CHAPITRE VIII
semblable à ceux qui étaient destinés au même usage et qui existent encore à Florence et dans d'autres villes d'Italie. La convocation de ces assemblées se faisait à son de trompe , ad sonum cornu. S'il est vrai que ces libertés municipales n'aient jamais cessé d'exister à Grenoble , tandis qu'elles furent anéanties par la féodalité dans beaucoup d'autres villes , nous le devons certainement à la fermeté populaire de saint Hugues et de quelques-uns de ses successeurs.
Il est à remarquer que la comtesse Mathilde , dont la pieuse influence avait, tant contribué à faire fléchir l'altière obstination de Guigues III , intervint dans le traité dont nous venons de rapporter les clauses principales. Ses deux fils Guigues et Humbert y apposèrent aussi leurs signatures.
A dater de cette époque , le comte d'Albon fut fidèle à sa parole. Il ne chercha plus , jusqu'à la fin de sa vie , à revenir sur des restitutions qu'il avait faites volontairement et de bonne foi. Après trente-six ans passés dans les agitations politiques , dans les persécutions et les privations de l'exil , Hugues put donc enfin jouir du repos si chèrement acheté et si bien mérité par sa résignation et sa prudence. Dégagé désormais de tous les embarras et de tous les soins litigieux qui avaient dévoré une partie de sa vie , il lui fut permis d'employer paisi-
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blement ce qui lui restait de jours au service de Dieu et à la sanctification de son troupeau.