‹ Vie de Saint François de SalesChapitre 1 sur 292 · CHAPITRE PRiiJMîaa · texte numérisé non relu

CHAPITRE PRiiJMîaa

ORIGINE DE l/ORDRE »E Ç»; •Vl^l^TlON **!\/

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Pour bien faire connaître l'origine de cet ordre, une des plus pures gloires du saint dont nous écrivons la vie, il faut reprendre les choses de plus haut.

Depuis longtemps le cœur si compatissant de François de Sales souffrait de la douleur de grand nombre de personnes chrétiennes qui, soupirant après la vie religieuse, la séparation du monde et de ses périls, ne pouvaient réaliser leur pieux désir, parce que dans les unes la faiblesse du tempérament, dans les autres Tàge trop avancé, dans d'autres enfin

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une trempe d'âme bonne sans doute, mais peu énergique, ne pouvaient s'accommoder du régime austère des communautés alors existantes. Il y avait bien, en effet, à cette époque, des asiles ouverts pour les pécheurs pénitents, pour les cénobites et les solitaires, pour les âmes fortes que l'esprit d'humilité et de mortification attirait à la pratique des austérités corporelles; mais il n y en avait point pour les personnes du sexe qui, dans la maturité de Tâge, dans Tétat de viduité ou dans la faiblesse d'une santé débile, eussent voulu se séparer du monde, se vouer à Dieu et vivre sous l'obéissance. Pouf combler ce vide, le saint évêque désirait, non un ordre où l'on s'engage par des vœux, car il pensait qu'il y en avait assez dans l'Église sans en créer de nouveaux, mais une congrégation de femmes pieuses, soit filles, soit veuves, où à la place des sens, l'esprit et le cœur subiraient une mortification accessible à tous; où les défauts se réformeraient et les vertus s'acquerraient plus par l'attrait de l'amour que par la rigueur de la pénitence; où l'on s'adonnerait plus au recueillement intérieur qu'à la multitude des prières, & la désappropriation qu'à la)à«iy^'téj;à lli chariij^gji'àla solitude, à l'obéissance qu'aux' ol)sôrVânces pëAlbUsi-'ôù enfin la sainteté, d'autant plus solide ^ul^lleBÔrajt plus intérieure, ne se révélerait guère au dehors. cuieiKT rd'dimcèur, la condescendance, l'affabilité, la simplicfCéj*"toûfBsl'viùrtù| sans éclat aux yeux des hommes, mais belles aux regards clVlDieu et de ses anges. Là pourraient être reçaes les infirmes de toute espèce, les aveugles même, les personnes contrefaites ou d'un âge avancé; en exceptant seulement celles qui seraient atteintes d'un mal contagieux ou que leurs infirmités rendraient incapables d^ suivre la règle et les exercices ordinairesde la communauté^ ': « Puisque le Sauveur est mort pour tous, disait ce pasteur « charitable, Tâme de celles qui sont affligées de quelque in- « firmité ou difformité ne lui est pas moins chère que l'âme

1 Dom Jean de Saint-François, p. 294 et siiiv.

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