fréquemment cet air. Voir notamment De V Amour.
Page 287... clarinette... — Vers le milieu de l'ouverture, la clarinette soupire à deux reprises une belle phrase mélodique d'un chromatisme émouvant.
Page 287... ouverture... — Beyle, si sévère pour Otello en 1817, reconnaît que « l'ouverture est d'une fraîcheur étonnante, délicieuse, facile à comprendre et entraînante pour les ignorants, sans avoir rien de commun... » Rome^ Naples et Florence^ I, 402.
NOTES BT ÉCLAIRCISSEMENTS 373
Page 290... Viganô.,, — On sait radmiration passionnée que professa toute sa vie Stendhal pour le grand chorégraphe. Elle éelate surtout dans sa Correspondance. Stendhal égale la gloire de Vigand à celle de Rossini, de Gmarosa, de Canova, voire de Napoléon. Rossini, toutefois, un soir de décembre 1819, lui « fit voir un défaut dans Viganô : trop de pantomime, pas assez de danse ». V. Blanchard de Farges {Correspondant, 1909, p. 1098). — Sur Viganô voir notre étude dans la Revus Musicale du 1®^ décembre 1921.
Un livre devenu d'une grande rareté aujourd'hui donne sur la vie et les œuvres de Viganô les renseignements les plus intéressants : Commentario deUa Vita e délie opère coreodramnuUiche di Salvatore Viganô.,, da Carlo Ritomi... Milano, 1838, in-8®, 413 pp.
Page 290... haUet cf Otello... — Stendhal, dans une lettre au baron de Mareste du 12 mars 1818, qualifiait le ballet 6!0tdio d' « archisublime ». (II, 57.) Il en est sans cesse question dans la Correspondance de Stendhal.
Page 290... ieZ qu^on Va arrangé pour Paris.,. — Cf. à l'appendice les Noies d^un Dilettanie, en lesquelles on trouvera une foule d'indications sur le jeu de Madame Pasta dans le rôle de Desdemona.
Page 294... potrai... — Stendhal cite en supprimant ces deux vers.
Page 301... Marquis Berio... — Cf. Rome, Naples et Florence, II, 402 (note), et 384, 404.
Page 301... la joue. — Colomb corrige : la chante.
Page 304. Alessandro Stradella... — L'histoire de Stradella, sous une forme moins développée, se trouvait déjà dans la Vie de Haydn (p. 233 sqq.). Carpani y faisait allusion dans ses Haydins. La première version se rencontre dans VHistoire de la Musique de Bonnet, publiée en 1715. Elle a été souvent repro-
duite avant Stendhal et depuis. Elle repose sur une réalité historique, mais on n'est pas encore parvenu à faire la lumière sur la vie de Stradella.
Grand compositeur et célèbre chanteur, Stradella a dû naître aux environs de 1645 et fut assassiné à Gênes le 25 février 1682. La dernière composition connue de lui est une cantate : Il Barcheggio, en rhonneur des noces de Carlo Spinola a Gênes, le 6 juillet 1681. — Sur Stradella, on pourra consulter la remarquable étude de M. Heinz Hess : Die Opern Alessandro Stradella^s. Breitkopf und Hârtel, 1906. — Il résulte des documents publiés dans cette brochure que Stradella fut bien assassiné par jalousie mais dans des conditions différentes de celles rapportées par Stendhal d'après la tradition.
Page 305... Madame Gherardi... — Edit. de 1824 : Madame G***... — Le nom se trouve en toutes lettres à l'alinéa précédent.
Page 310... mon ami de Bergame... — Cf. Rome, Naples et Florence, I, 229.
Page 310... leur lit, — Ici finit dans l'édition originale la première partie de la Vie de Rossini.
Page 311... à Trieste... — Beyle n'ayant pas mis les pieds à Tries te avant l'année 1830, n'y avait pu entendre la CenererUcla lorsqu'il écrivait la Vie de Roêsini, Il l'avait entendue ailleurs plusieurs fois déjà et notamment à Milan en 1817 (Correspondance, II, 41), et à Florence en 1819 (Correspondance, II, 152).
Page 311... magnifique et pure... — Dans son feuilleton du Journal de Paris, Stendhal célèbre « la belle voix de basse de Zuchelli ». Cf. à l'appendice les Notes d^un dilettante, 18 novembre 1824 et passim.
Page 314... V harmonie... — Stendhal entend par ce mot la partie symphonique du drame musical, tout ce qui n'est pas la mélodie vocale.
NOTES BT ÉCLAIRCISSEMENTS 375
Page 315... Righetti,,, — Si la Righetti vit ce jugement de Stendhal, elle dut en être irritée profondément, car elle se donne dans son opuscule pour Tune des premières chanteuses de 1* Italie, et M. Cametti, s*appuyant sur des témoignages contemporains, confirme son dire. Cf. La Musica teatrale a Roma cento anni fa (1916) et La CenererUola (1917) dans l'Annuaire de TAcadémie S*®-Cécile.
Page 317... de la Cenerentola... — Edit. de 1854 : ai^ec Cenerentola.
Page 318... Papauté... —Edition de 1824: de P
Page 323... parleremo... — Stendhal cite cette tirade en sautant le 3® et le 9® vers.
Page 328... prohibition du rire ? — Idée chère à Stendhal. Cf. Notes d^un dilettante, II, 333-334,
Page 336... méthode de VeUuti... — On sait que Rossini réagit violemment contre la libre interprétation de la musique par les virtuoses. Une lettre du 12 février 1817, attribuée à Rossini, met en cause Velluti « qui, plus qu'aucun autre, a abusé des admirables dons que la nature lui avait accordés ». <c Gorgheggi, volate, trilli, salti, abuso di semitoni, aggrupamento di note, ecco il carattere del canto che adesso prévale t. Lettere inédite e rare di G. Rossini, 1892, in-8^, p. 1. Cette lettre semble apocryphe mais témoigne des sentiments que les contemporains prêtaient à Rossini à l'égard de Velluti. Cf. l'avis de M. Cametti dans la Musica Italiana du 31 janvier 1917.
DU TOME PHBMIEH
PRéFACB par Henry Prunières ix
Avant-Propos bibliographique et critique.... lxi
Préface 3
Introduction. § i^, Cimarosa 7
§ IL Différence de la musique allemande et de la
musique d'Italie 9
Anecdote sur Torquato Tasso, en 1816. — La mémoire paralyse l'imagination. — Conditions p^^siques du plaisir musical ; grandeur des saUes ; position commode du corps : air pur et souvent renouvelé. — Le demi-jour nécessaire à l'effet de la musique.
§ III. Histoire de V interrègne après Cimarosa et avant Rossini, de 1800 à 1812 23
Coup d'csil sur les œuvres et le talent de Mayer. — Duetti d'Ariodani et de la Rosa Bianca, les chefs-d'œuvre de Mayer. — M. Paër et ses principaux ouvrages.
§ IV. Mozart en Italie 35
Un prince fait un pari sur Mozart, et le fait connaître en Italie. — Un mot sur le style de Mozart. — Différence des styles de Mozart, Cimarosa et Rossini.
378 TABLE DBS MATIERES
Vie de Rossini. Chap. I^^ Ses premières années. . 53
La civilisation prend naissance sur les rives de la Méditerranée ; encore aujourd'hui on y aime mieux aimer et jouir que combattre ; de là les malheurs de l'Italie. — La France et l'Angleterre par rapport aux beaux-arts. — Les parents de Rossini sont musiciens.
Chap. IL Tancrède, premier opéra séria de Rossini. 65
Le premier chœur de Tancrède plus pastoral que guerrier. — La Malanote refuse un air que Rossini avait composé pour l'entrée de Tancrède ; il trouve l'air di tanti palpiti, — L'harmonie joue en musique le rôle de la description dans les romans de Walter Scott. — Duetto guerrier : Ah I se de' mali miei.
Chap. III. Vludiana in Algeri 89
Manière de se servir du libretto d'un opéra, à la première représentation. — Caractères de la musique de VlteUiana, — Singulière bonté du public de Louvois.
Chap. IV. La Pietra del Paragone 111
Air célèbre, Eco pietosa, supprimé à Paris par des gens qui espéraient dérober Rossini à la France. — La Pietra del Paragone finit par un grand air comme Vltaliana in Algeri et la Cenerentola,
Chap. V. La conscription et les envieux 124
M. Berton et le Miroir, — Rossini fait des fautes de syntaxe et manque de pureté dans le style ; ce qui est inexcusable, dit M. Berton.
Chap. VI. L'imprésario et son théâtre 137
Réponse de Rossini au monsignore pédant. — Comédie de Sografi sur les prétentions des chanteurs. — La prima sera (première représentation).
Chap. VII. Guerre de l'harmonie contre la mélodie. 151
Les aliments d'un goût piquant font oublier le parfum de la pêche. — Epoques où ont brillé les principaux maîtres de l'école italienne.
Chap. VIII. Irruption des cœurs secs. — Idéologie de la musique 163
Négligences de Rossini marquées d'une f* — En compliquant les accompagnements, on diminue la liberté du chant. — Les accompagnements de Rossini pèchent plutôt par la quantité que par la qualité. — L'orchestre de LouTois. — Le piano est regardé comme un signe de faiblesse.
Chap. IX. UAureliano in Palmira 175
Duetio superbe, Se tu m'ami, o mia regina, — jDemetrio e Polibio, premier opéra composé par Rossiniv au printemps de 1809. — Ouverture du théfttre de Como.
Chap. X. Il Turco in Italia 187
Chap. XL Rossini va à Naples 197
Scrittura contractée par Rossini avec M. Barbaja. — Influence de la voix de la prima donna de Naples sur le talent de Rossini.
Chap. XII. VElisabetta 203
Chap. XIII. Suite de VElisabetta 211
Ode italienne sur la mort de Napoléon, à comparer à l'ode anglaise d e lord Byron, et à la Méditation de M. de Lamartine sur le même sujet. — Critique du style de Rossini par les vieux amateurs de Naples, contemporains de Cimarosa et de Paesiello.
Chap. XIV. Rossini compose dix opéras à Naples . . 121
Chap. XV. Torvaldo e Dorliska 227
Chap. XVI. Analyse musicale du Barbier de Se-
s^iUe 231
Cimarosa n'a pas fait usage de dissonances dans le Matrimonio segreto ; il venait cependant de voir applaudir tous les chefs-d'œuvre de Mozart. — Aventures de Rossini à Rome.
Chap. XV IL Du public relativement aux beauxarts ; solitude et chant à l'église, sources du goût pour l'opéra 263
De la province relativement aux beaux-arts.
Chap. XVIIL Analyse musicale d'Otello 275
Quelle est la jalousie qui peut être touchante au théfttre. — Singulière observation de M. l'abbé
Girard sur l'usage qui^ en 1746, permet la galanterie aux femmes mariées et leur défend l'amour-passion. — L'auteur du libretto d'OteUo n'a pas donné les situations qui appartiennent à ce beau sujet. — M. Kean, le premier acteur tragique de l'époque, n'a jamais été vanté à l'Europe par un écrivain à la mode comme madame de Staël.
Chap. XIX. Suite d'Otello 287
Quel est le plus beau morceau de cet «péra. — La musique du vers : Impia, ti maUdicOt devrait être sur ces paroles d'Otello : Va, je ne t'aime plus. — Romance du saule. — Pantomime de la mort de Desdemona dans les théâtres d'Italie. — Histoire de la mort de Stradella.
Chap. XX. La Cenerentola 311
La musique est incapable de parler vite. — La mélodie ne peut pas peindre à demi. — Charmant duetto entre le prince et son valet de chambre. — Mœurs de Rome comparées à celles de Paris. — Le bouffe Paccini. — Le rire banni de France. — Le beau idéal en musique varie comme les climats. — Trois opéras de Rossini terminés par un grand air de la prima donna,
Chap. XXI. Velluti 335
Comparaison de Martin et de Velluti.
Notes et éclaicissements du tome premier. 341
ABBBVILUI. — IMPRIMBilIB F. PAILLART