‹ Vie de Socrate (volume 2)Chapitre 8 sur 25 · SON ÉDUCATION · texte numérisé non relu

SON ÉDUCATION

Socrate reçut la libérale éducation que tout citoyen d'Athènes était obligé par la loi de donner à son fils (1). C’étaient la gymnastique et la musique, c’est-à-dire tous les exercices qui développent et fortifient le corps et l'esprit; il faut évidemment y joindre la grammatique, ñ >oæuuarixh, Qui était un prélude et une eondition préalable, et qui, réunie aux deux autres, formait l'éducation complète et parfaite d’un jeune Athénien (2), éyxvxaos maidele, éyxUXAIL uaebiuaTa.

La grammaire, qui devait son nom à la connaissance purement mécanique de l'alphabet, pour l’usage de la lecture et de l’écriture, avait pris bientôt une plus haute importance ct une

(1) Plat., Crié., 50 d.

.(2\Xénoph., Rep. Lac., II,1; Schol. Aristoph., Equ., 188; Ran.,'Î4l; Plat., Protag., 312 b; Terent., Eun., 111, 2,23: |

Fac periculum in litteris, .

Fac in palæstra, in musicis : quæ liberum Scire æquum est adolesceritem, solertem dab).

Comment se fait-il que Porphyre(Théod., Græcor.affect. Curat., 1. I, p. 8) ait pu dire non-seulement que Socrate avait été si mal doué par la nature, mais encore si mal élevé, amadeurès meot riv:2, qu'il ne savait ni lire, ni écrire, ni parler mêrne neltement et bredouillait comme un enfant”? C'est sans doute sur l'autorité d’Aristoxène qu'il rapporte ce détail,et il n’est pas fait pour relever la véracité de ce témoin, quoi qu’en dise M. Grote.

plus grande étendue. Les livres, dans lesquels les enfants apprenaient à lire, étaient les plus grands poètes de la Grèce; Homère avanit tout, source de toute sagesse, politique et religieuse ; puis les poètes moralistes, Hésiode, Théognis, Phocylide. On ne se bornaït pas à les leur faire lire et apprendre par cœur : à la fois, pour en bicn pénétrer ces jeunes âmes, qui devaient y trouver la règle de la vie morale (1), et par suite du défaut d'exemplaires, on les dictait aux écoliers, et de là on arriva facilement, nonseulement à un commentaire plus sérieux, mais à une cxplication de plus en plus critique et srammaticale des textes. Puis venait la musique, qui était l’art de chanter, de danser et de jouer de la lyre. La flûte était méprisée à Athènes, au moins comme forme de l’éducation de la jeunesse, et dédaigneusement renvoyée aux Béoticns (2). Les poètes lyriques devenaient alors l’objet des études, et achevaient, et par leurs leçons directes, et par l'effet tout puissant

(1) Plat., Profag., 325 c; Isocr.',Nicod., 12; Xénoph., Symp., IV, 6; Dion. Halic., ep. ad Pomp., p. 156; Drac. Strat., De metr., p. 33: & apyts xx0 Ounsoÿ émet pus pabixxo mévres. Voir dans le Protagoras, p. 339, la discussion du passage de Simonide, et dansle Ménon, p. 95 d, la critique de Théognis.

(2) Plut., À lcib., ce. 2: ableiroowv cüy GnGaiuv aides, cd yap lowor Dia équots

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