Vie de St. Antoine de Padoue [microforme]
. qu'étant louée et estimée de tout le monde, on ne peut pas douter qu’elle ne soit digne de louange: nous pouvons dire la même chose de ce très-saint et très-savant Religieux dont nous voulons donner
la vie, puisque Robert de Licie Evêque d'Aquin lni {° donne cet éloge, qu’il n’est presque point de chrétien | 4 qui n’ait pour lui un respect, un amour et une dévo- ! 4 tion très-singulière.+ Il était de Lisbonne ville capi- 4 tale du royaume de Portugal, Son père s'appelait: | M -Martin de Buglione, et sa mère Marie de Cévéri, |! l'an et l’autre fort considérables pour leur naissance, .
L'éducation qu’il reçut par leurs soins, fit qu’il dé-
testa le vice et aima la vertu dès sa plus tendre enfance. Lorsqu'il fut en âge d'apprendre quelque chose, il fut mis en pension chez les Chanoïnés.de
l'Eglise Cathédrale, qui était aussi le Jieu de son.
Baptème, et où on lui avait donné le nom.de Ferdi-
nand. Il y joigtit à l'étude, les pratiques solides de
la dévotion ; et comme cette Eglise était dédiée à
la sainte Vierge, il ÿ Conçut pour elle ce respect et cette tendresse qu'il a conservée toute sa vie.
A l’âge de quinze ans craignant que le commerce du monde ne Corrompit son innocence et sa pureté, il s’en retira et se fit chanoïne régulier de l'Ordre de saint Augustin dans la Maison de saint Vincent hors les portes de Lisbonne. Après y avoir demeuré deux ans, tant au Noviciat qu’au Juvénat, se sentant trop importuné des visites de ses parents et de Ses amis, il obtint de ses supérieurs d’aller demeurer dans une autre maison, qui fut celle de sainte Croix de Coïmbre. Il Parut aussitôt que ce n'était pas par légèreté d'esprit qu'il avait souhaité ce changement : car se voyant dégagé de toutes les connaissances qu’il avait à Lisbonne qui l'empéchaient de s'occuper entièrement de Dieu, il entreprit une vie si retirée et si austère, qu’il remplit “avec perfection tous les devoirs d’un chanoine véritablement régulier. Son assistance aux divins of- |: fices était si assidue, qu’il semblait ne sortir jamais + du Chœur; et son esprit y était si élevé dans la contemplation des vérités divines, qu’il joignait ex- Cellemment l’oraison mentale avec la vocale. ‘Hors ce temps sa cellule était sa demeure favorite, où il se nourrissait de la lecture des saintes Lettres et des | Pères de l'Eglise, et se reposait par la prière dans “x celui qui est l'unique repos de l'âme.
respect et vie,
è commerà et sa puégulier de n de saint ès y avoir 1 Juvénat, es parents rs d’aller t celle de Ôt que ce Souhaité de toutes qui l’emeu, il en- 1 remplit ine vérilivins ofir jamais dans la nait ex- ,. Hors te, où il :S et des re dans
Il arriva en ce temps là que cinq Religieux de l'Ordre de saint François, savoir : Bérard, Pierre Othon, Accurse et Adjute, souffrirent un illustre martyre à Maroc par la cruauté des Sarrazins, et que leurs corps ayant été rachetés par les chrétiens, furent apportés à Coïmbre pour recevoir les honneurs qu'ils avaient si justement mérités par leur constance dans la foi. Notre saint fut si fort touché de leur exemple, et des grands miracles qu'ils faisaient, qu’il conçut un ardent désir derépandreson 4 sang pour Jésus-Christ: Et parce qu’il ne voyait |: pas qu'il le put faire en demeurant dans l'ordre [A qu'il avait embrassé, il prit la résolution de passer LS dans l’ordre de saint François, qui par sa pauvreté | et ses grandes austérités était entièrement conforme fi à ses inclinations. Il en demanda la permission à 4 ses supérieurs et l'ayant enfin obtenue, il reçut ce nouvel habit de pénitence dans une Chapelle de 1 saint Antoine, qui était l'Eglise des frères Mineurs. Ce changement donna beaucoup de tristesse aux | Chanoïnes de sainte Croix; et il y en eut un qui pour se moquer du dessein de notre saint, lui dit Fe par raillerie ; (Allez, allez, Ferdinand, sans doute 1 que vous deviendrez un saint. Que direz-vous si {#3 cela arrive, lui répondit-il, n’aurez-vous pas grand î sujet de vous réjouir et d’en louer Dieu?) Mais si #3 la tristesse des Religieux qu'il quittait était grande, à
la joie de tous les enfants de saint François était Pouvaient assez bénir la bonté de leur envoyer dans ces com-
| Mencements, non Pas un Novice pour être formé
aux exercices et. aux vertus de la vie religieuse : Maïs un homme parfait et consommé, pour servir de modèle et d'exemplaire à ceux même qu'il avait äppelés avant lui. I] changea de nom à sa vêture, îne à cause de la chapelle de
Nous avons parlé, 6 quelque temps dans la pratide l’obéissance dont ce saint ordre fait profession, il demanda instamment à ses Supérieurs la Permission d'aller dans le pays des Sarrazins pour y travailler à leur salut, comme on
ll: le lui avait fait cspérer. Son dessein était de ré- || pandre son “ang pour Jésus-Christ, parce qu'il sa- {|: vait que le Sang des martyrs est la semence des 1| chrétiens, et que les prédicateurs font Plus de con-
| martyre, et qui Pavait choisi Pour convertir une | infinité de juifs, d’hérétiques et de pécheurs au mi- I! lieu des provinces Catholiques, permit qu'il tombât [| malade en Chemin, ce qui l'obligea de remonter sur | mer et de reprendre la route du Portugal. Il ne
l {l vint pas n’éanmoins jusques-là ; car une tempête
çois était la bonté es COMre formé ligieuse ; 1r servir lil avait | vêture, pelle de
à pratie saint tà ses ys des ime on de réx’il sace des e conre par : long r une u mimbât Tr sur Il ne pète
l'ayant jeté aux côtes de Sicile, il fut obligé de dé barquer à Messine, où apprenant que l'on tenait un chapitre général de son ordre à Assise, et que saint François son bienheureux Père y était, il demanda la permission d'y aller, afin d'avoir le bonheur de voir ce prodige de sainteté, dont la seule réputation l'avait engagé à embrasser son institut. Il trouva le chapitre fini; mais il eut la satisfaction qu'il souhaitait, Il récut la bénédiction de saint François ; et ayant observé sa conduite toute céleste, il s’étudia d'y conformer la sienne.
Le grand détachement où il était fit qu'il ne souhaita pas de retourner en son pays, mais qu’il : 4 demanda au contraire d’être placé dans quelque |! couvent d'Italie, où les religieux étant plus près de leur saint Père, semblaient avoir plus de part à son esprit. On en parla aux supérieurs de divers couvents, que lon appelle Gardiens ; mais comme il était fort faible, relevant d'une grande malañi® qui avait duré tout l'hiver, il n’y en eut pas ua seul qui s’en voulut charger; d'autant plus, qu’il s'étudiait à cacher son érudition et les grands talents que Dieu lui avait donnés, et qu’il ne s’offrait à autre chose qu’à nettoyer les vaisselles, à balayer les offices du couvent, et à faire les autres fonctions d'un homme sans capacité et sans lettres. Cependant le père Gratien Provincial de la Romagne
s’offrit de l’amener avec lui ; et l'ayant incorporé à sa Province, il l’envoya à un Couvent champôtre et solitaire, appelé l'Hermitage du Mont-Paul.
Saint Antoine reçut cette obédienco avec une joie extraordinaire, et ne so Contentant pas de la solitude de ce Ceuvent, il y obtint encore une grotte fort secrète, où il passait en oraison, en larmes et en pénitence toutes les heures qu’il n’était pas obligé d'employer aux actions ordinaires de la communauté: car comme on n’attendait pas de lui de grands services, et que le soin qu'il prenait de se Cacher ne le faisait juger propre qu’à des ministé-
| permettait aisément une Jouir sans contradiction
mplation, et des embrasse-
qui chérit les humbles, [IL et qui so plaît avec les simples, Mais enfin le 1. temps étant venu auquel Dieu voulait s’en servir Pour le salut d plusieurs, il le découvrit par une rencontre assez agréable dont voici le récit : : Un jour Plusieurs de ses confrères et beaucoup fl! de Religieux de l’ordre de saint Dominique étant | assemblés à Forli, ville épiscopale de la Romagne, Pour y recevoir les ordres sacrés, Antoine se trouva aussi dans cette Compagnie, Le soir, le Gardien |} du couvent des Mineurs où,ils étaiont tous logés, pria les Dominicaine de consoler la communauté | de quelque discours de dévotion, sachant bien que *
Corporé à mpèêtre et ul,
avec une as de la ne grotte larmes et pas oblicommu- > lui de ait de se ministèent une adiction 1brasseumbles, nfin le
| Servir ar une
uCOUp étant 1agne, TOuva rdien logés, hauté | que die
la prédication ‘sainte et édifiante était ne pe leur ordre : Ces Haligionx a ae ras mA int à cette prière, s’excusèr ane Pro sur # qu’ils ne s'étaient point PPS mais le gardien qui agissait en cela par ” pu instinct du Saint-Esprit ne voulant pas ” mr munauté se séparât sans qu'elle reçut la "5 E spirituelle de la divine parole, jetta les en « à Saint Antoine, et sans rien savoir de sa Cap ee se : pria, et même lui commanda de dire ce NS LE b de Dieu lui suggérerait. L’humble religie ol défendit le mieux qu’il put, sas pr asive "e sance et le peu de disposition qu'il ava Labee satisfaire à ce commandement ; mais ne me ie ; résister à l’obéissance, ni aux instances de a à saints religieux, il fut contraint de as CE à de son discours fut simple ; mais ps LES animé du Saint-Esprit, il commença à d ” # qles trésors de la sagesse et de la science ee | était rempli, et dit des choses si belles, si re sh : et si touchantes, que tous ceux qui étaient Len Li avouèrent qu’ils n'avaient jamais rien entendu é semblable. Ainsi l'Ordre sacré des Mineurs Fe À nut quel trésor il avait dans Aee et les sup - à rieurs étant informés de ce qui s'était passé, le ti- ; rèrent de l’Hermitage où il était pour lui donner ; es demplois digne de nr mérite.
Saint François qui était encore en vie ; car c’était en l’année 1222, voulut qu'avant qu'on l'appliqu'ât à la prédication, il prit les leçons de théologie du célèbre abbé de Vercelles, qui passait alors | | Pour un prodige d’érudition, afin que sa science fut. | plus solide et plus méthodique, et qu’il pût combattre les hérétiques avec plus de sureté et de vigueur. Le progrès qu'il fit en peu de temps en cette savante école fut si grand, que cet abbé lui a |! donné dépuis de beaux éloges en ses écrits, et que VI! les Religieux de son ordre considérant qu'il avait |! toutes les qualités pour enseigner lui-même les plus ( | hautes sciences, supplièrent leur saint Père de l'o- [ll bliger de professer la Théologie. Saint François 1}, eut cette prière fort agréable, et lui écrivit en ces ll) termes: “ À son trés cher frère Antoine, frère il François salut en Jésus-Christ. Jai trouvé bon que vous expliquiez les livres de la sainte Théologie aux Frères : en sorte néanmoins, comme je vous le || recommande sur toutes choses, que l'exercice de lé. Al tude n’'amortisse point ni en vous, ni en eux, l'esprit Il de la sainte Oraison, selon qu’il est porté dans la 4 règle dont nous faisons profession. ” En vertu de D cotte Patento il enseigna en divers endroits les sain-
n tes lettres, principalement à Montpellier, à Boulo-
} | | spl |
M gne, à Padoue et à Toulouse, où il se fit admirer A par la profondeur de sa science, et où il forma |
car c’én l'appli- > théoloait alors ience fut it comt de vimps en bé lui a , et que il avait les plus > de l’orançois
en ces >, frère vé bon éologie vous le
de lél'esprit ans la rtu de 8 sain- Bouloimirer
forma .
‘ tendre: plusieurs même retenaient leurs places dès 1
d’excellens disciples qui ont été depuis des maîtres fort habiles. Son application à la Théologie ne l’empêcha pas de prêcher avec une force une éloquence et un fruit merveilleux. Les Eglises étaient trop petites pour le monde qui venait à ses sermons, M et souvent il était contraint de se mettre en des lieux plus vastes, et même en pleine campagne afin de contenter ce nombre infini d’auditeurs qui y accouraient de toutes parts. Les marchands : : 1. vraient pas leurs boutiques que la prédication ne fut achevée, et les Dames qui étaient accoutumées à ne se lever que fort tard, étaient sur pied de grand matin pour n’être pas privées du bonheur de len- ”
la veille, et passaient la nuit où il devait prêcher. 1 Quand il allait en chaire, ou qu’il en revenait, il ! fallait que des hommes forts et robustes se missent
autour de lui pour empêcher qu’il ne fut écrasé M par cette grande multitude de personnes, dont les
uns s’efforçaient de lui baiser les mains, et les autres de toucher son habit, et de recevoir sa bénédiction. Comme il ne craignait que Dieu seul, et que le désir du martyre était imprimé depuis longtemps dans son cœur, il parlaït sans acception des ! personnes, et avec un zèle et une liberté merveil- 4 leuse, Il reprenait les péchés publics des Grands d’une manière si forte et si généreuse, qu’on eût dit #4
D que c'était un autre Elte ou un autre Jean-Baptiste, A Quand il invectivait contre les vices et contre les
hérésies, dont alors le monde était extrément infec-
Alté, l’on eut dt que c'était un torrent de feu qui Al renversait tout, et à qui rien ne pouvait résister, A Durant ses sermons l'air retentissait de gémisse- I|ments et de “Pi et la terre était arrosée de
|| larmes par la force
e la contrition qu'il excitait
|| dans l'âme de ses auditeurs. Les pécheurs les plus
D endurcis, tet les hérétiques les plus opiniâtres étaient
| contraints de se rendre et de crier miséricorde, | L'on en voyait même plusieurs prendre publique-
ment la discipline pour obtenir la rémission de
Il leurs fautes passées : et c’est de là qu'est venu en
|l quelques endroits de France et d'Italie l'usage des Il flagellations publiques. Combien a-t-il apaisé de
Miriers de leurs mauvais commerce ; et de voleurs et
Ill haines et d'inimitiés qui paraissaient implacables ?
Combien a-t-il fait faire de restitutions de biens, et de réparations d'honneur? Combien a-t-il retiré de femmes débauchées, de leurs désordres ? d’usu-
| d’assassins, de leurs meurtres et de leurs brigandaliges ? Le nombre des confessions après ses sermons Mlétait si grand, que les Religieux et les Prôtres miséculiers dont il avait toujours une troupe assez Ainombreuse avec lui, n’y pouvaient pas suflire, Enfin, A'corame il ne s'était pas ingéré de lui même dans
aptiste.
ntre les
it infecfeu qui résister, émissesée de excitait les plus étaient icorde, bliqueon de enu en re des sé de ables ?
ens, et retiré d’usuurs et andamons rêtres assez Enfin, dans
le ministère de la prédication, maïs que Dieu l'avait envoyé, il s’en servait comme d’un instrument et d’un organe pour faire des choses toutete fait merveilleuses. Les principaux lieux où pen prèché, ont été la Provence, le Languedoc, le " mousin, le Berri, le Vélai, la Sicile, la Romagne, e ome et Padoue.
FE go pour ce ministère de grands he us de nature et de grâce ; il était d’un ne An très robuste, et que nul travail ne pouvait abattre sa voix était puissante, sonore et agréable : Il ps beaucoup d’éloquence naturelle et une grande . lité de parler. Sa mémoire était si heureuse, qu : se souvenait de tout ce qu'il avait lu ; . il possédait si parfaitement l’Ecriture sainte, qu'il eût pu, comme un autre Esdras, la rétablir, si pe exemplaires en eussent été perdus, Le Pape gx: goire IX ne put assez admirer cette facilité qu'i avait de la manier et de l'appliquer mr à son sujet, et l’appela pour cela l'Arche d Alliance. parceque comme cette Arche contenait les pr Tables de la loi, aussi ce grand personnage enfermait dans sa mémoire tout l’ancien et tout le nou-
veau testament. Fe °
Ces beaux talents naturels étaient merveilieusement soutenus et aidés par.les grâces gratuites Mans Dieu avait récompensé ses mérites. Bien qu’il ne
parlât qu'une langue, il était souvent entendu par des personnes de toutes sortes de pays: ce qui arriva principalement à Rome, lorsqu'il eut ordre de sa Sainteté de prêcher les indulgences Paschales : Et quoiqu'il eut passé toute sa jeunesse en Portugal, et qu’il ne s’y fût point étudié aux langues, il préchait néanmoins en Italien et en Français avec autant d'élégance, que s’il y eut été formé dès son enfance. Il se faisait continuellement des miracles en favaur de ceux qui assistaient, ou qui voulaient assister à ses sermons, Une femme n'ayant pu obtenir de son mari, qui était un débauché, la permission d’y aller, elle monta à une chambre haute de sa Maison, et s'étant mise à la fenêtre elle l’entendit aussi distinctement que si elle eut été dans le lieu où il préchait, quoiqu'il y eût une lieu d’éloi- &nement, Elle le dit à son mari, et cet homme éprouva lui-même la vérité de ce prodige : ce qui fut cause de sa Conversion, et que dans la suite il fût extrêmement assidu à entendre la parole de Dieu de la bouche du Saint. Une autre femme Pour n’y pas manquer, laissa chez elle son enfant, sans qu'il y eût personne pour le garder. Mais pendant qu’elle écoutait le saint prédicateur, cet enfant, par un accident funeste que son âge ne lui 8 pas permis d'expliquer, tomba dans une chaudiète d'eau bouillante, où il devait être étouffé sur le
tendu par ce qui art ordre de ’aschales :
en Portulangues, il 1çais avec 6 dès son s miracles voulaient nt pu oba permishaute de e l’entendans le Ju d’éloi- homme ‘ ce qui à suite il arole de femme \ enfant, * Mais eur, cet e ne jui haudiè- 6 sur le
champ: cependant la Divine Providence qui avait
soin de tous ceux qui aimaient son Serviteur, l'y conserva sans aucun mal, et la mère le trouva à son retour se jouant paisiblement dans ce-terrible bain, comme s’il eût été dans un lieu fort agréable. Une troisième femme revenant encore du sermon, trouve le sien mort dans son berceau : elle courut aussitôt vers le saint Prédicateur pour implorer son secours : Il lui dit ce que Notre Seigneur dit dans l'Evangile au petit Prince qui priait pour la santé de son fils: Allez, votre fils se porte bien : et elle éprouva à l'heure même la vérité de sa parole : car lorsqu'elle arriva chez elle, l'enfant était déjà levé et jouait avec les autres enfants de son âge. Un jour cet homme de feu prèchant dans un lieu découvert, à cause du grand nombre d’auditeurs qui étaient accourus à son sermon, une nuée | extrémement épaisse se forme, et étant accompa- | gnée d’éclairs et de foures, menaçait d’un furieux | orage toute l'assemblée. Chacun pessait à se sauver et à chercher un abri, mais Antoine arrêta tout | le monde, les assurant qu’ils ne seraient pas mouillés. En effet, l'orage tomba tout autour de cette célèbre compagnie, et y noya toutes les terres, mais il ne tomba pas une seule goutte d'eau dans tout ce cercle de l'auditoire. Une autre fois prè- | chant à Arles dans un Chapitre Provincial de son 1
Ordre, Saint François qui était encore vivant et qui demeurait en Italie, y apparut en l'air donnant
sa bénédiction à tous ceux qui étaient présents : c’é-
fl | il fl
obsèques du grand saint Martin à Tours. La même
toriser la parole de ce fidèle
ait à autre chose qu’à con-
s frères dans l'amour de leur Profession,
et dans l’observance exacte et inviolable de leur Rè. gle.
Notre Saint apparaissait aussi quelquefois luimême dans des lieux fort éloignés, sans quitter Ceux où il était, Plusieurs Personnes ont déposé qu’il les était venu avertir en songe de se confesser Promptement. de quelques péchés qui étaient si cachés, que Dieu seul en pouvait avoir la
Pl Connaissance. Etant un jour à Monpellier, et M] prêchant dans la principale Eglise, il se souvint
qu'il n'avait prié Personne pour chanter à sa place en son Couvent, le Graduel solemnel qu'il devait chanter par office ; Dans le regret qu'il en -eut, il
L se pencha quelque temps la tête sur je pupitre de la D. Chaire ; et à l'heure même il fut vu chanter ce gra-
duel parmi ses Frères : Dieu renouvelant en sa faveur le miracle que l’on raconte de saint Ambroise, lequel disant la Messe à Milan, sembla s'endormir sur l'autel, et fut vn en même temps assister aux
Chose arriva encore à notre Saint à Limoges, où pré.
vivant et r donnant sents : c’é- > ce fidèle qu'à conrofession, e leur Rè-
efois lui- S quitter t déposé confesser étaient avoir la lier, et souvint sa place 1 devait “eut, il re de la ce gran sa faibroise, dormir er aux même ù prè-
chant dans la Cathédrale en une fête solemnelle, il ne laissa pas de paraître chanter en son Monastère la neuvième leçon des Matines qui lui avait été donnée à chanter.
Dieu l’avait encore favorisé du don de prophétie. Il prédit à une dame de la ville d'Assise, que le fils qu ‘elle mettrait au monde serait martyr: et cela arriva effectivement ; car ce garçon nommé Philippe, s'étant fait Réligieux de saint François, il se trouva en la ville d’Azote, lorsque les Sarrasins la reprirent sur les Chrétiens ; et ayant refusé avec beaucoup de courage de renoncer à la Foi,:et d’embrasser le Mahométisme, il fut écorché tout vif, et après une infinité d’autres tourments, il eut la tête tranchée, avec beaucoup d’autres Chrétiens qu'il avait animés au martyre. Lorsque notre saint était gardien au couvent de Puy en Velai, il ne rencontrait jamais un certain notaire fort débauché et Hbertin, qu’il ne se découvrit devant lui, et »* le saluât avec une génufilexion très pepe cages) Ce notaire crut qu’il se moquait de lui, et s’en tenant extrèmement offensé, il lui dit un jour, que s’il ne craignait les jugements de Tieu, il lui apprendrait à ne pas faire insulte à celui qui ne l’avait jamais désobligé. Le Saint lui répondit, que bien loin de se moquer de lui, il le saluait avec un grand sentiment d’amour et de respect, parce qu'il
savait qu’il serait un jour un très glorieux martyr | de Jésus-Christ; qu'au reste il le suppliait de se | souvenir de lui lorsqu'il serait dans les tourments, Le notaire se mit à rire: mais la prophétie du saint s’accomplit bientôt après: Car cet homme ayant suivi un évêque dans un voyage qu'il fit en Palestine pour y travailler à la conversion des Sarrasins, il conçut un si grand zèle pour le salut de | ces infidèles, qu'il leur prêcha lui-même la vérité }| de notreReligion, etleur montra l’extravagance du Mahométisme ; ce qui fit que ces obstinés tournant contre lui toute leur fuieur, ils le tourmentèrent très cruellement pendant trois jours, et lui otèrent enfin la vie. En mourant il déclara que saint Antoine lui avait prédit ce bienheureux événement. S'il connaissait les choses à venir, il pénétrait aussi par la lumière divine celles qui étaient les Hi plus secrètes et les plus cachées aux yeux des | hommes. Un jour qu'il prêchait au Puy, le dé- | mon prit la figure d’un courier extrêmement pressé, | et dit à une dame qui était dans l'assemblée, D} qu'elle sortit au plutôt, parce que son fils avait été À! surpris et tué par sos ennemis. Maïs le Saint re- ! Connnt aisément la ruse du malin esprit, et dit à : cette dame, qu’elle ne se troublât point, que son fil; se portait bien, et que ce couricr était un imposteur et un démon. En effet il le fit bien voir en prenant
honte de fu funèt amas: de lu Seign à la qu'ils avaric Y all trouv trésor
le lib:
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martyr it de se ments, étie du homme il fit en des Sarsalut de a vérité ance du ournant ntèrent otèrent int Ânnent.
nétrait ent les x des le dépressé, mblée, ait été int ret dit à On fi13 )osteur renant
honteusement la fuite, et s'évanouissant en forme de fumée. Ayant été prié de faire une oraison
funèbre aux obsèques d’un homme riche qui avait
amassé de grands trésors par le commerce injuste de l'usure : il prit pour texte ces paroles de Notre Seigneur : Ou est ton trésor, Là est ton cœur. Et à la fin du sermon il dit aux parents du défunt qu'ils s’en allassent fouiller dans les coffres de cet avaricieux et qu'ils y trouveraient son cœur. Ils ÿ allèrent, et par un juste jugement de Dieu ils trouvèrent son cœur tout chaud au milieu de son trésor.
Le nombre des miracles qu'il a faits pendant sa vie est si grand, qu'il faudrait des volumes entiers pour les rapporter. Il donna par le s: ne de la croix le libre usage des bras et des jambes à un enfant qui était estropié dès sa naissance : il en délivra un autre du mal caduc par sa prière; et il guérit en un instant un pauvre insensé qui vint baiser la corde dont il était ceint. Il y eut un jeune homme de Padoue qui se confessa à lui d’avoir donné un coup de pied à sa mère. Le Saïînt pour lui faire concevoir l’énormité de son crime, et l’exciter à une plus grande contrition, lui dit qu’un pied qui avait été l'instrument de cet attentat méritait d’étre coupé. Le pénitent sans entrer dans le sens du zélé confesseur qui ne prétendait autre chose que
de lui donner une aversion extrême de ce péché, étant sorti du confessional fut à sa maison, ou par une pénitence indiscrète il se coupa le pied. Cette : action fit aussitôt grand bruit; mais le Saint en étant informé, vint voir cet imprudent, et rapprochant son pied de sa jambe, il le rejoignit si parfaitement par la force de signe de la croix, qu’il ne parassait pas qu’il eût jamais été coupé.
Voici encore une chose bien remarquable, et dont il se trauve peu d'exemples dans la vie des autres saints. Pendant que cet incomparable prédicateur était à Padoue, son père qui était à Lisbonne en Portugal, fut accusé de meurtre, saisi par la justice et jetté dans un cachot avec toute sa famille, parce qu’en effet le corps d’un jeune homme qui avait été assassiné fut trouvé dans son jardin, ou le meurtier l'avait jetté pour cacher son crime. Quelque innocent qu’il fût, il était en danger évident d’être traité comme homicide : Mais le Saint qui connut par révélation le péril ou il était, ayant demandé à son supérieur de sortir, fut transporté la nuit à Lisbon. |, ne par le ministère d’un Ange, ou s'adressant le matin au juge, il lui demanda instamment la délivrance de son père, qu’il soutenait d’être injustement accusé. Le juge la lui ayant refusée, il demanda que le corps du défunt lui fut présenté. On l’apporta au parquet, et ce grand Serviteur de
ce péché, )n, ou par
ed, Cette
> Saint en et rapprosi parfai- , qu'il ne
le, et dont des autres ‘édicateur bonne en la justice Île, parce avait été meurtier que innotre traité ut par rédé à son Lisbonessant le ; la déli- > injustee, il deprésenté.
iteur de
Dieu, qui avait dans ses mains les clefs de la vie et de la mort, lui commanda au nom de Jésus- Christ de se lever, et de déclarer devant toute l'assemblée, si c'était son père, ou sa mère, ou quelqu'un de leurs domestiques qui l'avaient assassiné. Le mort se leva à l'instant même, et répondit que les accusés étaient entièrement innocens de l’assassinat commis contre sa personne, et qu’ils n’y avaient eu aucune part; après ces paroles il se rendormit paisiblement : Aïnsi le Seigneur Martin de Buglione fut mis en liberté avec sa femme et ses domestiques, et retourna avec honneur dans sa maison. Le Saint y demeura avec eux le reste du jour pour les consoler et les animer à la vertu; Et la nuit suivante il fut reporté par le même ange dans son Monastère de Padoue.
Ceux qui considèreront attentivement toutes les circonstances de cette action, y trouveront tant de prodiges, qu’ils seront obligés de la regarder comme une des œuvres les plus extraordinaires que Dieu ait jamais faites en faveur de ses amis: Et en efset, quoique le transport du Prophète Abacuc de Judée en la ville de Babylone, par un cheveu ‘de sa tête, pour porter de la nourriture à Daniel dans le fosse aux lions, soit tout-à-fait merveilleux, il semble néanmoins que celui de notre Saint, de Padoue à Lisbonne qui en est éloignée de plus”de quatre
cent lieues, our faire parler un mort æt pour sauver la vie à ses parents faussement accusés de meurtre; ait quelque chose do plus digne d’admiration.
Cependant, il fit encore une autrefois ce voyage miraculeux en faveur du Seigneur Martin son père: car comme ce gentilhomme, dans le long maniement qu'il avait eu des deniers du prince, avait souvent négligé de prendre des quittances et des décharges de ce qu'il donnait, se fiant trop à la bonne foi du monde , étant ensuite recherché par les « Mciers de PEspagne, et ne pouvant justifier de tous ses emplois, il était en danger d’être condamné à payer de grosses sommes, ou à faute de le faire, à garder une prison perpétuelle. Le Saint apprit encore par révélation ce terrible accident, et marchant aussitôt par le même chemin invisible, qui est le chemin des Anges, il arriva la nuit même à Lisbonne, où il ft devant les juges un détail si précis de tous les emplois que son père avait faits, et en Marqua si distinetement toutes les circonstances des temps, des lieux et des personnes, qu’ils furent obligés de le tenir quitte. Le Saint revint ensuite triomphant par le même chemin, et se retrouva dans son monastàr. «ans presque qu'on pût s’appercevoir qu'il en était & +. Ca voit dans ces miracles Pamour qu'il ::1::;: Pour ses | xrents, le soin
pour sau- ‘cusés de e d’'admi-
e voyage son père :
> Mmaniece, avait s et des op à la ché par stifier de ndamné le faire, t apprit et marble, qui même à T si préfaits, et istances s furent ensuite etrouva s'apper- 8 mirale soin
qu’il prit de les secourir, et l'obligation qu'ont tous les enfants d'employer les moyens naturels et surnaturels pour assister leurs pères et leurs mères dans les peines et los persécutions qui leur arrivent,
Comme cet homme divin faisait une guerre implacable au démon, le démon de son côté employait toutes sortes de moyens pour le perdre et lui oter la vie. Un jour il le prit à la gorge et tâcha de l’étrangler ; mais le Saint le mit en fuite en disaut cette Hymne de la Sainte Vierge: O gloriosa Dominu : O Vierge glorieuse...Une autre fois cet ennemi des hommes, rompit la chaire où il préchait, espérant par ce coup non seulement le blesser, mais aussi effrayer le peuple et interrompre le Sermon : mais rien de ces choses n’arriva, car le Saint que les Anges gardaïent ne reçut aucun mal de sa chute: et le peuple qu’il avait auparavant averti de la malice du démon, ne se troubla point de cet accident : et comme on lui apporta une autre Er il TAN son discours avec la même virucur et le rnême feu qu'il faisait auparavant.
Fil a remporté des victoires si éclatantes sur le démon, il n’en a pas remporté de moins glorieuses sur les hérétiques, qui sont ses instruments et ses ministres. Comme ii connaissait parfaitement tous leurs artifices et toutes leurs méchancetés, il en fai- !
sait le détail en plein Auditoire ; et par ce moyen, !
d’une part il les couvrait de honte et de confusion, | et de l’autre il fortifiait les fidèles, et leurs donnait une extrême aversion de leurs sectes. Cest ce qui le faisait appeler communément Malleus hœreticorum, le Marteau des hérétiques : c’est-à-dire, celui qui par la force de sa doctrine les écrasait et les domptait, et à qui leur obstination et leur dureté était incapable de résister, Non seulement il les | confondait en toutes rencontres ; mais il en conver- | tit aussitplusieurs que leur ancienne opiniâtreté faisait croire incorrigibles, Un des plus célèbres fut l'hérésiarque Boinville qui dogmatisait depuis trente ans avec un orgueil et une impudence InsUpportable. Le Saint étant à Rimin: l’entreprit avec tant de courage que premièrement il le Convaïinquit
de ses erreurs, et ensuite il lui toucha si puissam-
ment le cœur, qu'il les lui fit abjurer pour rentrer
dans le sein de l'Eglise Catholique.
Une autre fois préchant encore à Rimini devant un grand nombre d’hérétiques, il s’apperçut que ces opiniâtres se bouchaient les oreilles pour ne pas entendre ce qu’il leur disait, il interrompit son discours, et pria tout l’Auditoire de le suivre Jusqu'au bord de la mer, Lorsqu'il y fut, il parla aux poissons et leur dit: Poissons de la mer, puisque les hommes sont insensibles à la parole de Dieu, et qu’ils se bouchent les oreilles Pour ne pas entendre,
un | se m rière ralsc qu'il de Ie tries leur si be avoit autre de se tant horta suiva nes ei Ces :
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confusion, rs donnait est ce qui hœreticodire, celui ait et les r dureté ent il les n Convertreté faièbres fut uis trennsuppor-
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Je viens ici vous en faire part ; paraissez présentement hors de Peau et confondez par votre attention la malice et la dureté de ces impies. À l'instant même il parut sur le bord du rivage une multitude innombrable de poissons qui s’y rangèrent avec un bel ordre, selon leurs grandeurs, les plus petits se mettant devant, et les plus grands se tenant derrière. Le Saint leur parla comme s'ils eussent été raisonnables ; et leur ayant représenté l'obligation qu’ils avaient à Dieu de les avoirtirés du néant, de leur avoir donné tant de propriétés et d’industries pour leurs conservation, leur subsistance et leur divertissement, de les avoir pourvu d’un élément si beau et si agréable pour leur demeure, de les y avoir conservés durant le déluge, lorsque tous les autres animaux étaient l’objet de soh courroux et de ses vengeances, et de s’être enfin servi d’eux en tant d'occasions pour manifester sa gloire, il les exhorta à l’en remercier, et à le bénir continuellement suivant la parole du Prophète, qui leur dit: Baleines et lous les autres poissons, bénissez le Seigneur. Ces animaux témoignèrent souvent par. leurs mouvements que ce discours leur était agréable ; et à la fin de l’exortation, ils baissèrent tous la tête, comme pour signifier qu’ils exécuteraient fidellement ce que le Saint leur recommandait et ne vou.
lurent point enfin se replonger dans l’eau qu’ils B
n’eussent reçu sa bénédiction. Alors cet admirable Prédicateur se tournant vers les hommes, leur fit un sanglant reproche de leur insensibilité que cet exemple miraculeux des poissons venait de confondre d’une manière si honteuse pour eux, et ce reproche joint à l'évidence du miracle fut si puissant, que la plûpart de ces hérétiques ouvrirent les yeux pour reconnaître la vérité de la Religion Catholique,
D’autres hérétiques l’ayant invité à diner ne lui firent servir que des viandes mpoisonnées, soit qu’ils voulussent s’en défaire, soit qu'ils voulussent éprouver s’il avait la connaissance des choses secrètes, et le don d’avaller du poison sans en être offensé. Il leur en fit aussitôt ses plaintes, et leur
dit que c'était un signe évident de la corruption de .
leur secte de recevoir leurs hôtes d’une manière si barbare et si criminelle, Ils ne nièrent pas qu’il n’y eût du poison dans les viandes: mais ils lui dirent que s'il en mangeaït sans en souffrir de mal, selon
cette parole de Notre-Seigneur: Ze avaleront du:
poison, et il ne leur nuira point, ils se convertiraient. Il s’y accorda volontier ; et ayant fait le signe de la Croix sur ce qui lui était présenté, il en mangea sans difficulté, et n’en reçut aucune incommodité : ce qui obligea ces mauvais hôtes à changer de vie et a embrasser la véritable religion.
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Nousnous sommes fort étendus sur les actions admirables que saint Antoine a faites comme missionnaire et prédicateur apostolique, il reste à dire quelque chose de ce qui concerne ses vertus particulières et sa conduite dans son Ordre. Son humilité qui a assez paru dans les premières démarches de sa vie religieuse, bien loin de diminuer dans la suite, s’est toujours augmentée et fortifiée. Il ne pouvait souffrir l'honneur ; et lorsque sa charité l’engageait à faire des miracles, il souhaitait toujours qu'ils demeurassent secrets et inconnus, de peur d’en être applaudi. Ses grandes occupations pour le salut du prochain ne l’empêchaient pas d’avoir une dévotion fort tendre envers Jésus-Enfant et souffrant, et envers sa très sainte Mère, Il n’en faut point d'autre marque que ce qui lui arriva dans le Limousin, ou un homme de bien l'ayant reçu et logé dans sa maison, et s'étant ensuite porté par une sainte curiosité à observer ce qu’il faisait la nuit dans sa chambre, il l’aperçut en oraison et un petit enfant d’une admirable beauté qui le baisait et lui faisait mille caresses: d’ou est venu la coutume de peindre notre Saint avec l'Enfant Jésus tout rayonnant de gloire qui l’embrasse et lui parle d’une manière fort agréable.
[ avait une grande tendresse de cœur pour totis ceux qui étaient dans la peine et il n’épargnait rien pour les soulager. |
Un jour un Religieux de l'Abbaye de Solognac au Diocèse de Limoges vint à lui et lui découvrit une terrible tentation dont était tourmenté, et qu'il n'avait pu dissiper ni par la prière ni par les rudes pénitences dont il avait affigé son corps. Le Saint fut touché de son affliction ; et après l’avoir consolé, il se dépouilla de sa tunique de dessous, et lui recommenda de s’en revêtir; ce Religieux le fit, et ce remède fut si puissant, qu'il ne ressentit plus dans la suite une tentation si humiliante. Un novice du couvent des Minimes de Limoges étant fortement sollicité de quitter l’habit et de retourner au monde, le Saint eut compassion de lui ; et après avoir demandé à N otre-Seigneur qu’il lui donnat ia persévérance, en lui soufflant dans la bouche et lui disant: Recevez le Saint Esprit, il le guérit de son inquiétude, et lui fit prendre la résolution de vivre et mourir dans le saint Ordre qu’il avait embrassé.
C’est cette même tendresse de cœur qui le porta à s'opposer aux violences et à la barbarie du tyran Ezelin, lequel s'étant emparé de quelques villes d’Italie, et entre autres de Padoue, de Vincence, de Véronne et de Bresse y exerçait des cruautés inouies. Il avait déjà fait mourir un grand nombre de citoyens de ces villes, et même soixante Religieux de l'Ordre de saint François : ce qui avait obligé le
> Solognac découvrit té, et qu'il les rudes Le Saint oÏr CONs0ous, et lui x le fit, et entit plus Un noces étant retourner ; et après ui donnat bouche et guérit de lution de avait em-
1 le porta du tyran villes d’Ience, de cruautés 1 nombre Religieux obligé le
Pape Alexandre IV. de fulminer contre lui une sen .
tence d’excommunication, et il venait tout nouvelle-
ment de faire un grand carnage dans Veronne. Le à Saint touché de tant de maux, alla le trouver dans cette ville : et l'ayant abordé avec un visage sévère
et plein de majesté, il lui dit d’une voix tonnante: Jusqu'à quand, cruel tyran et chien enragé, continueras-lu de répandre le sang innocent ? N ’apergois-tu pas que la vengeance de Dieu est prête, que son épée est levée, et que si tu ne fais pénitence il va l'écraser, Chacun croyait quele tyran allait massacrer ce généreux Serviteur de Dieu ; mais au contraire il fut si étonné de ces paroles qu’il se jeta à ses pieds, se mit son cordon au cou et-lui demanda pardon, promettant d'agir dans la suite avec plus de douceur, et de faire telle pénitence qu’il lui prescrirait. Ce qui contraignit ce cruel d’en agir avec cette modération et cette humilité, fut comme il l’avoue luimême, qu’il vit des rayons de lumière sortir du visage du Saint: et qu'il crût qu'il allait à l'heure
même être abimé et précipité dans les enfers.
Les emplois que saint Antoine avait au dehors de son Ordre, ne l'empêchaient pas de travailler au dedans à y maintenir l’observance régulière que son Père saint François y avait établie ; et il s'y vit particulièrement obligé par les relächements que frère Elie qui avait été élu général en la place de ec
| bien-heureux fondateur, y voulut introduire. Le || : sèlo qu'il fit paraître en ce point excita contre Jui une furieuse persécution : car ce général qui avait engagé dans ses sentiments une grande partie des Supérieurs de l'Ordre, ne pouvant souffrir que saint Antoine lui résistt encore, le traits de turbulent, de séditieux et de schismatique ; et il ne le fit pas seulement maltraiter de coups, mais il voulut aussi l'an rêter et le renfermer dans une prison. I] fallut que ce Saint qui combattait pour le testament de son père et pour la, conservation de l'esprit de pauvreté qui Ini avait 6té si cher, eût recours au Pape et se réfugiât sous la protection de son tribunal. Le général y fut cité : et saint Antoine y fit voir si clairement, comme un des anciens prophètes, que ce n’était pas lui qui troublait le peuple de Dieu, mais ce faux Supérieur, qui au lieu de maintenir F'observance dans sa vigueur, travaillait pax son autorité et son exemple à la détruire, que sa Sainteté déposa Elie, et fit procéder a l'élection d’un antre général en sa place, qui fut le Père Jean Parent, personnage d’un grand mérite, lequel étant plein, comme saint Antoine, de l'esprit de leur saint Instituteur, procura autant qu'il put que la règle fût gardée à la lettre. Notre Saint était alors Provincial de la Romagne, et pour faire voir que ce n’était point l'ambition, mais le zèle de la Gloire de Dieu
uire, Le contre lui qui avait artie des que saint bulent, de | pas seuaussi l’ar allut que t de son pauvreté ape et se nal, Le t voir si ètes, que de Dieu, naïntenir l SOR au- Sainteté un autre
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qui l'avait porté à s'opposer à son général, il de- |
manda instamment au Pape d’être déchergé de son office, et d’être exempt dans la suite de toute sorte de charge dans l'Ordre. Sa Sainteté eut peine à
lui accorder cette grâce ; néanmoins considérant :
qu'étant dégagé des soins de la supériorité, il pourrait plus aisément travailler par la composition et la prédication au salut des Ames, elle Je décharges
enfin de la supériorité. Elle voulut ensuite l'arré- 1
ter à Rome pour avoir son conseil dans les affaires les plus difficiles, et pour jouir souvent de sa conversation toute céleste ; maïs saint Antoine fit tant par
ses prières réitérées, qu’il obtint la permission d'al-
ler demeurer sur le Mont Alverne, qui était le lieu où saint François se retirait le plus ordinairement, et ou il avait reçu les sacrées stigmates. De-là il
vint à Padoue pour y achever la composition de ses || Sermons, et continua d'y annoncer les vérités su- 1 blimes de l'Evangile : mais peu de temps après, sen- (l
tant par ses faiblesses continuelles que l'heure de sa mort n’était pas éloignée, il se retira dans un lieu solitaire que l’on appelle Ze champ de saint Pierre, pour ne plus penser qu’à Dieu et à l’'Eternité, et pour employer le peu de jours qui lui restait, à essuyer par les larmes d’une sainte componction, tout
ce qu'il pouvait avoir contracté d'impur dans le Commerce avec le monde au milieu du quel sa cha-
rité le retenait.
* Sa demeure dans ce petit Monastère ne fut pas *
||‘ lougue: car peu de temps après étant tombé dans | ‘une défaillance générale de tous ses membres, ne pouvant plus se soutenir, il pria frère Roger son compagnon inséparable, de le ramener à ‘Padoue Ou il savait par révélation qu’il devait mourir.
On le mit dans un chariot, et on le mena vers
Padoue : Mais quand il en fut proche, un Religieux.
IL qui était venu au devant de lui, le voyant si mala-
de, et c'aignant que le peuple qui l’environnerait sans doute pour avoir sa bénédiction, ne lui fut in- |}. commode, il le pressa d’entrer plutôt chez les Confesseurs des Dames Religieuses de saint François, qui demeuraïent hors de la ville. Ce fut là que le bienheureux Antoine après s'être confessé à son compagnon et avoir reçu les autres Sacrements de l'Eglise, ayant aussi récité pour la dernière fois
|| cette Hymne sacrée de la Sainte Vierge, à
“laquelle il avait tant de dévotion: © Vierge (glorieuse . . . les yeux élevés au ciel, d'ou + il vit Notre-Seigneur descendre pour le recevoir, il lui rendit son ame très-pure dans un transport d’amour, et avec tant de tranquilité, qu’il semblait plutôt s’endormir que mourir. Ce fut le 18 de Juin de l’année 1231, cinq ans après la mort de son Père saint François. Et c’est une chose sur- prenante qu’ayant supporté tant de travaux, et fait
allait la gl
> fut pas
nbé dans nbres, ne oger son ‘Padoue mourir,
cna vers
eligieux.
si malaonnerait 1 fut inles Con- François, à que le é à son nents de ère fois erge, à
Vierge el, d’ou le recenm transu'il semut le 13 mort de ose sur- K, et fait
tant d'actions héroïques qui sembleraient demander un siècle, il n'avait néanmoins que trente-six ans, et il n’y avait que dix ans qu'il était entré dans l'Ordre.
À peine fut-il expiré, que les petits enfans de Padoue sans être excités par personne s’écrièrent dans les rues que le Saint était mort : cela fit assembler toute la ville, et l’on vit en un instant un nombre infini d’honimes et de femmes, accourir au logement où il était pour honorer son sacré corps. Il y eut beaucoup de contestation pour le lieu de sa sépulture; car d’un côté les Religieux de sainte Claire, chez qui il était mort, voulaient le retenir, et les habitants qui étaient dans les environs prirent les armes pour empêcher qu'on ne lenlevât: mais d’un autre côté les Religieux qui étaient dans la ville le demandaient avec instance comme appartenant à leur Maison. Enfin l'Evêque du lieu, les Magistrats et le Provincial jugèrent en faveur de ceux-ci, et ce précieux trésor fut transporté dans l'enceinte de la ville, en l'Eglise des Mineurs, appelée Sainte Marie, avec une magnificence extraordinaire, Le Saint avait déjà apparu au celèbre Abbé de Vercelles, dont nous avons parlé et l'avait assuré qu’il allait à l'heure même jouir des délices éternelles de la gloire. '
ll se fit à son tombeau des mirâcles si illustres et
en si grand nombre, que le Pape Grégoire IX, qui : l'avait connu, fit travailler deslors à l'affaire de sa
. Canonisation, et la conclut l’année suivante. La
Bulle qu'il en fit expédiér rend témoignage des guérisons miraculeuses et des grâces extraoïdinaires que l’on avait obtenues depuis un an par son inter cession, Il arriva au jour même de cette Canonisation qui fut faite à Spolette .en Italie, une chose prodigieuse à Lisbonne, en Portagal, c'est que toutes les dloches de la villes sonnèrent d’elles-mêmes et que les hommes et les femmes se mirent à chanter, à :se réjouir et à faire une grande fête, sans savoir encore le sujet de leur réjouissance, Trente-deux ans après son bienheureux décès son Corps fut trouvé consumé selon l'ordinaire des corps humains ; mais sa langue qui avait servi à la conversion de tant de pécheurs, était demeurée
| ni corruption, et aussi rouge que sielle eut été
vivante. Saint Bonaventure qui assista à cette cé- + rémonié comme Général de l'Ordre la prit avec respect dans ses mains, la baisa et profera amoureusement ces paroles: O langue bienheureuse qui avez toujours loué Dieu, et qui avez si dignement
travaillé à le faire louer; votre mérite parait .
maintenant devant tout le monde, et vous en recevez (a récompense de celui qui vous avait crée pour une fin si glorieuse,
> IX. qui ire de sa nte. La nage des rdinaires son inter , Canonine chose que tous-mêmes ; à chanète, sans
ix décès naire des servi à la emeurée
‘eut été
cette cérit avec à amou- "euse qui gnement
» paraît .
n TéCevez OUT une
Ce miracle excita une nouvelle dévotion envers St. Antoine. St. Bonaventure ÿ participa plus que personne, Un jour qu'il se mettait en devoir de Composer quelque chose à la gloire de ce grand Saint, il fut ravi en esprit, et sa main conduite par l'Esprit de Dieu écrivit ce court panégyrique, Si quær*) miracula, “ Demandez-vous des mirâcles ?
:# La mort, l’hérésie, les calamités, la lèpre st le . … # démon disparaissent au nom d'Antoine, Les ma-
# lades recouvrent la santé, les tempêtes sont ap- “ paisées ; les chaînes se brisent ; les plaies se grué- “ rissent; les jeunes gens et les vieillards retrou- “ vent les objets perdus : les dangers disparaissent, “et ies nécessités finissent. Que ceux qui en ont
“ fait l’expérience et surtout que les habitants de |
# Padoue racontent ces merveilles,