‹ Vie de s. François d'AssiseChapitre 245 sur 257 · Non 8um cuculus^ en italien cuculo · texte numérisé non relu

Non 8um cuculus^ en italien cuculo

382 VIB DE s. FEÂNÇOIS

A partir de ce jour, révêché ne cessa de retentir du bruit de ses chants. A chaque instant, même pendant la nuit, il recommençait lui-même le Cantique du soleil ou quelqu'autre de ses compositions préférées. Puis, quand il était fatigué, il priait Ange et Léon de oootinuer.

Un jour, frère Élie crut devoir faire quelques remarques à ce sujet. 11 craignait que les gardes et les gens du voisinage* n'en vinssent à se scandaliser: un saint ne doit-il pas se recueillir devant la mort, l'attendre avec crainte et tremblement, au lieu de se laisser aller à une gaieté qu'on pourrait mal interpréter^. Peut-être l'évêque Guido n'était-il pas tout à fait étranger à ces reproches ; il ne paraît pas improbable que l'encombrement de son palais par les Frères Mineurs durant de longues semaines ait fini par lui donner un peu d'humeur. Mais François ne voulut pas céder; son union avec Dieu était trop douce pour qu'il pût se résoudre à ne pas la chanter.

On se décida enBn à le transporter à la Portioncule. Son désir d'expirer près de l'humble chapelle^ où il avait entendu la voix de Dieu le consacrant apôtre, allait être accompli.

Ses compagnons, chargés de leur précieux fardeau, prirent à travers les oliviers le sentier de la plaine. De temps en temps le malade, incapable de rien distinguer, demandait où l'on était. Quand

1 . Spec. 136 b ; Ftor. IV consid. Il est à noter que Guido au lieu d'attendre à Assise Févénement si prévu de la mort de François partit pour le mont Gargano, 2 Gel. 3, 142.

LA DERNIÈRE ANNÉ£ 383

ils fureDt à moitié chemin, à Thôpilal des Crucigères où jadis il avait soigné les lépreux et d'où Ton peut embrasser toutes les maisoos de la ville d*un seul regard, il pria qu'on l'assît par terre tourné vers la cilé, et élevant la main, il dit adieu à la terre natale et la bénit.

{Fm septembre — 3 octobre 1226.)

Les dernières journées de la vie de François sont d'une radieuse beauté. Il alla au-devant de la mort en chantant^, dit Thomas de Celano pour résumer Timpression de œux qui le virent alors.

Se retrouver h la Portioncule après la longue détention de révêché, ne fut pas seulement une joie véritable pour son cœur: le grand air au milieu de la forêt dut lui causer un réel bien-être physique : le Cantique des créatures ne S3mble-t-il pas fait exprès pour être chanté au soir de ces journées d'automne si lumineuses et si douces en Ombrie» où toute la nature se recueille pour murmurer, elle aussi, son hymne d'amour au frère soleil ?

On devine chez François cette disparition presque absolue de la douleur, ce renouveau de vie, qui devance si souvent l'approche de la catastrophe finale.

Il en profita pour dicter son Testament 2.

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