IB
était soustrait à toute juridiftion autre que celle du Pape, les prélats prêtèrent tous une grande attention, & virent leurs doutes s'évanouir devant des pièces aussi positives. L'évêque de Mâcon n'en persista pas moins à se défendre; les répliques se succédèrent ; mais la cause de Cluny était gagnée. Tous les évêques, même celui de Mâcon, tombant d'accord de la validité des bulles pontificales, force fut à Drogon de recourir aux subterfuges pour expliquer comment, au mépris des aftes pontificaux, il avait lancé l'excommunication : — Tout ce que j'ai dit, c'est que s'il y avait dans ce monastère quelqu'un de soumis à ma juridittion, je l'excommuniais. — Telle fut sa défense; mais elle ne convainquit personne, & l'évêque dut prêter le serment suivant :
« Écoutez, seigneur & père évêque d'Ostie, & vous tous, pères de ce saint concile. Le jour où je suis venu à Cluny, très irrité contre ce monastère, je n'ai point agi par mépris du Siège Apostolique ni du seigneur Pape Alexandre; je n'ai 'connu qu'aujourd'hui la teneur des privilèges qui viennent d'être mis sous vos yeux. Ainsi que Dieu me soit en aide, & ses saints Évangiles. » « Après révêque, cinq clercs de son Église vinrent prêter le même serment. Le concile eût voulu que ces clercs fussent au nombre de sept, mais le légat se contenta de cinq. Puis l'évêque de Mâcon à genoux se reconnut coupable, & fut condamné à jeûner sept jours au pain & à l'eau. Cette sentence mit fin au débat, & la concorde en fut le fruit. Aucune querelle ne surgit plus entre l'évêque & l'abbé, qui vécurent depuis en bonne intelligence. » Il est certain que la leçon avait été solennelle; mais aussi pourquoi Drogon n'avait-il pas lu dans les archives de son Église la lettre sévère de Jean XIX à Goslin, son prédécesseur? Pourquoi les dernières années de Gautier de Beaujeu ne l'avaient-elles pas éclairé sur le véritable état de la question? En résumé, l'exemption monastique avait couru un grand danger, & elle était sauve maintenant, grâce à l'aftivité déployée par l'abbé de Cluny, & à la droiture du légat Pierre