‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 222 sur 257 · Gel. 2, 15 ; Bon. 100 ; Fior. I consid · texte numérisé non relu

Gel. 2, 15 ; Bon. 100 ; Fior. I consid

ils se posaient sur sa tèle, sur ses épaules ou sur ses bras, a Je vois, dit-il tout joyeux à ses compagnoDS, qu*il plait à notre Seigneur Jésus-Christ que nous habitions sur ce mont solitaire, puisque nos frères et nos sœurs les oiseaux ont manifesté une si grande allégresse de notre venue • ^»

Cetla montagne a été tout à la fois son Thabor et son Calvaire ; il ne faut donc pas s*étonner que les légendes aient fleuri ici, encore plus nombreuses que pour toutes les autres époques de sa vie; la plupart d'entre elles ont le charme exquis des fleurettes rosées et odorantes pudiquement blotties aux pieds des sapins de rAlyeme.

Les soirées d*été ont Ik-haut une beauté sans pareille ; la nature, comme étouffée par les ardeurs du soleil, semble respirer de nouveau. Dans les arbr^ derrière les rochers, sur le gazon, mille voix s'éveillent et s'harmonisent doucement avec le murmure des grands bois, mais parmi toutes ces voix, il n'en est aucune qui s'impose ou force l'attention, c'est une mélodie, dont vous jouissez sans l'entendre. Vous laissez votre regard errer sur l'horizon que l'astre disparu illumine, pendant de longues heures, de teintes hiératiques, et les cimes des Apennins, tout irisées de lumière, font descendre dans votre âme ce que le poète franciscain appelait la nostalgie des collines éternelles ^.

François la ressentait plus que personne. Dès le soir de leur arrivée, assis sur un tertre, au milieu de ses frères, il leur fil ses recommandations pour le séjour.

Le recueillement de la nature aurait suffi à jeter dans

Page 1