IhicL, ad ann. I2i3, n. 58, et ad ann. 1214, n
yOYAGE AU MAROC 2^9
réparation du tort commis. François s'efforça en vain de faire remarquer à ce gardien irrité que la prise de quelques grappes de raisin ne pouvait causer un grand préjudice au maître de la vigne ; inutilement aussi il réclama le manteau :: enfin, ce fut en pure perte qu'il lui dit que l'a! simple humanité commande d'accorder un semblable rafraîchissement à un pauvre voyageur. Comme rien ne faisait, il se rendit auprès du propriétaire, lui expliqua ce qui s'était passé et obtint sans peine la restitution du manteau. Cet incident de peu d'importance mais désagréable devait procurer à François et à l'Ordre un nouveau serviteur très fidèle et un grand bienfaiteur. En effet, le Saint s'entretint pendant quelqu'e temps avec lui de sujets célestes et le gagna à sa cause. De ce moment, il devint et resta un ardent ami des Frères-Mineurs. Par reconnaissance, François lui donna le nom de « Père des Frères-Mineurs » et une lettre d'agrégation, sans doute la première, dans laquelle il le rendait participant de tous les mérites de FOrdre (i).
Le saint voyageur sortit enfin du territoire espagnol, traversa le Roussillon, en laissant quelques Frères à Perpignan (2), puis le Languedoc, ce pays rendu si malheureux par les Albigeois, et arriva à Montpellier, au moment où il était question d'y ouvrir le concile (3). Fran-