IL REÇOIT L'ORDRE, ETC
cernait Alphonse , fit connaître en son absence à toute la communauté ses sentiments à cet égard , et , l'ayant fait appeler lui-même , il ordonna qu'on raccourcît sa soutane , lui demanda tous ses papiers , et lui enjoignit de ne jamais écrire un mot à l'avenir, sans le montrer au Supérieur du collège. La joie du saint homme ne fut jamais plus grande que dans cette occasion , et pendant qu'on recueillait à son insu les morceaux retranchés de sa robe poulies conserver précieusement , il se félicitait de voir qu'on commençât enfin à lui rendre justice en le traitant avec le mépris qu'il méritait.
Mais Alphonse fut soumis à une épreuve d'un tout autre genre , et qui coûta infiniment à sa modestie. Ses Supérieurs lui intimèrent l'ordre de rédiger par écrit ses lumières, ses sentiments, et d'exposer en détail tout ce qu'il avait reçu de grâces célestes pendant sa vie entière. Pour couvrir leur véritable intention , et ne pas laisser soupçonner au bon religieux quel était le motif de celte demande , ils lui donnèrent pour raison qu'ils voulaient connaître l'état de sa conscience, et voir clairement son intérieur, afin de juger des progrès qu'il avait pu faire dans la vertu , et de découvrir s'il ne serait point tombé dans l'illusion. L'obéissance d'Alphonse était très-parfaite ; mais quoiqu'il ne lui vînt pas dans l'esprit