‹ Vie du DanteChapitre 1 sur 9 · LIBRAIRE · texte numérisé non relu

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Une traduction du Dante n'aurait aujourd'hui, après toutes celles qui ont été publiées dans ces derniers temps, et surtout après la belle version de Lamennais, aucune chance de bon accueil. Son antériorité, fût-elle bien établie, ne rachèterait pas un défaut capital ajouté aux périls de la comparaison, celui de venir trop tard et de manquer d'opportunité.

Le nouveau traducteur de la Divine Comédie n'éprouve à cet égard aucun mécompte. Son travail, entrepris en 1842 et poursuivi jusqu'en 1848 pour le seul plaisir de converser plus intimement avec son poète favori, n'a jamais dû voir le jour. Il en a recueilli tout le fruit qu'il s'en promettait. Il se déclare bien payé de sa peine.

Mais, par une faiblesse dont il s'accuse, il a voulu laisser une trace de son long voyage à la suite de l'illustre pèlerin. Une étude biographique, historique et littéraire, et une

analyse du poème, écrites pour lui seul, avaient été le complément de sa traduction pour servir d'introduction à la Divine Comédie. Il a pensé que ces deux morceaux pouvaient être détachés et fournir à d'autres versions meilleures que la sienne des éclaircissements utiles. La vie du Dante est en effet tout entière dans son œuvre, en traits épars qu'on saisira mieux après avoir lu sa biographie puisée principalement à cette source ; et l'analyse du poème, en forme de récit continu, mettra mieux au jour la trame de ce merveilleux tissu, 1rs ressorts de ce drame aux cent actes divers.

Le nouveau traducteur s'efface donc et laisse la place au biographe qui ose à peine se présenter.

Henri Dauphiî».

Octobre 1888.

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