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qu'ils l'ont découvert, après que l'aîné eat raconté sa. propre histoire. . Maintenant, donc, vous qui ignoriez jusqu’à présent'ces . choses, reconnaissez combien grande est la bonté du Christ, qui nous a-procuré le bonheur de nous retrouver après une: si:
longue absence.” Le maître de la milice fit donc appeler les deux jeunes gens, leur demarda qui ils étaient, et ce qui leur était arrivé. Après qu'ils lui‘eurent fait le récit, te] que nous l'avons rapporté ci-dessus, il reconnut aussitôt qu'ils étaient vé.
ritablement ses propres fils, et il les ermbrassa, ainsi que leur mère: puis, se je- .
tant tous Geux ensemble au cou de leurs enfants, ils les inondaient de leurs larmes, bénissant le Dieu très bon de les avoir réunis après une si-cruelle séparation.
Depuis la deuxième heure jusqu’à la si-..
xième, tout le Camp retentit de la nouvelle de ce qui venait de se passer, et les soldats s'étant assemblés se livraient. à la joie que leur causait une si heureuse rencontre,
‘bien plus qu'ils n'avaient fait après avoir
triomphé des barbares. Eustache ff en:
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mème temps célébrer par de grandes réjouissances le bonheur qu'il avait eu de recouvrer ainsi tous les siens. Le lendemain, il adressa à Dieu des prières d’action de grâces, et il ue cessait de bénir le Seigneur Jésus-Christ de sa bonté ineffable et de sa clémence sans bornes. Après qu'il eut soumis tout le pays des barbares, il s’en retourna avec son armée, glorieuse d'une si grande victoire, emmenant de nombreux captifs avec un immense butin.
Tandis qu'Eustache était occupé à cette guerre, l’empereur Trajan vint à mourir, et on lui donna pour successeur un païen nommé Adrien, qui surpassa en impiété tous ceux qui l'avaient précédé sur le trôpe impérial. Comme Eustache approchait de la ville, l'empereur alla à sa rencontre, selon la coutume des Romain, et fit célébrer cette victoire avec une grande -s0lennité, Il interrogea Eustache sur le succès de ses armes, et sur les circonstances
qui l'avaient amené à reconnaître son é-
pouse et ses fils, et il prolongea le festin bien-avant dans la nuit. Le jour suivant:
es réu de ended’acnir le neffa- Après bares, rieuse nt de butin.
cette ourir, paien npiété le trôpchaïit ontre, céléde -s0e suclances son éfestin ivant
il se rendit au temple pour offrir un sacrifice aux idoles en actions de grâces de la victoire. Et comme il entrait dans le temple d'Apollon, Eustache, au lieu de le suivre, le quitta et resta dehors,
Il refuse de sacrifier aux dieux. Leur martyre,
L'empereur, qui s'en aperçut, l'appelle et lui demande pourquoi il ne sacrifie pas aux dieux pour la victoire qu'il venait de remporter : “Tu devrais, ajouta-t-il offrir des victimes à nos dieux pour de si bril.
lants succès, et surtout pour avoir recouvré ta ferme et tes enfants.” Eustache répondit à l'Empereur : ‘“J’adresse mes vœux au Christ notre Seigneur, et je lui .
offre sans cesse mes prières, lui qui a en pitié de ma bassesse, qui m'a délivré de la captivité et qui m'a fait revoir ma femme el mes enfants: je ne connais point d’autre Dieu que lui, je n’adore que le Dieu du ciel, qui a opéré tant de merveilles. ” À ces mots, l'empereur, transporté de co.
lère, ordonne de lui ôter sa ceinture mili.
taire, et le faite comparaître devant son tribunal comme infracteur des lois, avec sa femme et ses enfants. Mais, après l’avoir interrogé longtemps, voyant que sa foi au Christ était inébranlable, 1l le fait conduire dans l'arène avec son épouse et ses fils, et donne l’ordre de lâcher un lion contre eux. Le lion, accourant aussitôt et s'arrêtant devant les bienheureux, baissa la tête comme pour leur rendre honneur, puis se retira et sortit de l'arène. L’empereur, à la vue d’un spectacle si nouveau, n'en fut point ému; mais il commarida qu'on fit rougir un taureau d’airain, et qu'on y jeta les saints. A cette nouvelle, toute la multitude du peuple, fidèles et païens, se réunirent pour voir comment on les introduirait dans cette affreuse machine. Lorsque les martyrs furent arrivés près d'elle, ilsdemandèrent aux bourreaux de leur laisser un moment pour prier. Et tenant les mairs élevées vers le ciel, ils adressèrent à Dieu cette prière : “Seigneur Dieu des armées, qui, étant invisible aux mortels, avez daigné nous apparaitre, ex-
int son 5, avec ‘ès l’aque sa le fait use et in lion sitôt et baissa nneur, jen pes uveau, matrida ain, et uvelle, eles et mment se maarrivés rreaux ier. Et el, ils igneur le aux re, ex-
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aucez notre humble supplication : Nous voici enfin au comble de nos vœux; vous daignez nous recevoir tous ensemble, et nous allons mériter d'entrer en partage de l'héritage des saints, De même que les trois enfants, ayant été éprouvés par le feu de la fournaise de Babylone, ne vous ont point renié, faites aussi que par ce feu nous achevions saintement notre carrière, et que, tout consumés par ce brasier, nous devenions à vos yeux une hostie d'agréable odeur. Daignez encore, Seignenr, com.
muniquer une vertu à nos resles, en sorte que, quiconque se souviendra de nous ait part avec nous au royaume des cieux, et que, en altendant, il jouisse des biens de cette vie; de mème, si quelqu'un court des daugers sur la mer ou sur un fleuve, et qu'il vous isvoque en notre nom, qu'il soit délivré du péril. Que si d’autres tombent dans le péché et qu'ils recourent à VOus par l'entremise de notre faiblesse, aCCordez-leur le pardon de leurs offerises ; enfin, secourez, protégez tous ceux qui auront souvenir de nous et qui vous
glorifieront en nous. Ce feu qui nous menace, faites qu'il se change pour nous en une douce rosée, et qu’il mette fin à notre vie. Nous vous demandons enfin que nos corps ne soient point séparés, mais qu’ils soient ensevelis dans un même tombeau.” Comme ils parlaient ainsi, une voix du ciel se fit entendre et dit: «Ilen «sera comme vous l'avez demandé; et «mème Je ferai plus que vous ne désirez.
« Puisque vous avez bien combattu en vi- « vant saintement, etque vous avez sup- «porté courageusement de grandeset nom- «breuses épreuves, venez au séjour de la « paix, venez recevoir la couronne des vic- «torieux, et en récompense des maux {em- « porels que vous avez endurés, venez jouir «dans les siècles des siècles du bonheur «préparé aux saints.» Les bienheureux, entendänt ces paroles, se livrèrent joyeusement aux mains des exécnteurs, qui les jetèrent aussitôt dans la machine de bronze, et en fermerent l'entrée pour activer lardeur du feu. Et les martyrs, glorifiant la très-sainte et ineffable Trinité, et chan-
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tant des hymnes en son honneur, rerdirent paisiblement leurs âmes. Mais le feu respecta leurs corps, et pas un cheveu de leur tête ne sentit la flamme.
Trois jours apres, l’impie Adrien vint sur le lieu du supplice et se fit ouvrir la machine d’airain, afin de’voir par lui-méme ce qui restail e leurs corps. On les trouva tout entiers ; on crut même qu'ils vivaient encore ; puis on les tira du. taureau et on les déposa à terre. Tous les assistants ne pouvaient revenir de leur admiralion en voyant que le feu n'avait aucunement endommagé leur chevelure et que leurs corps étaient plus blancs que la neige. L'empereur retourna à son palais saisi de terreur. La foule des spectateurs s'égria alors : & Grand est le Dieu des chrétiens, Jésus-Christ, l'unique et seul vrai Dieu; iln’yen a point d'autre, car il à conservé ses Saints, au point que pas un de leurs cheveux n'a été consumé.” Les chrétiens enlevérent ensuite secrètement les corps des Saints et les déposèrent dans un lien devenu très célèbre. Et après que
la persécution fut calmée, ils y construisirent un oratoire où ils les inhumerent :
ils célébraient la mémoire de leurs reliques aux Calendes de novembre.
Telle est la vie de ces saints etillustres Martyrs, et c’est ainsi qu'ils terminèrent leurs glorieux combats. Tous ceux qui ont la dévotion de télébrer leur mémoire et de réclamer leur protection, obtiennent l'effet des promesses faites à ces Saiuts, par la grâce de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ, à qui soit honneur el puissance dans les siècles des siècles. Amen (1).
(Tiré des Bollandistes traduits par les Benédictins de France.)
(1) I y avait anciennement à Rome une église bâtie sous l’invocation de saint Eustache, avec le titre de diaconie. C’est encore aujourd’hui un titre de cardinal.
On déposa dans cette église le corps du saint martyr. Lorsque le pape Célestin III la fit réparer, il mit ses reliques sous le grand autel avec celles de plusieurs autres Saints qui avaient aussi donné leur vie pour Jésus-Christ. C’est ce qu’il déclara par une inscription que Kirker a publiée. 11 est dit dans une charte de Philippe-Auguste, de l’an 1194, que le corps de saint Eustache est à Saint-Denis en France, dans une chapelle de son nom, ce qui ne doit s’en-
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tendre que d’une partie de ses reliques. On en tira quelques ossements qui furent déposés à Paris, dans l’église paroissiale de Sainte-Angnès, dite aujourd’hui de Saint-Eustache. La châsse du Saint qui était à Saint-Denis fut pillée par les huguenots en 1567; mais la portion de ses reliques qui était à Paris s’y garde encore avec vénération.