GeL 3, 101; Spec. 136a; 1 Gel
6. G'est la scène de sa \ie le plus souvent reproduite par les précurseurs de Giotto. L'artiste inconnu qui (avant 1236) a décoré la nef de réglîse inférieure d'Assise a consacré cinq fresques à
règne de Tart byzantia et de la pensée dont il était l'image. C*est la fin du dogmatisme et de rautorlté ; c'est Tavènement de l'individualisme et de TinspiraUcn, avènement bien précaire sans doute, et qui sera suivi de réactions opiniâtres, mais qui n'en marque pas moins une date dans l'histoire de la conscience humaine^. Parmi les compagnons de François, beaucoup étaient trop enfants de leur siècle, trop imbus de sa discipline tbéologique et métaphysique, pour comprendre tout à fait un sentiment si naïf et si profond ^. Mais tous, à
l'histoire de Jésus et cinq à la vie de saint François : Sur ces dernières il a représenté : !<> Le renoncement à l'héritage paternel ; 2o François soutenant l'église de Latran ; 3o la prédication aux oiseaux ; 4<* les stigmates ; 5<» les funérailles. Cette œuvre, malheureusement fort mal éclairée, et dont la moitié, à peu près, a disparu lors de la construction des chapelles de la nef, mériterait d'être gravée avant de disparaître complètement. L'histoire de l'art au temps de Giunta Pisano est encore trop enveloppée d'obscurité pour qu*on puisse négliger une pareille source de renseignements. M. Thode (Franz von Assisi und die Anfànge der Kunst. Berlin 1885, in-8<» av. grav.) et le R. P. Fratini {Storia délia Ba^iliea d*As8i8i. Prato 1882, in-S») sont beaucoup trop brefs en ce qui concerne ces fresques.
1. Je ne prétends pas, cela va sans dire, que François ait été le seul initiateur de ce mouvement, et moins encore son créateur; il en a été le chantre le mieux inspiré, et cela peut suffire à sa gloire. Si l'Italie a été réveillée, c'est qu'elle ne dormait pas aussi lourdement qu'au dixième siècle ; les mosaïques de la façade du dôme de Spolète (le Christ entre la Vierge et saint Jean) appartiennent déjà à l'art nouveau. La victoire cependant était si peu définitive que les peintures murales de Saint-Laurent hors les Murs et des Quatre- Couronnés qui lui sont postérieures d*une dizaine d'années, retombent dans un byzantinisme grossier. Voir aussi celles du baptistère de Florence.
2. De là, les explications plus ou moins subtiles, dont ils ont orné ces traits. — Sur le rôle des animaux dans les légendes du treizième siècle, on peut consulter Gésaire de Heisterbach, éd. Strange t. II, p. 257 SB.
des degrés divers, ont subi le charme. Les pages de Thomas de Celano sont ici d'uD lyrisme qu'on ne retrouve dans aucune autre partie de son ouvrage, et se terminent par un portrait de François qui fait songer au Cantique des Cantiques ^ : d*une taille au-dessous de la moyenne, François avait la figure gaie et bonne, les yeux noirs, la voix douce et sonore. Il y avait dans toute sa personne quelque chose de frêle et de gracile qui le rendait infiniment aimable. Tous ces traits se retrouvent dans les plus anciens portraits ^.