‹ Vie du bienheureux - Alphonse RodriguesChapitre 47 sur 149 · JÉSUS ET MARIE · texte numérisé non relu

JÉSUS ET MARIE

Le saint homme ne recevait pas de moindres grâces dans les moments où il visitait , pendant !a journée , Jésus-Christ dans son sanctuaire : à la seconde fête de la Pentecôte de l'année 1 606 , on exposa pendant tout le jour dans l'église du collège le très-saint Sacrement , à l'occasion d'une solennité particulière ; Alphonse ne quitta presque pas ce jour-là les pieds de son Bien- Aimé. Pendant qu'il se livrait à tonte la tendresse de sa dévotion , il fut frappé d'une clarté semblable à celle d'un éclair, mais d'un éclair qui , au lieu de s'évanouir , subsisterait dans toute sa vivacité : ce ravon de feu partait de l'adorable eucharistie , où Alphonse distingua Jésus présent dans son sacrement ; et son cœur fut embrasé de flammes d'amour si dévorantes qu'il crut qu'elles allaient lui ôter la vie ; mais en même temps il entra dans une sainte défiance de lui-même , craignant qu'il n'y eût en tout cela de l'illusion. Alors Marie parut à côté de Jésus au milieu de cette gloire éblouissante : « Que crains-tu , Alphonse , dit-elle , pourquoi n'astu pas plus de confiance en mon Fils ? » Le Sauveur se tournant vers sa Mère lui dit : « Cette crainte me plaît. » Et dans cet instant Alphonse comprit combien une crainte filiale est agréable à Dieu. 11 entendit ensuite une voix qui prononçait distinctement ces paroles : i Vous mar-

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cherez sur l'aspic et le basilic , et vous foulerez aux pieds le lion et le dragon ; » ce qu'on lui expliqua de l'empire qui lui était donné sur les démons. La même voix ajouta : « Ils vous porteront dans leurs mains , de peur que votre pied ne heurte contre quelque pierre. » Et ces mots du Psalmiste désignaient l'assistance que le Bienheureux devait recevoir des saints Ans;es, à l'aide desquels il éviterait le péché; après quoi la vision disparut.

La foi et la charité d'Alphonse prenaient un nouvel accroissement, lorsqu'il assistait à l'auguste sacrifice de nos autels ; jamais i! ne se priva de ce bonheur , et lorsqu'il était sérieusement malade et retenu au lit, il ne fallait rien moins qu'un ordre formel du Supérieur pour l'empêcher de se traîner à l'église pour y entendre la sainte messe. II ambitionnait surtout l'honneur de la servir ; c'était selon lui une fonction qui produisait des fruits admirables en donnant les moyens de traiter de plus près avec Jésus. Pendant plusieurs années il fut chargé de remplir l'office de clerc à la messe du père Recteur : lorsqu'il se rendait à la sacristie à l'heure indiquée , sa figure était si rayonnante de joie que tous ceux qui le rencontraient disaient sans crainte de se tromper : « Alphonse va servir la messe. » Plusieurs témoins ont déposé juridi-

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