PRÉFACE
La Vie (le paînl Vincent de Paul estKhistoire
de la bienfaisance même.' Quel magnifique tableau que celui d'une charité chrétienne qui a laissé dans la mémoire? des hommes lantdopicîtix souvenirs ! Le panégyrique de saint Vincent - de Paul a occupé de grands orateurs dans la chaire de vérité; l’éloge de ses vertus a retenti plusjd’ une fois sous les voûtés saintes ; il seroit donc tout à b fois téméraire et sans objet de reblre ici des': naopceaux académiques, dont laperfccticm et hs travail «ont bien capables de- désespéfer . c«uix qui voudroient fournir la même carrière. Il faut le ire aussi, le faut du concours ne seroit point atteint ; c’est un livre populaire qu’on nous demande , une^ histoire qui s'adresse h toutes les intelligences , et cette perfection , celte élégance qui excite la juste admiration de quelques hoauncs de goût est trop élevée pouroerteinesr^ classes de la société , qui apprécient mieux une belle action qu’une belle phrase.
C’esl Lien |)énélré de ToLjct que se propose
*fti Société^ Catholique que nous cnireprenons d’écrire la vie de saint Vincent de Paul : on ne rencontrera donc dans ce livre ni pensées ara- • bitieiises , ni paroles retentissantes ; c’est un recueil de faits réunis avec quelque ordre et racontés avec candeur; c’est une sorte de roamiel h l’usage de la Lienfaisance , dans lequel l’auleur s’est "permis quelques réllexlons . propres à appeler les hommes h la vertu. Dans les temps difOciles où nous vivons un tel dessein ne 'sera pas sans utilité pour la génération qui s’élève : lorsqu’on cherche de tous côtés à la corrompre il cst'bon dé lui montrer les bienfaits du* christianisme empreints dans les institntions qu’elle,ndmire , de lui apprendre que dans cette grande ctipilale Tasilc du pauvre , l’hôpital des malades doivent leur origine à la religion,’ et que la voix d’un homme saint a suffi pour fonder ces établissemens qui couvrent tant
de misères. ,
L’époque où parut Vincent de Paul fut aussi un temps de tourmente et de révolution politique : la France avoit snbi le double (léau des discordes civiles et des guerres religieuses ; les cités étoient divisées , les provinces en feu ; un esprit de sédition et de révolte evoil comme
saisi toules les âmes; la foi des ancêtres s’éloit
ébranlée*au milieu du 'd^ordreMês opinions :
d’un, côté * l’hérésie armée, de l’aiitre une application séditieuse Ha politique des princi- |)es d’une religiob de paix et d’obéUsancè f et . avec tous ces malheurs la 'misère ',‘la cdrruptibn et les maladies*conlagleuses , suites de la guerre et de la, famine , voilà lé* triste théâtre * où s’exercèrent les vertus de saint 'Vincent de' Paul, et c’est aussi là que nous devons le suivre^. «
On divisera ce livre èn trois parties : la pre-^ mière sera consacrée* à la vie du serviteur de
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Dieu; l’auteur s^y appliquera /autant qu’il est en lui , à rapprocher tous les faits qui remplissent une St belle histoire. D«ns la secondé , on suivra toutes les institutions, qui doivent ^leur origine à la piété et à la bienfaisance deVinceîit de Paul.- On s’efForcêra dans" la troisième de de rappeler toutes les maximes morales et religieuses du saint missionnaire , en les appliquant à toutes, les situations, à toutes les épreuves que riiommc peut subir dans les orages de la
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Séance publique annuelle de la Société cathp- -
tique iles^Bona- Livres, pù cet ouvrage a M
couronné. ' , . i ■“
La Socléré catholique des ^Bons-Livres, qui depuis sa création a rendu de si grands services à la religion et à la morale publique , a tenu aujourd'hui sa, séance annuelle; en l’absence de M.“le marquis de Rivière, la Soefété étoil présidée par S. Em. le cardinal, de Machi , nonce du Pape ; une réunion brillante et nota- ‘ breuse , où l’on rcmarquoit plusieurs pairs’ de ^ France , M[;r. de Beausset , archévêque d’Aix , plusieurs députés , o'ccupoit la salle spacieuse des Bonnes-Etudes;* RI. Laurentie , secrétaire de la Société , ayant obtenu la parole", a suivi dans un rapport intéressant les progrès et les résultats des travaux'de la Société des Bons- Livres; il a récapitule les' services qu’elle avoit rendus durant l’aiinéequi vient de s'écouler èt les 'Services qu’ello éloit appelée à rendre encore." ' ■ '
« En commençant , a-l-il dit , cette seconde jKirlie de notre rapport , un triste souvenir vient s’éveiller au l'ond de nos cœurs. Nous avons h décerner des couronnes, et cette image ' d’un triomphe , d’ordinaire exempt de deuil cl de tristesse, vient, au contraire , nous remplir de douloureuses pensées et de regrets profonds. ' Ce fut, vous le savez, M. le duc Mathieu de Montmorency qui, aprèsavoiraccueilli avec tout l’empressement de sa belle âme ,'^le projet que
nous lui avions souuiis d’encourager par des récompenses publiques la Composrtion des ouvrages’ populaires les plus propres à faire bénir la religion .accourut aussitôt aux pieds du inonarqne pour en obtenir des faveurs oui pussent devenir un attrait puissant pour le talent des écrivains. Çe fut lui qui fut de la sorte le premier auteur dp cette institution, dans un uïoineni où la Société catholique , à peine naissüüle avoit besoin de largesse» du Roi, pour commencer aVec succès ses premiers essais.
« Combien donc il eût été doux son cœur de pouvoir décerner lui-même des récompenses que la royauté avoit fait passer par ses mains, comme pour leur donner tout le prix qu’elles acquièrent à la fois de la majesté ëtde la vèrlu 1 Combien aussi il eût été doux pour les auteurs couronnés de recevoir ce prix de leur talent d’une main si noble et si pure, et d’êlre encouragés par des paroles gracieuses échappées è son âme si délicate et si bienveillante ! Nous ne craignons pas aussi d’exprimer ces pensées en présence du généreux président qui dirige nos travaux. Elles répondent , au contraire, à son noble cœur. La liberté de nos regrets et de nos discours est un hommage à l’amitié fidèle de deux illustres personnages, amitié touchante, crû celui qui survit s’oublie volontiers lui-même pour déplorer la perte de celui qui n’est plus. Du moins après avoir lais»é échapper notre douleur è l’aspect d’une solennité où le nom et les vertus d’un Mathieu de Montmorency eussent 'été si propres à purifier et à sanctifier en quelque sorte ce qu’il y a peut-être d’un peu humain dans la vanité d’un triomphe , nous sera-