‹ Vie de S. Camille de LellisChapitre 77 sur 237 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

Prêtres que Frères; et, sur le soir, il les embrassa tous en signe de congratulation et pour leur témoigner toute sa joie, en leur disant : * Nous irons ensemble à la maison du Seigneur. > Ensuite Camille, s'élant agenouillé par terre, déposaà leurs pieds les choses même les plus communes qui étaient à son usage, et leur dit qu'il se dépouillait de nouveau de tout ce qu'il espérait et pouvait avoir et posséder dans ce monde, protestant qu'il regardait comme à lui prêté et donné par aumône par la Congrégation ce qui était sous leurs yeux, les vêtements, le lit et les autres objets indispensables. Il ne consentit à se relever que lorsque les nouveaux profès lui eurent répondu, qu'ils les lui prêtaient et lui en faisaient l'aumône. A son exemple, les autres Religieux firent la même renonciation avec une ferveur incroyable. Chacun d'eux allait dans sa cellule chercher ce qu'il possédait, et le déposait aux pieds de Camille, se dessflisis sant de tout, même des choses les plus viles et les moins importantes.

Quelques jours après, ils visitèrent tous ensemble les sept églises, pour rendre grâces à Dieu de la faveur qu'il venait de leur accorder. Camille, chemin faisant, leur parla avec un saint enthousiasme des merveilles que le Seigneur avait opérées dans l'établissement de l'Institut. Pour leur procurer un peu de repos, il les fit asseoir dans une grotte qui était sur leur route, où il leur a Iressa une chaleureuse allocution sur la confiance qu'ils devaient avoir dans la Providence divine, prenant pour texte ces paroles de Notre

Seigneur Jésus-Christ : « Ne craignez point, faible troupeau, parce qu'il a plu à votre Père de vous mettre en possession du royaume. » Il les excita à marcher vers la perfection et à mener à bonne fin l'entreprise commencée. Il leur dit, entre autres choses, que le temps viendrait où cette humble et modeste famille s'accroîtrait, se disperserait dans le monde, et produirait les fruits les plus abondants et les plus heureux pour le salut des âmes. Il les attendrit tous, et quelques-uns, versant des larmes de joie, s'offraient d'eux-mêmes pour aller dans les contrées infidèles recevoir le matyre et mourir victimes de leur amour, en se consacrant aux services des pestiférés.

Page 1