‹ Vie de Rossini, suivie des Notes d'un dilletanteChapitre 66 sur 122 · Journal de Paris, 2 juillet · texte numérisé non relu

Journal de Paris, 2 juillet

RossiNi. II. 23

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vulgaires de n'estimer que ce qu'elles craignent un peu. La grâce charmante qui règne dans plusieurs morceaux de la Clemenza et par exemple dans un duetto entre M^^^ Schiassetti et Dotti n'a pu réveiller le public qui semblait décidé avanthier soir à ne rien voir de bon dans Mozart.

Ce public qui applaudit au théâtre Louvois se compose d'un petit nombre d'amateurs qui ne jugent que d'après leur sensation et d'une immense majorité qui couvre de bravos ce que les journaux lui ont désigné comme étant beau. Dans le moment présent, cette immense majorité un peu moutonne manque entièrement à Mozart. Que peut-on dire de neuf sur Don Juan, Figaro, la Clemenza ? Or, le vulgaire aime avant tout les opéras à l'occasion desquels il peut faire Je jolies phrases.

Le rythme rapide et brillant, que Rossini a introduit dans la musique et qu'il met partout, contribue aussi à faire paraître ennuyeuse et languissante la musique de Mozart.

Le troisième acte de Romeo a enlevé tous les suffrages, grâce au jeu et au chant de M"^® Pasta.

^iie Mars, la seule actrice que l'on puisse nommer après M"^^ Pasta, a terminé la soirée par la Jeune Femme colère. La gaieté de cette petite comédie a fait un contraste agréable avec le tragique sombre du troisième acte de Romeo.

L'opinion du foyer regrettait qu'au lieu du deuxième acte de la Clemenza, M^^^ Schiassetti

NOTES D UN DILETTANTE

n'eût pas songé à donner au public un acte du Freischiitz, de Maria Weber. Cet opéra est traduit en italien, et M^^^ Schiassetti le chantait avec beaucoup de succès à Munich.

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