CHAPITRE I
(Vers 337)
Note A. — Quanto nala sit Hilario fîlia, inde patet quod lempore exilii parenlis jam nubila fuerit. Bouclietus conjugium iniisse ait dudum ante obitum Gonstanlini magni qui decessit anno Chr.337, atque ante annum 340, episcopum creatum.
(Bolland., 13 jan., n. 26, p. 68.)
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Note B. — Nous croyons, contrairement à l'opinion du savant bénédictin Dom F. Ghamard [Origines de l'Église de Poitiers, p. 153. — Saint Martin et son monastère de Ligugé, p. 18) , que saint Hilaire est né dans le paganisme. Nous avons avec nous des autorités graves. (Tillemont, Hist. ecclés., VII, 747-748. — Dom Remy Geillier, Hist. gén. des auteurs sacrés, IV, p. 1, n. 1. — Hist. litte'r. de la France, t. II, p. 139 et suiv.) Mais nous nous appuyons surtout sur le début du I®"" liv. de la Trinité et sur ce passage du même ouvrage : ce Inau^ (( ditis his nominibus in te ita credidi , per te ita « renatus sum et exinde tuus ita sura. » ( Lib. VI, n. 21.) Cet aveu de saint Hilaire nous paraît décisif, après les raisons apportées par les auteurs cités plus haut.
Note G. — « Dans une ancienne charte contenant rénumération des principales dépendances de l'abbaye de Sainl-Hilaire-le-Grand de Poitiers, on lit, entre autres, cette indication: « A Vihiers (autrefois du diocèse de Poitiers, aujourd'hui du diocèse d'Angers), église de Saint-Hilaire, où
REPOSENT SON PÈRE ET SA MERE '. )) 1 Vieraci, ecclesia Sancti Hilarii , ubi pater ejus et mater
Gomme il nous paraît impossible que ces deux bienheureux époux aient été enterrés en dehors de leur villa de Cléré, il faut admettre qu'au ix« siècle, dans le but de les protéger contre les dévastalions normandes, ils ont été transférés dans l'église de Saint-Hilaire de Vihiers.
Après la tourmente, le sarcophage de Francarius seul, ce me semble, fut reporté dans son sépulcre primitif, où il reçoit le culte public réservé aux bienheureux confesseurs. Toutefois, pendant les effroyables guerres qui désolèrent la France depuis le commencement du xiv° siècle jusqu'au milieu du xv« siècle, on perdit jusqu'à la trace de ce précieux trésor. Ce ne fut qu'en 1470 * qu'il fut providentiellement retrouvé. Le sarcophage de pierre contenait encore une grande partie des ossements de saint Francaire. Le 21 septembre de la
requiescunt , et aliœ duse Ecclesiae. (Besly, Comtes du Poitou, P..245.J — Ce document est certainement antérieur au xi» siècle, puisque l'église de Saint-Hilaire de Vihiers, qui, aux IX» et X» siècles, appartenait à l'abbaye de Saint-Hilaire-le- Grand(3fém. Sec. des antiq. de l'Ouest, t. XIV, p. 13, 24), fut donnée, vers l'an 1010, au monastère de Saint-Jouin-de-Marnes. {Cartul. S. Jovini de Marnis , ms. Bibl. nat., F. lat. n. 5,449, fol. 101.) Dans ce cartulaire, il est dit que le comte d'Anjou fit construire l'église; mais il ne faut pas prendre à la lettre ces expressions. Il s'agit d'une reconstruction.
* Saints personnages de l'Anjou, t. I, p. 13. — Jean Bouchet {Annal. d'Aquitaine, liv. I, ch, vi) indique la date approximative de 1520 pour cet événement; mais il se trompe certainement.
même année 1470, Jean du Bellay, alors évêque de Poitiers, constata authentiquement celte importante découverte et fit une solennelle translation des saintes reliques. On les remit dans l'antique cercueil de pierre, lequel fut placé derrière le maître autel de l'église de Gléré. Le bienheureux y fut vénéré par de nombreux pèlerins jusqu'au commencement du xvii° siècle. A celte époque de rénovation religieuse en France, la dévotion envers saint Francaire prit un développement extraordinaire. Henry-Louis de la Rocheposay était alors assis sur la chaire de saint Hilaire. Ce savant et zélé prélat s'émut au souvenir du père de son illustre prédécesseur, et, dès le 29 août 1624, il ordonna de procéder à une reconnaissance des saintes reliques; mais, par suite d'obstacles inconnus, l'exécution de ce mandement fut différée jusqu'en 1641 \
A cette date, le prieuré de Gléré avait pour prieur commendalaire messire Nicolas de Lezeau ^, fils d'un conseiller du Roy en ses conseils d'Etat et
* A diverses reprises, le pape Urbain VIII encouragea, par plusieurs indulgences, le pèlerinage au tombeau de saint Francaire , notamment par ses bulles du 19 octobre 1629 et du 4 février 1642.
2 D. Fonteneau (t. LX , p. 471) a lu Leyreau; mais le document original, qui est conservé aux archives de la Vienne, porte Lezeau et non Leyreau,
privé. De concert avec son père , il se fit un devoir de procurer à l'église de son prieuré un reliquaire digne de son illustre patron, saint Francaire. En conséquence , le 28 avril de l'an 1641 , en vertu d'une commission expresse de l'évêque de Poitiers, en date du 26 mars de la même année, messire Louis Texier, prêtre, prieur d' Alloues, près Saumur, assisté de plusieurs membres du clergé, procéda solennellement à la translation des susdites reliques au milieu d'un immense concours de peuple *. Jusqu'à la révolution française, elles y furent vénérées non seulement par les habitants de la paroisse de Gléré , mais par toutes les populations des pays circonvoisins. Dispersées et jetées dans la boue par les révolutionnaires , elles furent en partie recueillies par quelques pieux fidèles et
1 Le procès-verbal de celte transIatioD se trouve en original aux archives de la préfecture de la Vienne. (Chapitre de Saint-Hilaire-le-Grand.) D. Fonteneau en a donné une copie (t. LX, 471). Messire Louis Texier déposa la nouvelle châsse sur le grand autel, au même lieu où était auparavant placé le sarcophage. Dans l'extrait d'un procès-verbal de la visite faite en 1751 , le 11 mai, à Cléré, par Michel Rolland, chanoine de l'Église de Poitiers et grand archidiacre du Poitou, on Ut à l'article reliques : « 11 y a la châsse de saint Francaire, père de saint Hilaire, avec authentique; » plus loin, à l'article chapelle : « Autel de saint Francaire, oià il y a un reliquaire [renfermant une relique de saint Francaire. » (Note communiquée par M. Beauchet-Filleau.) A partir de la translation de 1641, on célébra à Cléré deux fêtes de saint Francaire : l'une le 38 avril , l'autre le 21 septembre.
rendues au culte après la tourmente , moyennant quelques précautions que Mp' Montault jugea indispensable *. »
Note D. — Hilaire fut certainement un des hommes les plus érudits de son siècle. Saint Jérôme nous en est un sûr garant. {Épist. CXLl, n. 34, ad Marcellam, n. 3; Prœfat. in lib. II. Comment, ad Galat.; De viris illust., cap. c.) Le grec lui était familier, comme nous l'avons dit. On croit de plus qu'il avait quelque connaissance de l'hébreu [Hist. liltér. de la Fr., t. II, p. 188), et qu'il faut prendre en un sens restreint ce que saint Jérôme a dit à ce sujet. [Épist. XXXIV, n. 3, ad Marcell.) — Voyez, en effet, son Comment, in Ps. Il, n°»2, 3,4, 9.
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Note E. — D'après quelques auteurs, l'épouse d'Hilaire aurait porté le nom de Florence et serait née au bourg de Jouin. [Essai hist., par M. de Longuemar, ch. i, p. 23.)
' D. Chamard, Orig. de l'Église de Poitiers , ch. vu, p. 149 et suiv.