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(1) Plat., Apol. : pi Ocpubeire.
(2) Xén., Apol,, $ 14: émet xai radra axcbcvres ci Jixxatat
que ses avocats prirent la parole, et que Platon essaya inutilement de la prendre.
Puis les juges allèrent aux voix, au scrutin secret, comme en toute affaire. Deux cent quatre-vingt-une voix se prononeèrent pour la culpabilité (1); la majorité pour la condamnation fut de trois, ou suivant d’autres leçons, confirmées par des manuscrits qu'on déclare mellleurs, de trente voix, c’est-à-dire que Socrais fut déclaré non coupable par deux cent soixantedix-huit ou par deux cent vingt et une vox:
dans le premier cas, 1l y aurait eu cinq cent cinquante-neuf votants, dans la second, cinq cent deux (2).
Socrate, qui ne s'était fait aucune illusion, apprit le résultat avec un étonnement qu'il ne
édcpo6ouv, et plus loin, $ 15: raïra axoboavreg Ere paXM
é0opÜGouv, | (1) Diog. L., 11, 41. Les termes sont obscurs, mais le sens n'est guère douteux.
* (2) On a élevé sur ces nombres toutes sortes de diff cultés : 281 plus 278 donnètfent 559 : or, on affirmeque le tribunal des Héliastes se romposant toujours de centaines complètes ; ce chiffre est impossible, mais Boeckh avait déjà fait observer qu'on pouvait admettre l'abstention ou l'absence d'un certain nambre de juges. Les autres chiffres sont exposés à la même objection : 281 plus 221 font 502, et les centaines sont encore dérangées. La composition des tribunaux athéniens n'est ni assez claire, ni assez connue, pour affirmer que cette règle des cen-
cacha pas à ses juges; il trouva extraordinaire que, malgré les calomnies dont il était depuis si longtemps l’objet, il fût condamné à une si faible majorité, et il exprima l’opinion que si Anytus et Lycon n’avaient pas soutenu de leur influence et de leur parole l’accusation de Mélétus, celui-c1 n’aurait pas obtenu la cinquième partie des suffrages, c’est-à-dire n’aurait pas recueilli, en faveur de la condamnation, cent voix.
Une fois la question de culpabilité résolue, l’accusateur demanda la peine de mort, et on déféra à Socrate, suivant la loi, et sous la formule ordinaire, r/ zpn#e0ïy à dæetioeai, UNE CONtre-proposition.
Une fois condamné, l'accent de Socrate, jusque-là tranquille et doux, et certainement contenu et modeste, s'élève et devient plus fier, mais on ne peut pas dire qu'il brave ses juges et attire sur lui, de propos délibéré, la mort.
taiñes pures était inviolable. Le calcul de M. Stallbaum (ad Apol. 36 b), qui porte le chiffre des acquittements à 220 n'est pas soutenable, car en déplaçant, comme il le veut, 30 voix, Socrate eût encore été condamné, puisqu'il aurait eu contre lui 251 voix et seulement 250 en sa faveur ; il y avaiten effat Loujoursun président qui ne compts pas dans les nombres pleins.
268 V:E DE SOCRATF
À quelle peine, dit-il, vais-je donc me condamner? Si je n’écoutais que la voix de ma conscience, je vous dirais que n'ayant rendu que des services à ma patrie, j'ai le droit de n’attendre d'elle que des récompenses, et, comme je suis vieux et pauvre, la plus juste et à la fois la plus convenable pour moi serait d’être nourri aux frais de l’État dans le Prytanée. Mais en me plaçant, non pas à mon point de vue, mais au vôtre, puisque vous m'avez déclaré coupable, il faut que je trouve une peine quelconque. Je n’irai pas, à mon âge, par crainte de la mort, qui n’est pas un mal, qui peut-être est un bien, me condamner à l’exil ou à la prison, qui sont des maux certains; il ne me reste donc à vous proposer qu’une amende ; mais je suis pauvre : toute ma fortune réunie s'élève à peu près à une mine. Je ne pourrais donc me condamner qu'à une amende d’une mine, si Criton, Critobule, Apollodore et Platon ne me priaient de la porter à trente mines, qu'ils s'engagent à payer pour moi (1).
(1) Ep. Socr. 14, Maxime de Tyr. 39, et l'A pologie de Xénophon, $ 23, nient le fait et disent qu’il refusa de faire lui-même et ne permit pos à ses défenseurs de faire une proposition quelconque, même d'une amende qui aurait pu le sauver;ilvoulait mourir, comme dit Maxime
Ce discours ne fut pas mieux reçu que le précédent. La mention du Prytanée dont il se déclarait digne n’était pas de nature à calmer lirritation excitée contre lui. Sans doute elle n’a pas le caractère de défi hautain et de suffisance -insolente, « d’outrage ‘à la cour, » que veut y voir M. Grote; il faut, au contraire, reconnaître que Socrate entre autant qu'il le peut dans les préjugés du tribunal. Malgré sa répugnance, 1l ne conclut pas insolemment à ce qu’on lui décerne cetle distinction si enviée, -
il ne refuse pas de porter contre lui-même une
sorte de condamnation qui a dû lui coûter beaucoup; il offre en pâture, aux aveugles ressentiments de l'opinion, une amende, pour lui considérable (1), car elle représente la valeur
deTyr, mpceikero éncôxveiv. Diog. L., II,41,neportelasomme qu'à 25 drachmes (Boeck., Œcon. Pol. des Ath.), mais Euboulide, cité par lui, l'élève à 100 àr.
(1) Le témoignage de Platon est plus autorisé et son récit plus vraisemblable que celui de Diogène, qui lui prête, II, 48, cette réponse hautaine et tranchante: évexz Tv duc Oiarempayuivey Tipüpat Tév dixnv THÇ Év mpuTaveio aitñotos, qu'on trouve déjà dans Cicéron, de Orat., I, 54. Cette réponse, si elle eût été faite de ce style, expliquerait et n’excuserait pas encore l’irritation des juges, « cujus responso sic judices exarserunt, ut capitis hominem innocentissimum condemnarent, » Car une réponse hautaine ne suffit pas pour faire d'un innocent un coupable.
de tout ce qu'il possède. Il va plus loin : pour
cette circonstance, lui qui n’avait rien voulu
recevoir d'Alcibiade ni d'Archélaüs, il accepte une somme importante, et qui devait paraître aux amis de Socrate suffisante, puisque ce sont eux sans doute qui l’avaient fixée. Mais il faut. aussi reconnaître que Socrate avait envers lui —— même et envers l’humanité des devoirs qu = primaient ceux de sa vie et de sa personne, = # qu'il ne pouvait sacrifier sans trahir ce qu’a 1 croyait sa mission supérieure et sacrée. K 1 avait donc fait son devoir : c'était aux Athe — niens à comprendre le leur et à le remplir.
Les juges rapportèrent une condamnation à mort, prononcée à une majorité plus grande =: il y eut un déplacement de 80 voix qui se po tèrent du côté des accusateurs; c’est-à-dir © que la condamnation à mort fut votée par 331 voix contre 198, si l’on admet l’un d=< nombres de votants, et par 361 contre 141, ===1 l'on admet l’autre.
Cette décision n’étonna ni son esprit ni sœæ #1 . courage; 1l s’écria, dit-on, d’abord: Ils me cor 27 damnent à mort ; eh bien! eux, c’est la natu— qui les y condamne (1). Puis, prenant la pææ
(1) Diog. L., II, 35, réponse déjà attribuée à Anaxeæ gore. |
role, il prédit à ceux qui l'avaient jugé coupable un prompt remords de leur injustice ; à ceux qui l'avaient absous, 1l témoigna sa reconnaissance, et leur assura qu'il ne craignait pas la mort, et la considérait même comme un bonheur. Puis il leur recommanda ses fils, en les . Priant, s’ils venaient à s’écarter de la justice et de la vertu, de les corriger et de les reprendre,commeil avait faitlui-même à leurs enfants. Enfin, avant de rentrer à la prison, il ajouta : « Voici le moment de nous séparer, moi pour Mourir, vous pour vivre : qui de nous a le meilleur partage? Personne ne Îc sait, excepté D 1eu, »