‹ Vie de Saint Hugues, abbé de Cluny, 1024-1109Chapitre 56 sur 322 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

«prédécesseur saint Odilon sur les terres de sa famille... « En révêché de Nevers, la celle de Saint-Révérien & ses « dépendances. Au comté de Poitiers, la celle de Saint-Jean « de Mongon. En l'évêché de Saintes, Tabbaye de Saint-Jean « d'Angély ; Nous te concédons aussi l'abbaye de Maillezais, « & de Notre autorité apostolique Nous te la confirmons. « Dans Tabbaye de Saint-Cyprien de Poitiers, Nous te con- « cédons ce que tes prédécesseurs y ont possédé. En Fé- « vêché de Cahors, Tabbaye de Saint-Pierre de Moissac; de « Notre autorité apostolique Nous la voulons en ta posses- « sion pleine & paisible... Dans Tévêché de Viviers, toutes « les celles & possessions appartenant audit Cluny... En « l'évéché d'Uzès, le monastère de Saint-Pierre & de Saint- « Saturnin sur le Rhône, avec ses dépendances sur les deux « rives du fleuve. En Tévêché de Saint-Paul-Trois-châteaux « la celle Saint-Amand. En Tévêché de Gap... le moutier « de Ganagobie avec le domaine de Valensole, & tout ce que « Cluny possède,... avec toutes les terres dont la donation « & rinventaire lui ont été remis. [Puis les possessions nom- « breuses sises aux diocèses de Valence, de Vienne, de Lyon, «de Besançon.] Puis Tabbaye de Vézelay,... Nous te la « concédons pour la posséder à perpétuité. Puis encore le « monastère de Payerne, donné à Cluny par diplôme royal, « avec tous les domaines de ce prieuré en Bourgogne, & « tout ce que les Othons, Empereurs augustes, lui ont donné « en Alsace...

« Nous donnons donc à Cluny par Notre autorité Aposto- « lique tout ce que Nous venons de dire, tous les monastères « que Nous avons nommés, avec les celles, églises, domaines, « fermes, serfs, forêts, vignes, champs, prés, étangs, cours « d'eau, & en général les terres cultivées ou en friche qui « leur appartiennent. En vertu du présent privilège, toi & « tes successeurs les posséderez à perpétuité. Que personne, « duc, évêque ou prince, noble ou vilain, ne prétende jamais « à aucun droit sur ces terres & sur les dîmes de ces biens. « Sous la menace du jugement de Dieu & des foudres de « Tanathème, Nous défendons qu'aucun évêque ni aucun

A prêtre ose venir ou entrer dans ce vénérable monastère « poLir quelque ordination ou consécration soit d'oratoire « ou d'autel, soit de prêtre ou de diacre, ou pour célébrer la <* Messe, à moins qu'il n'y ait été invité par l'abbé de Cluny. « Qii'il soit libre aux moines de recevoir les Ordres là où ils « voudront, & de tel évèque que toi & tes successeurs « aurez choisi. Que les abbés soient élus & pris parmi les « moines avec le conseil des frères craignant Dieu, selon la « Règle de saint Benoît; & que les moines appellent pour <\ bénir leur élu tel évêque qu'il leur plaira. Qjie nul évêque « ou archevêque n'excommunie ce monastère ni ses moines; « mais qu'ils servent le Dieu tout-puissant dans la paix & « la sécurité, sous la proteftion & l'immunité du Siège de 6 Rome, & soumis au seul jugement du Pontife Romain. <\ QLi'ils reçoivent de tel évêque qu'ils choisiront le Chrême, « l'huile sainte, & l'huile des malades. Nous t'accordons, à

\ « toi & à ce vénérable monastère, & Nous te confirmons de

^— « Notre autorité Apostolique le pouvoir de frapper à ton gré

« une monnaie, particulière, comme vous l'ont accordé & « confirmé les privilèges de Nos vénérables prédécesseurs, « ainsi que Nous l'avons reconnu... »

' Telle était l'étendue des possessions clunisiennes, telle

I était l'importance des privilèges dont jouissait l'illustre

abbaye. Si des bulles semblables étaient glorieuses pour le monastère, il est juste de remarquer qu'elles imposaient à l'abbé de Cluny des devoirs souvent très lourds & des obligations parfois très difficiles. Mais Hugues était capable de suffire également à tout. Le Souverain Pontife, qui venait de lui accorder ces témoignages de confiance, l'emmenait maintenant avec lui en se dirigeant de Rome vers la Toscane. Son frère Godefroi de Lorraine en était devenu comte par son mariage avec Béatrix. Purifiée par l'influence salutaire des moines de Vallombreuse, qui, sous la conduite de saint Jean Gualbert, soutenaient les mêmes combats que ceux de Cluny en France, la Toscane commençait à devenir sous le rapport religieux & politique un appui solide pour la Papauté contre le clergé simoniaque & dissolu de l'Italie septentrionale.

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