‹ Vie de S. Vincent de PaulChapitre 44 sur 115 · CHAPITRE XLVl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVl

[X'flOPITAL DES PAUVRES TIEILLAUDS ETABLI A FAftîS VAU M. VÏR- CEHT, QUI A DONWÉ OCCASIOf^ A L*ÉTillHSfiEMK?ÏT 0E L'HOPiTi GENERAL JîES PAUVRES ES LA MFAIË VILLE*

La charité de M, Vincent était semblable au feu qui est toujours ei^^ I action, quand il trouve de la matière propre; ou plutôt elle état t toil^| finimt^ et embrasée de ce feu céleste que JéîfUsCbrist est venu appor^ ► ter sur la terre, et qui met les cœurs dins une continuelle disposition fâgir pour la ploire de Dieu et pour le salut dcîî âmes. C'est pourquoi ce fidèle serviteur de Dieu ne laissait éch:ipper aucune occasion ^f^M servir T Eglise ou de procurer !e vrai bien de sou prochain. Et bi@^^ qu'outre le poids de son âge et les infirmités qui acconipagneut ordinairement la vieillesse Jl fût encore surcbargé et comme accable d'un grand nombred'aiBtires de piété, dont il soutenait le faix et la pesanteur, cela n*empt>e]i ait pas qu'il ne fût toujours prêt et disposé d'entreprendre de nouvelles œuvres pour la gloire de Dieu, son lèle s'ang-^ mentant et se fortifiant pari eB travaux, comme s'il eùK reçu un su rcroît de vigueur et de forces de ce qui semblait le devoir affaiblir et épuiser. Cela parut dans une occasion que la divine Providence lui fil naitre en Tannée 165"^ Jaquelle, Tengigeantdans un nouvel exercice de cbarité, donna depuis comm^^ncement à Tuoe des plu?^ grandes et des Iplus considérables entreprises qui se soient vues depuis longtemps dans l'Église : c*esl à savoir rétablissement de rHopital général des ' Pauvres à Parts, duquel on peut dire, sans déroger à l'bonueur et au mérite de toutes les personnes vertueuses qui y ont très-sainlement et très-avantageusement contribué, qneM. Vincent en a mis comme la première pierre, ou olutôt que Dieu s'est servi de sa main, sansqu'i^ ooiunït presque les desseins de sa providence, pour en poser les pre miers fondements, sur lesquels ensuite le zèle et la coopération dé" plusieurs autres grands et insignes ouvriers ont élevé ce merveilleui^. édifice qui va tous les jours s^augmentant avec brnédiction, ^^

Voici un récit sommaire de la manière que la chose est arrivée : lïn bourgeoisde Paris, poussé d'un désir de rendre quelque service ik Dieu et de faire quelque chose qui lui fût agréable, s adressa un jour à M. Vincent, eu la charité dui]uel il avait une confiaucc toute particulière^ et lui dit qu*il avait dessein de lui mettre entre les mains tmesomme coiisjdérable d'argent pour être par lui emplojfée en quel*

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— 20Î — qiiefl œavres de piété, telles qu'il jugerait être plus expédient, à condition néanmoins que jamais il ne déclarerait qu*il eu fût l'auteur et qn*il ne dirait son nom à personne, voulant faire cette bonne œu- Tre purement pour Dieu, et sans être connu d*aucun autre après Dieu que de lui seul.

M. Vincent, ayant cru ne devoir pas lui refuser ce service, reçut cette somme comme en dépôt ; et après avoir bien pensé devant Dieu et demandé sa lumière pour connaître à quelle bonne œuvre il aurait agréable qu'elle fûl employée, il ne voulut rien arrêter ni résoudre qu*il n'en eût communiqué plus particulièrement avec celui qui lui avait mis ce charitable dépôt entre ses mains ; il en conféra donc avec lai, et tous deux ensemble convinrent d'employer cette somme pour fonder un hôpital qui servit de retraite aux pauvres artisan s, lesquels, ne pouvant plus gagner leur vie par vieillesse ou par infirmité , se trouveraient réduits à la mendicité, en laquelle on voit ordinairement les. pauvres négliger leur salut ; estimant que ce serait le moyen d'exercer une double charité en leur endroit, pourvoyant tout ensemble anx besoins de leurs corps et aux nécessités spirituelles de leurs âmes. Il proposa cette pensée au bienfaiteur qui l'approuva grandement et y consentit bien volontiers, mais à condition que l'administration spirituelle et temporelle de cet hôpital demeurerait pour toujours au supérieur général de la Congrégation de la Mission.

Pour l'exécution de ce dessein M. Yincent acheta deux maisons et une place assez grande dans le faubourg de St.-Laurent de la ville de Paris, qu'il meubla de lits, de linge et autres choses nécessaires ; il y fit aussi accommoder une petite chapelle avec tous les ajustements convenables, et du reste de l'argent, ayant acquis une rente annuelle, il reçut dans cet hôpital quarante pauvres, savoir, vin;^l hommes et >iDgt femmes, qu'on y a nourris et entretenus jusqu'à présent, que leur rente étant diminuée, on sera contraint d'en retrancher quelques-uns de ce nombre, si la providence de Dieu n'y pourvoit bientôt d'ailleurs. H. Vincent fit donc mettre ces quarante pauvres en (ieox corps de logis séparés les uns des autres, mais tellement disposés qu'ils peuvent tous entendre une même messe et une même lecture de table, prenant leur repas en commun, chaque sexe à part, sans se Yoir ni se parler. Il fit aussi acheter et dresser des métiers, des outils et autres choses convenables pour les occuper selon leurs petites forces et industries, afin d'éviter l'oisiveté. Il désigna les Filles de la Charité pour le soin et le service de ces pauvres gens, commit un prêtre de la Missioa pour célébrer la sainte Messe dans cet hôpital et pour almiuistrer à ces piuvres la parole de Dieu et les sacrements; il fat Ini-fliéme des premiers à les instruûre et à leur recommvi^^t

runton entre eu%, la pioté eoYer» Dieu etisudout la recûDnai&sancc envers son infinie bonté de les avoir retirés de l'indigence et de la misère, et procuré une retraite f;i tranquille et m cauiraode pour le^ [besoins de leurs corps et pour le salut de leurs Ames, ^|

11 donna à celle maiftou !e titre d*li6pilal du nom de Jésus, et passa ftine déclaration de cette fondation devant notaires,' sans pourtaai| I nommer le fondateur ; en suite de quoi M^ rardievèf|ue de Paris Tayai approuvée, lui en donna Tenlière direction, pour lui et pour ses succei »eur8, et le roi a confirmé et autorisé le tout par ses lettres patentes? Lorsque quetqu*un de ces pauvres vient à mourir, on en prend un autre pour remplir sa place. Ils y vivent en grande paix et 8*esliment heureuï^ d\Hre ainsi enlri^tenus et assistés, tant en leur vie qu'en leur mort, u'avaut autre soin que de vivre clirélienncmtîut poursedispo* fier par ce moyen à bien mourir, et leur manière de vie douce et r^ f,dée donne un tel plaisir au%. autres de leur succéder, qu'il y en a grand nombre qui rechercbeut et demandent les places plusieurs années avant qu'elles soient vacantes.

M, Vincent avant donc ainsi établi et réglé ce nouvel bôpital, pli! sieurs dames de la Cfiarité de Paris, et autres personnes de condili<I et de vertu, le vinrent visiter, et le considérant en toutes ges partie elfes y reinarqu^renl un si bon ordre et utic si sainte éeonomi qu'elles en furent merveitieusemcnt édifiées. On j voyait une paixlj une union merveilleuse; le murmure et la médisance eu étaient ba nis avec les autres vices. Les pauvres s'occupaient à leurs petits ouvrages et s' acquit taieut de tous* leurî^ devoirs de piété conformes n leur condition. Enfin celait nne petite imafre de la vie des premîerN chrétiens et plutôt uue religion qu'un hôpital de séculiers.

la vue de ce lieu si bien réglé donnait sujet aux personnes va|HJ tueuses qui le venaient visiter de déplorer le malheur de tant de pa|^^ vres qui demandaient Tauniône dans les rues et dans les égli^^es di^ Paris et qui menaient pour la plupart nne vie étrange dans toute sorte de vices et de libertinages, sans qu'on eût pu jusqu'alors y remédier. Plusieurs de ces dames de la Gburité curent la pensée qu'il oe serait pas difficile à M. Vincent de ten tirer de ce désordre et d'en faire biesi vivre un grand nombre aussi bien qu'un petit, Dieu donnant grâce ^^ bénédiction à toutes ses enlrepriseSf et d'ailleurs ayant ea sa dispo^f tiou, tant en la maison de Saint-Lazare qu*en celle des Tilles del^ Charité, des persotmes très-propres pour ce des^ein^ pourvu qu'om eût des lieux suflisants pour retirer et pour occuper ees |»auvTes.^| Les premières dames qui curenL ctUe peméc la coinmuniquL'reiinP plusieurs autres, t-t cclîes-ei élanl vcnuts visiter ce pi lit bnpUal cti* irMulilansk même sculimenl, lîno d'entie dits oUxit d'abord de.,

donner cinquante mille livres pour commenoer un Hôpital général, et une autre s'obligea de douner trois mille livres de rente pour le même dessein ; enfin, le jour de rassemblée de ces dames étant venu, où M. Vincent se trouvait toujours, s*il ne lui arrivait quelque empéchement extraordinaire, comme il a été dit, elles lui firent cette grande proposition, qui d'abord le surprit et lui donna sujet d'admirer le zèle et la charité de ces vertueuses dames, dont il loua Dieu et les congratula grandement; il leur dit néanmoins que Taffaire était d'une telle importance, qu'elle méritait d'èlre mûrement considérée et qu'il la fallait beaucoup recommander à Dieu.

A la prochaine assemblée, elles y parurent avec de nouvelles ardeurs, pour venir à Texécution de ce grand desseiu ; elles assurèrent que l'argent ne manquerait pas, quelles connaissaient d'autres personnes considérables qui avaient intention d y contribuer notablement, et sur cela pressèrent M. Vincent de trouver bon et de consentir que ieur Compagnie l'entreprit; ce qui ayant été mis eu délibération, il fut résolu qu'on travaillerait pou rie commencer. M. Vincent eût pourtant bien désiré temporiser encore quelque peu, avant que de s'engager a une telle entreprise ; mais il no put arrêter la ferveur de ces vertueuses dames ; et parce qu'il fallait une maison fort ample et de grands espaces pour loger tous ces pauvres, on proposa de demander au roi la maison et tous les enclos de la Salpètrière, près de la rivière et vis-à-vis de l'arsenal, qui pour lors n'étaient pas de grand service. ftL Vincent en parla à la reine régeute, laquelle accorda bien volontiers cette demande, et le brevet du don en fut expédié ; et sur l'opposition que fit un particulier qui prétendait y avoir quelque intérêt, une des dames lui promit huit cents livres de rente pour le dédommager.

Après cela il semblait a ces daines charitables que toutes choses étaient suffisamment disposées pour commencer l'exécution de leur dessein, et il tardait à quelques-unes des plus ferventes qu'elles ne vissent tous les pauvres retirés eu ce lieu, de quoi elles pressaient fort M. Vincent; mais comme il ne convenait pas avec elles de lu manière d'attirer les pauvres en cette maison, et de conduire une teiie entreprise, sa p!us grande peine fut de retenir les plus pressantes; car il lui semblait qu'elles allaient trop vite pour son pas. C'est pourquoi il leur dit un jour en particulier, pour modérer 1 ardeur de ieurzèie: « QuelesœuvresdeDieuseiaisaientpeuapeu, parcommeucements et par progrès. Quand Dieu voulut sauver INoé du déluge u\ec sa famille, il lui commanda de faire une arche qui pouvait éire achevée en peu de temps ; et néanmoins il la lui fit commencer cent ans iiuparavant, afin qu'il la fit petit à petit. Dieu voulant sembltiblv^-

ment «^mlnire et inirodaîre les enfants d'Israël en la terre de pronib^ mon, il poinnït tcnrf?*ire faire ce voyage dans peu de jours; et cependant ptu^ de (judiutite ans s^écoulèrent avant qu'il leur fit la grâce d'y enirer. Du même, Dieu ayant dessein d'envoyer son Tilsau monde {/iiar remédier au péchë du premier tiumme qui avait infet*té tous les ttutreâ, pourquoi tarda-t-il trois ou quatre mille ans? C'est qu'il ne 'se hâte point, dans ^es couvres, et qu'il fait toutes choses dans leur . tem{tâ. Et j^olre-8eïf;neur venant s^ur la terre, pouvait venir dans un ftge parfait opéri^r notre Rédemption, .^ans y emprunter trente ans de vie caehue, qui pourrait sembler superflue, ^léanmoim il a voulu naltt^ petit entant €t croître en ïige a ta taeon des autres hommes^ rpour parvenir |)eu a peu à la eou^ommation de cet incomparable ïiieuimt. Ne disait- il pan aussi quelquefois, parlant des elioses quHl avait à faire, que sou tieure n était pas encore venue; pour nous ap- [-prendre de ne uouh pas trop avancer dans les ctioges qui dépendent

> plus de Dieu que de nous. Il {>ouvait même de non temps établir l'%lise par toute la terre, mais il se contenta den jeter les fondements, et laissa le reste à faire à ses Apùires ni à leurs succetiseurs« Selou cela il n'est pas expédient de vouloir tout faire à la fois et tout à coup, ni dépenser qutj tout sera perdu si uucbaeuu ue s'empresse avec nous, pour coopérer à un peu de bonne volonté que nou»

> avouH. Que faut* il donc faire ? Aller doueeineut, beaucoup prier Bien, etagir de concert. »

Il ajouta^ « que selon son sentiment il estimait qu*tJ ne fallait faire d'abord qu'un essai, et prendre cent oudeu\ eeuts pauvres, et «neore seulement ceux qui viendraient de leur bon gré^ sans en contraindre aucun; que ccuK-là étant bien traités et bien contents^ donneraient de i attrait aun autres; et qu ainsi i on augmenterait le nombre à proportion que la IVovidence enverrait des fonds : qu on était assuré

> de ne rien gùter eu agissant de la sorte, et qu'au contraire la précis pitatiouet laeraiute dont ou u^rait^ pourraient être un empéebement au desKêiu de Dieu : que si i œuvre était de lui, elle réussirait et sub- Bisterait; mais que siede était seulement de l industrie bumaine|eUe n'irait pai» trop bieu^ni beaucoup plus loin. *

Voila quels étaient les Beulimenb dc>f . Viueent^et les remontrance ^qu il lit u ces dauics, qui ap[jortéreut quelque tempérament a Tardeur *ÛQ leur ^le : mai» ce qui iiftarda le plus i'exécutiou de cette ailatre, ^ fut que quelques- uns des principaux magistrats, croyant qu'il y avait fquetque sorte d impossibLiité dans sou exécution, ne pouvaient se ré~ ^foudre de la passer et d y cousentitr : ce qui fut cause que les aunécs 10â5et lUâfi s écoulèrent sans quoa put faire autre cbose^ sinon

dresser plusieurs projets et proposer divers moyens pour Texéeutiou Je ce grand dessein ; à quoi quelques personnes de conditioQ et de vertu s'employèrent avec un très-grand zèle, auquel enfin Dieu ayant donné bénédiction, Ton convint de la manière de l'entreprise et de la forme du gouvernement, et Ton nomma des administrateurs ou directeurs, qui étaient tous personnes d'konueur et de piété, pour y donner commencement. Les dames de la Charité qui avaient ébauché ce grand ouvrage sous la sage conduite de M. Vincent, furent grandement consoléesdé le voir appuyé et soutenu de l'autorité publique ; et par son avis, elkss'en déchargèrent sur ces M3I. les administrateurs; et pour leur donner moyen de bâtir sur leur fondement, M. Vincent leur remit avec elles non-seulement la Salpélrière, mais encore le château de Bicétre, qu'il avait obteuu et possédé quelques années auparavant pour les eufauli» trouvés.

Outre tous ces grands logements que ces dames ont cédés pour retirer les pauvres, elles y ont encore contribué des sommes fort notables, et qnautité de linge, de lits et autres meubles, dont quelques-uns même ont été faits à Samt-Lazare par les menuisiers de la maison, pour fournir aux premiers accummodements nécessaires dans ces maisons, pour y recevoir les pauvres. Lt ainsi cette entreprise s'est exécutée, non toutefois par forme d essai, ni du gré des pauvres, selou le projet de Al. Vincent, mais comme par une résolution absolue de les eufermer pour lesempècher degueuser; et on a contraint tous les mendiants qui se sont trouvés daus Paris, ou de travailler pour gagner leur vie, ou bien d*eutrer daus l'Hôpital général.

Voici ce que M. Vincent eu écrivit au mois de mars de Tannée 1657, à une personne de confiance :

« L'on va 6ter la mendicité de Paris, et ramasser les pauvres en des lieux propres pour les cutretenir, instruire et occuper. C'est un grand dessein, et fort dilficile, mais qui est bien avancé, grâce à Dieu, et approuvé de tout le monde. Beaucoup de personnes lui donnent aboudaouneut, et d'autres .^'y emploient volontiers. Onadéjà dix mille chemises, et du reste a proportion. Le roi et le parlement l'ont puissamment appuyé, et, sans m'en faire parler, ont destiné les prêtres de notre cougrcgatiou et les i'illes de la Chanté pour le service des pauvres, sous le bou plaisir de M. l'archevêque de Paris. Nous ne sommes pourtant pas encore résolus de nous engager a ces emplois, pour ne pas assez connaître si le bou Dieu le veut ; mais si nous les entreprenons^ ce ne sera d'abord que pour essayer. »

If. Vincent donc, ayant été averti qu'on avait fait dessein d'employer les prêtres de sa congrégation pour l'assistance spmlu^VL^ ^<^ pauvres de ïHépital général, crut que cet engagemeul fiUàX. âcuw^

telle importance pour Ba oongri^gatioii, qu'il méritait bien qn on y peiisiU devant J)ieu, et qu'on avisât s'il était expédient de l'aecepter : c/est pourquoi, après avoir prié Dieu pour ce' sujet, il assembla les prêtres de la maison de Saint* Lazare pour en délibérer, et leur ayant présenté les diverses considérations qui pouvaient les porter ou les détourner de cet emploi, eniin on conclut de s'en excuser, comme Ton lit pour plusieurs très-grandes et très-importantes raisons. £t parce que les lettres- patentes du roi qui avaient déjà été expédiées pour la fondation de l'Hôpital général, leur attribuaient ce droit, ils y renoncèrent absolument par un acte authentique, afin que d'autres ecclésiastiques puissent avec toute liberté s'appliquer en cet emploi.

Néanmoins, comme rétablissement de cet hôpital était alors sur le point d'éciore, les directeurs et administrateurs étant pressés d'en luire Touverture au plus tôt pour éviter que ce refus des prêtres de la ?ùission ne fut cause qu'une si sainte entreprise souffrit du retardement, ou que les pauvres vinssent à manquer de secours spirituels, M. Vincent convia un ecclésiasticiue de la Compagnie, de ceux qui s'assemblent le mardi à Saint- Lazare, d'accepter la charge de recteur de rUùpital général ; ce qu'il lit. Lt après y avoir rendu service quelque temps avec d'autres ecclésiastiques qui se joignirent à lui, et fnit aussi des missions dans les maisons de l'hôpital, par le secours de ))lusieurs vertueux ecclésiastiques de la même Compagnie et autres i:abitués en diverses églises de Paris, ses indispositions ne lui permettant pas de porter plus longtemps cette charge, qui était très -laborieuse et péuible, il s'en démit entre les mains de MM. les vicaires généraux de M. le cardinal de Retz, archevêque de Paris ; lesquels substituèrent en sa place un docteur de la faculté de Paris de la même Corn- [lagnie, qui a exercé pendant plusieurs années la charge de recteur de l'Hôpital général ayec grande bénédiction, et y a travaillé avec an zèle infati^ai)le, par des missions presque continuelles qui ont été faites par ses soins en toutes les maisons de cet hôpital.

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