‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 5 sur 239 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ORIGINE, NAISSANCE ET BAPTEME

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Assise, petite ville de TOmbrie, s'étage gracieusement sur les contreforts du mont Soubase, au milieu du territoire beau et fertile de la vallée de Spolète ; elle est devenue immortelle par deux noms : François et Claire. Aujourd'hui encore les débris de temples païens, de voûtes, de colonnes antiques, d'inscriptions et de bains témoignent que la ville, dans les siècles qui précédèrent l'ère chrétienne, avait une certaine importance. Au moyen âge, elle joua un rcMe comme place forte, ainsi que le prouvent ses remparts et ses tours, et la citadelle de la Rocca Maggiore, qui domine les environs et d'où Ton jouit de la vue la plus magnifique sur toute la vallée.

Aujourd'hui, Assise est solitaire et déserte, sans mouvement et sans commerce; seule l'arrivée des pieux pèlerins rend de temps en temps la vie à ses murailles démantelées et à ses

longues rues; ce sont les pieux étrangers venant visiter les lieux qui furent habités par François et Claire, et où reposent aujourd'hui leurs cendres. L'intérieur ne paraît pas avoir beaucoup changé depuis le temps de François ; mais la cité, vue de loin, offre un aspect presque majestueux grâce aux grands édifices élevés à Fhonneur des deux saints. Jusquà nos jours. Assise faisait partie des États pontificaux; actuellement elle est soustraite à son possesseur légitime, le Pape, et gémit sous le joug d'un gouvernement révolutionnaire (i).

Ce fut dans cette ville que s'établit le grandpère paternel du Saint, Bernard Moriconi, appelé Bernardone par les habitants du lieu; il y continua le commerce de draps qu'il avait commencé avec son frère, à Lucques, sa ville natale. Les Moriconi ne .comptaient pas dans la noblesse, ainsi que le prétendent quelques biographes, par excès d'amour pour François ; mais ils étaient des négociants très riches et considérés, et ils pouvaient prétendre aux brillantes alliances et aux relations dans le monde (2).

Pierre, fils de Bernardone, auquel les biogra-

1. Pour plus de détails sur Assise, voir A. Cristofaxi, Storia délia cittci d'Assisi, 1875. — Ijpsin, Compendiosa historia vitx S. Francisai, Assisi, 1756.

2. D'après 'Octave Spader, évêque d'Assise (i()98-i7i5), leg Moriconi, originaires de la Toscane, s'étaient fixés dans la ville riche et industrielle de Lucques, où ils tinrent un commerce important. Leurs richesses et leur influence leur valurent d'être anoblis avec le temps, ce qui donna occasion à des auteurs postérieurs de considérer François comme issu de noblesse. — Ottavio d'As-

ORIGINE, NAISSANCE ET BAPTEME

phes du Saint ne donnent que le nom de Bernardone, épousa Pica (i) ; de cette union naquit François, leur premier enfant, le 26 septembre (2) 1182 (3), sous le pontificat de Lucius III et le règne de Frédéric Barberousse. Ange fut le nom du second fils. Pica eut d'autres enfants, car les « Trois Compagnons » (4) disent que celle-ci aima François plus que ses autres enfants. Suivant quelques auteurs, la descendance d'Ange s'éteignit dès la troisième génération; d'après Wadding (5), au contraire,

sisi, JLwni Serafici di PortionculciyVenei. 1701. — Dans son histoire d'Assise, Cristofani place l'origine de Bernardone à Assise même. Cf. p. 78.

I. Les biographes du Saint ne mentionnent ni le lieu d'origine de Pica ni sa situation sociale. Depuis le XVII* siècle, Pica est presque généralement considérée comme une Française et comme une Provençale, issue de la célèbre famille des Bourlémont. Claude Frassen dit expressément {Règle du 'J'iers-Ordre de la Pénitence, édit. 1694, p. 272) que, de son temps, le contrat de mariage de Pica et de Bernardone se trouvait encore dans les archives de la famille de Bourlémont. Nous ne rechercherons pas si Pica fut ou non Française; mais il parait invraisemblable qu'elle fût Provençale et de la famille de Bourlémont, car, d'après de sérieux auteurs, on ne trouve aucune trace de cette famille en Provence, au xii" siècle.

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