‹ Vie de Rossini, suivie des Notes d'un dilletanteChapitre 33 sur 122 · Voir Rome, Naples et Florence en 1817, page · texte numérisé non relu

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que de temps immémorial le grand théâtre de Turin, Vun des premiers de V Italie, est sous la direction d^une société de nobles (dei cavalieri), qui ont à peu près les fonctions que Fauteur attribuerait aux propriétaires de loges à Vannée du théâtre de Louvois. Je crois quil en est de même à Bologne pour le théâtre Communal (le grand théâtre). La Pergola de Florence est pareillement sous Vinspection des notables ; et fai ouï dire qu'il en est de même dans plusieurs autres villes d"" Italie. Le théâtre du Roi à Londres est dirigé par la haute noblesse, qui le donne à entreprise. U auteur ne propose rien qui ne soit raisonnable^ et dont on nait éprouvé ailleurs les bons résultats depuis nombre d^ années. Voici les noms des personnes chargées de V administration du Théâtre Italien à Londres pour 1824 :

Les lords Hertford, Lowther, Aylesford, Mountedgecumb, Et M. le comte Santantonio, noble sicilien.

Le théâtre de la Scala eut pour entrepreneur, de

1778 à 1788, M. le comte de Castelbarco, les marquis

Fagnani et Calderara, et le prince di Rocca-Sini-

balda. Actuellement, V usage a prévalu de mettre

l'entreprise sous le nom d'un commis. (Testa di

Ferro.)

C. Si Von veut que le goût de la musique italienne RossiNi. II. 15

se perfectionne en France, il faut ajouter deux professeurs et une classe de chant italien au Conservatoire, et y adjoindre un maître de langue et de déclamation italienne. Pelle grini ou Zuchelli seraient des hommes très précieux pour donner des leçons ; mais bientôt nous verrions un Français remplir la place de professeur de chant italien. Nul doute qu'avec des maîtres italiens, le Conservatoire de Paris ne fournît des sujets distingués ; on les enverrait passer deux ou trois ans dans les théâtres d^ Italie pour se perfectionner, comme a fait notre madame Mainvielle- Fodor. Il faudrait mettre trois ou quatre pairs de France, amateurs riches, à la tête du Conservatoire.

Il faudrait recruter dans nos provinces méridionales, particulièrement vers les Pyrénées, des enfants de douze à quinze ans, ayant de belles voix. Il ny a pas de raison pour que la nature ait placé de plus belles voix au delà des Alpes que dans le Midi de la France ^. La différence qu'il y a, c'est 1° que V enfant italien de douze ans entend bien chanter à Véglise et dans la rue; 2° il entend mettre au-dessus de tout le talent du chant.

D. Sans doute il serait à désirer que Von donnât deux représentations par mois au grand Opéra ; mais l'administration supérieure ny consentira ja-

1 On doit la mention la plus honorable à M. Choron, qui, par son zèle pour la musique, a fait d'immenses sacrifices. Un ministre de l'intérieur, jaloux de faire son métier, protégerait efficacement ce bon citoyen.

mais. Au bout d'un an et non de i^ingt, VOpéra Français serait perdu de ridicule et abandonné ^, Cependant on pourrait présenter ceci comme moyen de recette, et dans le cas où V entreprise de Louvois aurait à se couvrir de dépenses extraordinaires.

E. Je crois quil faudrait terminer le chapitre en indiquant un moyen de salut pour le Théâtre Italien, qui me parait immanquable : cest d'engager Rossini pendant deux ans, en lui faisant écrire trois opéras par an. Nul doute que Rossini ne vînt avec plaisir si rengagement était avantageux. Il composerait pour le grand Opéra, pour Feydeau. Il ferait pour ce dernier théâtre un opéra par semaine ; sa fortune serait assurée. Nicolo s'est bien fait jusqu'à trente mille francs par an avec ses œuvres : jugez du succès de Rossini.

L'arrivée de Rossini et son établissement à Paris rehausserait à l'étranger le théâtre de Louvois ; les chanteurs feraient a pugni pour y être engagés, et la troupe serait bientôt complète. M. Caraffa, qui est à Paris, et dont la Gabrielle de Vergy a soutenu deux ans de suite la concurrence avec /'Elisabeth de Rossini, travaillerait pour Louvois ; et, si l'on commençait à vouloir de la musique nouvelle à Paris, les fondations du Théâtre Italien seraient inébran* labiés. Les auteur de libretti italiens auraient des

1 En 1823, les chanteurs de l'Opéra sont hors d'état de chanter un quartetto de la Gazza ladra ou de la Camille ; aussi ce théâtre ne produit-il pas le tiers de ce qu'il coûte.

droits pécuniaires égaux à la moitié de ceux de Feydeau. A ce prix, cous auriez les écrivains les plus distingués d^ Italie ^.

La mise en scène des ouvrages de Rossini actuellement représentés gagnerait infiniment. Uœil du maître verrait une infinité de taches, telles qu^altérations des temps par V orchestre, tapage hors de propos dudit orchestre, etc., etc. U engouement des badauds serait prodigieux, et les recettes s'en ressentiraient. Veut-on payer Rossini sans bourse délier et très généreusement ? que les premières représentations de ses opéras soient données rue Le Peletier et à son bénéfice. A trois opéras par an, il aura environ quarante-cinq mille francs. Ajoutez à ceci les concerts, les pièces quil ferait pour Feydeau, la vente de sa musique, qui est au pillage en Italie, et qui est ici une propriété très lucrative. Il gagnerait plus de soixante mille francs par an.

E. Sujets que l'on pourrait engager.

D"* abord et avant tout autre, madame Mainvielle ; elle chante fort bien, et d^ailleurs elle est Française. Beaucoup de gens disent du mal de Louvois par patriotisme.

F. Davide, tenore.

Donzelli, idem.

1. Je connais à M. Pellico, maintenant en prison au Spielberg, et le premier poète tragique d'Italie, quatre ou cinq opéras série et huffe qui me semblent des chefs-d'œuvre ; il y a des foules de situations fortes esquissées avec hardiesse.

Lablache, bufïo cantante.

Debegnis, bufîo comico.

Ambrosi^ basso.

Curionij tenore, fort joli homme, ce qui ne gâte

rien.

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