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c< préservés de la peste dans le temps où ce fléau régnait en « Savoie.
<( J'ai eu entre les mains les relations de tous ces miracles « et je sais qu*il y en a eu, outre ceux-là, un grand nombre « d'autres, mais dont la relation n'a pas été écrite- »
Entre tant de prodiges, nous rapporterons seulement en abrégé les sept miracles que mentionne la bulle de canonisation, en priant le lecteur de se souvenir que, comme le prouvent les actes du procès encore existants, chacun de ces miracles a été constaté par les enquêtes les plus sévères et les plus minutieuses, avec le nom, le lieu, le temps, les témoins, toutes les circonstances des faits, et qu*àinsi la notoriété publique les a constatés à Tépoque même où ils ont été allégués solennellement en preuve de la sainteté du serviteur de Dieu.
Le premier de ces miracles fut la résurrection de Jéràme Genin^ C'était un enfant de quinze ans, placé par ses parents chez le curé des OUières pour y apprendre la langue latine. Mécontent de son maître, qu'il trouvait trop sévère, Genin s'enfuit un matin pour retourner à la maison paternelle. Arrivé aux bords de la rivière de Fer, ordinairement peu considérable et facile à traverser sur les planches jetées d*une rive à l'autre, mais alors prodigieusement gonflée et débordée par suite de la fonte des neiges, il hésita quelques instants s*il tenterait un passage aussi périlleux; enfin il se met à genoux, fait vœu d'aller, s'il réussit, entendre la messe au tombeau de François de Sales, se relève et s'avance. Arrivé au milieu de la rivière, les ondes qui mugissent l'épouvantent, la tête lui tourne, il tombe sur les planches qui vacillent, et de là dans la rivière. 11 crie par trois fois : BienJieureux François de Sales, sauvez-moi! renouvelle son vœu et disparait englouti par les flots. Son frère François, qui l'accompagnait, court tout en pleurs au village d'Aunay, distant d'un quart de lieue, et ra-
» Procès de canmisatiorij III* vol., p. 367 et suiv.
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conte aux habitants Taffreux malheur qui vient d'arriver. Un habile plongeur vient aussitôt avec toute la population du village pour chercher le corps du noyé; il essaye en plusieurs endroits de la rivière et ne trouve rien. Enfin, à quatre heures de Taprès-midi, c'est-à-dire huit heures après Taccident, il trouve le cadavre et l'amène sur le rivage. C'était quelque chose de hideux à voir : le corps était plein d'eau jusqu'à la gorge, tout meurtri par le choc des pierres contre lesquelles les vagues l'avaient jeté; le visage était noir et livide, la bouche pleine de sang et de sable. On délibéra si on Tenterreraît aussitôt; mais on jugea convenable de remettre la cérémonie au lendemain, pour y inviter le curé des Ollières. Ce curé n'eut pas plus tôt appris la triste nouvelle, qu'il accourut dès le soir même. Désolé, à la vue du cadavre qui déjà semblait en putréfaction et répandait une odeur fétide, il se met à genoux et fait vœu de célébrer, pendant neuf jours, la messe près du tombeau de François de Sales, si Dieu, pour la gloire de son serviteur, rappelle cet enfant à la vie. On prie pendant la nuit près du défunt, qui avait été transporté dans une grange voisine; et le lendemain, vers onze heures du matin, on va faire la levée du corps, près duquel on ne restait déjà qu^avec peine, tant il sentait mauvais. Mais, ô prodige I pendant qu'on chantait le psaume d'usage pour cette cérémonie, l'enfant lève le bras et s'écrie : 0 bienheureux François de Sales! Le curé interrompt son chant, s'approche et entend celui qui, depuis vingt-six heures, était mort, lui crier d'une voix forte : Le bienheureux François de Saies m'a ressuscité ! On apporte aussitôt des vêtements; le mort se lève et se montre à tous plein de vie. Cependant il lui restait encore des douleurs de ses meurtrissures; il alla à Annecy prier au tombeau du saint évêque, et, ses douleurs disparaissant tout à coup, il se trouva dans un état parfait de santé, reprit ses études, et devint dans la suite docteur en théologie.
Le second miracle fut la guérison subite d'un aveugle-né de la paroisse d'Arit, dans les Bauges, nommé Claude Mar-
mot^ Au témoignage de trois médecins d'Annecy, cet aveugle n'avait aucun vestige d*œil humain , et à la place de Torgane visuel étaient deux petites pellicules, blanches comme la neige, sans aucune apparence de prunelle. On rapporta au tombeau du serviteur de Dieu, et on y fit, pour sa guérison, une neuvaine de prières. Le neuvième jour, au moment où Ton faisait toucher l'endroit de ses yeux au mausolée, il s'écria tout transporté de joie : Mon Dieu! je vois^ il me semble que je suis en paradis. Et depuis ce moment, en effet, il fut complètement guéri.
La guérison de Péronne Évraz, de la paroisse de Sallanches, ne fut guère moins remarquable. Paralytique de naissance, elle avait les jambes tellement desséchées, qu'on n'y voyait que les os et la peau, et en même temps si faibles, si flexibles, qu'elles se repliaient à volonté jusque par-dessus les épaules, sans pouvoir, en aucune manière, la soutenir debout. Le père, désolé d'une infirmité que les médecins déclaraient incurable, fit vœu de visiter le tombeau du saint évêque, d'y faire dire une messe et d'y faire brûler un cierge. Il vient donc à Annecy, et, au même instant où il accomplissait son vœu, la paralytique, à Sallanches, se levait de son lit en s'éciiant qu'elle était entièrement guérie; et depuis ce temps-là, en effet, elle ne ressentit plus aucune faiblesse dans les jambes.
Gomme la précédente, Claude Julliard, de la paroisse de Mieussy, paralytique de naissance^, n'avait pu, jusqu'à Fâge de dix ans, se soutenir un seul moment sur ses pieds. Sa mère, sur le conseil d'une de ses parentes, l'apporta au tombeau du serviteur de Dieu, pour y demander sa guérison. Dès le second jour de sa visite à ce tombeau vénéré, Tenfant se leva tont d'un coup sur ses jambes, devenues fermes et solides; et la guérison fut si complète , qu'il put faire à pied une grande partie du chemin d'Annecy à Mieussy.
I Procès de canonisation, y* vol., p. 524 et suiv. » Ibid,, IV vol., p. 13 et suiv.