‹ Vie de Rossini, suivie des Notes d'un dilletanteChapitre 68 sur 122 · Journal de Paris, 7 août · texte numérisé non relu

Journal de Paris, 7 août

la Gazza ladra ; il joue admirablement dans Mahomet, dans Semiramis. Les rôles de conspirateur lui vont à merveille. C'est un acteur plein de verve et de feu, et qui fera beaucoup de plaisir si nous ne cherchons pas à V éteindre par nos froides critiques.

Hier, il a débuté par celui de tous les rôles de son emploi qui lui convient le moins. Sa voix et même son physique n'ont pas toute la légèreté à laquelle nous sommes accoutumés dans le rôle du malicieux barbier, Galli, jouant dans une pièce écrite en italien, a joué son rôle en Italien véritable. J'ai entendu des amateurs distingués le blâmer vivement de ce qu'il ne leur avait pas offert les gestes et les regards d'un aimable Français. Il faut convenir qu'à son entrée en scène Galli avait tout l'air d'un féroce Transtéi^erin. Galli est Romain ; sa belle prononciation, sa superbe figure en font foi ; il nous a donné hier soir un Figaro romain. En ce pays, il faut l'avouer, l'énergie se montre plus souvent que la grâce. Me passera-t-on la comparaison ? Nous avions dans Pellegrini la grâce et la légèreté d'un jeune chat. Galli, au contraire, a été un peu éléphant. Sa voix est énergique et puissante plutôt que gracieuse et flûtée. Or, l'énergie a souvent tort quand elle se hasarde à paraître devant le public de Paris. La grâce, un peu maniérée, est plus sûre de nos suffrages. Galli a toujours chanté juste, mais souvent il a paru essoufflé :

NOTES D UN DILETTANTE

Je rôle de Dandini, dans lequel nous le verrons mardi, lui va beaucoup mieux que celui d3 Figaro ; il y est bouffe excellent, bouffe plein de feu. Comme il sera terrible dans le rôle d'Assur de la Semiramide !

Hier soir, le finale du second acte a surtout décidé le succès de Galli. Notre opera-buffa devenait biei froid ; voiui du feu qui nous arrive. L'éteindrons-nous ?

Page 1