‹ Vie de SocrateChapitre 10 sur 114 · XIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XIV PRÉFACE

tache invinciblement à tout ce qui est bien en soi, Socrate ne la voit que dans le bien de rhomme. Toute chose bonne est bonne à quelque chose, dit-il. On est donc autorisé à se demander s'il a reconnu au bien ime valeur absolue. S'il Ta fait, il est certainement regrettable que sa pensée ait été si obscure qu'on puisse s'y tromper; s'il ne l'a pas fait, il est difficile de nier que sa morale, quelque belle qu'elle soit dans ses conclusions, ne repose sur des principes dangereux et équivoques, et ne tourne dans un cercle, le bien étant ce qui est utile à l'homme, et ce qui est utile à l'homme étant le bien. Si l'on compare les doctrines de Platon, d'Aristote, de Zenon, avec celles de Socrate, on reconnaît que ces esprits ont certainement produit un système plus élaboré, plus développé, plus complet, plus profond, et l'on se demande comment alors Socrate a pu obtenir le privilège d'une gloire si incontes- ' tée, et exercer sur ses contemporains comme sur la postérité une si merveilleuse et si prodigieuse influence.

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