‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 144 sur 239 · Wadding, Annal. Minor., ad ann. 1211, n · texte numérisé non relu

Wadding, Annal. Minor., ad ann. 1211, n

PUÉDICATIONS EN TOSCANK IQI

On approchait du jeûne de la sainte quarantaine (121 1); il voulut l'observer dans la solitude, loin du monde, et même loin de ses Frères. Il confia donc, comme de coutume, le soin de ses disciples à Fr. Sylvestre, et, simulant un long voyage, il se rendit auprès d'un ami et le pria de le transporter dans une île isolée du lac Trasimène. Il lui défendit sévèrement de révéler le lieu de sa retraite, de le visiter et de lui apporter des vivres, et il ne prit avec lui que deux pains pour toute la durée du Carême. Cet homme consentit volontiers à la première condition, mais se refusait à la seconde; néanmoins il finit par l'admettre, car il avait confiance que le Seigneur ne laisserait pas manquer du nécessaire son serviteur. Le mercredi des Cendres, celui-ci fut déposé dans l'île pour y être repris le Mercredi Saint. Il construisit près d'une source une hutte avec des branches et des buissons, pour servir d'abri contre les intempéries (i). Nous ne savons pas ce qu'il fit dans cette solitude- Jamais il n'avait vécu avec son Dieu dans une solitude si prolongée, si parfaite, si intime. Les biographes ne nous ont rien laissé au sujet de ces relations du Créateur avec la créature. François, de son côté, n'en parla jamais, pas même devant ses disciples les plus intimes, et cette obscurité mystérieuse, qui couvre quarante jours de la vie de notre Saint, nous oblige d'en respecter le secret.

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