DES DIVISIONS INTESTINES
heureuse eité offrait le spectacle d'une place frontière envahie par une armée ennemie. La campagne demeurait sans culiure ; il était impossible de sortir de nuit et même de jour sans courir risque de la vie , et chacun se tenait en garde devant sa porte , ne songeant qu'à sa propre sûreté. Le vice-roi , voyant qu'on ne pouvait plus compter sur les hommes, pensa qu'il n'y avait d'autre ressource que de donner à la ville une mission ; il s'adressa donc au Recteur du collège, et en obtint deux Pères pour celte œuvre si difficile et si importante. Mais le Recteur , jugeant bien que Dieu seul pouvait faire réussir une telle entreprise , et qu'il ne fallait pas moins qu'un miracle de grâce pour éteindre des haines si envenimées, fit venir Alphonse avant le départ des missionnaires, et, après lui avoir fait part de la situation déplorable de celte ville infortunée , et du peu d'espérance qu'on pouvait conserver humainement d'apporter le remède à un si grand mal, ii lui commanda de s'employer de toutes ses forces auprès du Seigneur pour fléchir sa colère et attirer les bénédictions les plus abondantes sur la mission qui allait commencer. Il n'en fallait pas tant pour enflammer le zèle du saint frère : il courut se jeter aux pieds de Marie sa puissante prolectrice , et , avec une ferveur