‹ Vie du R.P. Louis Sellier de la Compagnie de JésusChapitre 44 sur 44 · RÈGLEMENT DE VIE · texte numérisé non relu

RÈGLEMENT DE VIE

1° EiWERS DIKU.

M'affectionner plus que jamais au saint exercice de la prière. J'ai reconnu que toutes mes chutes ne sont venues que de ma négligence par rapport à l'oraison... Demander souvent au Seigneur l'esprit de prière et la persévérance dans la prière.

M'approcber du sacrement de pénitence avec beaucoup de foi, de componction, et tâcher de faire mes confessions comme si chacune était la dernière.

Célébrer le redoutable sacrifice avec les dispositions les pÎHS parfaites qu'il me sera possible d'obte-

~ ôDl) —

nir par l'intercession de la très -sainte Vierge, de saint Joseph, de mon bon ange... Relire au moins deux fois par an, à l'époque de la rénovalion des vœux, ce que j'ai écrit sur ce point durant ma grande retraite de iSll), et le plus tôt que je pourrai, le cardinal Bona, de Sacnficio Missœ. Que j'aie la foi, j'aurai toutes ces dispositions.

Pour le bréviaire, 1° me recueillir avant de commencer; désavouer toutes les distractions, et les changer en autant d'actes d'amour de Dieu aussi parfaits que ceux de Notre-Seigneur durant sa vie mortelle et ceux de la très-sainte Vierge ;

2" Me pénétrer autant que possible du sens des psaumes;

5** Remettre chaque verset entre les mains de Marie, pour qu'elle l'offre à la très-sainte Trinité comme une fleur;

4*' Renouveler l'intention de procurer la plus grande gloire de Dieu à chaque Gloria Patri. A chaque petite heure, à chaque nocturne, offrir le premier psaume en l'honneur du Père, le deuxième en l'honneur du Fils, le troisième en l'honneur du Saint-Esprit.

Réciter chaque jour le chapelet avec le \)\us de dévotion possible, et parcourir les uns après les autres les mystères du Rosaire.

Visite au très -saint Sacrement au moins une fois par jour, et, si je puis, reprendre l'habitude d'une demi-heure d'oraison le soir.

Litanies des Saints récitées avec allerUion et dévotion; pour cela, quelques momenis de préparation

1" EISVKRS MOI-MÊME.

r Combattre autrement que je n'ai fait mon dé faut dominant, qui est l'amour-propre et la vivacité de mon caractère. Faire de ces deux défauts la matière de mon examen particulier pendant trois ou quatre jours chaque mois... M'appliquer tout de bon à acquérir les vertus de douceur et cVhwnilifé. Pour cela, employer la prière, la récollection au moins de deux en deux mois; m'imposer des pénitences toutes les fois qu'il me sera échappé quelques saillies d'humeur, d'impatience, de brusquerie, dans mes gestes ou mes paroles.

2° Employer mon temps toujours utilement. Hors des missions, lire Liguori trois fois par semaine au moins pendant une heure, savoir : les lundi, mercredi et vendredi dans la matinée. Composer, écrire; étudier l'Ecriture sainte de deux jours l'un, et ne |)asser aucun jour sans en lire quelques chapitres.

5° M'appliquer à lacquisition des vertus religieuses, surtout à une obéissance de foi; à l'esprit de pauvreté, de patience, de charité.

4" Hors des missions, mon temps sera distribué ainsi qu'il suit : trois heures, lever. Quatre heures et demie ou cinq heures, sainte messe. Deux petites Heures avant la messe, et deux après. Six heures, rentrer dans ma chambre si je le puis; étudier la sainte Ecriture ou la théologie, puis écrire. Dix heures, lecture spirituelle. Examen à l'heure ordinaire. Le soir, à une heure et demie, vêpres... étude ou composition.

Six lieures, malines, visite, souper. Je pourrai remettre matines après le souper.

5** Faire plus soigneusement mon examen particulier et ma lecture spirituelle.

0° Lire mes saintes règles une fois chaque mois.

7° En temps de mission, autant que possible, lever à trois heures, au moins à trois heures et demie. Oraison pendant l'heure entière. Sainte messe à l'heure convenable. Exactitude aux règles proi]//55iOnibus; lire ces règles au commencement des missions, ainsi que celles pro Sacerdotibus et pro Concùmatoribus. Inscrire exactement les pénitents, et cela dès le premier jour. N'entrer au confessionnal qu'après avoir prié, après avoir bien purihé mon intention... Eviter la précipitation, les vivacités, les préférences, les questions superflues; garder toujours la sainte présence de Dieu; demander surtout le don de discernement et de force dans les occasions difficiles. Dans les rapports avec les nôtres et les autres ecclésiastiques, montrer beaucoup d'affabilité, de prévenance... obtenir qu'on fasse la lecture à table. Eviter les discussions et les longues conversations après les repas. Faire observer, autant que possible, le règlement. Dans les repas, présence de Dieu, tempérance et même mortification. Conformité à la suradorable volonté de Dieu. Confiance inébranlable en Jésus et Marie.

0° ENVERS LE PHOCHAiN.

1° Me défaire, avec la grâce de Dieu, de cet extérieur morose, rebutant envers les personnes qui m'a'

hordeiU, et surtout envers celles qui me fatiguent, ou dont je crains d'être fatigué. Ce défaut vient de l'orgueil, et je ne l'ai jamais bien combattu. Faire en sorte de me rendre doux, affable envers tous. Ne témoigner ni impatiena*. ni ennui dans les circonstances où je serai pressé.

t>* Surtout m'appliquer à me vaincre lorsque jVprouve de la contradiction ou de la résislance. C'est alors que ji* me rappellerai la sainte présence de Dieu, récitant intérieurement : Deuft, in adjutorium meum, etc., afin de maîtriser mes vivacités et me tenir dans un calme parfait; j'éviterai surtout ce ton emporté, courroucé.

5*> M'appliquer sérieusement i\ l'acquisition de la modestie, telle qu'elle nous est recommandée par nos saintes règles, dans les gestes, la démarche, le ton de la voix; mais surtout de cette gravité, de cet esprit de foi dans toutes les fonctions du saint ministère.

NOTICE SUR LA VIlî

Dlf

F. FRANÇOIS HALLU

Le F. François HiUu, élève du P. Sellier, s'é(îiiit distingué par la pratique des plus éminentes vertus, et ayant contribué à établir si clïicacement, sous l'influence du saint homme, le bon esprit qui n'a cessé de régner dans la maison de Saint- Firmin, nous n'avons pas regardé comme un hors-d'œuvre la Notice que nous publions ici sur ce fervent religieux.

Charles-François lïallu naquit le i8 mars 17l)/i, à Cérisy, paroisse du diocèse d'Amiens, entre Corbie et réronne. Ses verlueux parents, malgré la médiocrité de leur fortune, le placèrent tout jeune encore

dans le collège que les Pères de la Foi avaient roriué à Monldidier avant le rétablissement de la Compagnie de Jésus. Il s'y fit d'abord remarquer par une conduite qui parut plutôt celle d'un fervent novice que d'un jeune étudiant. Tout ce qu'on lit de la régularité des Bercius et des Berckmans, on crut l'apercevoir dans le nouvel élève. Sa piété n'éprouva jamais ces variations si ordinaires dans le premier âge de la vie; et, parmi une foule de jeunes gens vertueux, il fut reconnu comme le plus accompli de tous. Sa régularité exemplaire lui fit décerner le plus beau de tous les prix, celui de sagesse.

Obligé de quitter cette maison, qui, sur la fin de 1812, eut le sort que Saint-Acheul devait éprouver à son tour en 1828, il alla faire sa philosophie au sémi naire d'Amiens, où il se distingua de même par la pratique soutenue de toutes les vertus de la jeunesse, de celles même qui semblent n'appartenir qu'à l'âge mûr. On sait quel attrait les vacances ont pour les étudiants, et combien peu ont le courage d'en consacrer une partie à des occupations sérieuses. Le jeune Hallu savait s'imposer ce sacrifice. Chaque année il ne manquait pas de passer huit ou dix jours dans la solitude. Ce temps, qui pour les autres est une époque de délassement et quelquefois de dissipation, devenait pour lui une époque de recueillement et de prière. C'est ainsi que notre pieux jeune homme se disposait de loin à entrer un jour dans la Compagnie, à laquelle dès lors il se sentait appelé. Aussi, quand il y fut admis en 1814, on le trouva déjà tout

formé, et digue de servir de modèle à ses frères.

Avant de rapporter les faits relatifs aux diverses situations de sa vie, nous croyons devoir retracer ici les principales vertus auxquelles il doit l'opinion de sainteté qu'il a laissée daJis le souvenir de toutes les personnes qui l'ont connu.

1*" Sa fidélité à la règle. Elle s'étendait aux plus petites choses. Il s'en était fait une habitude dès son entrée au collège de Montdidier. Tant qu'il y fut en qualité d'élève, on ne le vit jamais commettre une faute volontaire contre aucun point du règlemenL Toujours il était le premier levé, quand la cloche du réveil avait donné le signal. Jamais il ne se permit d'ouvrir la bouche hors du temps des récréations. Une fois appliqué au travail, jamais on ne le surprenait à lever les yeux, même par inadvertance. Cette sévère exactitude, il la conserva dans la Compagnie, sans pouvoir toutefois rien y ajouter, puisque dès lors il la portail à un rare degré de perfection. Elle était si ponctuelle, qu'elle aurait pu passer pour minutieuse, si l'on n'avait su d'ailleurs qu'il n'avait pas la maladie des consciences scrupuleuses. Imitateur zélé des Louis de Gonzague et des Stanislas, il n'aurait ni emprunté ni prêté une feuille de papier sans une permission expresse; et pour la demander, cette permission, il eût fait dix fois le chemin de Saint-Firmin à Saint-Acheul et de Saint -Acheul à Saint-Firmin; car il habita pendant plusieurs années cette dernière maison, séparée de la première par une glande route et par une avenue.

l^** Son obéissance. Si, comme le dit saint Ignace, l'obéissance est la pierre de louche de la vraie dévotion, il sulïira de siwoir comment le F. Ilallu l'a pratiquée, pour comprendre jusqu'où il s'est élevé dans la perfection religieuse. Un signe de la volonté du supérieur était pour lui un ordre positif dont aucune considération humaine n'aurait pu le faire dévier. 11 ne connaissait aucune de ces interprétations, aucun de ces tempéraments dont Tamour- propre s'accommode si bien, et qu'il trouve si aisément dans certains cas douteux, où il y a quelque chose qui le blesse ou qui contrarie la sensualité : il observait tout à la lettre. Jamais on ne l'entendit alléguer d'excuses pour se dispenser de quoi que ce fût. Quand il faisait une observation, c'était pour donner quelque éclaircissement nécessaire, et toujours du ton le plus modéré et le ])lus respectueux.

L'esprit d'obéissance avait éteint en lui toute volonté propre. Il ne laissait apercevoir aucun goût, aucune inclination pour tel emploi, plutôt que pour tel autre. Le seul désir qu'il eût conservé à cet égard, c'était d'être comi)té pour rien et mis à la dernière place. Indifférent du reste à toute sorte de ministères, il ne trouvait rien de diflicile dès que la chose était réglée par la sainte obéissance. Surveiller, régenter, faire une classe élevée ou inférieure, c'était tout un à ses yeux. Qu'on lui fit, comme il arriva plus d'une fois, prendre, quitter, reprendre, quitter encore une occupation pour le charger d'une autre tout opposée, pour laquelle il ne se sentait aucune apli-

tude,oii le Irouvail toujours également soumis, également satisfait. Il n'aimait pas qu'on lui donnât les raisons de ce qu'on avait à lui prescrire; c'eût été, à son avis, lui dérober le mérite de l'obéissance. Ce n est 'point à nous, disait-il, de connaîlre le pourquoi, il noKii suffit de savoir ce qui est ordonné. On lui aurait commandé des choses moralement impossibles, qu'il se serait mis en devoir de les exécuter. Une de ses maximes était qu'obéir, c'est faire mourir sa volonté, et que faire mourir sa volonté est quelque chose de plus que de ressusciter un mort.

5** L'esprit de foi, on a déjà dû le reconnaître, étaif l'a me de toutes ses actions, de toutes ses affections. Un de nos Pères qui a vécu longtemps avec lui, et qui l'a bien étudié, n'a pas craint d'avancer qu'il ne lui échappait guère une parole ou un geste qui ne fût dicté ou dirigé par une vue surnaturelle.

Cet esprit se manifestait dans toute sa conduite. 11 était difficile de traiter avec lui sans l'apercevoir. Sa conversation avait je ne sais quelle pieuse simplicité qui allait au cœur. « Aussi, ajoute un autre Père qui a l'a également bien connu, je le quittais toujours « trop tôt à mon gré. Ses discours m'étaient plus pro- « (itables qu'une lecture, parce qu'ils avaient ce qu'on « chercherait en vain dans les paroles dictées par l'es- « prit de l'homme, cette onction secrète que l'esprit « de Dieu communique aux âmes qui lui appartien- « nent. « Toutefois il parlait peu, et l'on sentait qu'il avait continuellement sur les lèvres cette garde de circonspection tant recommandée dans l'Écriture, et

sans laquelle il est impossible de ne pas pécher par la langue.

Entre les fautes de ce genre, il craignait surtout la médisance; et la délicatesse de sa conscience allait loin sur cet article. Il se reprochait non ce qu'il pouvait avoir dit sur le compte d'autrui (car il n'en parlait jamais qu'en bien), mais ce que par inadvertance il aurait écouté de tant soit peu défavorable au prochain.

Etranger à ce qui se passe dans le monde, il ne s*en informait point. Si Ton venait à parler d'alTaires publiques ou particulières, il ne prenait part à la conversation qu'autant qu'il s'agissait des intérêts de la religion; n'était-il question que de nouvelles, il se mettait peu en peine de les savoir; on le voyait alors rentrer en lui-même et se recueillir.

Dons ses rapports avec ses frères, c'est trop dire qu'il ne se permettait rien qui fût de nature à les blesser ou à les mortifier; il ne se pardonnait pas même les paroles les plus mesurées, lorsque, contre son intention, elles avaient pu contrarier le moindre d'entre eux. Il lui arriva un jour d'avoir une légère altercation sur un point où, pour le fond comme pour la forme, la raison était de son côté. « A peine, dit « un témoin oculaire, fut-il sorti de la bibliothèque, « où la contestation avait eu lieu, que je le vis ren- « trer, se jeter à genoux aux pieds de son frère, et « lui demander pardon de son orgueil et de son 0 opiniâtreté. »

4" Son union avec Dieu ctnit habiluellc et intime.

Jl la devail soit à sa vigilance sur lui-nièiiie, soil à la pratique de l'oraison, dont il avait reçu le don à un degré éminent. Il suffisait de l'entendre réciter la prière avant la classe, ou seulement de le voir faire le signe de la croix, pour reconnaître en lui une àme profondément intérieure : l'impression que l'on éprouvait alors était telle, que, sans le vouloir, on se trouvait tout pénétré du sentiment de la présence divine et d'un certain désir de mieux prier. Un de ses écrits nous apprend qu'il recevait des grâces particulières dans l'oraison. « Je ne sais, dit- il, comment cela « arri\e; aussitôt que je me mets en oraison, mon « esprit se trouve comme perdu en Dieu, je n'ai plus 0 besoin de rien chercher. » Ensuite il s'étonne et se confond d'être ainsi traité par Notre-Seigneur.

Os faveurs étaient sans doute une récompense de son zèle à profiter de tout ce qu'il voyait ou entendait, pour s'élever et pour s'unir à Dieu. Ses écrits témoignent de son attention à recueillir les moindres paroles qui pouvaient contribuer à son avancement. Il cite quelque part ce mot que venait de dire un des Pères : « La Compagnie de Jésus n'aime pas les cœurs rétrécis : elle demande des âmes généreuses qui s'oublient elles-mêmes pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. « Je ne dois donc pas, conclut-il, m'arréter à des inquiétudes inutiles, à de vains scrupules; un acte d'amour de Dieu lui plaira plus que ces recherches minutieuses. » Un autre Père ayant dit: Je suis plus avare de mon temps que l'avare le plus cupide ne l'est de son argent; il tiie celte conséquence:

« Doncje ne dois pas perdre un instant, d'abord parce que le travail est une pénitence qui m'a été imposée; ensuite parce que c'est le moyen de me rendre un jour tant soit peu utile dans le champ du Seigneur. ))

Une âme aussi remplie de l'esprit de Dieu trouvait dans sa ferveur même et dans le désir de mieux correspondre aux grâces du Seigneur non-seulement des motifs d'humilité, mais aussi des sujets de crainte et d'alarmes dont l'esprit de ténèbres se prévalut plus d'une fois pour essayer d'ébranler sa confiance. Il était naturellement porté à s'aflliger sans mesure, à se décourager même, dès qu'il se croyait coupable de quelque faute. Cette disposition d'esprit devint pour lui, dans sa jeunesse surtout, une source de tentations importunes. Avec le temps il parvint à en triompher complètement. Voici le saint artitice dont il usa : « Quand mes péchés m'effraient, dit- il, je jette les yeux sur mon crucifix... Tant que je verrai les pieds et les mains de mon Sauveur percés pour l'amour de moi, j'espérerai. »

Ce lut alors sans doute qu'il adopta et prit en quelque sorte pour devise cette belle sentence que nous avons recueillie de sa bouche : « Je laisse le passé â « la miséricorde, et l'avenir à la Providence; pour ce « qui est du présent, je le livre tout à l'amour. »

Jusqu'ici nous avons considéré les vertus de notre fervent religieux dans sa vie privée et avant son noviciat. Nous allons le présenter sous d'autres points de vue où il ne paraîtra ni moins parfait, ni moins

- 4li —

udmirable. Son admission dans la Compagnie n'avail

précédé que de quelques semaines l'ouverture du

petit séminaire de Saint-Acheul, en J814. Après avoir

employé six mois à revoir la rhétorique, il fut chargé

de la régence des classes inférieures, et arriva ainsi

jusqu'à la quatrième, qu'il professa deux années de

suite. Pour l'apprécier comme régent, nous n'aurons

presque besoin que du témoignage de ses élèves.

« Je Tai eu pour professeur en quatrième dit l'un

« d'eux, et pour confident de mon intérieur; je lui

« dois des biens infinis. Ce (pie j'ai surtout admiré

« en lui, c'est un calme et une douceur inaltérables.

« Je puis le dire avec vérité, c'était un saint. Il ne

« respirait que la gloire de Dieu et l'avancement spi-

« rituel de ceux qui lui étaient confiés. — Je l'ai eu

« pour professeur de septième, dit un autre; quoique

a bien jeune encore, je fus frappé de l'adresse avec

» laquelle il savait , sans affectation, ramener à des

« idées de religion et de piété ce qui paraissait y

« prêter le moins. Il avait une grâce particulière pour

« parler des choses de Dieu; il le faisait d'une ma-

« nière si intéressante et d'un ton de voix si animé,

a qu'il était aisé de voir que sa bouche parlait de

« Tabondance du cœur. Sa vue seule, son air modeste

« et recueilli me portait à la vertu; et bien qu'éloigné

« de Saint-Acheul depuis plusieurs années, le sou-

. « venir de ce saint professeur fait encore sur moi la

a plus vive et la plus douce impression. »

La dernière année de sa régence, le F. Hallu éprouva une faiblesse de poilrine (jui ne lui permet-

lait plus d'élever la voix et de se Caire entendre. Il n'en continua pas moins ses fonctions; et avec le même succès qu'auparavant. L'expédient auquel il eut recours alors prouverait seul quel empire il avait acquis sur ses élèves. Il faisait monter l'un d'eux à ses côtés, et lui suggérait à voix basse ce qu'il fallait dire. L'élève répétait à haute voix les paroles du maître, et tous prêtaient une oreille aussi attentive que si le maître eût parlé lui-même. Grâce à cette industrie, les leçons étaient récitées, les devoirs corrigés, les auteurs expliqués, avec tant de régularité et (le prolit pour les élèves, qu'ils ne soulîrirent aucunement de l'indisposition de leur professeur. Le préfet des études a plus d'une fois attesté que lorsqu'il voulait se donner le plaisir de voir une classe bien tenue et bien faite, c'était celle du F. Hallu qu'il allait visiter de préférence. Un autre Père qui sans être aperiu avait à loisir considéré le maître et les élèves, a reconnu que jamais le professeur le plus habile, le |)lus ferme, le plus redouté, n'aurait obtenu autant de silence et d'attention. Il en demanda un jour la raison à l'un des plus étourdis de la classe. Eh ! comment se permettre de causer, répondit-il; comment faire de la peine à notre saint ?

Il obtenait de ses élèves tout ce qu'il voulait, aussi bien pour la piété que pour l'ordre, le silence et l'ap- ])lication. Tous recueillaient ses paroles les plus simples comme autant d'oracles. Leur demandait-on le motif ou l'origine de certaines pratiques pieuses auxquelles ils s'étaient habitués, ils répondaient : Pour-

rions-nous 71 y peu tenir ? t'est M. Hailu qui nous les a recommandées ; et vous savez bien, ajoutaient-ils, que c'est un saint. Telle était l'idée que tous ses élèves s'étaient formée de sa vertu ; el l'on sait que les enfants sont d'assez bons juges, des juges sévères et impartiaux. Il fallail qu'ils eussent aperçu dans leur professeur quelque chose de bien extraordinaire, pour lui décerner unanimement le nom de saint , et surtout pour lui oiïrir chaque jour de plein gré le sacrifice le plus pénible à leur légèreté naturelle, celui d'un silence el d'une application soutenue : car ils n'auraient jamais osé s'exposer à lui déplaire, soit par la dissipation, soit par un devoir omis ou trop négligemment travaillé.

Quelle était donc la cause immédiate qui lui donnait tant d'empire sur les cœurs? C'était d'abord une parfaite égalité d'humeur que rien en lui ni autour de lui ne pouvait altérer; c'était ensuite son iiicomparable douceur. Loin de donner à ses élèves l'idée d'en abuser, elle faisait sur tous, même sur les plus vifs et les plus légers, l'effet d'un miracle continuel, en leur imprimant une vénération toute religieuse dont aucun d'eux ne se départit jamais el qu'aucun tl'eux non plus, nous pouvons le dire, n'oubliera jamais. On sait quelle opinion saint François Régis avait laissée de sa sainteté à ceux qui furent ses élèves; c'est précisément celle que le F. liallu a laissée parmi les siens.

Après plus de six années de régence, il put enlin commencer, jui mois de septendue 18!2I, l'année de

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noviciat qui lui manqua il. Voici ce qu'a écrit sur son séjour à Monlrouge un de ses frères en Jésus-Christ. « J'ai passé une année de noviciat avec lui, et depuis ce temps le souvenir de ses vertus est resté profondément gravé dans mon cœur. 11 avait un talent particulier pour rester ignoré et inconnu ; aussi ne découvrait-on rien en lui d'extraordinaire, si ce n'est une admirable fidélité à toutes les règles, à toutes les pratiques de la vie commune. Du reste, doux, paisible, maître de ses mouvements, il cachait les dons de la grâce sous un extérieur aussi simple que modeste. Dans les conversations, il laissait volontiers parler les autres; quoique très-versé dans les choses spirituelles, il le donnait peu à connaître : il se bornait à écouter ce qui se disait de pieux et d'édifiant, à l'écouter, dis-je, avec la même attention que si ces maximes eussent été nouvelles pour lui. Son attrait le portait à la vie intérieure et à une union étroite avec Dieu. Le Seigneur, qui devait bientôt le retirer de ce monde, et qui sans doute voulait le sanctifier en peu de temps, lui fournit, durant son noviciat, des moyens tout paiticuliers de faire de merveilleux progrès dans la voie de la perfection. Par suite d'un mal de jambe qu'il avait négligé, il se vit condamné, les jours de promenade, à garder la maison et même la chambre durant la plus grande partie de l'année. Presque tout ce temps fut donné à la piété. Retiré dans une tribune qui avait vue sur le tabernacle de la chapelle, il passait des heures entières en oraison, ou bien à lire et à méditer les livres spirituels. Si

quelquefois on lui parlait de sou mal et des privations qui en étaient la suite, il ne répondait que par un doux et léger sourire : on eût dit que son humilité craignait de montrer plus ouvertement la satisfaction qu'il ressentait d'une inlirmité qui lui procurait l'avantage de se morlilier et d'offrir à Dieu quelques sacrifices. »

De retour ii Saint -Acheul au mois de septembre 18:22, le F. Hallu commença son cours de théologie. Déjà il avait eu, avant son noviciat, la direction de la maison de Saint- Firmin; on la lui confia de nouveau, dans la persuasion où l'on était que nul autre ne pouvait mieux que lui remplir celle importante fonction. En ellet, il n'oublia rien pour nourrir et fortilier l'esprit de piété dans cette maison, presque toute composée d'élèves du sanctuaire. Embrasé de l'amour du sacré Cœur, c'était pour lui et par lui qu'il agissait en toutes choses : il aurait voulu en faire passer l'amour dans tous les cœurs; il en parlait avec délices, je dirais presque avec transport, aux jeunes gens. Il semblait alors avoir perdu sa timidité naturelle; le feu dont il était plein éclatait dans ses yeux et sur son visage. Aussi voulut -il que non-seulement Saint- Firmin devînt le centre delà congrégation érigée dans les trois succursales de Sainl-Acheul en l'honneur du Cœur de Jésus, mais de plus qu'il fût spécialement consacré à ce divin Cœur, comme Saint-Acheul l'était à la sainle Vierge, l'abbatiale aux saints Anges, et le Blamont à saint Joseph.

Après le Cœur de Jésus, le premier objet de son amour était le Cœur immaculé de Marie. Il s'était même engagé par vœ.u à propager la dévotion à ces deux Cœurs, dont l'un est la source, et l'autre le canal de toutes les bénédictions célesles. Non content de ce qu'il faisait par lui-même pour leur donner des serviteurs et des imitateurs, il invitait quelques jeunes régents de Saint -Acheul à seconder ses efforts; et ceux-ci venaient tanlôt faire des instructions aux élèves de Saint-Firmin, tantôt passer les récréations avec eux pour leur parler familièrement de Jésus et de Marie.

Ce qui affectionnait le plus le F. Hallu à cette maison, c'était de n'y avoir pour élèves que des jeunes gens peu favorisés des dons de la fortune. On remarque dans les écrits où il se rend compte à luimême de tous les mouvements de son cœur, qu'il ne voyait pas sans quelque peine s'embellir tant soit peu les appartements. Voici les rétlexions qu'il fait à ce sujet : a Plus Saint-Firmin, dit-il, sera pauvre, « moins il sera pourvu d'appartements commodes et « ornés, plus aussi il se conservera dans sa ferveur « primitive.... Les élèves riches et bien mis, voilà ce « qui le perdrait.... Qu'il soit toujours pauvre, qu*on « n'y voie que des habits simples et pauvres, si l'on « veut y conserver l'humilité, et par l'humilité la « ferveur. » Sa vie répondait à ces maximes. Pour s'en convaincre, il suffisait de jeter les yeux sur lui et sur ce qui était à son usage. Sa chambre était la plus petite de la maison; des vêtements usés, dont

d'autres moins morts à eux-mêmes se seraient di(ïicilement accommodés, il les trouvait fort bons pour lui. Ainsi logé et vêtu, il pouvait avec confiance recommander aux élèves de Saint -Firmin la modestie, la simplicité, la pauvreté. Aussi n'est-il pas étonnant qu'une maison qui avait de tels exemples sous les yeux ait toujours été la plus fervente et la plus édifiante entre toutes les dépendances de Saint-Acheul. Depuis plusieurs années, le F. Hallu, comme s'il eût pressenti que sa vie ne devait pas être longue, s'était familiarisé avec la pensée de la mort; il l'appelait de tous ses désirs, il en parlait avec délices. En elfet, elle ne se fit pas longtemps attendre. Dans le cours de sa troisième année de théologie , on le vit s'affaiblir peu à peu et dépérir insensiblement. 3Ialgré le régime et les remèdes auxquels on l'assujettît, une maladie de langueur se déclara; la poitrine était attaquée, il fut impossible de la rétablir. Obligé de renoncer à toute étude, il ne lui resta désormais d'autre occupation que la prière et la promenade. Mais il sut sanctifier la promenade, que l'obéissance lui imposait, par la prière, à laquelle son cœur le rappelait sans cesse. Tant que ses forces lui permirent de descendre au jardin, il ne manqua pas d'y porter avec lui un petit tableau du sacré Cœur qui devint comme son V€7ii mecuni, et lui tint lieu de tous les livres. Assis ou en marche, il l'avait toujours à la main ou sous les yeux; il y trouvait un spécifique assuré contre les douleurs et les ennuis de sa position.

Pendant les trois derniers mois de sa vie, il n'avait cessé de demander à la sainte Vieige de mourir le jour d'une de ses fêtes. Il espéra d'abord que ce serait le jour de l'Assomption. V Assomption est passée, lui disait-on, et vnvs roUâ encore sur la terre! — Eh bien! répondait-il, ce sera , j' espère , pour la Nativité. Quelques jours avant celte dernière fête, on lui apprit que son père était attaqua d'une maladie mortelle et réduit à l'extrémité. Jl reçut celte nouvelle avec une héroïque résignation. 8i Dieu, dit-il, veut le père et le fils en même temps, mon cœur est prêt.

L'avant-veillc de la Nativité, il iil une communication bien importante et bien extraordinaire à l'un de nos Pères, qui nous en a rendu compte en ces termes : « La Compagnie de Jésus, me dit -il, sera « persécutée, elle sera même dispersée.... Je re- « mercie le Seigneur de m'appeler à lui avant que « cela arrive : car n'étant bon à rien, on me ren- « verrait peut-être : et que deviendrais- je alors? « Rendu au monde et abandonné à moi-même, je « me perdrais infailliblement : au lieu qu'à pré- « sent, j'aurai le bonheur de mourir dans le sein o de cette chère Compagnie. 0 mon Dieu ! quel bon- « heuri »

Cependant le jour de la Nativité allait arriver, et le malade, quoique faible, semblait devoir aller bien au delà; lui-même en avait grand'peur. Néanmoins, toujours soumis au bon plaisir de Celle qu'il appelait (ju doux nom de mère, il aimait tout ce qui lui

venait de sa part, môme les refus. Le 7 septembre veille de la fêle, il voulut se lever seul et sans aide; mais à peine habillé il tomba en défaillance. Il avait communié le matin; dès qu'il fut revenu à lui, il demanda l'extrême -onction. Le danger paraissait prochain, on le plaça sur son lit et on lui administra le sacrement des mouranis. Après la cérémonie, les faiblesses se succédèrent les unes aux autres. Dans les intervalles , il s'entretenait constamment avec Dieu; ses traits n'étarent pas décomposés, son visage était calme et serein comme son cœur.

A midi moins un quart, on entend sonner l'examen; en même temps on s'aperçoit qu'il ferme les yeux. Ceux qui le gardent s'inquiètent et s'approchent du lit, dans la pensée qu'il peut être mort, ou du moins tombé en défaillance. Le malade remarque ces mouvements inusités, il ouvre les yeux et fait un signe dont on ne devine pas l^ sens.'On lui demande ce qu'il désire. Rien, répond - il. je fais înon examen: ne l'a-t-on 'pas sonné? Ainsi se montrait-il jusqu'au dernier moment fidèle observateur des règles.

Vers six heures du soir, quelques-uns de ceux qui avaient été le plus étroitement liés avec lui vinrent le prier de se souvenir d'eux lorsqu'il serait dans le ciel. Il leur promit de ne pas les oublier, si Dieu lui faisait miséricorde.

Après le souper un des Pères qui n'avait pas perdu de vue la prière que le malade adressait depuis longtemps à la sainte Vierge nu sujet de sa mort, vint le

voir; et le croyant encore loin du terme, il lui reprocha en riant son peu de ferveur, qui n'avait pu obtenir de sa bonne mère cette petite grâce. Le malade convint de ce défaut de ferveur qui le rendait indigne d'aller célébrer sa naissance avec les anges et les saints. Cependant, dit le Père, si Marie vous Vaceordait, ce ne serait pas ta première grâce que tous auriez reçue de sa bonté. — Oh I non , répondit le malade en jetant les yeux sur son image avec un sentiment de piété qui attendrit tous les assistants. Eh bien! reprit le Père, il y a encore assez de temps pour réparer tout cela, fovr être au ciel avant la fête : demandez. Cette prière ne tarda point à être exaucée. Vers dix heures et demie, son confesseur lui demanda s'il souffrait beaucoup. iSon, mon Père, répondit-il ; ce que je souffre est peu de chose. En parlant ainsi, il porta les yeux sur ce petit tableau du sacré Cœur qu'il ne"(jîiitta*it jamais. Ce furent ses dernières paroles. JJ,ne heure après, c'est-à-dire un peu avant minuit, sans agonie, sans efforts, il s'endormit dans le Seigneur, mais si doucement, que les deux personnes qui étaient à ses côtés ne s'aperçurent point du moment précis où il expira. Ainsi la sainte Vierge exauçait-elle les vœux de son fidèle serviteur, en l'appelant à l'instant même où le ciel allait célébrer sa glorieuse Nativité.

La nouvelle s'en répandit avant le jour dans lu maison : elle n'y produisit d'autre senliment que celui d'une joie religieuse, d'autant plus douce qu'on ne pouvait s'empêcher de remarquer le sourire de

bonheur peint sur les lèvres et dans tous les traits du défunt. Les élèves, aussi bien que leurs maîtres, se disaient les uns aux autres : . Voilà certainement un « bienheureux de plus dans le ciel. »

TABLE DES MATIÈUES.

CiiAi'iïRii: I. — Naissance du P. Sellier. — Sa famille. —

Ses études. — Ses occupations champêtres. ... 3

Chap. h. — Le P. Sellier commis au district d'Amiens. — Son obligeance , son désintéressement et sa charité. — Il donne des leçons à quelques élèves. . . IG

GuAP. m. — Le P. Sellier revient à la pratique des devoirs religieux. — Association avec M. Bicheron, puis avec M. CorMe 2'i

Chap. IV. — Pensées de vie religieuse. — Vocation à la Société des Pères de la Foi. — Première retraite à Paris ;i.H

Chap. V. — Le P. Sellier professeur à l'école secondaire

de l'Oratoire, et au pensionnat du faubourg Noyou, 45

CuAP. VI. — Promotion du P. Sellier au sacerdoce. —

Sa première messe 49

Chap. VII. — Translation à Montdidier du pensionnat du faubourg de Noyon. — Suppression des collèges des Pères de la Foi «jo

Chap. VIII. — Le P. Sellier curé de Plainval . . . 05

Chap. IX. — Uetour du P. Sellier au collège de Montdidier ?•;

CuAP. X. — Nouvelle persécution contre le collège de Montdidier. — Le P. Sellier, obligé de le quitter, est nommé curé de Louvrechy et de Thory. . . 85

Chap. XI- — Le P. Sellier curé de Rubempré 90

Gbap. XII. — Retraites données à Taisnil et au grand

séminaire d'Amiens. — Jambe cassée 95

Chap. XIII. — Le P. Sellier au petit séminaire de Saint- Acheul. — Fondation et organisation de cet établissement. — Première retraite donnée aux élèves. . 103

Cuap. XIV. — Fruits merveilleux du ministère du P. Sellier auprès des élèves du petit séminaire de Saint- Acheul 1:20

Chap. XV. — Maison du Blamont 128

Cuap. XVI. — Premiers vœux du P. Sellier. — Congrégation des sœurs de la Sainte-Famille 131

Chap. XVII. — Missions de Cagny et du faubourg Saint- Pierre. — Préparations aux visites pastorales dans le diocèse d'Amiens. — Missions de Corbie et de Villeis-Bretouneux 138

CiiAP. XVIII. — Congrégation des Frères de Saint-Joseph. 160

Chap. XIX. — Troisième an du P. Sellier au noviciat de

Montrouge. — Retraite de trente jours 15'f

Chap. XX. — Missions dans le diocèse de Chartres. —

Derniers vœux 1 70

Chap. XXI. — Retour du P. Sellier à Saint-Acheul. — Développements de la maison de Saint-Firmin. — Détails édifiants sur cette maison 174

Chap. XXII. — Congrégation des Fidèles Compagnes de Jésus. — Ordonnances de 1828, et suppression du petit séminaire de Saint-Acheul. — Retraites de l'institution de Boulogne et du petit séminaire de Saint- Ricquier. — Missions de Franleu et de Cayeux. . . iSS

Chap. XXII I. — Missions de Frcssen ville, de Broyé, du Mesnil-Saint-Firmin et de Plainville. — Conversions remarquables; ly^

CuAp. XXIV.— Révolution de 1«30 .— Séjour du P. Sellier

à Montpellier. — Mission de Ghambéry 507

Chap. XXV. — Le P. Sellier à la Louvesc. — Mission de aochepaule. — Congrégation des Sœurs de Saint- ;, — Voyage en Picardie et retour à la Louvesc. Hommage rendu aux vertus du Père. — Épreuves intérieures ^^^

Chap. XXVL — Retour du P, Sellier à Sainit-Âclieul. — Retraite à l'institution de Boulogne. — Mission à Hangest-sur-Somme. — Congrégation des dames de la Croix de Saint --Quentin. — Retraite aux Orphelines d'Elbeuf. — Instructions dans différents villages. — Trait de la vengeance divine 241

Chap. XXVIL — Missions du Portel et de Bernieulles. — Conversion remarquable. — Témoignages d'estime du cardinal de La Tour d'Auvergne. . . . - - 25ji

Chap. XXVIII. — Mission de Dcsvres, . ... . . . 2ôl

Chap. XXIX. — Mission de AVimiile. — Retraites au grand et au petit séminaires d'Arras. — Missions d'Audinghem, de Réty,d'Acquin —Retraite au refuge d'Amiens. — Missions de Saint-Folquin , de Mametz , d'Achicourt, de Licques et de Nédonchel. . . . 270

Chap. XXX. — Appréciation des talents oratoires du P. Sellier. — Causes de ses succès dans les missions 283

Cbap. XXXI. — Dernières années du P. Sellier. . . . 288

Chap. XXXII, — Mort du P. Sellier 299

Chap. XXXIIL — Vertus du P, Sellier. — Son amour

envers Di^a 32*

Chap. XXXIV. — Dévotion du P. Sellier envers la lussion de Notre -Seignem', le sacré Cœur de Jésus, le très-saint Sacrement, la sainte Vierge et les saints. 326

Chap. XXXV. — Esprit de foi du P. Sellier S'.u

r.HAr. XXXVI. — Altacliement du P. Sellier à li Compa-

pm de Jésus 3'«t»

Chav. XXXVII. — Esprit d'oraison du P. Sellier. ... 351

Ghap. XXXVIII. — Zèle du P. Sellier pour le salut des âmes. — Sa tendre compassion pour les peines d'autrui 3G5

Chap. XXXIX. — Mortification du P. Sellier 877

Ghap. XL. — Pauvreté religieuse du P. Sellier 38a

Ghap. XLT. — Humilité du P. Sellier. — Sa reconnaissance pour les services rendus .385

Chap. XLII. — Règlement de vie 398

Notice sur la vu: du F. Fran^'^is Hali.u 403

<^**f^M^CIS

Cour».— Imp. Maire.

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