‹ Vie de Saint François d'AssiseChapitre 129 sur 242 · Gel · texte numérisé non relu

Gel

3. La balle Litterm tuœ àa 37 août 1218 nous le montra oceopi à fàYoriser les Glarîwes. Sbaralaa I, p. 1. Y. 3 Soc. et. Offero me ip$um, diaHt Hugolmuê, «oUf , ùùxUium H eofi<îlt«m, ^<fUê protectionem paratus impendere,

4. Il y a dans les Conformités 107 a 2, un curieux récit qui montre Ilugolin venant aux Carce ri trouver François, et lui deman- <ler s'il doit enUer dans son Ordre. Cf. Sptc. 217.

Clariflses, preodre en maio lear direclioo, leur donner

uoe règle, et subsiituer ses idées à celles de saint François ^

Dans le priv ilège qu'il donna comme légat le 27 juillet i2i9 en faveur de Moniicelli, ni Claire ni François ne sont nommés, et les Damianiles deviennent comme uoe eongrégalion de Bénédictines^.

Oq verra plus loin le courroux de François contre frère Philippe, zélateur des Pauvres Dames» qui avait accepté ce privilège en son at>8ence. Son attitude fut si ferme que les autres documents du même genre, octroyés par Hugolin à la même époque, ne furent visés par le pape que trois ans plus tard.

L'ardeur du cardinal à profiter de l'enthousiasme qu excitaient partout les idées franciscaines était si grande qu'on retrouve, dans les regisUres de sa légation de 1221, une sorte de formule toute préparée pour les gens qui voudraient fonder des couvents à l'instar de ceux des Sœurs de Saint-Damien; mais là aussi on chercherait en vain le nom de François ou de Clairet

Cependant ce vieillard avait pour la jeune abbesse une véritable passion mystique; il lui écrivait, et se

1. 11 y réussit si bien que Thomas de Gel mo iui-môme semble oublier que, tout au moins à Saint-Uamien, les Clarisses suivaient la Règle donnée p^r siint François lui-môme: Ipsorum vila mirificaet institutio gloriosa a domino Papa GregoriOf tune Hostiensi episcopo. \ Gel. 20. Gf. Honorii Opera^ éd. Uaroy, t. III, 001.363; t. IV, col. 218; Potthast 6179 et 6879 ss.

S. Ce privilège est inséré dons la baUe Socrotonera dn 9 dée. 1S19. Honorii opéra, U III, coi. SSS as.

a 6. heU. Bêgiêtri dêi Cardinali, n« 135. lotr. p. XCh Cr. Campi, Hi$U eocl. di Piaeenza II, 390. •

SAIJiXK CLAïaB

désolait d*éire loin d'elle, en des phrases qui sooi des

cris d'amour, de respect et d'admiration*.

C'est qu'il y avait au moios deux hommes en Hugo- 1 Un: le chrétien, qui devant Claire et François se sentait * subjugué; le prélat, c'est-à-dire un homme auquel lai gloire de l'Église faisait parfois oublier la gloire de Dieu. ]

François, tout en lui résistant presque toujours, semble avoir gardé jusqu'à la fin vis-à-vis de lui des sentiments de naïve reconnaissance. Claire, au contraire, eut trop longtemps à lutter pour conserver ses illusions sur Tattitude de son protecteur. A partir de 1230, on ne trouve plus aucune trace de relations entre eux.

Tous les efforts du pape pour mitiger le vœu de pauvreté de Claire étaient restés vains. Bien d autres religieuses voulurent pratiquer strictement la Règle de saint François, entre autres la fille du roi de Bohème, Ottokar I"^, qui était en relations suivies avec Claire. 'Mais Grégoire IX, auquel elle s était adressée, fut inflexible. Tout en la comblant d*éloges, il lui enjoignit de suivre la règle qu'il lui transmettait, c'est-à-dire celle qu'il avait composée étant cardinal. Celle du Poverello était mise au rang des utopies, pour ne pas dire des hérésies K

i. Voir par exemple h lettre donnée par Wadding : Annales II, p. 16 [éd. Rome 1732). Tanta me amaritudo cordis, abundantia lacrymarum et immanitcu doloHs invasit , quod nisi ad pedes JeBu, consolât ionem êolitœ pietatis invenirem, spiritus meus forte, defieeret êt penitus anima liquefieret. Le texte de Wadding est i corriger par celui du mmuscrit Hiccardi 279, f^SOaetb. Cf. Mare de Lttbonne, 1. 1, p. iS5; Sbjurtlea I, p. 37.

3. BiiUe AngOU gaudium éa 11 mai 1Î3S ; eUe se trouve dans Sbaralea I. p. 943. Cf. Palacky LiUrariêeke Behe nach ifalten, Prag:ue 1838, în-4s i^?- " Pottbast 10686. Gf 11175.

188 VIË DË s. FAAI^ÇOIS

Jamais cepeDciaQl il ae put amener saiate Claire à se soumetlre complètement. Un jour même, elle se révolta coulre ses ordres, et ce fut le pape qui dut céder: il avait voulu établir une séparation plus grande que par le passé entre les Frères et les Sœurs; une cerlaioe familiarité avait continué» longtemps après la mort de François, entre Saint-Damien et la Portionculc; Glaire aimait beaucoup ces rapports de bon voisinage, et souvent priait quelque frère de venir prêcher. Le pape trouvait cela mauvais et défendit sous des peines sévères aux religieux de la Portioncule d*aller à Saint-Damien, sans une permission expresse du Saint-Siège.

Cette fois Claire se fftcha. Elle alla vers les quelques frères attachés à son monastère, et les remerciant de leurs services : c Allez, dit-elle, puisqu*on nous prive de ceux qui nous dispensaient le pain spirituel, nous ne voulons plus de ceux qui nous procurent le pain matériel. »

Celui qui écrivait que c la nuque des rots et des prinea

s'incline aux pieds des prêtres » dut s'incliner devant cette femme et lever ses défenses ^.

Saint-Damien avait trop souvent résonné des chants d'amour et de liberté de saint François, pour l'oublier si vite et devenir un couvent ordinaire. Claire resta entourée des premiers compagnons du maître : Égide, Léon, Ange, Junipère ne cessèrent d'être ses hôtes assidus. Là, ces vrais amants de la pauvreté se sentaient chez eux et prenaient des libertés qui ailleurs auraient surpris. Un jour un frère anglais , célèbre théologien, vint, sur l'ordre du ministre, prêcher à Saint-Damien.

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